Nicolas Edme Restif De La Bretonne


Nicolas Edme Restif De La Bretonne

Nicolas Edme Restif de La Bretonne

Nicolas Edme Restif de La Bretonne
Portrait de Nicolas Edme Restif de La Bretonne en 1785
Portrait de Nicolas Edme Restif de La Bretonne en 1785

Autres noms Monsieur Nicolas, le Hibou, le Spectateur nocturne, M. Dulis, M. Saxancour
Activité(s) Imprimeur, écrivain
Naissance 23 octobre 1734
Sacy
Décès 3 février 1806
Paris
Langue d'écriture Français
Genre(s) Roman, nouvelles, théâtre, autobiographie
Œuvres principales
Le Paysan perverti, Monsieur Nicolas, Les Nuits de Paris

Nicolas Edme Restif, dit Restif de La Bretonne, également épelé Rétif et de La Bretone[1], né à Sacy le 23 octobre 1734 et mort à Paris, au 16 rue de la Bûcherie, le 3 février 1806, est un écrivain français.

Son œuvre, et en particulier Monsieur Nicolas, nous offre une admirable résurrection du passé, au moyen d’une infinité de détails d’autant plus précieux que la plupart concernent des classes sociales n’ayant laissé que peu de témoignages dans la littérature contemporaine.

Sommaire

Biographie

Jeunesse

Né le 23 octobre 1734 à Sacy, Restif est le fils aîné d’Edme Restif et de Barbe Ferlet[2]. Le couple a huit autres enfants, en particulier Marie-Geneviève, née le 26 décembre 1738, et Pierre, né le 21 août 1744, qui prendra la succession de son père à la ferme. Riche laboureur, Edme achète la maison et le domaine de La Bretonne, à l’est de Sacy, le 12 mars 1740 ; la famille s’y installe en 1742[3].

Mis en pension chez sa demi-sœur Anne à Vermenton en juillet 1745, le jeune Nicolas va ensuite à Joux, chez le maître d'école Christophe Berthier, en octobre. Le 17 octobre 1746, il part pour Bicêtre, où, sous l’autorité de son demi-frère Thomas, clerc tonsuré, il est élève à l’école des enfants de chœur de l’hôpital. Obligés de quitter Bicêtre dans le cadre de la lutte du nouvel archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, contre le jansénisme, les deux frères regagnent Auxerre le 20 décembre 1747. À la fin du mois, Nicolas est à Courgis chez son demi-frère et parrain, curé du village. Là, il tombe amoureux en secret, en 1748, de Jeannette Rousseau, fille du notaire, qu'il songera longtemps à épouser, y compris après son divorce, alors qu'elle est déjà morte. Il commence, en 1749, à tenir ses cahiers, ou Memoranda, où il rédige ses premiers essais poétiques et deux actes d’une comédie latine en prose imitée de Térence[4],[5].

Renvoyé par son demi-frère en novembre 1750 pour son insoumission et parce qu'il s'intéresse trop aux jeunes filles, il rentre à Sacy, où il se consacre pendant dix-huit mois aux travaux des champs[6],[5].

Restif est, de santé très délicate, destiné à l’origine à l’Église, mais il semble qu’il soit plutôt un coureur de jupons, ce qui le fait renoncer à la prêtrise.

D’abord berger dans son village, ses parents l’envoient, le 14 juillet 1751, comme apprenti typographe à Auxerre chez l’imprimeur François Fournier où il tombe amoureux de l’épouse de son patron, Marguerite Collet, née en 1724, passée dans son œuvre sous le nom de « Collette Parangon » et se lie d'amitié avec Louis-Timothée Loiseau, arrivé en apprentissage le 15 juillet 1754. Devenu ouvrier typographe, il se rend à Paris en 1755, où il devient compagnon-imprimeur et entre à l'Imprimerie royale du Louvre le 22 septembre. Rejoint par Loiseau en septembre 1756, il travaille ensuite chez l'imprimeur Hérissant, rue Notre-Dame, et prend pension chez Bonne Sellier, rue Galande. En 1757, il se fait embaucher chez André Knapen, imprimeur d'affiches, de mémoires d'avocats et de pamphlets et s'installe dans une mansarde, rue Sainte-Anne-du-Palais[5].

Il a prétendu s'être marié en mars 1759 avec une jeune Anglaise, Henriette Kircher, désireuse d'acquérir la nationalité française dans le cadre d'un épineux procès d'héritage. Derrière ce conte, selon Daniel Baruch, se cacherait une affaire d'espionnage. L’Irlandais Théobald Taaffe, agent de Choiseul, l'aurait engagé, dans le cadre de la répression qui frappe les milieux des libraires et des imprimeurs dans les années 1757-1759, après l'attentat de Damiens contre Louis XV et dans le cadre des luttes anti-jansénistes, pour dénoncer les imprimeries clandestines à l'origine de placards hostiles au gouvernement[7].

Quoi qu'il en soit, il quitte Paris pour Dijon, avant de retourner chez Fournier, à Auxerre[5]. Le 22 avril 1760, il se marie à Auxerre avec Agnès Lebègue[8], avec laquelle il a quatre filles, Agnès, Marie, Élisabeth, dite Élise ou Babiche, et Marie-Anne, dite Marion[9]. En juin 1761, le couple s’installe à Paris, où Restif travaille dans diverses imprimeries jusqu'en 1767. Son père meurt le 16 décembre 1763, à l'âge de 73 ans. Après cet événement, les Restif se rendent à Sacy, où son frère Pierre a succédé à Edme et où Marion voit le jour. Laissant là sa femme et sa fille, Restif retourne peu après à Paris, où il travaille chez Quillau. Le couple se retrouve en 1765 et s'installe rue de la Harpe, avec leur aînée, Agnès. En 1766, Restif rencontre Pierre-Jean-Baptiste Nougaret[5].

Doué d’une imagination vive et souvent extravagante, d’un esprit observateur, et en même temps, d’un tempérament qui le porte à une vie de désordres sans frein, il étudie de près les mœurs populaires qu'il reproduit plus tard dans les plus grands détails quand il se met, dans les années 1760, à écrire.

Carrière littéraire

En 1767, Restif publie sa première œuvre importante, la Famille vertueuse et abandonne son métier. Cette première œuvre est suivie entre autres du Paysan perverti (1775), qui contribue à le faire connaître, la Vie de mon père (1778), les Contemporaines (1780) qui le rend célèbre, la Paysanne pervertie (1784)[10], les Parisiennes (1787), Ingénue Saxancourt (1789) et Anti-Justine (1793).

Par ailleurs, toujours en 1767, selon plusieurs biographes, ses activités d'espions cessent de concerner le milieu de l'imprimerie; il devient « mouche », ou indicateur, de police, ce qu’il serait resté jusqu’en 1789[11].

Enfin, Agnès Lebègue vend en 1767 des étoffes dans la région parisienne. À partir de 1768, Restif et sa femme vivent de plus en plus séparément. Après la mort de sa mère le 6 juillet 1771, à l'âge de 68 ans, Restif vend sa part de patrimoine à son frère Pierre en 1773, tandis que sa fille Agnès est placée chez une marchande de modes, voisine de la « tante Bizet », demi-sœur de l'écrivain, et qu'Agnès Lebègue part en province avec Marion[5].

Installé en 1776 au 44, rue de Bièvre (actuellement, n° 16-20), chez Mme Debée, dans un logement que lui laisse sa femme, il y rencontre en 1780 la jeune Sara, fille de sa logeuse, qui lui inspire notamment La Dernière aventure d'un homme de quarante-cinq ans (1783). En 1778, Agnès revient vivre auprès de son père, tandis que Marion est placée jusqu'en 1783. En 1779, Restif rencontre Beaumarchais, qui lui aurait proposé la direction de l'impression des œuvres de Voltaire à Kehl et avec lequel il entretient des relations aussi étroites que peu connues entre 1785 et 1791, peut-être liées à la succession du duc de Choiseul, l'homme d'affaires étant le principal syndic des créanciers[5],[12].

La même année, comme il parcourt les rues de Paris et de l’île Saint-Louis, la nuit, se surnommant lui-même « le hibou », il commence à écrire sur les ponts et les murs. Après le mariage, le 1er mai 1781, d'Agnès Restif avec Charles-Marie Augé, un fils voit le jour le 28 décembre. Cependant, Restif quitte Sara et la rue de Bièvre, et s'installe 10, rue des Bernardins, où sa fille Marion vient le rejoindre le 2 janvier 1785. Puis, le 21 juillet, après une première fugue le 31 janvier, Agnès fuit le domicile conjugal et vient elle aussi s'installer chez son père. Peu après, le 26 novembre, Restif et sa femme se séparent définitivement[5].

Illustration des Nuits de Paris.

Le 22 décembre 1786, « à sept heures du soir », Restif entreprend la rédaction des Nuits de Paris, qui témoigne, selon les spécialistes, de son emploi de « mouche » au service de la police royale; en effet, le texte fourmille d’indications de ses liens avec la police qu’il semble en mesure d’appeler à tout moment ; il se promène armé d'un bâton, de pistolets et vêtu d'un manteau bleu, uniforme des policiers ; il menace ceux qu’il interpelle d’en appeler à l’autorité, se rend sans cesse au corps de garde, etc.[12]

En 1782, il fait la connaissance de Louis-Sébastien Mercier et de Grimod de La Reynière (avec lequel il rompt en 1792). Le 8 juin 1787, il se rend pour la première fois chez Fanny de Beauharnais, où il rencontre Cazotte et Cubières. En 1788, après une querelle avec le procureur Poincloud, « principal locataire », il s'installe au 11, rue de la Bûcherie[5], où il demeure jusqu'en 1797, avant de déménager au n° 9 de la même rue (actuellement, le n° 16), son dernier domicile.

À l’avènement de la Révolution, il est arrêté, le 14 juillet et le 29 octobre 1789, et conduit au corps de garde sur dénonciation d'Augé, qui l'accuse d'être un espion du roi. En 1790, il aménage chez lui une petite imprimerie; il imprime d'ailleurs une pièce de Mercier pour Bonneville, du Cercle social en 1792. En 1791, sa fille Marion épouse son cousin, le fils de Pierre, né en 1769, qui travaille avec Restif. Le 11 janvier 1794 est prononcé le divorce d'Agnès Restif et Augé, suivi le 15 juillet par la mort de l'époux de Marion, la laissant seule avec trois enfants. Puis, le 17 août, Agnès Lebègue met au monde un fils, né de sa liaison avec Louis Vignon[5]. De son côté, séparé définitivement de sa femme depuis le 26 novembre 1785, il divorce le 4 février 1794. La même année, il décide d’écrire son autobiographie, Monsieur Nicolas, huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797.

Durant la Terreur, il frôle l’arrestation. Témoin des événements de la Révolution, il fit paraître le Palais-Royal (1790), Les Nuits de Paris (1793). Malgré ses amitiés aristocratiques, ses écrits sont prudemment réorientés dans le sens du nouveau pouvoir.

Ruiné par la chute de l’assignat, et l’écriture le faisant à peine vivre, la Convention lui octroie en 1795 2 000 francs sur la somme allouée par le Gouvernement aux hommes de lettres dans le besoin. En avril-mai, il est hospitalisé pour une crise urinaire[5].

En 1796, il tente en vain de se faire admettre à l'Institut, mais reçoit un secours de cinq livres de pain par jour. Après l'installation de Marion et de ses trois filles chez lui en 1797, il participe à un concours ouvert par l’assemblée administrative de l’Allier et se voit nommer au poste de professeur d’histoire à l’école centrale de Moulins le 14 floréal an VI (3 mai 1798). Toutefois, ayant obtenu, le 20 avril 1798, un poste de premier sous-chef à la deuxième section de la deuxième direction[13] au ministère de la Police générale, section des lettres interceptées, c'est-à-dire le Cabinet noir, rémunéré 4 000 francs par an, il reste à Paris. Toutefois, sous le Consulat, son service est supprimé, et il perd son emploi le 24 prairial an X (13 juin 1802), même s’il touche son traitement jusqu’au 12 août[14]. Le 2 juillet les Posthumes et L'Enclos des oiseaux sont saisis chez lui. En 1803, il sollicite pension et secours, mais ne se voit accorder que 50 francs, qu'il ne reçoit d'ailleurs qu'en 1804. Après une nouvelle demande de secours en 1805, il meurt dans la misère le 3 février 1806. Ses restes sont inhumés le 5 février au cimetière Sainte-Catherine (actuellement, n° 58 à 66 du boulevard Saint-Marcel)[5].

Agnès Lebègue meurt chez sa fille aînée le 29 août 1808, Agnès Restif en 1812, Marion en 1836. Le fils d'Augé devient imprimeur, celui de Vignon écrivain[5].

L'écrivain

Sculpture à Auxerre représentant Restif de la Bretonne.

Admirateur des idées de Rousseau, dont il estimait du reste assez peu le talent, Restif voulut, à son exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le théâtre, etc., de la singularité et de la bizarrerie, mais également de la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse. Le marquis de Sade et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ; le premier a dit du second qu’il dormait avec une presse au pied de son lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa plume. En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, de Gabriel Sénac de Meilhan et de Schiller. Très critiqué par les puristes comme La Harpe (on lui donna comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau » mais Lavater l’appela « le Richardson français »), Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, et il fait l’objet de l’admiration des surréalistes, notamment, qui le redécouvriront.

Imprimeur, il entendait également réformer la langue, l'orthographe et la syntaxe[15], créant de nombreux néologismes, par exemple: « etlrst » pour « etc. », « talionné » pour « assujetti à la loi du talion », « pornographe », « gynographe », « mimographe »… De la même façon, il est l'un des précurseurs de l'emploi de « mise » sous sa forme substantive pour désigner la manière de se vêtir, emploi critiqué en son temps.

Philosophe réformateur longtemps ignoré, il envisagea tous les problèmes sociaux, y compris les tabous (la prostitution, l'inceste, etc.), préconisant d'ailleurs des solutions souvent conservatrices et répressives, mais conçut également une forme de communisme agraire. Saint-Simon et Fourier s'en inspirèrent, tout en voilant leur filiation[15].

Ses livres érotiques sont le plus souvent illustrés avec des femmes aux pieds minuscules et la bouche ronde. Celui sur les filles du Palais-Royal est présenté comme un guide, mais est plutôt une série d’entretiens, à la manière d’un journaliste. Il répondait, à ceux qui lui reprochaient le choix de ses sujets, qu’il écrivait des livres de médecine morale, que les principes en étaient honnêtes, et qu’il ne pouvait peindre des mœurs pures puisque le siècle avait des mœurs corrompues. quoique son style soit couramment d’une grande platitude et souvent incorrect, Restif trouva néanmoins des tableaux riants et aimables, des accents émus et allant au cœur, des dialogues naïfs et vrais sans grossièreté, des pages attendrissantes ou énergiques. Sa fécondité fut extraordinaire, et son succès très grand. À une époque où tant d’œuvres fadement libertines remplissaient les boudoirs et les salons, une partie du public se prit de passion pour des romans qui portaient le cachet de la vérité et de la franchise.

Ce polygraphe[16], auteur de romans, mais aussi de pièces de théâtre, d’une grande autobiographie dans la lignée de celle de Rousseau et tout aussi attachante, d’une utopie et de nombreux projets de réforme (sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, la législation), est l’objet d’un regain de curiosité de la part de la critique universitaire qui voit en lui un des représentants les plus exemplaires des Secondes Lumières (fin du siècle).

Bibliographie

Sur les autres projets Wikimedia :

  • La Famille vertueuse (Paris, 1767, 4 vol. in-12).
  • Lucile, ou le Progrès de la vertu (1768, in-18).
  • Le Pied de Fanchette (1769, 3 vol. in-12).
  • La Fille naturelle (1769, 2 vol. in-12).
  • Le Pornographe (Londres, 1769, in-8°).
    Ouvrage dans lequel il présente un projet de réforme de la prostitution.
  • Le Mimographe (Amsterdam, 1770, in 8°).
    Ouvrage relatif à un plan de réforme pour le théâtre.
  • Les Idées singulières, 1770.
  • Le Marquis de T… (Londres, 1771, 4 vol. in-12).
  • Adèle (1772, 5 vol. in-12).
  • La Femme dans les trois états de fille, d’épouse et de mère (Londres, 1773, 3 vol. in-12).
  • Le Ménage parisien (Paris, 1773, 2 vol. in-12).
  • Les Nouveaux Mémoires d’un homme de qualité (1774, 2 vol. in-12).
  • Le Paysan perverti, ou Les dangers de la ville, 1775, 1776, 4 vol. in-12.
  • L’École des pères (1776, 3 vol. in-8°).
  • Les Gynographes, ou Idées de deux honnêtes femmes sur un projet de règlement pour mettre les femmes à leur place (1777, in-8°).
  • Le Quadragénaire (1777, 2 vol. in-12).
  • Le Nouvel Abélard, ou Lettres de deux amants qui ne se sont jamais vus (1778, 4 vol. in-12).
  • La Vie de mon père (1779, 2 vol. in-12).
  • La Malédiction paternelle (1780, 3 vol. in-12).
  • Les Contemporaines, ou Aventures des plus jolies femmes de l’Âge présent (1780-85, 42 vol. in-12).
  • L’Andrographe, ou Idées pour opérer une réforme générale des mœurs (1782, in-8°).
  • La Dernière aventure d’un homme de quarante-cinq ans (1783, in-12).
  • La Prévention nationale, action adaptée à la scène (1784, 3 vol. in-12).
  • La Paysanne pervertie (1784, 4 vol. in-12).
  • Les Veillées du Marais, ou Histoire du prince Oribeau et de la princesse Oribelle (1785, 2 vol. in-12), réimpr. sous le titre de l’Instituteur d’un prince royal (1791, 4 vol. in-12).
  • Les Françaises (1786, 4 vol. in-12).
  • Les Parisiennes (1787, 4 vol. in-12).
  • Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne (1788-1794, 8 vol. in-12).
  • La Femme infidèle (1788, 4 vol. in-12).
  • Ingénue Saxancour, ou la Femme séparée (1789, 3 vol. in-12).
  • Le Thesmographe, ou Idées pour opérer une reforme générale des lois (1789, in-8°).
  • Monument du costume physique et moral, de la fin du XVIIIe siècle (Neuwied, 1789, in-fol.).
  • Le Palais-Royal (Paris, 1790, 3 vol. in-12).
  • L’Année des dames nationales, ou Histoire jour par jour d’une femme de France (1791-94, 12 vol. in-12).
  • Le Drame de la vie, contenant un homme tout entier, pièce en treize actes d’ombres et en dix pièces régulières (1793, 5 vol. in-12).
  • Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé (1794-97, 16 vol. in-12).
  • La Philosophie de de Nicolas (1796, 3 vol., in-12).
  • L’Anti-Justine ou les délices de l’amour, 1798, œuvre érotique saisie par la police en 1802.

Restif a encore publié, sous le titre de Théâtre (1793, 5 vol. in-12), une série de pièces qui n’ont pas été représentées.

Notes et références

  1. Il prônait l’orthographe simplifiée ; voir Pierre Testud, « Rétif de La Bretonne et la création romanesque », préface du vol. I des Romans Restif de la Bretonne, Paris, Robert Laffont, collection « Bouquins », 2002. C’est d’ailleurs l’orthographe qu’adopte la notice d’autorité de la Bibliothèque nationale de France.
  2. Edme Restif, né le 25 août 1690 à Nitry, veuf de Marie Dondaine (avec laquelle il s’était marié le 25 novembre 1729 et qui était morte en 1733), épouse Barbe Ferlet, née le 22 janvier 1703 à Accolay, le 25 janvier 1734 à Sacy.
  3. Chronologie de Pierre Testud, in Nicolas-Edme Restif de La Bretonne, Le Pied de Fanchette. Le Paysan perverti. Les contemporaines du commun, Paris, robert Laffont, 2002, p. XXXI-XXXIV
  4. Chronologie de Pierre Testud, op. cit., p. XXXIV-XXXV
  5. a , b , c , d , e , f , g , h , i , j , k , l  et m Voir la chronologie, dans Louis-Sébastien Mercier, Nicolas Edme Restif de La Bretonne, Paris le jour, Paris la nuit, Éditions Robert Laffont, 1990, p. 1298-1327.
  6. Chronologie de Pierre Testud, op. cit., p.XXXV.
  7. Daniel Baruch, « Introduction aux Nuits de Paris », dans Louis-Sébastien Mercier, Restif de La Bretonne, Paris le jour, Paris la nuit, Paris, Robert Laffont, 1990, pp. 594-600.
  8. Fille de René Lebèque et d’Agnès Couillard, Agnès Lebègue naît le 13 juillet 1738 à Auxerre et meurt chez sa fille Agnès le 29 août 1808.
  9. Agnès Restif naît le 10 mars 1761 à Auxerre, se marie le 1er mai 1781 à Paris avec Charles-Marie Augé, avec lequel elle a un fils, Jean-Nicolas Augé (1781-après 1855), divorce la 11 janvier 1794 puis se remarie le 10 novembre 1798 à Paris avec Louis-Claude-Victor Vignon, avec lequel elle a un fils, Frédéric-Victor Vignon (1794-1856), et meurt le 21 juin 1812 à l’hôpital Saint-Louis, à Paris; Marie naît en décembre 1761 à Paris et meurt le 28 septembre 1763 en nourrice à La Bretonne; Élisabeth naît en 1760 et meurt, infirme, en 1770; Marie-Anne naît le 5 novembre 1764 à Sacy, se marie le 21 mai 1791 à Paris avec son cousin Edme-Étienne Restif (1769-1794), fils de Pierre (1744-1778), avec lequel elle a trois filles, et meurt en 1836.
  10. Ce roman, qui raconte l’histoire d’Ursule, sœur d’Edmond, héros du Paysan perverti, constitue une réplique à la tentative de Pierre-Jean-Baptiste Nougaret de profiter du sujet avec La Paysanne pervertie, ou Moeurs des grandes villes, mémoires de Jeannette R*** en 1777.
  11. Daniel Baruch, « L’indicateur et la Marquise : enquête sur l’activité policière de Restif », Études rétiviennes, 1987, n° 6, pp. 73-87 (ISSN 0295-3730); Roland Ernould, Claude Seignolle et l’enchantement du monde, Paris, L'Harmattan, 2007, 442 pages, p. 100 ; Patrick Ravignant, Napoléon pas à pas, P. Horay, 1969, 602 pages, p. 224.
  12. a  et b Daniel Baruch, « Introduction aux Nuits de Paris », dans Louis-Sébastien Mercier, Nicolas Edme Restif de La Bretonne, Paris le jour, Paris la nuit, Éditions Robert Laffont, 1990, p. 591-615.
  13. James Rives Childs, Restif de la Bretonne témoignages et jugements, bibliographie, Librairie Briffaut, 1949, 367 pages, p. 173.
  14. Maurice Blanchot, Sade et Restif de la Bretonne, Éditions Complexe, 1986, 156 pages, p. 120 (ISBN 2870271948).
  15. a  et b Jean-René Suratteau, « Restif (de la Bretonne) Nicolas Edme », dans Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989 (rééd. Quadrige, 2005, p. 897-898).
  16. Selon Pierre Testud, il est l’auteur de « 187 volumes, 44 titres, 57 000 pages (pour ne s’en tenir qu’aux premières éditions) », op. cit.

Sources partielles

  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 1721-2.
  • Jean-René Suratteau, Dictionnaire historique de la Révolution française, Albert Soboul (dir.), Quadrige/PUF, 1989, p. 897-98.

Voir aussi

Bibliographie

  • Branko Aleksic, Un livre bagué de Rétif, Rhubarbe, 2006, 117 pages (ISBN 2952367566)
  • Mohammed Bakkali-Yedri:
    • La femme chez Retif de la Bretonne, Paris-VIII Vincennes, 1972
    • Monsieur Nicolas ou le héros maudit: essai de lecture du personnage romanesque chez Rétif de la Bretonne, ANRT, 1985
  • Daniel Baruch, Restif de la bretonne, Paris, Éditions Fayard, 1996 (ISBN 2213596719)
  • Frédéric Bassani, Rétif de la Bretonne et la ville, Université des sciences humaines de Strasbourg, Groupe d'étude du XVIIIe siècle, Presses universitaires de Strasbourg, 1993, 199 pages (ISBN 2868201261)
  • Maurice Blanchot, Sade et Restif de La Bretonne, Paris, Éditions Complexe, « collection Regard littéraire », n° 5, 1986, 160 pages (ISBN 2870271948)
  • Michel Delon, Rétif de la Bretonne, Europe/Messidor, 1990, 219 pages
  • Béatrice Didier, Jacques Neefs, Annie Angremy, La fin de l'Ancien Régime: Sade, Rétif, Beaumarchais, Laclos, Presses universitaires de Vincennes, 1991, 203 pages (ISBN 2903981701)
  • Jean M. Goulemot, Rétif de la Bretonne, Université de Lille III, 1989, 158 pages
  • Claude Klein, Restif de la Bretonne et ses doubles - Le double dans la genèse des romans épistolaires de Restif de la Bretonne (1775-1787), Presses universitaires de Strasbourg, 1995, 323 pages (ISBN 2868203434)
  • Cécile Isabelle Righeschi-Caldwell, Figures controversées: Rétif de la Bretonne (1734-1806) et la femme, Université d'Oklahoma, 2006, 432 pages
  • Ned Rival, Les amours perverties: une biographie de Nicolas-Edme Rétif de La Bretonne, Perrin, 1982, 347 pages (ISBN 2262002657)
  • Pierre Testud:
    • Rétif de la Bretonne et la création littéraire, Université de Lille III, 1977, 729 pages
    • Rétif de la Bretonne (1734-1806): je suis né auteur, pour ainsi dire, Bibliothèque de la ville d'Auxerre, 2006, 96 pages (ISBN 2914315155)
  • Robert Thibault, La parure dans l'oeuvre de Rétif de la Brétonne, Sade et Reveroni Saint-Cyr: essai d'ethno-stilistique, A.N.R.T. Université de Lille, 1986

Colloques

  • Jean-Marie Graitson (éd.), Sade, Retif de la Bretonne et les formes du roman pendant la Révolution française: actes du 3e collogue international des Paralittératures de Chaudfontaine, Éditions du C.L.P.C.F., 1989, 208 pages
  • Vivre la Révolution Rétif de la Bretonne actes du colloque de Tours, 22-24 juin 1989, Société Rétif de La Bretonne, 1990
  • Rétif de la Bretonne et l'utopie: actes du Colloque d'Auxerre : 18-19 septembre 1992, Société Rétif de la Bretonne, 1992, 162 pages
  • Rétif de la Bretonne et la nouvelle: actes du Colloque de Poitiers, 17 et 18 juin 1994, Société Rétif de la Bretonne, 1994
  • Rétif et l'image: Actes du colloque, Maison des sciences de l'homme et de la société de Poitiers, 21-23 octobre 1999, Société Rétif de la Bretonne, 2000, 213 pages
  • Le monde littéraire de Rétif de la Bretonne: actes du colloque international d'Aix-en-Provence, 24-25 janvier 2002, Université de Provence, Faculté des lettres et sciences humaines, Centre aixois d'études et de recherches sur le dix-huitième siècle, Société Rétif de la Bretonne, 2002
  • Rétif de la Bretonne et ses lecteurs: actes du Colloque Poitiers, 19 et 20 mai 2006, Société Rétif de la Bretonne, 2006, 262 pages

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