Nagazaki


Nagazaki

Nagasaki

Nagasaki-shi (長崎市)
Pays
drapeau du Japon
     Japon
Région Kyūshū
Préfecture Nagasaki
Longitude non indiquée
Latitude non indiquée
Superficie 406.35 km²
Population 455,131 hab.
Densité 1120 hab./km²

32°46′25″N 129°51′47″E / 32.77361, 129.86306

Nagasaki Prononciation du titre dans sa version originale ( 長崎市 ; Nagasaki-shi (litt. : Longue pointe, -shi signifie ville) est une ville japonaise, capitale de la préfecture de Nagasaki.

En 2005, Nagasaki compte 423 160 habitants. Indicatif téléphonique : 095.

La ville de Nagasaki est située au sud sur l'île de Kyūshū

Sommaire

Histoire

Fondée il y a un peu moins de 500 ans par les Portugais, c'était à l'origine un village isolé. C'est l'arrivée d'explorateurs européens au milieu du XVIe siècle, quand un navire portugais s'échoua accidentellement sur les rives de la préfecture de Kagoshima en 1542, qui en provoqua la naissance et l'essor. Le missionnaire jésuite François Xavier arriva au Japon en 1549, mais bien qu'il partit pour la Chine en 1551 et y mourut peu de temps après, ses disciples restèrent au Japon et y convertirent plusieurs daimyō (chefs de guerre). Le plus important fut Sumitada Ōmura qui fit un grand profit de sa conversion, car il reçut une part du commerce des navires portugais dans un port qu'ils établirent à Nagasaki en 1571, date de fondation de la ville, avec son accord.

Le petit village portuaire grandit rapidement, et les produits importés à Nagasaki (comme le tabac, le pain, les beignets — tenpura, les gâteaux et les vêtements occidentaux) furent assimilés dans la culture populaire japonaise — la plupart d'entre eux ont d'ailleurs conservé leur nom d'origine portugaise comme les fameux gâteaux de Nagasaki, les kasutera (castella). Les Portugais amenèrent aussi avec eux des marchandises d'origine chinoise et les armes à feu.

La prospérité de Nagasaki fut menacée en 1587 lorsque le nouveau shogun, Hideyoshi Toyotomi, arriva au pouvoir. Inquiété par l'influence des chrétiens dans le sud du Japon, il ordonna l'expulsion de tous les missionnaires. Ōmura avait donné aux jésuites un contrôle administratif partiel de Nagasaki, et la ville retourna sous le contrôle impérial. Les chrétiens japonais et étrangers furent persécutés. En 1596, Hideyoshi fit crucifier 26 chrétiens à Nagasaki pour détruire toute tentative d'usurper son pouvoir. Toutefois, comme l'empereur ne fit pas bannir les marchands portugais, l'économie de la ville continua à prospérer.

Quand presque vingt ans après, Ieyasu Tokugawa prit le pouvoir, la situation ne s'améliora pas. Le christianisme fut interdit en 1614 et tous les missionnaires furent déportés, ainsi que les daimyō qui ne renoncèrent pas à leur religion. Une campagne brutale de persécution s'ensuivit, avec des centaines de tués ou torturés à Nagasaki et dans d'autres parties du Japon. Les chrétiens offrirent une certaine résistance, en 1637 lors l'insurrection de l'enclave de Nagasaki Shimabara. Au nombre de 40 000, ils capturèrent le château d'Hara et humilièrent le daimyō local. En réponse, le shogun envoya 120 000 soldats. Ce fut la fin du bref « siècle chrétien » au Japon. Ils durent pratiquer leur religion en secret, toujours victimes d'inquisitions occasionnelles (voir les Seize martyrs de Nagasaki).

Pendant ce temps les Néerlandais, appelés au Japon Hollandais (Oranda-jin), continuèrent discrètement à exercer leurs affaires au Japon, en plus du commerce ils ramenèrent avec eux des japonaises en Hollande. Malgré la politique officielle des Shogun, désireux de mettre fin à l'influence étrangère dans le pays. Les Hollandais démontrèrent qu'ils étaient intéressés surtout par le commerce, et prouvèrent leur engagement durant la rébellion de Shimabara en ouvrant le feu sur les chrétiens en aide au shogun. En 1641, on leur octroya Dejima, une île artificielle dans la baie de Nagasaki dans laquelle ils étaient confinés, pour servir de base à leur commerce. Depuis cette date et jusqu'en 1855, les contacts du Japon avec le monde extérieur furent strictement limités à Nagasaki. En 1720, la censure qui frappait les livres néerlandais fut levée. Des centaines d'étudiants en profitèrent pour affluer vers Nagasaki pour étudier les sciences et les arts européens.

Après que le commodore Matthew Perry débarqua en 1853, le shogunat se désagrégea et le Japon ouvrit alors de nouveau ses portes. Nagasaki devint un port libre en 1859. Avec la restauration Meiji, Nagasaki devait rapidement dominer d'un point de vue économique, notamment grâce à la construction de navires. Lors de la première reconstruction d'une église, des chrétiens japonais sortirent du secret pendant lequel ils s'étaient mis depuis le XVIIe siècle : ils furent néanmoins, dans un premier temps, persécutés avant de pouvoir exercer librement leur culte

Le bombardement atomique de 1945

Champignon atomique sur la ville de Nagasaki
Quartier d'Urakami, près de la cathédrale (au fond), après l'explosion
Vues aériennes de la zone d'impact, avant et après l'explosion.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le 9 août 1945 à 11 h 02 du matin, le B-29 Bockscar piloté par Charles Sweeney, parti de Tinian dans les îles Mariannes du Nord, largua la bombe atomique Fat Man sur la ville : elle explosa à 580 m d'altitude, à l'aplomb du quartier Urakami. Ce fut la seconde explosion nucléaire au Japon, trois jours après celle d'Hiroshima.

Cette bombe était une bombe au plutonium de 17 kilotonnes, différente de celle d'Hiroshima (uranium 235), mais semblable à celle de l'essai Trinity, réalisé à Alamogordo, le 15 juillet 1945.

Le scénario d'Hiroshima se reproduisit, à peine moins meurtrier. En effet, la topographie de Nagasaki en fait un site plus ouvert alors que les collines ceignant Hiroshima avaient amplifié les effets dévastateurs de l'explosion.

75 000 des 240 000 habitants de Nagasaki furent tués sur le coup, et au moins autant d'habitants décédèrent des suites de leurs maladies ou de leurs blessures — non seulement des Japonais mais aussi 13 000 Coréens (travailleurs forcés pour la plupart) et 200 prisonniers de guerre alliés. La cathédrale chrétienne d'Urakami, le principal lieu de culte catholique du Japon, presque à l'aplomb du largage (dit hypocentre), confondue avec un bâtiment portuaire, fut entièrement détruite. Le bombardier devait viser les quais Mitsubishi. Mais l'objectif initial du B-29 était Kokura, devenue depuis un quartier de Kitakyushu, au nord de Kyushu : malgré trois survols de Bockscar, les nuages sauvèrent cette ville.

La reconstruction

La ville fut reconstruite après la guerre, quoique radicalement différente. De nouveaux temples furent bâtis ainsi que des églises, car la présence chrétienne ne disparut en fait jamais. Il y eut même, après la guerre, une augmentation du nombre de fidèles. Parmi ceux-ci, le Docteur Takashi Nagai (1908-1951), le premier citoyen honoraire de la ville, mort de leucémie. Quelques débris furent laissés en place en souvenir du bombardement : comme une porte (torii) dont il ne reste plus qu'un poteau dressé.

Comme Hiroshima, Nagasaki présente son parc de la Paix et les deux villes sont associées dans les protestations contre les armes atomiques et leurs essais.

De nouveaux bâtiments furent créés pour servir de mémorial, tel le musée de la Bombe atomique ; mais Nagasaki reste une ville portuaire, avec une construction navale florissante, offrant un exemple de persévérance. Les chantiers de construction navale de Mitsubishi Heavy Industries sont parmi les plus importants du monde après ceux de Hyundai à Ulsan (Corée du Sud). La ville est desservie depuis 1975 par l'aéroport de Nagasaki, installé sur une île artificielle.

Dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 avril 2007, Itchō Itō, le maire de la ville fut assasiné par un Yakusa.

Education

La ville compte plusieurs université, dont l'Université de Nagasaki qui est une université nationale du Japon.

Jumelages

Notes et références

Voir aussi

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Articles connexes

  • Madame Butterfly, opéra de Puccini dont l'action se situe à Nagasaki en 1904.

Liens externes

Bibliographie

  • R. Oberlé, S. Woelffel et N. Aida, Hiroshima-Nagasaki, la guerre du Pacifique, Editions Hirlé, 2005. ISBN 2-914729-40-5
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