Normande


Normande
Normande
Vachesnormandes.jpg

Espèce Vache (Bos taurus)
Région d’origine
Région France, en Normandie
Caractéristiques
Taille Grande
Robe Pie bringée
Autre
Diffusion Internationale
Utilisation mixte

La normande est une race bovine française originaire de Normandie. C'est une vache de taille moyenne, qui a une robe blanche avec plus ou moins de taches brunes ou bringées. Elle a la réputation d'être une race mixte, qui produit une viande de qualité et dont le lait est particulièrement bien adapté à la transformation fromagère. Cela en fait la deuxième race laitière française en termes d'effectifs derrière la prim'holstein. La normande est en outre un animal emblématique de la Normandie. Elle étend toutefois son influence dans les régions avoisinantes depuis déjà longtemps, et est présente un peu partout dans le monde.

Sommaire

Historique

Origine

On donne parfois à la normande une origine viking, mais s'il est possible que les Vikings aient apporté des bovins dans leurs drakkars, ceux-ci n'avaient certainement rien à voir avec la vache que nous connaissons aujourd'hui. Le bétail normand était très hétérogène au Moyen Âge, et ce n'est qu'en 1718 qu'un marchand de bestiaux parle pour la première fois de vaches à la robe rouge ou bringée[1].

En réalité, la race normande est issue de la fusion de trois races locales :

  • la cotentine, race de grande taille et de taille supérieure à la moyenne de l'époque, rouge bringé à production laitière. La canadienne, qui en est issue, lui ressemble beaucoup ;
  • l'augeronne, de couleur blanc truitée, plus petite, plus fine et plus apte à l'engraissement ;
  • la cauchoise, pie rouge avait une tête toute blanche ou majoritairement blanche.
La vache du Cotentin par Jacques de Sève, illustrateur.

Au XIXe siècle, l'apport de sang Durham, ancien nom de la Shorthorn, a été effectué, afin d'améliorer la précocité, la conformation bouchère, la finesse de la viande et l'aptitude à l'engraissement. Son influence sera limitée à 40 ans. Il sera reconnu plus tard le bien-fondé de son introduction, tempéré par une sélection draconienne et un nouvel apport de cotentine. Cette dernière sera l'élément améliorateur de toute la fin du XIXe siècle. Par suite du croisement de normandes sélectionnées avec les races ancestrales, ces dernières ont aujourd'hui disparu.

Développement de la race

Le livre généalogique date de 1883. Au début du XXe siècle, la normande prend un développement très important. Elle subit de grosses pertes en 1944, avec les combats qui marquent sa région d'élevage. Mais le dynamisme de ses éleveurs permet à une normande d'être la première à vêler avec une insémination artificielle. L'usage du beurre et de la crème en Normandie ont conduit à sélectionner les vaches sur leurs rendements en beurre, autant qu'en lait brut. Cette sélection ancienne fait qu'aujourd'hui la normande produit le lait le plus riche des races laitières à fort effectif.

Le cheptel français de race normande, avec environ 2 millions de têtes, est à la troisième place en termes d'effectif dans l'élevage bovin français. Il comprend 800 000 vaches, principalement en Basse-Normandie, mais aussi dans les Pays de la Loire, en Bretagne et en Haute-Normandie. Elle est exportée depuis la fin du XIXe siècle et depuis longtemps présente dans de nombreux pays étrangers en particulier en Amérique du Sud (Uruguay, Paraguay, Venezuela, Colombie…), à Madagascar et en Europe (Grande-Bretagne, Irlande, Belgique).

Description

Morphologie

C'est une vache à robe tricolore bringée noir, blond fauve et blanc caille, le ventre et la tête sont toujours blancs, avec sur la tête des taches de couleur (lunettes et museau). La répartition des couleurs, toujours en taches irrégulières, est très variable et on trouve trois types de robe : la robe « caille », blanche avec des petites taches colorées éparses, la robe « blonde », caractérisée par une grande tache rouge, qui ne recouvre pas le ventre, et la robe « bringée », avec une grande tache bringée recouvrant la plupart du corps, le ventre demeurant là encore blanc[2]. La tête est blanche avec le tour des yeux et du mufle colorés. Elle se caractérise également par un mufle court et un front large et déprimé (creusé) entre les yeux.

Elle est de grand format, mesurant en moyenne 1,50 au garrot et pesant entre 750 et 900 kg[3].

Aptitudes

La normande est considérée comme une race mixte, dotée d'une bonne production laitière, notamment en termes de qualité, et d'aptitudes bouchères intéressantes[4].

Qualités laitières

C'est une race qui a d'excellentes aptitudes laitières, notamment vis-à-vis de la qualité. Les quantités de lait produites sont toutefois très bonnes également, avec une moyenne de 7 300kg de lait par vache et par an pour les vaches inscrites au contrôle laitier[5]. Son lait riche en matières grasses (taux butyreux à 42,8 pour 1 000) et en protéines (34,3 pour 1 000 de taux protéique), et la normande fait d'ailleurs partie des races chez qui ce taux est le plus élevé. Ce lait est apprécié pour la fabrication de fromage du fait de la plus grande fréquence de la présence d'un variant B de la kappa caséine par rapport aux autres races. Cette richesse du lait est un atout pour les éleveurs car leur rémunération en tient compte, le lait de race normande étant payé en moyenne 20 centimes/litre au-dessus du prix de base.

Qualités bouchères

La normande fournit également des carcasses lourdes avec un bon rendement en viande. Sa viande est très appréciée pour sa saveur et son persillé, qui lui ont permis d'être jugée meilleure viande par un jury du Gault et Millau. En 1992 a été mis en place la Filière Qualité Race Normande pour valoriser au mieux cette viande[6]. Tout cela permet aux éleveurs de bien valoriser leurs animaux destinés à la viande, contrairement aux éleveurs d'autres races laitières. Ils produisent des vaches de réforme mais également des veaux de boucherie ou des taurillons et des bœufs.

Différentes formes de commercialisation des animaux de boucherie pour la race normande[7]
Type d'animal Âge à l'abattage (mois) Poids vif (kg) Poids de carcasse (kg)
Veau de boucherie 3 à 4 180 120
Taurillon 15 à 18 700 420
Vache ou génisse de boucherie plus de 36 750 400
Bœuf plus de 30 800 450

Qualités d'élevage

Ces vaches sont appréciées des éleveurs pour leurs qualités d'élevage. Ainsi, elles sont très fertiles, avec un taux de réussite en première insémination artificielle de 53 %, taux identique à celui de la montbéliarde, mais supérieur à celui de la prim'holstein qui n'est que de 45 %[8]. La facilité de vêlage de cette vache est excellente, avec 91 % de vêlages faciles dont 65 % sans aucune aide, soit un peu mieux que les deux autres principales races laitières françaises que sont la prim'holstein (89 % de vêlages faciles dont 53 % sans aide) et la montbéliarde (87 % de vêlages faciles dont 47 % sans aide)[9]. La normande est également dotée d'une bonne longévité et d'une grande docilité[10]. Elle montre également une bonne rusticité et des qualités d'adaptation dans divers climats, en particulier ceux qui se rapprochent du climat océanique normand. Elle a réussi à s'adapter aux conditions d'altitude et aux pentes abruptes de la Colombie et de l'Équateur[11].

Sélection

Normandes au Salon de l'agriculture.

Le schéma de sélection de la race normande s'appuie sur une base de sélection de 300 000 vaches laitières inscrites au contrôle laitier. Ce schéma est pris en charge par Génétique Normande Avenir (GNA), qui choisit 3 500 femelles (1 000 vaches et 2 500 génisses) au sein de la base de sélection, à partir des index qui leur ont été attribués par l'INRA. Ces index ont été obtenus à partir des performances affichées au contrôle laitier par ces animaux et leurs parents et de leur morphologie. Ces femelles sont mises à la reproduction avec les meilleurs mâles de la race, et parmi les veaux mâles obtenus, environ 400 sont rachetés par GNA[12]. Ces 400 veaux sont placés à la station de contrôle individuel de Domfront. Ils y séjournent entre 12 et 13 mois, et sont contrôlés sur leur morphologie, leur état sanitaire, la qualité de leur sperme et leur fonction sexuelle. Environ la moitié sont alors sélectionnés et mis à la vente, et 155 seront achetés par des unités de sélection pour être testés sur descendance[13].

Le testage sur descendance consiste à contrôler les performances d'environ 70 filles de chacun des mâles sélectionnés, de façon à mieux connaître leur qualités propres et de choisir ceux qui seront utilisés en insémination artificielle. Dans ce but, 300 inséminations artificielles, dites de testage, sont réalisées avec la semence des mâles détenus par les unités de sélection. À raison d'une réussite en première insémination de 50 % et d'un sex ratio de 50 % on obtient au moins 70 filles qui sont contrôlées sur leurs performances laitières et leur morphologie. Finalement, ce n'est qu'une quinzaine de taureaux chaque année qui seront effectivement utilisés en élevage[14].

Diffusion

En France

La normande est présente un peu partout en France, mais les effectifs sont principalement concentrés dans le nord-ouest. Ainsi, la Basse-Normandie comprend 42 % des vaches normandes, les Pays-de-la-Loire 23 %, la Bretagne 16 % et la Haute-Normandie 13 %[15].

Dans le monde

La normande s'exporte au-delà de la France depuis la fin du XIXe siècle. Elle s'est notamment installée durablement en Amérique du Sud, au Brésil, en Colombie, en Équateur, au Paraguay, en Uruguay, au Venezuela. La Colombie est le second pays détenteur de normandes, avec pas moins de 1,2 million de têtes de bétail de race pure ou croisées avec des zébus[16]. Elle est aujourd'hui présente sur tous les continents. On la retrouve aux États-Unis, en Australie ou encore au Japon, pays dans lesquels elle est en train de se développer. En Europe, elle s'est développée en Belgique, en Suisse, en Grande-Bretagne et en Irlande[1].

La normande dans la culture locale

La vache normande fait partie intégrante du patrimoine normand. Elle est issue du long travail de sélection des éleveurs normands, et est complétement adaptée au climat tempéré de Normandie. On peut l'associer au camembert, célèbre fromage dont son lait est à l'origine, qui est un autre des symboles de sa région d'origine[17].

On peut également noter que la première vache inséminée artificiellement était une normande[18].

Notes et références de l'article

  1. a et b La race normande. Consulté le 20 décembre 2009
  2. Les robes Normandes, Upra Normande. Consulté le 21 décembre 2009
  3. Le type normand, Upra Normand. Consulté le 22 décembre 2009
  4. Présentation, Upra Normande. Consulté le 21 décembre 2009
  5. France Contrôle Laitier, 2007
  6. Une viande savoureuse, Upra Normande. Consulté le 21 décembre 2009
  7. La viande normande, Upra Normande. Consulté le 22 décembre 2009
  8. Fertilité, Upra Normande. Consulté le 21 décembre 2009
  9. Facilité de vêlage, Upra Normande. Consulté le 21 décembre 2009
  10. Qualités d'élevage, Upra Normande. Consulté le 20 décembre 2009
  11. Rusticité et adaptabilité, Upra Normande. Consulté le 21 décembre 2009
  12. Sélection sur ascendance, Upra Normande. Consulté le 22 décembre 2009
  13. Sélection individuel, Upra Normande. Consulté le 22 décembre 2009
  14. Testage sur descendance, Upra Normande. Consulté le 22 décembre 2009
  15. La normande en France, Upra Normande. Consulté le 20 décembre 2009
  16. La normande à l'international, Upra Normande. Consulté le 22 décembre 2009
  17. La vache normande. Consulté le 22 décembre 2009
  18. La Normande. Consulté le 22 décembre 2009

Voir aussi

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