Moissac


Moissac
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44° 06′ 17″ N 1° 05′ 06″ E / 44.104802, 1.084950

Moissac
L'église abbatiale
L'église abbatiale
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Midi-Pyrénées
Département Tarn-et-Garonne
Arrondissement Castelsarrasin
Canton chef-lieu de Moissac-1 et Moissac-2
Code commune 82112
Code postal 82200
Maire
Mandat en cours
Jean-Paul Nunzi
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes Castelsarrasin Moissac
Démographie
Population 12 290 hab. (2008)
Densité 143 hab./km²
Gentilé Moissagais
Géographie
Coordonnées 44° 06′ 17″ Nord
       1° 05′ 06″ Est
/ 44.104802, 1.084950
Altitudes mini. 59 m — maxi. 199 m
Superficie 85,95 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Moissac est une commune française, située dans le département de Tarn-et-Garonne en région Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Moissagais(es).

Sommaire

Géographie

Le canal latéral à la Garonne à Moissac

La commune est située à la confluence de la Garonne et du Tarn sur le canal de Garonne et la route nationale 113 entre Castelsarrasin et Valence-d'Agen.

Accès SNCF par la gare de Moissac sur la ligne Bordeaux - Sète.





Héraldique

Blason de Moissac

Les armes de Moissac se blasonnent ainsi : de gueules à la croix vidée cléchée d’or pommetée d’argent de douze pièces, au chef d’azur chargé de trois fleurs de lis d’or.

Histoire

En 1622, au cours d’une nouvelle guerre de religion, la ville est prise par Louis XIII[1].

Elle fut chef-lieu d'arrondissement de 1800 à 1926.

Cité uvale, Moissac fut l'une si ce n'est la ville la plus touchée par l'inondation de mars 1930 qui dévasta tout le Sud-Ouest. Un événement que l'historien Max Lagarrigue n'hésite pas à qualifier " d'inondation du siècle."[2] En effet, ce dernier confirme que "l'on dénombre, à Moissac, 120 morts, 1 400 maisons détruites et 5 896 sans abris."[3]

La commune connue aussi sous l'appellation "ville du chasselas" (du nom du raisin de table originaire du village de Chasselas, en Saône-et-Loire (71), classé en AOC, cultivé tout autour par les exploitants agricoles du canton) fut durant la Seconde Guerre mondiale, un refuge pour l'importante communauté des éclaireurs israélites de France (EIF). Ces derniers - réfugiés au Moulin de Moissac - y demeurèrent durant toute ou partie de l'occupation grâce, entre autres, à la complaisance des autorités municipales et de la population ; les plus petits trouvant refuge à la Maison des enfants de Moissac.

Au printemps 1944, une partie du 4e régiment SS « Der Führer » y est cantonné, avant d’être appelé en Normandie et de commettre de nombreuses exactions sur leur route, telles que le massacre d’Oradour-sur-Glane[4].

En mai 1968, les ouvriers de la Targa se mettent en grève (22 mai) précédés d'un jour par ceux, tout proche, de l'usine Péchiney à Castelsarrasin (21 mai). Des manifestations paysannes s'organisent aussi, sous la tutelle de Paul Ardouin, ancien compagnon de route du "Tribun des paysans", l'ex-député communiste Renaud Jean[5].

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1919 1925 Raymond Salers    
1925 1941 Camille Delthil Parti radical Magistrat, député puis sénateur
1941 1944 M. Moles    
1944 1951 Camille Delthil Parti radical Magistrat, député puis sénateur
1951 1959 M. Villeneuve    
1959 1971 Jean Delvolvé   Conseiller d'État
1971 1983 Armand Rigal    
1983 en cours Jean-Paul Nunzi PS Député (1988-93 et 1997-2002)

Démographie

Évolution démographique
(Source : Ehess[6] et INSEE[7])

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
10 618 10 035 10 331 9 927 10 165 10 618 10 762 10 724 10 655
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
10 290 10 445 9 661 9 036 9 137 9 202 9 232 8 797 8 769
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
8 407 8 218 8 137 7 219 7 435 7 814 8 105 9 181 9 145
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2008  
10 274 11 856 11 826 11 184 11 971 12 321 12 377 12 290  

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Économie

Même si son secteur fruitier reste développé avec notamment la présence de gros négociants tels que le groupe Boyer S.A. ou Blue Whale, l'économie de la cité uvale est en résistance. Ces anciens fleurons agricoles comme le fameux Chasselas de Moissac, sont devenus marginaux. Ce raisin chasselas doré : le moissac ; production : plus de 18 000 tonnes, demeure néanmoins la plus grosse production française de raisin de table. Ce fruit bénéficie de l'appellation d'origine contrôlée. La production subit depuis maintenant près d'une décennie une baisse importante due tant à des aléas climatiques (grêles et gelées, 2007-2008), une réduction des parcelles cultivées et par voie de conséquences une baisse du tonnage[8].

Côté industriel, l'usine de la Targa - après des rachats successifs, c'est le groupe helvétique Rieter qui détient ce site de 22 hectares - ne fait plus travailler que 103 salariés[9]. Un site très éprouvé depuis septembre 2008 par la crise du secteur automobile et dont la perennité n'est pas assurée à long terme[10].

La commune a toutefois investi plusieurs millions d'euros avec l'intercommunalité Castelsarrasin-Moissac dans une nouvelle route (la RD 118) reliant la zone du Luc, à Moissac, jusqu'à l'entrée de l'autoroute à Castelsarrasin. Un pont baptisé Quercy-Gascogne a été construit pour traverser le Tarn et permettre le désenclavement de la cité qui n'était alors accessible que part le passage sur le pont Napoléon.

Le véritable enjeu pour Moissac demeure aujourd'hui donc de réussir son développement touristique. Passage incontournable du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle GR 65, des milliers de pélérins font une halte dans l'ancien cloître bénédictin. Des pélérins auxquels s'ajoutent de plus en plus de touristes attirés par les joyaux de l'architecture médiévale moissagaise. A ce titre, la commune bénéficie depuis peu du label Grands Sites de Midi-Pyrénées décerné par le conseil régional. Seuls 18 sites en bénéficient pour la qualité de leur patrimoine culturel et leur capacité d'accueil touristique. C'est, peut-être, sur ce dernier point que la ville aura dans les années à venir à faire des efforts pour parvenir à développer son secteur touristique, même s'il est vrai que l'actuelle capacité hôtelière suffit à la demande.

Hôtel "Moulin de Moissac"

Le moulin de Moissac, surplombant le Tarn depuis 1474, a depuis quelques années repris son activité et permis de redonner un nombre de lits suffisants à la cité uvale auquel s'ajoute les gites d'étapes La Gite Ultreia et de La Petite Lumière Moissac. Reste que de nombreux commerces du centre ville (cafés et restaurants) ont ces dernières années de plus en plus de difficultés à pérenniser leurs activités, la commune ayant été obligée à plusieurs reprises de faire valoir son droit de préemption sur les baux commerciaux pour éviter la fermeture définitive de ces commerces œuvrant pour l'animation touristique de la commune[11].

Culture et patrimoine

Cloître de l'abbaye Saint-Pierre de Moissac
Cloître de l'abbaye Saint-Pierre de Moissac
Abbaye Saint-Pierre 
  • Église Saint-Pierre, ancienne église abbatiale avec le portail (1130), un des chefs d'œuvre de la sculpture romane. De l'édifice du XIe siècle ne subsiste plus que le massif chocher-porche, sorte de donjon avec chemin de ronde, construit dans un but défensif mais dont le dernier étage ne date que de la fin de l'époque gothique.
  • Cloître (fin du XIe siècle), un des mieux conservés de l'Occident chrétien.

L'abbaye Saint-Pierre et son cloître ont été inscrits en 1998 au Patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO sous le titre des Chemins de Compostelle en France[12].

Pont-canal du Cacor

Long de 356 m, à l’est de Moissac, il permet au canal latéral de la Garonne de franchir le Tarn.
Le canal latéral à la Garonne, traversant les départements de Lot-et-Garonne et de Tarn-et-Garonne, construit en 1847, long de 183 km. Il trouve son origine à Toulouse et s’achève à Castets-en-Dorthe. Il prolongeait le canal du Midi qui existait entre Sète et Toulouse. Il sert aujourd'hui davantage au tourisme qu'à la batellerie.

Le Musée moissagais

Il est installé dans l'ancien logis des abbés, imposante construction flanquée d'une tour crénelée de briques du XIIIe siècle. Deux cartes permettent d'apprécier le rayonnement de l'abbaye au Moyen Âge. Dans la vaste cage d'escaliers, objets liés à l'histoire de l'abbaye.
Les amateurs d'art régional pousseront leur ascension jusqu'à l'étage afin de découvrir céramiques, surtout d'Auvillar, des meubles régionaux des XVIIe et XVIIIe siècles, coiffes moissagaises ou encore la reconstitution d'une cuisine du bas Quercy au XIXe siècle.

La chapelle haute est consacrée à l'art religieux.

Les Halles, place des Récollets

Construites en 1891 par l'architecte municipal Jean Rouma, l'édifice, à l'intérieur et autour duquel se tient le marché hebdomadaire, associe avec élégance pierre, brique et fonte, et son décor de céramique vante déjà les produits du terroir.

Le pont Napoléon

Décidé par Napoléon ler et terminé par Napoléon III, on a une vue sur les quais et le pont Saint-Jacques : héritier d'un ouvrage médiéval, si ce n'est romain, celui-ci a été aménagé en pont tournant pour permettre jadis le passage des péniches.

Le Pèlerinage de Compostelle

Moissac est sur la Via Podiensis du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

On vient de Lauzerte. La prochaine commune est Auvillar, réputée pour sa halle ronde et l'église Saint-Pierre.

Quittant Moissac par la porte Saint-Jacques, certains jacquets traversaient la Garonne en bac à La Pointe, en direction du prieuré Saint-Nicolas de La Grave.

Si d'autres préféraient franchir les eaux à Malause, tous se retrouvaient à Auvillar.

Les pèlerins

L’accueil des pèlerins

S'ils n'avaient trouvé place à l'hôtellerie, ils pouvaient compter sur la maladrerie de l'abbaye, située près de l'église Saint-Martin, ou sur les autres hôpitaux de la cité moissagaise, dont un était placé sous le vocable de Saint-Jacques.

La confrérie Saint-Jacques de Moissac

Moissac est l'une des rares villes de la via Podiensis où l'on trouve mention d'une confrérie de Saint-Jacques. Cette association apparaît tardivement, en 1523. À cette époque, les mentalités ne sont plus ce qu'elles pouvaient être au cœur du Moyen Âge, quand les confrères fondaient ou géraient des hôpitaux.

Les confrères-pèlerins de Moissac semblent repliés sur eux-mêmes. Leurs activités essentielles sont la célébration de la Saint-Jacques, messe, procession et... banquet, ainsi que l'assistance aux funérailles des confrères morts.

Moissac, comme Cahors, possédait du reste une paroisse dédiée à l'apôtre.

Depuis cinq ans, un centre international d'hébergement accueille plus de 12 000 personnes par an. Il s'agit du Carmel, bâtiment historique flanqué en surplomb de la ville, entièrement restauré et confié pour sa gestion par la ville au Club alpin. Là ils trouvent des chambres communes ou indépendantes, des salles de repos et de réunion, des services (buanderie), une cuisine équipée commune. Il y a aussi La Gite Ultreia, dans un immeuble de la 18e siècle, qui se trouve directement sur la route du pèlerinage, le GR65.

L'église Saint-Jacques

De l'église Saint-Jacques médiévale, seul le nom reste. L'édifice actuel, du XIXe siècle, a été aménagé en musée de l'artisanat.

Étape précédente
Lauzerte
Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle
Coquille Saint-Jacques
Via Podiensis
Étape suivante
Auvillar

Jumelage

Drapeau de la France Thomery (France)

La Ville de Moissac est aussi jumelée avec la ville d'Astorga (Province de León), autre ville étape des chemins de Compostelle importante en Espagne.

Personnalités liées à la commune

Vie locale

  • La fête foraine s'installe au bord du Tarn pendant le week-end de Pentecôte, à proximité de l'Uvarium et du moulin de Moissac. A cette époque, on élit traditionnellement la rosière[15] et les marins se produisent en spectacle[16].
  • Le centre hospitalier intercommunal couvre l'ouest du Tarn et Garonne. Après la fermeture de la maternité, les élus, les habitants de la ville et des collectivités locales se mobilisent[17] régulièrement pour défendre le maintien de l'activité hospitalière dont l'avenir semble encore incertain.

Sports

Moissac au cinéma

Voir aussi

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Articles connexes

Bibliographie

  • Ernest Rupin, L'Abbaye et les cloîtres de Moissac, Paris, 1897, réédité en 1981 (réédition)

Liens externes

Notes

  1. Gérard Folio. La citadelle et la place de Saint-Jean-Pied-de-Port, de la Renaissance à l’Époque Contemporaine, in Cahier du Centre d’études d’histoire de la défense n° 25 Histoire de la fortification, 2005 ISBN 2-11-094732-2, En ligne [1], consulté le 3 mars 2007 p. 36
  2. Max Lagarrigue,L’inondation du siècle, mars 1930, in Les Caprices du Temps, revue Arkheia, n°21, Montauban, 2009.
  3. Max Lagarrigue,L’inondation du siècle, mars 1930,op. cit.
  4. Stéphane Simonnet, Atlas de la Libération de la France, éd. Autrement, Paris, 1994, réimp. 2004 (ISBN 2-7467-0495-1) , p. 43
  5. Max Lagarrigue, Castelsarrasin-Moissac: "Ce sont les lycéens qui ont lancé 68", in La Dépêche du Midi, 20/5/2008.
  6. http://cassini.ehess.fr/ Population par commune avant 1962 (résultats publiés au journal officiel ou conservés aux archives départementales)
  7. INSEE : Population depuis le recensement de 1962
  8. Max Lagarrigue, Bilan mitigé pour les chasselatiers moissagais, La Dépêche du Midi, 11 avril 2009.
  9. Max Lagarrigue, Moissac. Nouveau plan social à l'usine Rieter? - Tarn-et-Garonne : Ladépêche.fr, La Dépêche du Midi,22/04/2009.
  10. M. Lagarrigue, Moissac. Rieter : un nouveau plan social annoncé, La Dépêche du Midi, 28/11/2009.
  11. Max Lagarrigue, Moissac. À quand la réouverture du Flore ?, La Dépêche du Midi, 25/03/2010.
  12. Fiche UNESCO des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France
  13. Max Lagarrigue,"Près de 250 personnes ont honoré le chanteur Slimane Azem", La Dépêche du Midi, 3 novembre 2008.
  14. Biographie sur le site de l'Assemblée nationale
  15. Moissac. Bienvenue aux Rosières - Tarn-et-Garonne : Ladépêche.fr
  16. Moissac. Belle traversée au fil de l'eau pour les marins - Tarn-et-Garonne : Ladépêche.fr
  17. [2]

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