Musee Barbier-Mueller


Musee Barbier-Mueller

Musée Barbier-Mueller

Musée Barbier-Mueller
Entrée du Musée Barbier-Mueller de Genève
Informations géographiques
Coordonnées
Pays Suisse Suisse
Localité Genève
Informations générales
Date d'ouverture 1977
Collections Arts de l'Antiquité tribale et classique, de l'Afrique, de l'Asie et de l'Océanie
Nombre d'œuvres 7 000
Informations visiteurs
Visiteurs / an
Adresse 10, rue Jean-Calvin
1204 Genève
Site officiel musee-barbier-mueller.org

Le Musée Barbier-Mueller, fondé en 1977, est aujourd'hui installé au numéro 10 de la rue Jean-Calvin, au cœur de la vieille-ville de Genève. Il a pour vocation de conserver, d'étudier et de publier la collection débutée par Josef Mueller dès 1907 et poursuivie jusqu'à nos jours par sa fille Monique et son gendre Jean Paul Barbier-Mueller.

Cette collection compte aujourd'hui plusieurs milliers de pièces et comprend des œuvres d'art de l'Antiquité tribale et classique, ainsi que des sculptures, tissus et ornements provenant des civilisations dites « primitives » du monde entier. Nombre de ces pièces sont considérées comme des chefs-d'œuvre incontournables.

Le musée Barbier-Mueller s'est acquis une reconnaissance internationale par des expositions itinérantes, des prêts consentis à d'autres musées et par la publication de nombreux catalogues et livres d'art. Ses particularités tiennent en trois points :

  • les collections ont commencé après la Première Guerre mondiale, ce qui explique la forte présence de pièces « historiques » introuvables aujourd'hui ;
  • cette collection privée est la plus importante du monde ;
  • le musée publie constamment de nouveaux ouvrages pour accompagner ses expositions dans le monde (dans 72 musées en 25 ans).

Sommaire

Historique des collections

Josef Mueller est né en 1887 au sein d'une famille bourgeoise de Soleure, en Suisse alémanique. Rien ne le prédestine à devenir l'un des plus grands collectionneurs d'art de tous les temps. Orphelin de père et de mère à l'âge de six ans, il est élevé par une gouvernante mais a la chance de pouvoir rendre de fréquentes visites aux parents d'un camarade de classe, amateurs de peinture moderne, et qui possédent déjà en 1906 un très beau tableau de la période rose de Pablo Picasso, un portrait de femme de profil que Mueller devait acquérir par la suite.

À l'âge de vingt ans, il consacre son revenu d'une année entière à acheter une toile de Ferdinand Hodler et se rend très vite à Paris où il rencontre le célèbre marchand Ambroise Vollard. Sur les conseils de celui-ci, il acquiert un tableau important et fameux de Paul Cézanne, le Portrait du Jardinier Vallier, peint en 1905, à l'extrême fin de la vie du futur père de la peinture moderne. C'est en surmontant mille difficultés que Josef Mueller constitue rapidement un ensemble qui comprend déjà en 1918 sept Cézanne, cinq Matisse, cinq Renoir, sans compter les Picasso, les Braque et autant de toiles d'autres maîtres prestigieux.

Installé à Paris dans les années 1920, Josef Mueller fait évoluer ses collections. Comme certains artistes (André Derain, Maurice de Vlaminck ou Tristan Tzara) ou d'autres collectionneurs, il comprend que les « fétiches » africains, dont l'apparente grossièreté est jusqu'alors tournée en dérision, trouvent leur place parmi les œuvres d'art les plus célèbres. Il découvre avec bonheur l'ingénuité et l'honnêteté de la démarche des artistes tribaux qui, ignorant « l'art pour l'art », ne produisent leurs œuvres ni pour s'exprimer personnellement, ni pour plaire à un public de connaisseurs mais parce qu'elles s'avèrent nécessaires dans le cadre de croyances magico-religieuses où domine le souci de maintenir en équilibre les forces contradictoires qui s'affrontent autour des communautés humaines. Ainsi débute la collection d'arts premiers de Josef Mueller.

En 1952, Jean Paul Barbier se fiance avec Monique (fille de Josef Mueller) ; leur mariage a lieu en 1955. Bibliophile depuis son adolescence (sa collection est consacrée aux poètes français de la Renaissance), Jean Paul Barbier se met à constituer activement, lui aussi, son propre ensemble d'arts premiers, une collection qui vient s'ajouter au fond Mueller.

En 1957, à l’âge de 70 ans, Josef Mueller décide d'exposer sa collection africaine dans le musée de sa ville natale de Soleure, où il est revenu s'établir après la Seconde Guerre mondiale. Jean Paul Barbier, lui-même historien et amateur d'art, comprend que Josef Mueller est agacé que les œuvres d'art appelées « primitives » soient si peu estimées par rapport à ses tableaux. Probablement est-ce ce jour-là que naît l'idée d'un véritable musée permanent d'art primitif.

Durant les années 1960-1970, Jean Paul Barbier-Mueller se mis à la recherche de pièces importantes pour donner à la collection davantage de cohérence. Josef Mueller, en effet, ne cherche pas à créer un véritable ensemble, achetant les objets sur de simples critères esthétiques. C'est son beau-fils qui réussit à proposer une collection raisonnée, devenue à son tour un « chef-d'œuvre » reconnu comme tel dans le monde entier. Le musée Barbier-Mueller ouvre finalement ses portes en mai 1977, trois mois après le décès de Josef Mueller. C'est un évènement auquel s'associent de très nombreux amis de la famille, amateurs d'art et connaisseurs venus du monde entier. Ils se regroupent bientôt pour former une Association des amis du musée, laquelle compte près d'un millier de membres.

Vingt ans plus tard, en mai 1997, le Museu Barbier-Mueller d'Art Precolombí est inauguré dans les murs du Palais Nadal, un hôtel particulier du XVe siècle situé en face du musée Picasso, dans la rue Montcada, en plein cœur du quartier gothique de Barcelone.

Les musées Barbier-Mueller tentent d'offrir à ses visiteurs et aux lecteurs de ses catalogues le plus grand nombre d'informations relatives à la création et à l'utilisation rituelle des œuvres présentées, d'où le financement de missions d'études débouchant sur la publication de catalogues, parfois de livres volumineux, ayant valeur de référence.

Publications

Les musées Barbier-Mueller de Genève et de Barcelone accordent un soin particulier à leurs publications qui se classent en trois catégories :

  • des catalogues de référence pour lesquels il est fait appel aux meilleurs spécialistes du monde entier. Ils se rapportent à des types d'objets précis (masques africains) ou à une région stylistique (Gabon, îles Salomon, etc.) ou encore à une variété d'objets de fonctions semblables ou apparentées (parures, bijoux prestigieux, masques africains, etc.). La production de ces ouvrages demande des efforts considérables. Pour écrire L’Or d’Afrique, le docteur Tim Garrard a effectué deux ans de recherches en Afrique financées par le musée ; une douzaine d'anthropologues ont collaboré pendant cinq ans pour Art de la Côte d’Ivoire.
  • des catalogues d'exposition sur un thème faisant appel essentiellement au plaisir de l'œil. Le ou les rédacteurs peuvent être un poète comme Michel Butor. Les objets sont sommairement décrits et réunis en fonction d'un thème (Les Oiseaux, Cent regards, etc.).
  • une publication annuelle luxueuse d'environ 300 pages, Arts & Cultures. Antiquité, Afrique, Océanie, Asie, Amériques, coéditée par Somogy pour les versions française et anglaise et par Continental Sales pour la version anglaise aux États-Unis. Cette revue, tirée à 8 000 exemplaires, est l'organe de l'Association des amis du musée. Elle est aussi disponible en librairie.

Lien externe

46° 12′ 07″ N 6° 08′ 49″ E / 46.201807, 6.146979

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