Nationalisme Flamand


Nationalisme Flamand

Nationalisme flamand

Drapeau du mouvement flamand

On parle de nationalisme flamand ou de Mouvement flamand dans les contextes belge et, dans un degré infiniment moins représentatif, français mais pas dans le contexte néerlandais de Zélande continentale.

Le Mouvement flamand milite pour l'émancipation de la Flandre. Dans ce mouvement, il faut distinguer plusieurs tendances: séparatiste, confédéraliste, fédéraliste et les partisans d'une réunion avec le Pays-Bas.

Sommaire

En Belgique

Rapport avec les Pays-Bas

On distingue historiquement le nationalisme flamand du nationalisme néerlandais en raison de la coupure historique survenue au moment de la Réforme protestante. L'association des Flamands avec les Francophones provient de l'héritage des Pays-Bas espagnols, lorsque ceux-ci s'associèrent dans une ligue de provinces catholiques pour freiner la dissension protestante.

Historique

Le nationalisme flamand est issu du mouvement flamand qui, au XIXe siècle et au début du XXe siècle siècle, a revendiqué et obtenu la reconnaissance du néerlandais comme langue nationale en Belgique.

Pendant la Première Guerre mondiale, notamment avec Auguste Borms, une minorité de nationalistes flamands de Belgique se rangent aux côté des Allemands en vue de créer entre autres le Conseil de Flandre. C'est pendant cette période que l'Université de Gand organise pour la première fois des cours en néerlandais. Pendant ce temps, au front, les officiers parlant français ont parfois du mal à se faire comprendre des soldats s'exprimant dans des dialectes wallons ou flamands.[1] Cette situation provoque des tensions entre les soldats flamands et leurs officiers, connu sous le nom de « Frontbeweging » (mouvement du front) ou frontisme.

L’entre-deux guerres voit la création du Verdinaso en 1931 et du Vlaamsch Nationaal Verbond (VNV, en français : Ligue nationale flamande) fondé en 1933 par Staf de Clerq dans le but de créer un état flamand séparé de la Wallonie.

Ces mouvements ont largement collaboré pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus de 10 000 Flamands se sont battus sur le front de l’Est aux côtés des soldats de l'Allemagne nazie, de même que la division SS Wallonie (28.SS-Freiw.Gr.Div.Wallonie). La petite commune de Stekene, en Flandre orientale abrite un parc commémorant cette collaboration active.

En réaction à la signature du pacte d'Egmont, le Vlaams Blok est fondé par Karel Dillen en 1977. Le parti change de nom en 2004, en raison d'une condamnation de la cour d’appel de Gand pour violation de la loi contre le racisme. Le Vlaams Belang, dirigé actuellement par Frank Vanhecke, est aujourd'hui le second parti politique de Flandre.

Le nationalisme flamand milite de nos jours pour l'indépendance de la Flandre.

Le nationalisme démocratique

À coté du parti d'extrême-droite Vlaams Belang existe également en Flandre un nationalisme démocratique, composé de divers partis ou individus intégrés dans la vie politique flamande : la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA) de Geert Bourgeois, le SLP (Sociaal-Liberale Partij, le nouveau nom de Spirit) et un grand nombre d'élus chrétiens-démocrates (comme Eric Van Rompuy, Luc Van Den Brande, Brigitte Grouwels), socialistes (comme Leo Peeters), libéraux (comme Patrick Van Krunkelsven) ou écologistes (comme Bart Staes). La plupart d'entre eux sont issus de la Volksunie, parti nationaliste qui a éclaté en plusieurs factions.

Bien que souvent aussi intransigeantes que le Vlaams Belang sur la question nationale, ces différentes composantes du nationalisme flamand démocratique optent pour des politiques libérales ou socialistes sur d'autres questions politiques et ont rompu avec les autres thèmes extrémistes.

Les élections fédérales de mai 2007 ont consacré l'avancée du nationalisme flamand en Belgique : celui-ci est devenu une tendance lourde de la politique flamande. En effet, en cumulant les votes des partis nationalistes (extrémistes et démocratiques), on s’aperçoit que plus de 50% de la population semble adhérer à ces thèses[2].

Cette victoire est souvent interprétée comme la preuve tangible de l’existence d’une volonté profonde du peuple flamand de disposer librement de sa souveraineté nationale.

Problèmes communautaires

Le mouvement nationaliste flamand est partie prenante de plusieurs conflits communautaires au cours de l'histoire récente de la Belgique et est accusé par ses détracteurs de ne pas respecter les droits des minorités.

On peut citer entre autres comme problèmes communautaires:

  • le tracé définitif de la frontière linguistique en 1963, qui consacrera le maintien de communes disputées en Flandre ou en Wallonie, en échange de facilités linguistiques accordées aux respectivement francophones et néerlandophones y habitant.
  • le problème d'accès des néerlandophones aux établissements de santé de Bruxelles, malgré la législation linguistique et le statut bilingue de nombreux hôpitaux bruxellois.
  • la Crise de Louvain en 1967 qui conduira à la néerlandisation de l'Université catholique de Louvain et le départ forcé des étudiants francophones.
  • le projet de scission de l'arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde voté au sein d'une commission de la Chambre des députés en 2007, par un vote de la majorité flamande contre la minorité francophone.

En France

Le mouvement nationaliste flamand fut longtemps inspiré par l'abbé Gantois qui, dans les années 1920, lui donna une consistance politique. Collaborateur durant la Seconde Guerre mondiale et chef du "Vlaams Verbond van Frankrijk", il écrivit à Adolf Hitler afin de lui demander le retour (?) de la Flandre française au sein du Reich.

En juin 2008, le porte-parole et secrétaire du Mouvement flamand de France, Wido Triquet, appelle au meurtre du principal du collège Michel de Swaen de Dunkerque pour avoir fait adopter le nom de la résistante Lucie Aubrac comme nouveau nom de son établissement[3].

Voir aussi

Notes et références

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