Offa de Mercie


Offa de Mercie
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Offa

Offa king of Mercia 757 796 b.jpg

Monnaie du règne d'Offa.
Roi de Mercie
Règne 757 – juillet 796
Prédécesseur Beornred
Successeur Ecgfrith
Biographie
Naissance
Décès juillet 796
Père Thingfrith
Conjoint(s) Cynethryth
Descendance Ælfflæd
Eadburh
Æthelburh
Æthelswith

Rois de Mercie

Offa de Mercie, mort en juillet 796, est roi de Mercie de 757 à sa mort.

Il succède à Beornred, qui ne règne que quelques mois après la mort d'Æthelbald, roi depuis 716. Après avoir rétabli l'autorité du royaume sur les peuples des Midlands, Offa établit vers 770 sa suzeraineté sur le royaume de Kent, puis sur le royaume de Sussex. Dans les années 780, il étend son pouvoir sur la plus grande partie du sud de l'Angleterre en s'alliant avec le roi Beorhtric de Wessex et en devenant suzerain de l'Est-Anglie. Sa domination ne s'est cependant jamais étendue à la Northumbrie, bien qu'il ait marié une de ses filles au roi Æthelred Ier en 792. À sa mort, son fils Ecgfrith ne lui succède que pour cinq mois avant l'avènement de Coenwulf.

De nombreux historiens considèrent Offa comme le plus important monarque anglo-saxon avant Alfred le Grand. Mais, alors que longtemps, son règne a été considéré comme une étape sur le chemin de l'unification de l'Angleterre, ce point de vue n'est plus majoritaire ; selon l'expression d'un historien récent, « Offa était guidé par le goût du pouvoir, non par une vision de l'unité anglaise ; et il laissa une réputation, non un héritage[1] ».

Sommaire

Sources

Les royaumes de l'île de Bretagne à l'époque d'Offa

Aucune biographie contemporaine d'Offa ne nous est parvenue[2], bien que les royaumes anglo-saxons aient produit de nombreux lettrés, dont certains se sont d'ailleurs mis au service de la monarchie franque, tels Alcuin.

Une source majeure pour cette période est la Chronique anglo-saxonne, un ensemble d'annales en vieil anglais relatant l'histoire des Anglo-Saxons. Il s'agit toutefois d'un ouvrage élaboré dans le royaume de Wessex, et on estime donc parfois qu'il est biaisé en sa faveur, et ne rend peut-être pas bien compte du pouvoir détenu par Offa[3].

Une autre source est constituée par l'ensemble des chartes datant du règne d'Offa. Ces chartes sont des documents qui entérinent la donation de terres à des laïcs ou à des hommes d'église, et les rois qui avaient le pouvoir d'accorder ces terres étaient témoins de ces chartes[4],[5]. Une charte peut indiquer les noms d'un roi sujet et de son suzerain dans la liste des témoins. Une telle liste de témoins apparaît sur l'Ismere Diploma, par exemple, où Æthelric, fils du roi Oshere des Hwicce, est décrit comme subregulus (ou sous-toi) d'Æthelbald[6],[7].

Bède le Vénérable, moine et chroniqueur du VIIIe siècle, a rédigé une histoire de l'Église anglaise intitulée Historia ecclesiastica gentis Anglorum. Elle ne couvre que les événements jusqu'en 731, mais c'est l'une des sources majeures de l'histoire anglo-saxonne et elle fournit d'importances informations concernant les fondements du règne d'Offa[8].

L'Offa's Dyke, qui a probablement été construit en majeure partie sous son règne, témoigne des importantes ressources dont disposait Offa et de sa capacité à les organiser[9].

Parmi les autres sources, on trouve le document connu sous le nom de Tribal Hidage, encore que l'attribution de ce document à son règne soit sujette à débat[10].

On trouve également un ensemble significatif de lettres, provenant notamment d'Alcuin, qui passa plus d'une décennie à la cour de Charlemagne comme conseiller du roi et correspondit avec des rois, nobles et ecclésiastiques de toute l'Angleterre[11]. Ces lettres révèlent en particulier les relations d'Offa avec le continent, de même que ses monnaies, basées sur des exemples carolingiens[12].

Biographie

Ascendance et famille

L'ascendance d'Offa est donnée dans l'Anglian collection, un ensemble de généalogies qui retrace entre autres les ascendances de quatre rois de Mercie. Toutes ces lignées se rattachent à Pybba, qui régna sur la Mercie au début du VIIe siècle. Offa y est donné comme fils de Thingfrith, fils d'Eanwulf, fils d'Osmod, fils d'Eowa, fils de Pybba. Æthelbald, roi de Mercie durant la majeure partie des quarante années avant l'avènement d'Offa, descendait également d'Eowa d'après ces généalogies : le grand-père d'Offa, Eanwulf, était le cousin issu de germain d'Æthelbald[13]. Æthelbald accorda des terres à Eanwulf dans le territoire des Hwicce, et il est possible qu'Offa et Æthelbald aient été issus de la même branche de la famille. Dans une charte, Offa parle d'Æthelbald comme de son parent, et Heabert, le frère d'Æthelbald, continua à être témoin de chartes après l'avènement d'Offa[14],[15].

La femme d'Offa était Cynethryth, dont l'ascendance est inconnue. Ils eurent un fils, Ecgfrith, et quatre filles : Ælfflæd, Eadburh, Æthelburh et Æthelswith[16]. On a supposé qu'Æthelburh, qui devint abbesse, était l'abbesse du même nom apparentée au roi Ealdred des Hwicce. Toutefois, d'autres femmes célèbres de l'époque portaient le nom d'Æthelburh[15].

Généalogie
 
 
 
 
 
Roi de Mercie Pybba
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Roi de Mercie Penda
 
Roi de Mercie Eowa
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Thingfrith
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Roi de Mercie Offa
 
Cynethryth
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Roi de Mercie Ecgfrith
 
Ælfflæd
= Æthelred
de Northumbrie
 
Eadburh
= Beorhtric
de Wessex
 
Æthelburh
(abbesse)
 
Æthelswith
 

Les débuts du règne (757-764)

La succession d'Æthelbald (757-758)

Æthelbald, roi de Mercie depuis 716, est, en 757, « traîtreusement assassiné de nuit par ses propres gardes du corps »[17]. On ignore le mobile du crime. À Æthelbald succéda tout d'abord Beornred, mais « la même année, Offa, ayant forcé Beornred à fuir, chercha à s'emparer dans le sang du royaume des Merciens »[18][19]. Il est possible qu'Offa n'ait commencé à régner qu'en 758, étant donné qu'une charte de 789 indique qu'il s'agit de la trente-et-unième année de son règne[15].

Hwicce, Magonsaete, Lindsey

Le conflit de succession suggère qu'Offa dut rétablir le contrôle sur les dépendances traditionnelles de la Mercie, dont les Hwicce et les Magonsæte. Des chartes datant des deux premières années du règne d'Offa montrent que les reguli (roitelets) des Hwicce sont sous son autorité. Il est probable qu'il parvint également très tôt à contrôler les Magonsæte : on ne trouve en effet pas trace d'un souverain indépendant pour ce peuple après 740[1],[15],[20].

Offa semble avoir également étendu rapidement son influence sur le royaume de Lindsey, la dynastie indépendante de Lindsey ayant disparu à cette époque[1],[21].

Londres, Middlesex, Essex

Les éléments existants montrent que Londres et le Middlesex, auparavant à l'Essex, sont entrés dans la sphère de domination mercienne sous le règne d'Æthelbald. Lui et Offa accordent des terres dans le Middlesex et à Londres comme bon leur semble : en 767, une charte d'Offa dispose de terres à Harrow sans souverain local comme témoin[22]. Il est probable que Londres et le Middlesex furent rapidement contrôlées par Offa dès le début de son règne[23]. La maison royale de l'Essex survécut au VIIIe siècle, et il est donc probable que le royaume d'Essex ait conservé ses monarques locaux, mais ait été soumis à une forte influence mercienne, durant la majeure partie du reste du siècle[24].

En revanche, la suzeraineté exercée par Æthelbald sur l'Angleterre du Sud semble s'être effondrée durant la lutte pour sa succession ; ce n'est qu'en 764, que l'influence mercienne réapparaît dans le Kent[25].

Kent et Sussex

Offa semble avoir profité de la situation instable du Kent après 762[26]. Le Kent avait une longue tradition de royauté conjointe, avec l'ouest et l'est du pays gouvernés par deux rois, dont l'un dominait toutefois le plus souvent l'autre[27]. Avant 762, le royaume était gouverné par Æthelberht II et Eadberht Ier ; Eardwulf, le fils d'Eadberht, est également indiqué comme ayant régné. Æthelberht mourut en 762, et la dernière mention d'Eadberht et d'Eardwulf date de cette même année. Les chartes des deux années suivantes mentionnent d'autres rois de Kent, dont Sigered, Eanmund et Heahberht. En 764, Offa accorda des terres à Rochester en son nom propre, avec Heahberht, roi de Kent, comme témoin. Un autre roi de Kent, Egbert, apparaît sur une charte de 765 aux côtés d'Heahberht, charte qui fut confirmée par la suite par Offa[28]. L'influence d'Offa sur le Kent est alors claire, et on a suggéré que Heahberht ait été placé sur le trône du Kent par Offa comme roi client[26]. Les opinions des historiens divergent sur la possibilité d'une suzeraineté ultérieure d'Offa sur le Kent. On sait qu'il a révoqué une charte d'Egbert, en se basant sur le fait qu'« il était mauvais que son thegn ait osé donner une terre allouée à lui par son seigneur à un autre sans son témoignage », mais la date de la charte originale d'Egbert est inconnue, tout comme celle de sa révocation par Offa[29]. Il se peut qu'Offa ait effectivement été le suzerain du Kent de 764 jusqu'en 776 au moins. Les rares preuves de l'implication personnelle d'Offa dans les affaires du royaume entre 765 et 776 incluent deux chartes de 774 par lesquelles il concède des terres au Kent, mais leur authenticité est douteuse, et les interventions d'Offa au Kent avant 776 se limitèrent peut-être aux années 764-765[30].

La Chronique anglo-saxonne rapporte que « les Merciens et les habitants du Kent luttèrent à Otford » en 776, mais ne donne pas l'issue de la bataille. Elle est traditionnellement considérée comme une victoire mercienne, mais rien ne prouve la domination d'Offa sur le Kent avant 785 : une charte de 784 ne mentionne qu'un roi de Kent nommé Ealhmund, ce qui pourrait indiquer que les vaincus d'Otford furent peut-être en réalité les Merciens[31]. Les causes du conflit sont également inconnues : si Offa régnait sur le Kent avant 776, la bataille d'Otford était sans doute une révolte contre le joug mercien[1]. Cependant, Ealhmund ne réapparaît plus, et une suite de chartes d'Offa des années 785-789 montrent clairement son autorité. Durant ces années, il traita le Kent « comme une province ordinaire du royaume mercien »[32], et ses actions ont été considérées comme dépassant les relations classiques de suzeraineté, s'étendant jusqu'à l'annexion du Kent et l'élimination de la lignée royale locale. Après 785, comme le dit un historien, « Offa était le rival, non le suzerain, des rois de Kent »[33]. La domination mercienne dura au moins jusqu'en 796, année de la mort d'Offa, durant laquelle Eadberht Praen réussit brièvement à rendre son indépendance au Kent[34].

Ealhmund était probablement le père d'Egbert de Wessex, et il est possible que les interventions d'Offa au Kent vers le milieu des années 780 soient liées à l'exil ultérieur d'Egbert en Francie. La Chronique affirme que lorsqu'Egbert envahit le Kent, en 825, les hommes du sud-est se rallièrent à lui « parce qu'ils avaient été auparavant arrachés à tort à ses parents »[35]. Il s'agit vraisemblablement d'une allusion à Ealhmund, qui pourrait impliquer qu'Ealhmund était le suzerain local des royaumes du sud-est. Si tel est le cas, l'intervention d'Offa avait sans doute pour but de prendre le contrôle de cette relation et de dominer à son tour les royaumes associés[36].

Les preuves de l'implication d'Offa au royaume de Sussex proviennent de chartes, et comme dans le cas du Kent, les historiens ne sont pas d'accord sur le déroulement des événements. Les rares éléments qui subsistent concernant les rois du Sussex indiquent que plusieurs rois régnaient en même temps, et le Sussex ne forma peut-être jamais un royaume unique. On a prétendu que l'autorité d'Offa fut reconnue dès le début de son règne par les rois locaux de l'ouest du Sussex, mais que l'est (autour de Hastings) se soumit moins docilement à lui. Siméon de Durham, chroniqueur du douzième siècle, note qu'en 771, Offa vainquit « le peuple de Hastings », ce qui pourrait indiquer l'extension de la domination d'Offa au royaume entier[37]. Cependant, des doutes ont été émis sur l'authenticité des chartes qui appuient cette version des choses, et il est possible que l'implication directe d'Offa au Sussex se soit limitée à une courte période vers 770-771. Après 772, il n'y a plus rien qui prouve une implication de la Mercie dans les affaires du Sussex jusque vers 790, et il est possible qu'Offa ait pris le contrôle du Sussex à la fin des années 780, comme au Kent[38].

Est-Anglie, Wessex et Northumbrie

Penny d'argent d'Offa

En Est-Anglie, Bearna devint sans doute roi vers 758. Ses premières frappes datent d'avant celles d'Offa, ce qui implique l'indépendance vis-à-vis de la Mercie. L'histoire de l'Est-Anglie devient plus obscure par la suite, mais en 779, Æthelberht II devint roi, et fut indépendant suffisamment longtemps pour commander des frappes propres[39]. En 794, d'après la Chronique anglo-saxonne, « le Roi Offa ordonna que la tête du Roi Æthelberht fût tranchée ». Offa fit frapper des pennies en Est-Anglie au début des années 790, et il est donc probable qu'Æthelberht se soit révolté contre Offa et ait été décapité en conséquence[40]. Des récits de l'événement ont survécu selon lesquels Æthelberht mourut à cause des manigances de la femme d'Offa, Cynethryth, mais les plus anciens manuscrits où apparaît cette histoire, peut-être légendaire, datent des onzième et douzième siècles, et les historiens ne les considèrent pas comme dignes de confiance[41]. La légende affirme également qu'Æthelberht fut tué à Sutton St. Michael et enterré à six kilomètres au sud, à Hereford, où son culte prospéra, ne le cédant même à une époque qu'à Cantorbéry comme destination de pèlerinage[42],[43].

Au sud de la Mercie, Cynewulf monta sur le trône du Wessex en 757 et reprit une grande partie du territoire frontalier qu'Æthelbald avait conquis. En 779, Offa remporta une victoire importante sur Cynewulf à Bensington (dans l'Oxfordshire), reconquérant une partie des terres le long de la Tamise[44]. Avant cette date, aucune charte dont l'authenticité soit certaine ne présente Cynewulf dans l'entourage d'Offa[36], et rien ne prouve qu'Offa ait jamais été le suzerain de Cynewulf[44]. En 786, après le meurtre Cynewulf, Offa intervint peut-être pour placer Beorhtric sur le trône du Wessex. Même si Offa ne le soutint pas, il semble plausible que Beorhtric ait reconnu Offa comme suzerain, jusqu'à un certain degré, peu après son avènement[44],[45]. La monnaie d'Offa était utilisée dans tout le Wessex, et Beorhtric ne frappa ses propres pièces qu'après la mort d'Offa[46]. En 789, il épousa Eadburh, une fille d'Offa[45] ; la Chronique note que les deux rois s'allièrent pour exiler Egbert en Francie pour « trois années », ajoutant que « Beorhtric aida Offa parce qu'il avait sa fille pour reine »[47]. Certains historiens pensent que « trois années » est une erreur, et qu'il faudrait plutôt lire « treize années », ce qui signifierait que l'exil d'Egbert aurait duré de 789 à 802, mais cette vision ne fait pas l'unanimité[48]. Eadburh est mentionnée par Asser, un ecclésiastique du neuvième siècle qui écrivit une biographie d'Alfred le Grand : il affirme qu'Eadburh avait « pouvoir sur presque tout le royaume », et qu'elle « commença à agir en tyran, à l'image de son père »[49]. Quel que soit le pouvoir dont elle disposait en Wessex, il était sans aucun doute lié à la suzeraineté de son père[50]. Egbert s'empara du trône du Wessex après la mort de Beorhtric, en 802.

Si Offa ne tira aucun avantage en Wessex avant de vaincre Cynewulf en 779, il se peut que ses victoires au sud du fleuve aient été une condition nécessaire pour intervenir au sud-est. Ainsi, la mort d'Egbert de Kent vers 784, suivie par celle de Cynewulf en 786, permirent à Offa de prendre le contrôle du Kent et de faire passer Beorhtric dans sa zone d'influence. Cette vision des choses suppose également qu'Offa ne contrôlait pas le Kent après 764-765, comme le pensent certains historiens[51].

La politique matrimoniale d'Offa s'étendit jusqu'à la Northumbrie : en 792, sa fille Ælfflæd épousa Ethelred Ier de Northumbrie à Catterick[52]. Cependant, rien n'indique que la Northumbrie fut jamais soumise à la Mercie sous le règne d'Offa[1].

Le Pays de Galles et l'Offa's Dyke

Le long de l'Offa's Dyke, près de Knill, dans le Herefordshire

Offa fut fréquemment en guerre contre les divers royaumes gallois. Il y eut une bataille entre Merciens et Gallois à Hereford en 760, et les Annales Cambriae du Xe siècle indiquent qu'Offa mena des campagnes contre les Gallois en 778, 784 et 796[53],[54].

L'héritage le plus fameux du règne d'Offa est l’Offa's Dyke, une grande barrière de terre qui suit approximativement la frontière anglo-galloise. Elle est mentionnée par le moine Asser dans sa biographie d'Alfred le Grand : « un certain roi vigoureux nommé Offa [...] fit bâtir une grande digue entre Galles et Mercie, de la mer à la mer »[55]. La digue n'a pas été datée par des moyens archéologiques, mais la plupart des historiens n'ont aucune raison de douter de l'attribution faite par Asser[56]. D'anciens noms pour cette digue, en anglais et en gallois, soutiennent également son attribution à Offa[57]. En dépit de l'indication par Asser qu'elle s'étendait « de la mer à la mer », on pense aujourd'hui que la structure originale ne couvrait qu'environ deux tiers de la frontière : au nord, elle s'achève près de Llanfynydd, à moins de 8 kilomètres de la côte, tandis qu'au sud, elle s'achève à Rushock Hill, près de Kington, dans le Herefordshire, à moins de 80 kilomètres du canal de Bristol. La longueur totale de ce segment est d'environ 103 kilomètres[56]. D'autres fortifications de terre existent le long de la frontière galloise, parmi lesquelles Wat's Dyke est l'une des plus grandes, mais il est impossible de les dater relativement : on ne sait donc pas si l'Offa's Dyke était une copie ou une source pour Wat's Dyke[58].

La construction de la digue suggère qu'elle avait pour but d'être une barrière efficace, et de fournir un poste d'observation sur les Galles, ce qui implique que les Merciens qui la bâtirent furent libres de choisir le meilleur emplacement possible[56]. Il existe des établissements à l'ouest de la digue dont les noms suggèrent qu'ils étaient anglais au neuvième siècle, et il est donc possible qu'en choisissant l'emplacement de leur fortification, les Merciens aient sciemment rendu des terrains aux Bretons[59]. Il est aussi possible que ces établissements aient déjà été reconquis par les Gallois, ce qui indiquerait un rôle plutôt défensif pour la digue[60]. Le travail et les dépenses que coûtèrent vraisemblablement la construction de la digue sont impressionnants, et suggèrent que son bâtisseur (Offa ou un autre) disposait de ressources considérables.

Mort et succession

Offa mourut en 796, le 26 ou le 29 juillet[61],[62], et fut enterré à Bedford[63]. Son fils Ecgfrith lui succéda, mais d'après la Chronique anglo-saxonne, il mourut après n'avoir régné que 141 jours[64]. Une lettre écrite par Alcuin à un ealdorman mercien en 797 montre clairement qu'Offa s'était donné beaucoup de mal pour s'assurer que son fils Ecgfrith lui succéderait. Pour Alcuin, Ecgfrith « n'est pas mort pour ses propres péchés ; mais en vengeance du sang que son père versa pour s'assurer que le royaume échoirait au fils. Car vous savez très bien le sang que son père versa pour assurer le royaume à son fils »[65]. Il est clair qu'en plus du sacre d'Ecgfrith en 787, Offa avait éliminé tous les rivaux dynastiques potentiels : on ne connaît aucun parent mâle proche d'Offa ou d'Ecgfrith, et Coenwulf, le successeur d'Ecgfrith, n'était apparenté à la branche d'Offa que de façon éloignée[66].

Aspects du règne

L'Église

Offa régna comme un roi chrétien, mais en dépit des louanges que lui adressa Alcuin, conseiller de Charlemagne, pour sa piété et ses efforts pour « instruire [son peuple] dans les préceptes de Dieu »[67], il entra en conflit avec Jaenberht, l'archevêque de Cantorbéry. Jaenberht avait soutenu Egbert II de Kent, ce qui entraîna peut-être une querelle dans les années 760, qui virent l'intervention d'Offa dans les affaires du Kent. Offa annula des donations faites par Egbert à Cantorbéry, et on sait également que Jaenberht revendiqua le monastère de Cookham, possédé par Offa[68].

En 786, le pape Adrien Ier envoya des légats en Angleterre pour évaluer l'état de l'Église et fournir des canons (décrets ecclésiastiques) conseillant les rois, nobles et ecclésiastiques d'Angleterre. Il s'agissait là de la première mission papale en Angleterre depuis que Grégoire le Grand avait envoyé Augustin convertir les Anglo-Saxons, en 597[69]. Ces légats étaient Georges, évêque d'Ostie, et Théophylacte, évêque de Todi. Leur première étape fut Cantorbéry, après quoi ils furent reçus à la cour d'Offa. Celui-ci assista avec Cynewulf de Wessex à un concile durant lequel les buts de la mission furent débattus. Georges se rendit ensuite en Northumbrie, tandis que Théophylacte parcourut la Mercie et des « parties de la Bretagne ». Les légats envoyèrent un rapport au pape Adrien, détaillant un concile tenu par Georges en Northumbrie et les canons qui en découlèrent ; mais peu d'éléments subsistent concernant la mission de Théophylacte. Après ce concile northumbrien, Georges revint dans le sud et un autre concile fut tenu, auquel assistèrent Offa et Jaenberht, durant lequel des canons supplémentaires furent émis[70].

Les diocèses d'Angleterre sous le règne d'Offa. La frontière entre les archevêchés de Lichfield et de Cantorbéry est représentée par un trait plein.

En 787, Offa réussit à réduire le pouvoir de Cantorbéry par l'établissement d'un archevêché rival à Lichfield. Cette question fut sans doute débattue avec les légats papaux en 786, bien qu'elle ne soit pas mentionnée dans les comptes-rendus qui subsistent. La Chronique anglo-saxonne mentionne un « synode conflictuel », tenu en 787 à Chelsea, qui approuva la création du nouvel archevêché. Certains historiens estiment que ce synode était en fait le second concile tenu par les légats. Hygeberht, déjà évêque de Lichfield, en devint le premier archevêque, et vers la fin 788, il reçut le pallium, symbole de son autorité, de Rome[71]. Le nouvel archevêché comprenait les sièges de Worcester, Hereford, Leicester, Lindsey, Dommoc et Elmham, essentiellement des territoires des Midlands. Cantorbéry conservait les sièges du sud et du sud-est[72].

Les rares récits de la création du nouvel archevêché datent d'après la fin du règne d'Offa. Deux versions des faits apparaissent dans un échange de lettres entre Coenwulf, qui devint roi de Mercie peu après la mort d'Offa, et le pape Léon III, en 798. Dans sa lettre, Coenwulf affirme qu'Offa ne désirait la création du nouvel archevêché que par haine de Jaenberht ; mais Léon répond que la seule raison pour laquelle la papauté accepta sa création était la taille du royaume de Mercie[73]. Tous deux avaient de bonnes raisons de présenter la situation ainsi : Coenwulf suppliait Léon de faire de Londres le seul archevêché au sud, tandis que Léon désirait éviter tout semblant de complicité avec les motivations indignes que Coenwulf attribuait à Offa. Leurs lettres sont donc partisanes. Cependant, la taille de son royaume, aussi bien que ses rapports avec Jaenberht et le Kent, sont deux raisons plausibles pour la requête d'Offa[74]. La version de Coenwulf est soutenue par une lettre d'Alcuin à l'archevêque Æthelhard, dans laquelle il exprime son opinion que l'archevêque de Cantorbéry avait été divisé « non pas, comme il le semble, par des considérations raisonnables, mais par un désir certain de puissance »[75]. Æthelheard lui-même affirma par la suite que l'octroi d'un pallium à Lichfield était issu de « tromperies et suggestions mensongères »[76].

Une autre raison possible pour la création de l'archevêché de Lichfield est liée au fils d'Offa, Ecgfrith. Une fois devenu archevêque, Hygeberht sacra Ecgfrith comme roi, moins d'un an après sa propre élévation[77]. Il est possible que Jaenberht ait refusé de procéder à la cérémonie, et qu'Offa ait eu besoin d'un autre archevêque dans ce but[78]. La cérémonie elle-même est remarquable sur deux points : c'est le premier sacre connu d'un roi anglais, et elle est inhabituelle en ce qu'elle affirme le statut royal d'Ecgfrith alors que son père vivait encore. Offa savait sans doute que les fils de Charlemagne, Pépin le Bossu et Louis le Pieux, avaient été sacrés rois par le pape Adrien[79], et il désirait probablement imiter la dignité impressionnante de la cour franque[80]. D'autres précédents existent : Ethelred de Mercie est dit avoir nommé roi son fils Coenred de son vivant, et Offa connaissait peut-être des exemples de couronnement byzantins[78].

Malgré la création du nouvel archevêché, Jaenberht conserva sa position de premier clerc du pays, Hygeberht lui concédant la préséance[81]. Lorsque Jaenberht mourut, en 792, il fut remplacé par Æthelheard, qui fut sacré par Hygeberht, qui remplaça Jaenberht au sommet du clergé. Par la suite, Æthelheard apparaît comme témoin sur des chartes et préside des synodes sans Hygeberht, et il semble donc qu'Offa ait continué à respecter l'autorité de Cantorbéry[82].

Il subsiste une lettre du pape Adrien à Charlemagne, dans laquelle il fait référence Offa, mais sa date est incertaine ; elle pourrait dater de n'importe quand entre 784 et 791. Dans cette lettre, Adrien rapporte une rumeur parvenue à ses oreilles : Offa aurait proposé à Charlemagne de déposer Adrien et de le remplacer par un pape franc. Adrien affirme ne pas croire cette rumeur, mais il est clair qu'elle l'inquiéta[83]. Les ennemis d'Offa et de Charlemagne, qu'Adrien mentionne comme source de la rumeur, ne sont pas nommés. Il est difficile de dire si cette lettre est liée à la mission de 786 ; si elle date d'avant, alors la mission aurait pu avoir en partie un rôle de réconciliation, mais il est fort possible que la lettre ait été écrite après cette mission[84].

Offa dans le livre des bienfaiteurs de l'abbaye de St. Albans (v. 1380). Il est représenté tenant le bâtiment dans sa main.

Offa fut un bienfaiteur généreux pour l'Église : il fonda plusieurs églises et monastères, souvent dédiés à Saint Pierre[85]. Parmi ceux-ci, on compte l'abbaye de Saint-Albans, qu'il fonda probablement au début des années 790[1]. Il promit également un don annuel de 365 mancus à Rome, un mancus, unité monétaire dérivant des pièces d'or abbassides qui circulaient en Francie à l'époque, étant équivalent à trente pennies d'argent[86]. Le contrôle d'établissements religieux était l'un des moyens dont disposait un souverain à l'époque pour assurer les revenus de sa famille, et Offa s'assura (par l'acquisition de privilèges papaux) qu'une grande partie d'entre eux resteraient la propriété de sa femme ou de ses enfants après sa mort[85]. Traiter ainsi les établissements religieux comme des biens séculiers représente une rupture par rapport au début du VIIIe siècle : à l'époque, de nombreuses chartes témoignaient de la fondation et de la dotation de petits ministères, plutôt que de l'assignation de ces terres à des laïcs. Dans les années 770, une abbesse nommée Æthelburh (qu'il faut peut-être identifier à la fille d'Offa portant le même nom) baillait de multiples établissements religieux sur les terres des Hwicce ; ses acquisitions ont été comparées à « un spéculateur assemblant un portefeuille ». La possession de ces terres par Æthelburh présage du contrôle des terres religieuses par Cynethryth, et ce modèle fut encore suivi au début du IXe siècle par Cwoenthryth, la fille de Coenwulf[87].

On attribue traditionnellement à Offa ou à Ina de Wessex la fondation de la Schola Saxonum à Rome, dans l'actuel rione (quartier) de Borgo. La Schola Saxonum tire son nom des milices saxonnes qui servaient à Rome, mais elle se transforma progressivement en hôtellerie pour les visiteurs anglais de la ville[88].

L'Europe

Les relations diplomatiques d'Offa avec l'Europe sont bien documentées, mais ne semblent appartenir qu'aux douze dernières années de son règne[83]. Dans des lettres datant de la fin des années 780 ou du début des années 790, Alcuin félicite Offa d'encourager l'éducation et salue l'épouse et le fils d'Offa, Cynethryth et Ecgfrith[89],[90]. Vers 789 ou peu avant, Charlemagne proposa de marier son fils Charles à l'une des filles d'Offa, vraisemblablement Ælfflæd. Offa répondit en demandant que son fils Ecgfrith épouse également Berthe, fille de Charlemagne. Outragé par cette demande, Charlemagne rompit ses relations avec la Bretagne, interdisant aux navires anglais de débarquer dans ses ports. La correspondance d'Alcuin montre clairement qu'à la fin 790, la dispute n'était toujours pas résolue, et qu'Alcuin espérait être envoyé comme émissaire pour ramener la paix. En fin de compte, les relations diplomatiques furent restaurées, au moins en partie par l'entremise de Gervold, abbé de Fontenelle[91],[92].

Charlemagne chercha le soutien de l'Église anglaise au concile de Francfort, en 794, lorsque les canons du second concile de Nicée (787) furent répudiés et l'hérésie adoptianiste de deux évêques espagnols, Félix et Élipande, fut condamnée[93]. En 796, Charlemagne écrivit à Offa ; cette lettre subsiste, et fait référence à une lettre précédente d'Offa à Charlemagne. Cette correspondance entre les deux rois constitue la pièce la plus ancienne connue dans l'histoire de la diplomatie anglaise[83]. La lettre évoque essentiellement le statut des pèlerins anglais sur le continent et des cadeaux diplomatiques, mais elle révèle bien d'autres choses concernant les relations entre Anglais et Francs[91]. Charlemagne parle d'Offa comme de son « frère », et mentionne le commerce de pierres noires, envoyées en Angleterre depuis le continent, ainsi que de capes (ou peut-être de tissus) vendus par les Anglais aux Francs[67]. La lettre de Charlemagne parle également d'exilés anglais, nommant entre autres un certain Odhbert, presque certainement Eadberht Praen. Egbert de Wessex est un autre de ces exilés qui se réfugia à la cour franque. Il est clair que la politique de Charlemagne incluait le soutien des éléments opposés à Offa : outre l'accueil fait à Egbert et Eadberht, il envoya également des dons à Ethelred Ier de Northumbrie[94].

On a parfois dépeint les événements de 796 dans le sud de la Bretagne comme une lutte entre Offa et Charlemagne, mais leurs puissances respectives n'étaient clairement pas du même niveau. À cette date, Charlemagne était le maître d'un empire s'étendant de l'Atlantique à la plaine de Hongrie. En comparaison, Offa, puis Coenwulf, n'étaient que des figures mineures[95].


Le gouvernement

Les rares sources qui subsistent n'éclaircissent guère la nature de la royauté mercienne. Deux théories principales s'opposent concernant l'ascendance des rois merciens de l'époque. L'une veut que les descendants des différentes branches de la famille royale étaient en compétition pour le trône. Au milieu du VIIe siècle, par exemple, Penda avait placé des membres de sa famille à la tête des provinces conquises[96]. Il est également possible que le trône ait été disputé entre un certain nombre de familles disposant de bases locales, comme les sous-royaumes des Hwicce, des Tomsæte ou des Gaini non identifiés. Les alliances matrimoniales jouaient peut-être aussi un rôle. C'étaient peut-être les magnats rivaux, appelés dans les chartes « dux » ou « princeps », qui donnaient le pouvoir aux rois, auxquels cas ces derniers n'étaient guère plus que des chefs nobles[97]. Offa semble avoir tenté d'accroître la stabilité de la royauté mercienne, à la fois en éliminant les rivaux dynastiques de son fils Ecgfrith et en diminuant le statut de ses rois vassaux, parfois jusqu'au rang d'ealdorman[98]. Il échoua toutefois en cela : Ecgfrith ne lui survécut que quelques mois, et la Mercie du IXe siècle continua à choisir ses rois parmi de multiples lignées dynastiques[99].

Des preuves montrent qu'Offa édifia une série de burhs (villes fortifiées) défensifs ; on ne connaît pas avec certitude leurs emplacements, mais il pourrait s'agir de Bedford, Hereford, Northampton, Oxford et Stamford, entre autres. En sus de leur usage défensif, ces burhs ont pu être également des centres administratifs, servant de marchés régionaux, ce qui indiquerait une transformation de l'économie mercienne, issue d'un rassemblement de peuples des Midlands. Les burhs présagent du réseau défensif implanté avec succès par Alfred le Grand un siècle plus tard pour lutter contre les invasions danoises[100],[101]. Il est toutefois possible qu'Offa n'ait pas compris les transformations économiques apportées par les burhs, et il est donc douteux d'affirmer qu'il envisagea tous leurs bienfaits[9]. En 749, Æthelbald de Mercie avait promulgué une charte libérant les terres ecclésiastiques de toute obligation, hormis la nécessité de construire forteresses et ponts, des obligations auxquelles tous étaient soumis en vertu de la trinoda necessitas[102],[103]. Les chartes kentiques d'Offa le montrent attribuant la même tâche aux bénéficiaires de ses donations, et c'est peut-être un signe que ces obligations étaient exportées hors de Mercie[104],[105]. Ces tâches faisaient partie de la riposte d'Offa face à la menace du « marin païen »[106],[107].

Offa promulgua des lois en son nom, mais aucun détail n'en subsiste. On ne les connaît que par une mention d'Alfred le Grand, dans la préface de son propre code de lois. Alfred affirma avoir inclus dans son code les lois d'Offa, d'Ina de Wessex et d'Æthelbert de Kent qu'il trouva « les plus justes »[108]. Ces lois étaient peut-être un code indépendant, mais il se peut également qu'Alfred fasse référence au rapport de la mission papale de 786, qui émit des textes de lois auxquels devaient obéir les Merciens[109].

La monnaie

Pièce d'Offa avec le nom du monnayeur, Edelnod

Au début du VIIIe siècle, les monnaies les plus courantes étaient les sceattas, des petites pièces d'argent qui portaient rarement le nom du monnayeur ou du roi qui les avait produites. Les contemporains les appelaient sans doute « pennies », et c'est les pièces auxquelles font référence les lois d'Ina de Wessex[110],[111],[112]. Cette frappe légère, par opposition aux pièces plus lourdes émises par la suite sous le règne d'Offa, peut être datée de la fin des années 760 et du début des années 770. On peut identifier une seconde frappe, de poids moyen, avant le début des années 790[113]. Ces nouvelles pièces étaient plus lourdes, plus grandes et moins larges que les pennies qu'elles remplacèrent[110], et leur création est une conséquence des réformes monétaires carolingiennes contemporaines[89]. Les nouvelles pièces portaient presque systématiquement le nom d'Offa et celui du monnayeur à l'origine des pièces[110]. Cette réforme semble avoir dépassé le cadre des frappes d'Offa : les rois d'Est-Anglie, du Kent et de Wessex produisirent tous des pièces du nouveau format à cette époque[114].

Certaines pièces datant du règne d'Offa portent les noms des archevêques de Cantorbéry, Jaenberht puis, après 792, Æthelheard. Les pièces de Jaenberht sont toutes de petit format, non du format moyen ultérieur. Il existe également des preuves qu'Eadbrightus, évêque de Londres dans les années 780, frappa ses propres pièces. La querelle entre Jaenberht et Offa incita peut-être ce dernier à accorder à Eadbrightus le droit de frappe, qui fut ensuite peut-être révoqué lorsque Lichfield fut élevé au rang d'archevêché[115].

Deux pièces d'argent du règne d'Offa. Celle de droite représente Cynethryth.

Les pièces de format moyen sont souvent d'une grande qualité artistique, supérieure à celle de la monnaie franque de l'époque[113]. Les représentations d'Offa ont été décrites comme « présentant une délicatesse dans l'exécution unique dans toute l'histoire de la numismatique anglo-saxonne »[86]. Ces représentations incluent un portrait « frappant et élégant » le représentant avec sa chevelure en boucles volumineuses, et un autre où il porte la frange et des boucles serrées. Certaines pièces le montrent portant un collier avec un pendentif. La variété de ces représentations implique que les graveurs pouvaient s'inspirer de sources artistiques variées pour leur travail[116].

La reine d'Offa, Cynethryth, fut la première et la seule reine anglo-saxonne jamais nommée ou représentée sur des pièces, dans une série remarquable frappée par le monnayeur Eoba. Elle provient sans doute de pièces contemporaines de l'empereur byzantin Constantin VI, qui émit une série montrant un portrait de sa mère, la future impératrice Irène[117], encore que les pièces byzantines montrent un buste de face d'Irène, non un profil, et ne peuvent donc avoir été un modèle direct[118].

Vers l'époque de la mort de Jaenberht et son remplacement par Æthelheard, en 792-3, la monnaie d'argent fut à nouveau réformée : cette « frappe lourde » vit le poids des pièces encore accru, et un dessin standardisé (pas un portrait) fut introduit dans toutes les pièces. Aucune des pièces de Jaenberht ou de Cynethryth n'apparaît dans cette frappe, alors que toutes celles d'Æthelheard y appartiennent[119].

Dinar d'Offa (774)

Il subsiste également des pièces d'or datant du règne d'Offa. L'une est une copie d'un dinar abbasside frappé en 774 par le calife Al-Mansur[120], avec « Offa Rex » centré au revers. Il est clair que le monnayeur n'avait aucune connaissance de l'arabe, étant donné que le texte arabe contient de nombreuses erreurs. Cette pièce fut peut-être frappée pour commercer avec l'Espagne musulmane, ou peut-être faisait-elle partie du paiement de 365 mancus promis par Offa à Rome. Il existe d'autres copies occidentales de dinars abbassides datant de cette période, mais on ignore si elles sont anglaises ou franques. Deux autres pièces d'or anglaises subsistent, provenant de deux monnayeurs, Pendraed et Ciolheard ; on pense que la première date du règne d'Offa, mais l'autre date soit de son règne, soit de celui de Coenwulf, qui monta sur le trône en 796. On ne sait rien de certain quant à leur usage, mais elles furent peut-être frappées pour servir d'aumône[121],[122].

Si beaucoup de pièces portent le nom d'un monnayeur, rien n'indique l'atelier où chaque pièce fut frappée. En conséquence, le nombre et l'emplacement des ateliers employés par Offa sont incertains. On estime actuellement qu'il y avait quatre ateliers, à Cantorbéry, Rochester, en Est-Anglie et à Londres[121].

Titulature d'Offa

Dans la plupart de ses chartes, Offa utilisait le titre de « rex Merciorium » ou « roi des Merciens », parfois étendu à « roi des Merciens et des nations environnantes »[123]. Certaines de ses chartes emploient le titre « rex Anglorum », soit « roi des Anglais », ce qu'on a pu considérer comme une déclaration radicale de sa puissance. Toutefois, il s'agit là d'une source de débats, étant donné que plusieurs des chartes où Offa est nommé « rex Anglorum » sont d'authenticité douteuse. Il s'agit peut-être de faux datant du Xe siècle, à l'époque où ce titre était devenu le titre usuel des rois d'Angleterre[72]. La meilleure preuve de l'usage de ce titre d'Offa ne provient pas des chartes, mais de pièces : il existe des pennies portant le signe « Of ℞ A », mais il n'est pas certain que cela signifie « Offa Rex Anglorum »[115].

Dans Anglo-Saxon England, Stenton soutient qu'Offa fut peut-être le plus grand roi des royaumes anglais, affirmant qu'« aucun autre roi anglo-saxon ne considéra le reste du monde avec [...] un sens politique aussi aiguisé »[61]. De nombreux historiens placent les réussites d'Offa derrière celles seules d'Alfred le Grand parmi les rois anglo-saxons[124]. On a parfois considéré le règne d'Offa comme une étape clé de la transition vers une Angleterre unifiée, mais il ne s'agit plus de l'opinion commune des historiens de l'époque. Offa's reign has sometimes been regarded as a key stage in the transition to a unified England, but this is no longer the general view among historians in the field. Comme l'a indiqué Simon Keynes, « Offa était guidé par le goût du pouvoir, non par une vision de l'unité anglaise ; et il laissa une réputation, non un héritage »[1]. On estime à présent qu'Offa se considérait comme « roi des Merciens », et que ses succès militaires faisaient partie de la transformation de la Mercie en un royaume puissant et agressif[1],[125].

Voir aussi

Bibliographie

Sources primaires
Sources secondaires
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Notes et références

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Simon Keynes, « Offa », in Encyclopaedia of Anglo-Saxon England, p. 340.
  2. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées BEASE_306.
  3. Campbell, Anglo-Saxon State, p. 144.
  4. Hunter Blair, Roman Britain, pp. 14–15.
  5. Campbell, The Anglo-Saxons, pp. 95-98.
  6. Whitelock, English Historical Documents, 67, pp. 453-454.
  7. Pour une étude montrant comment l'emploi de ce genre de preuves permet de retracer la progression de la suzeraineté d'Offa sur les Hwicce afin de supprimer la dynastie régnante, et l'absorption ultérieure du royaume par la Mercie, voir Patrick Wormald, « The Age of Offa and Alcuin », in Campbell et al., The Anglo-Saxons, p. 123.
  8. Roger Ray, « Bede », in Lapidge et al., Blackwell Encyclopaedia of Anglo-Saxon England, pp. 57-59.
  9. a et b Yorke, Kings and Kingdoms, p. 117.
  10. Peter Featherstone passe en revue quelques théories concernant les origines du Tribal Hidage dans « The Tribal Hidage and the Ealdormen of Mercia » in Brown & Farr, Mercia, p. 29.
  11. Michael Lapidge, « Alcuin of York », in Lapidge et al., Blackwell Encyclopaedia of Anglo-Saxon England, p. 24.
  12. Patrick Wormald, « The Age of Offa and Alcuin », in Campbell et al., eds., The Anglo-Saxons, pp. 110-118.
  13. Yorke, Kings and Kingdoms, pp.101-104.
  14. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 112.
  15. a, b, c et d Kirby, Earliest English Kings, p. 163.
  16. Offa 7, PASE ; voir « personal relationships ».
  17. Selon la continuation anonyme de l'Historia Ecclesiastica de Bède
  18. Ibidem.
  19. La « continuation de Bède » est d'un autre auteur, mais les toutes premières entrées sont peut-être de la main de Bède lui-même. Voir Bede's Ecclesiastical History of England: Christian Classic Ethereal Library. Consulté le 11 mars 2008
  20. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 113.
  21. D'après les généalogies, le dernier roi du Lindsey avait pour nom Aldfrith, et l'identification de ce roi avec un autre Aldfrith, témoin d'une charte d'Offa en 787, put faire croire qu'Aldfrith régnait toujours à ce moment-là. Toutefois, on ne pense plus possible que les deux Aldfrith puissent être une seule et même personne. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 113.
  22. Stenton, Anglo-Saxon England, pp. 204-205. La charte elle-même est traduite en anglais moderne dans Whitelock, English Historical Documents, 73, p. 461.
  23. Kirby, Earliest English Kings, p. 164.
  24. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 50.
  25. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 206.
  26. a et b Kirby, Earliest English Kings, p. 165.
  27. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 32.
  28. Stenton, Anglo-Saxon England, pp. 206-207.
  29. Cet événement est prouvé par une charte de Coenwulf de Mercie de 799, par laquelle il concède de nouveau la terre, citant les raisons de la révocation de la charte par Offa, sans donner de date. La charte est traduite en anglais moderne dans Whitelock, English Historical Documents, 80, p. 470.
  30. Kirby cite le commentaire de Stenton sur Egbert, « simple subordonné » d'Offa, et donne son opinion selon laquelle il n'y a « aucune preuve certaine » de ce fait. À l'opposé, Keynes s'accorde avec Stenton pour dire qu'Offa prit « le contrôle du Kent dans les années 760 ». Simon Keynes, « Offa », in Lapidge, Blackwell Encyclopaedia of Anglo-Saxon England, p. 340; Stenton, Anglo-Saxon England, p. 207; Kirby, Earliest English Kings, pp. 165-166.
  31. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 207-208; Kirby, Earliest English Kings, p. 165.
  32. Kirby, Earliest English Kings, pp. 166-167; Stenton, Anglo-Saxon England, pp. 207-208.
  33. La citation est de Patrick Wormald, « Bede, the Bretwaldas, and the origin of the Gens Anglorum » in Wormald et al., Ideal and Reality, p. 113, cité dans Kirby, Earliest English Kings, p. 167.
  34. La Chronique n'indique pas clairement si Eadberht monta sur le trône après la mort d'Offa ou après celle d'Ecgfrith. Stenton suggère que la révolte au Kent débuta avant la mort d'Offa. Voir Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, pp. 56-57 ; Stenton, Anglo-Saxon England, p. 225 ; Kirby, Earliest English Kings, p. 178.
  35. Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, p. 60.
  36. a et b Kirby, Earliest English Kings, p. 168.
  37. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 208 ; Whitelock, English Historical Documents, p. 243.
  38. Kirby détaille le problème des chartes, et suggère aussi que la situation au Kent et au Sussex à ce moment-là peut être liée à l'entrée pour l'année 823 de la Chronique anglo-saxonne, qui affirme que les royaumes du sud-est furent « arrachés à tort » à la famille d'Egbert de Wessex, qui était le fils d'Ealhmund de Kent. Kirby, Earliest English Kings, pp. 167-168 ; voir aussi Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, p. 60.
  39. Kirby, Earliest English Kings, pp. 164, 166.
  40. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 64.
  41. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 210 ; Kirby, Earliest English Kings, p. 177 ; voir aussi Zaluckyj & Zaluckyj, « The Age of Mercian Supremacy », in Zaluckyj et al., Mercia, pp. 152-153, qui détaille les plus anciennes versions de la légende.
  42. Blair, Church in Anglo-Saxon Society, p. 288.
  43. Zaluckyj & Zaluckyj, « The Age of Mercian Supremacy », in Zaluckyj et al., Mercia, p. 153.
  44. a, b et c Stenton, Anglo-Saxon England, p. 209.
  45. a et b Yorke, Kings and Kingdoms, p. 141.
  46. Blackburn & Grierson, Early Medieval Coinage, pp. 281-282.
  47. Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, p. 62.
  48. Par exemple, Fletcher assume qu'Egbert passa l'essentiel du règne de Beorhtric en Francie ; voir Fletcher, Who's Who, p. 114. De la même façon, Swanton annote « 3 années » avec « en fait treize années [...] cette erreur est commune à tous les manuscrits ». Voir la note 12 dans Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, pp. 62–63. En revanche, Stenton accepte le chiffre de trois années : voir Stenton, Anglo-Saxon England, p. 220. Il ajoute en note qu'il « est très dangereux de rejeter une lecture si bien attestée ».
  49. Keynes & Lapidge, Alfred the Great, p. 71.
  50. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 147.
  51. Cette théorie est celle de Kirby ; voir Kirby, Earliest English Kings, p. 169.
  52. Kirby, Earliest English Kings, p. 154.
  53. Annales Cambriae, sub anno 760, 778 and 784.
  54. Stenton, Anglo-Saxon England, pp. 214-215.
  55. Asser, Alfred the Great, ch. 14, p. 71.
  56. a, b et c Margaret Worthington, « Offa's Dyke », in Lapidge, Blackwell Encyclopaedia of Anglo-Saxon England, p. 341.
  57. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 213.
  58. Margaret Worthington, « Wat's Dyke », in Lapidge et al., Blackwell Encyclopaedia of Anglo-Saxon England, p. 468.
  59. Stenton cite par exemple le village de « Burlingjobb », en Powys, non loin de l'extrémité sud de la digue, dont le nom ne pourrait guère avoir émergé aussi tard qu'au neuvième siècle. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 214.
  60. Patrick Wormald, « Offa's Dyke », in James Campbell et al., The Anglo-Saxons, pp. 120-121.
  61. a et b Stenton, Anglo-Saxon England, p. 224.
  62. Kirby, Earliest English Kings, p. 177.
  63. Simon Keynes, « Cynethryth », in Lapidge, Encyclopaedia of Anglo-Saxon England, p. 133.
  64. Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, p. 50.
  65. Whitelock, English Historical Documents, 202, pp. 786-788.
  66. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 118.
  67. a et b Whitelock, English Historical Documents, 198, p. 783.
  68. Yorke, Kings and Kingdoms, pp. 116-117.
  69. Stenton, Anglo-Saxon England, pp. 215-216.
  70. Kirby, Earliest English Kings, p. 170.
  71. Stenton, Anglo-Saxon England, pp. 217-218 & 218 notes 3 & 4.
  72. a et b Kirby, Earliest English Kings, p. 174.
  73. Whitelock, English Historical Documents, 204 & 205, pp. 791-794.
  74. Kirby, Earliest English Kings, pp. 169-170.
  75. Whitelock, English Historical Documents, 203, pp. 788-790.
  76. Whitelock, English Historical Documents, 210, pp. 799-800.
  77. Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, sub anno 785, pp. 52-54.
  78. a et b Kirby, Earliest English Kings, p. 173.
  79. Stenton, Anglo-Saxon England, pp. 218-219.
  80. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 115.
  81. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 218.
  82. Kirby, Earliest English Kings, p. 172.
  83. a, b et c Stenton, Anglo-Saxon England, p. 215.
  84. Kirby, Earliest English Kings, p. 171.
  85. a et b Yorke, Kings and Kingdoms, p. 116.
  86. a et b Stenton, Anglo-Saxon England, p. 223.
  87. Blair, Church in Anglo-Saxon Society, pp. 129–30.
  88. Keynes & Lapidge, Alfred the Great, p. 244.
  89. a et b Kirby, Earliest English Kings, p. 175.
  90. Whitelock, English Historical Documents, 195, pp. 779-780.
  91. a et b Stenton, Anglo-Saxon England, p. 220.
  92. Whitelock, English Historical Documents, 20, p. 313.
  93. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 219.
  94. Kirby, Earliest English Kings, pp. 176-177.
  95. Janet L. Nelson, « Carolingian Contacts » in Brown & Farr, Mercia, notamment pp. 139-143. Pour un point de vue opposé, voir Wormald, « The Age of Offa and Alcuin », pp. 101-106.
  96. Yorke, Kings and Kingdoms, pp. 119-120
  97. Pour tout cela, voir Keynes, « Mercia and Wessex in the Ninth Century », pp. 314-323, in Brown & Farr, Mercia ; voir aussi Williams, « Military Institutions and Royal Power », pp. 304-305.
  98. Yorke, Anglo-Saxons, pp. 43-44.
  99. Simon Keynes, « Mercia and Wessex in the Ninth Century », in Brown & Farr, Mercia, p. 314.
  100. Kirby, Earliest English Kings, p. 3.
  101. Alan Vince, « Market Centres and Towns in the Mercian Hegemony », in Brown & Farr, Mercia, p. 192.
  102. Anglo-Saxons.net: S 92, Sean Miller. Consulté le 06/09/2008
  103. Campbell, The Anglo-Saxons, p. 100.
  104. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 165.
  105. Gareth Williams, « Military Institutions », in Brown & Farr, Mercia, p. 297.
  106. Richard Abels, « Trinoda Necessitas », in Lapidge et al., Blackwell Encyclopaedia of Anglo-Saxon England, p. 456.
  107. Anglo-Saxons.net: S 134, Sean Miller. Consulté le 06/09/2008
  108. Keynes & Lapidge, Alfred the Great, p. 164.
  109. Keynes & Lapidge, Alfred the Great, pp. 305.
  110. a, b et c Stenton, Anglo-Saxon England, p. 222.
  111. On peut lire une transcription des lois d'Ina ici : Laws of Alfred and Ine, Georgetown University
  112. Blackburn & Grierson, Medieval European Coinage, p. 157.
  113. a et b Blackburn & Grierson, Medieval European Coinage, p. 278.
  114. Blackburn & Grierson, Medieval European Coinage, p. 277.
  115. a et b Blackburn & Grierson, Medieval European Coinage, p. 279.
  116. Gannon, Iconography of Early Anglo-Saxon Coinage, pp. 31-32.
  117. Blackburn & Grierson, Medieval European Coinage, pp. 279-280.
  118. Pauline Stafford, « Political Women in Mercia » in Brown & Farr, Mercia, p. 39.
  119. Blackburn & Grierson, Medieval European Coinage, p. 280.
  120. Williams, Mercian Coinage, p. 211.
  121. a et b Blackburn & Grierson, Medieval European Coinage, p. 281.
  122. Stenton, Anglo-Saxon England, pp. 223-224.
  123. Voir la liste sous « King », dans la section « Office », ici : PASE Index of Persons, King's College London
  124. Peter Hunter Blair le décrit par exemple comme « peut-être le plus grand de tous les rois anglo-saxons, hormis Alfred seul » ; Blair, Introduction, p. 53.
  125. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 114.



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