Océanographe


Océanographe

Océanographie

Navire de recherche/plateforme d'instruments, utilisé depuis 1962
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L’océanographie (de « océan » et du grec γράφειν / gráphein, écrire) est l'étude des océans et des mers de la Terre. Les océanographes étudient un très grand nombre de sujets, incluant la tectonique des plaques, les grands cycles biogéochimiques, les courants océaniques ou encore les organismes et les écosystèmes marins ou encore les liens entre océans et modifications climatiques. Ces domaines variés reflètent la multitude de disciplines que les océanographes intègrent afin de comprendre l'interdépendance qu'il existe entre la biologie, la géologie, la météorologie et la physique de l'océan.
On distingue l'océanographie de l'océanologie, qui concerne l'utilisation de l'océanographie appliquée à l'exploitation des ressources océaniques et à la protection des environnements marins.

Sommaire

Science holistique

L'océanographie est holistique en ce que l'océan influe sur le climat et qu'il est en retour influencé par les écosystèmes terrestres, et qu'il mémorise via ses sédiments les apports non seulement terrigènes, mais aussi spatiaux. Hans Pettersson a marqué des océanographe tels qu'Arrhenius en leur rappelant que les sédiments ont mieux que les sols gardé la mémoire des apports de particules cosmiques (mais moins bien que la glace).

Branches de l'océanographie

On distingue quatre grandes branches de l'océanographie[1] :

Ces différentes branches montrent que souvent les océanographes ont d'abord étudié les sciences exactes.

S'y ajoutent parfois la météorologie marine ainsi que l'ingénierie maritime[2]

Brève histoire de l'océanographie

Dans l'antiquité Pline l'ancien écrivait que selon Fabianus, « la plus grande profondeur de la mer est de quinze stades (mètres 2.760). D'autres assurent que dans le Pont-Euxin. en face de la nation des Coraxiens, dans un lieu appelé les Abîmes du Pont, à trois cent stades (kil. 55,2) environ du continent, la mer a une profondeur sans bornes, et qu'on n'y a jamais trouvé le fond »[3]. Par nature, l'exploration des océans a été longue et difficile et n'a débuté qu'il y a seulement quelques siècles avec le développement de la navigation et des premières grandes explorations lointaines. Jusqu'à une période récente, seuls les navires apportaient l'essentiel des connaissances de ce milieu, mais les données étaient dispersées dans le temps et l'espace.

Les premières investigations étaient limitées à la surface et aux quelques créatures que les pêcheurs attrapaient mais lorsque Bougainville et Cook mènent leurs explorations, les mers elles-mêmes sont une part de leur rapport.

A la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècles, James Rennell a écrit les premiers textes scientifiques sur les courants dans les océans Atlantique et Indien. Sir James Clark Ross procèda aux premiers sondages modernes des mers profondes en 1840 et Charles Darwin publia un article sur les récifs et la formation des atolls.

Au 19° siècle, un océanographe chrétien, Matthew Maury, se demandait ce que pouvaient bien être ces sentiers de la mer décrits dans le livre biblique de Psaumes 8:8. Il déclara devant ses amis : " si la Bible dit que les mers ont des sentiers je les trouverai ! ". On se moqua de lui, mais il les trouva. Matthew Maury fut le pionnier de l'hydrographie marine. Il a même publié en 1855 le premier livre existant sur la description des courants marins. Depuis la découverte de Matthew Maury, on sait l'importance des courants marins tels que le Gulf Stream, ou El niño, non seulement pour le climat mais pour la vie des animaux marins.

[réf. nécessaire]

En 1854, une conférence internationale tenue à Bruxelles propose un protocole mondial de mesure des données océaniques par les navires marchands. Il est la source des premières séries cohérentes de mesure des températures moyennes de surface de la mer.

Alors qu'on venait en 1849 de découvrit la pente abrupte au-delà du plateau continental, Matthew Fontaine Maury publie en 1855 le premier texte véritablement « océanographique »[4]. Trois ans plus tard, en août 1858, la pose réussie du premier câble télégraphique transatlantique, grâce aux travaux du lieutenant M. F. Maury, confirme la présence d'une dorsale sous-marine au milieu de l'océan.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les sociétés scientifiques reçoivent et traitent un flot de nouvelles observations terrestres et maritimes et les spécialistes d'histoire naturelle en Europe pressentent le besoin d'informations autres qu'anecdotiques sur les océans.

L'océanographie devint une science quantifiables en 1872 lorsque les écossais Charles Wyville Thompson et John Murray ont mis en branle l'expédition Challenger (1872-76). D'autres nations européennes et américaines envoyèrent des missions scientifiques, aussi bien des particuliers que des institutions.

Depuis une trentaine d'années, les techniques d'observations spatiales ont permis des progrès considérables en apportant une nouvelle capacité de surveiller globalement les océans, de manière permanente et instantanée : par mesure de la topographie des mers (on parle alors d'hydrographie) et de son évolution temporelle, par celle des vagues, de la température de surface et des indicateurs biologiques, par collecte de données océanographiques mesurées in situ à bord de bouées et de bateaux, etc.

L'altimétrie satellitale, aujourd'hui au centre de l'activité d'océanographie spatiale, est une technique spatiale permettant de mesurer le relief des océans, mise au point dans les années 1970 puis 1980, et qui a vu ses capacités décuplées en termes de précision et de couverture spatio-temporelle. Ces progrès ont été notamment obtenus grâce aux données du satellite franco-américain TOPEX/Poséidon lancé par la fusée Ariane en août 1992. Aujourd'hui, le successeur de ce dernier satellite désormais à la retraite [1], est Jason-1, premier satellite de ce qui devrait devenir une véritable filière spatiale en matière de suivi océanographique à long terme.

Outre cet aspect d'observation et d'analyse des mesures in situ, un autre grand domaine de l'océanographie est l'étude théorique des processus physiques mis en jeu: on parle d'océanographie physique. Cela se traduit par l'écriture et la résolution d'un jeu d'équations plus ou moins simplifiées représentant les écoulements géophysiques rencontrés dans l'océan. Ces équations, dites équations de Navier-Stokes, souvent très complexes, ne peuvent pas toujours être résolues analytiquement par les méthodes mathématiques classiques, d'où le recours massif à l'utilisation de codes numériques nécessitant une grande puissance de calcul. L'apparition de super-calculateurs offrant de plus en plus de puissance a provoqué un développement intensif de l'usage des codes numériques en océanographie dans les 20 dernières années. Ainsi sont apparus des modèles [2] représentant l'océan mondial et ayant pour but une compréhension globale de la circulation océanique.

Une Commission intergouvernementale océanographique s'est mise en place sous l'égide de l'UNESCO

En France, le Grenelle de la mer a proposé en juin 2009 la création d' « un conseil national de la recherche marine et littoral » dont le rattachement ministériel ni la composition n'ont été précisés, mais dont le pilotage serait « de type Grenelle».[5]

Océan et atmosphère

Les océans jouent un rôle fondamental dans l'équilibre thermique de la Terre et leur interaction avec l'atmosphère est la clef de l'évolution du système climatique. Ce système ressemble à une immense machine thermique dont les mécanismes sont basés sur les échanges entre les circulations atmosphériques (les vents, par exemple la Mousson) et océaniques (les courants, comme par exemple El Niño), qui contribuent pour des parts comparables au transport et à la redistribution d'énergie des régions tropicales vers les régions polaires. Les océans sont donc en quelque sorte un thermostat régulateur du climat. De plus, ils possèdent d'immenses capacités d'absorption de composants chimiques, comme le dioxyde de carbone à l'origine de l'effet de serre, qui obligent enfin à considérer l'ensemble « océan-atmosphère ».

Océanographes célèbres

Notes et références

  1. Article « Oceanography », Encyclopædia Britannica [lire en ligne].
  2. Tom Garrison, Oceanography: An Invitation to Marine Science, 5e édition, Thomson, 2005, p. 4.
  3. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre II, Chapitre 103-105
  4. Physical Geography of the Sea (Géopraphie Physique de la Mer)
  5. Proposition 28 (p 14/114) du Rapport du Groupe I – La délicate rencontre entre la terre et la mer, juin 2009 ; Grenelle de la Mer

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Océanographie opérationnelle :

Documents :

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