Michael Ignatieff

Michael Ignatieff
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Michael Grant Ignatieff
Victoria, BC Liberal Town Hall Forum public libéral.jpg
Mandats
Chef de l'Opposition officielle
10 décembre 20082 mai 2011
Souverain Élisabeth II
Premier ministre Stephen Harper
Prédécesseur Stéphane Dion
Successeur Jack Layton
Chef du Parti libéral du Canada
10 décembre 20083 mai 2011
Prédécesseur Stéphane Dion
Successeur Bob Rae (intérim)
Membre du Parlement du Canada
pour Etobicoke—Lakeshore
6 février 200630 mai 2011
Prédécesseur Jean Augustine
Successeur Bernard Trottier
Biographie
Date de naissance 12 mai 1947 (1947-05-12) (64 ans)
Lieu de naissance Toronto, Ontario, Canada
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti libéral du Canada
Diplômé de Université de Toronto
Université d'Oxford
Université Harvard
King's College de l'université de Cambridge
Profession Écrivain
Scénariste
Professeur
Journaliste
Résidence Toronto (privée)
Signature Michael Ignatieff Signature.svg

Michael Grant Ignatieff, B.A., M.A., Ph.D. (né le 12 mai 1947 à Toronto, en Ontario) est un homme politique canadien. Il était le chef du Parti libéral du Canada du 10 décembre 2008 au 3 mai 2011 et le député d'Etobicoke—Lakeshore à la Chambre des communes du Canada du 6 février 2006 au 3 mai 2011. Écrivain, journaliste et expert en matière de Droits de l'homme, il a à son actif dix-sept ouvrages, dont plusieurs ont remporté de prestigieux prix.

Sommaire

Vie privée

Ignatieff est le fils du diplomate canadien George Ignatieff et Alison Grant, le petit-fils de Pavel Nicolaïevitch Ignatiev, avant-dernier ministre de l'éducation sous le tsar Nicolas II. Ses antécédents canadiens incluent son grand-père maternel, George Monro Grant, qui fut président de l'Université Queen's. Son oncle est le philosophe politique George Grant (1918-1988). Son arrière-grand-père est le comte Nikolaï Pavlovitch Ignatiev, le ministre de l'Intérieur russe sous le tsar Alexandre III, un ministre favorable aux réformes[1]. Dans son livre The Russian album, Ignatieff explore l'importance de la mémoire collective et l'obligation ancestrale dans le contexte de sa propre histoire familiale.

Ignatieff a étudié au Upper Canada College, une école privée prestigieuse à Toronto, pour ensuite étudier l'histoire au Trinity College de l'Université de Toronto. C'est à cette époque qu'Ignatieff rencontra son collègue (et futur Premier ministre de l'Ontario) Bob Rae. Les deux sont depuis des amis. De 1965 à 1968, Ignatieff travailla au journal The Globe and Mail de Toronto. Il poursuivit ses études jusqu'à obtenir un doctorat en histoire de l'Université Harvard en 1976. Il enseigna ensuite pendant deux ans à l'Université de la Colombie-Britannique, de 1976 à 1978. Il reçut par la suite un poste de recherche au King's College, à l'Université de Cambridge, de 1978 à 1984.

Ignatieff parle couramment plusieurs langues, dont le français, l'anglais et le russe. Jusqu'en 2005, il était professeur et directeur du Carr Center for Human Rights Policy à la John F. Kennedy School of Government de l'Université Harvard. Il a aussi sept doctorats honorifiques à son actif. Le 26 août 2005, il annonçait qu'il quittait Harvard pour diriger l'Université de Toronto en tant que chancelier des politiques de droits de la personne.

Michael Ignatieff vit avec sa deuxième femme, Zsuzsanna Zsohar (d'origine hongroise). Il a deux enfants de son premier mariage.

Le patronyme Ignatieff signifie ignatien en russe, et se rapporte à Ignace d'Antioche, qui est reconnu dans l'Église orthodoxe russe [1].

Reconnaissance internationale

Ignatieff est un expert reconnu sur les questions du Moyen-Orient et des Balkans et a conseillé plusieurs chefs d'État sur ces questions. Par contre, il est plus reconnu académiquement pour les droits de la personne, et il a rédigé plusieurs travaux concernant les conflits ethniques et le génocide. De plus, il a écrit beaucoup sur le concept de droits de la personne universel et des dangers du nationalisme dans la période après la Guerre froide.

Ignatieff écrit aussi de la fiction, sa plus récente publication étant Charlie Johnson in the Flames. Il a aussi été choisi pour prononcer les conférences Massey, en 2000.

Controverse

Ignatieff a appuyé l'invasion de l'Irak en 2003. Dans un article du New York Times, The Burden (le fardeau), il parle du poids qui pèse sur les États-Unis d’imposer par la force leur vision de la démocratie au reste du monde.

Dans son essai sur les nationalismes, Blood and Belonging: Journeys Into the New Nationalism (1993), qui est sans doute son œuvre la plus connue, il décrit le nationalisme québécois comme un risque pour la démocratie, une opinion qu'il dit avoir révisée depuis[2].

Sa carrière politique

En janvier 2005, le biographe et journaliste Peter Newman a suggéré qu'Ignatieff serait un candidat idéal à la chefferie du Parti libéral du Canada après que Paul Martin se retire comme chef, ce qu'il a fait après l'élection de 2006. Ignatieff s'est adressé à la convention biennale du parti à Ottawa, en mars 2005.

Le 7 avril 2006, il a annoncé officiellement sa candidature à la course à la direction du Parti libéral du Canada. Il se classe premier après les premier et deuxième tours de scrutin. Par contre, au troisième tour, contre Bob Rae et Stéphane Dion, il termine deuxième. À ce tour, Rae est éliminé. Le quatrième tour consacre finalement sa défaite face à M. Dion.

Controverse sur sa nomination

Après plusieurs mois de rumeurs, Ignatieff confirme en novembre 2005 qu'il sera candidat à l'investiture du Parti libéral du Canada en vue de l'élection fédérale de 2006. Après plusieurs jours de spéculation dans les médias de la région, il porte son choix sur la circonscription d'Etobicoke—Lakeshore, à Toronto, suite à l'annonce du retrait de la vie politique de la députée sortante Jean Augustine.

Certains membres de l'association libérale locale, d'origine ukrainienne, se sont opposés à sa candidature, contestant les positions d'Ignatieff sur l'indépendance de ce pays dans son ouvrage Blood and Belonging: Journeys Into the New Nationalism, publié en 1993[3].

Dans son ouvrage l'auteur dit prendre l'Ukraine au sérieux, mais il ajoute :

"I have reasons to take the Ukraine seriously indeed. But, to be honest, I'm having trouble. Ukrainian independence conjures up images of peasant embroidered shirts, the nasal whine of ethnic instruments, phony Cossacks in cloaks and boots..."[note 1],[4].

Bien que les partisans d'Ignatieff considèrent que ce commentaire a été cité hors-contexte et ajoutent que l'auteur dénonce justement ces stéréotypes dans le même chapitre que l'extrait cité, cette explication n'a pas satisfait une partie de la communauté ukrainienne de sa circonscription qui a bruyamment chahuté son investiture.

Victoire

Malgré la controverse entourant sa nomination et l'opposition de certains libéraux à Etobicoke—Lakeshore, Ignatieff a été capable de le remporter contre ses rivaux et obtint un siège à la Chambre des communes du Canada. Il gagna ses élections par une marge d'un peu plus de 5000 votes.

Défaite et démission

Lors de l'élection fédérale du 2 mai 2011, le parti libéral ne parvient à faire élire que 34 députés, le plus faible nombre de son histoire[5]. Michael Ignatief perd d'ailleurs dans sa propre circonscription d'Etobicoke—Lakeshore face au conservateur Bernard Trottier et démissionne de son poste de chef du parti le lendemain[5]. Il décide de retourner à l'enseignement et la recherche en occupant un poste au Massey College de l'Université de Toronto[6].

Notes et références

Notes

  1. J'ai effectivement des raisons de prendre l'Ukraine au sérieux. Mais, pour être honnête, j'ai de la difficulté. L'indépendance de l'Ukraine évoque pour moi l'image de vestes paysannes brodées à la main, la complainte nasillarde des instruments ethniques, de faux Cosaques vêtus de capes et de bottes...

Références

  1. Pierre Kovalevsky, Manuel d'Histoire Russe, Payot, Bibl. Historique, Paris 1948, p. 291
  2. Radio-Canada, « Portrait du chef du Parti libéral du Canada », 9 décembre 2008. Consulté le 2010-08-23
  3. Toronto group opposes Ignatieff's election bid, CTV News 27 novembre 2005. Page consultée le 3 juin 2006.
  4. (en) « Ignatieff blasts 'transparent' attempt to sow Liberal dissent », dans The Globe and Mail, 28 novembre 2005 [texte intégral (page consultée le 3 juin 2006)] 
  5. a et b La Presse canadienne, « Michael Ignatieff démissionne », dans CapAcadie.com, 3 mai 2011 [texte intégral (page consultée le 3 mai 2011)] 
  6. Ignatieff retourne à l'enseignement, CyberPresse, publié le 5 mai 2011.

Denis Smith, Ignatieff's World, Lorimer, Septembre 2006 [2]

Ouvrages

Michael Ignatieff, The Burden, New York Times Magazine, January 5, 2003 [3]

Michael Ignatieff, Bush's First Strike, New York Review of Books, Volume 48, Number 5, March 29, 2001 [4]

Liens externes

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