Messe basse


Messe basse

Messe

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Articles sur la musique sacrée
Concélébration en rite arménien

La messe est une cérémonie liturgique catholique au cours de laquelle le ou les prêtres officiants célèbrent le sacrifice de l’eucharistie (synonymes : saint sacrement, célébration eucharistique, saint-sacrifice), actualisation de l'unique sacrifice rédempteur du Christ.

La messe peut être célébrée chaque jour par chaque prêtre, et peut être célébrée à l'occasion d'autres sacrements (mariage, confirmation, ordination), de sacramentaux (enterrement, couronnement), et d'événements solennels de la vie de l'Église universelle (concile, conclave) ou locale (installation du curé).

Pour la notion de rite et les réformes récentes, voir l'article : Rite romain.
Pour les aspects liés à la communion eucharistique, voir l'article : Eucharistie.

Dans la tradition catholique, la musique occupe une place de choix dans la liturgie. Le terme messe désigne donc par extension une composition musicale formée de l'ensemble des chants et intermèdes musicaux qui suivent le déroulement d'une célébration. En ce sens, il s'agit d'un genre musical attaché à la musique religieuse. De nombreux compositeurs de renom ont créé des « messes », que ce soit pour les célébrations habituelles ou pour des événements exceptionnels (messes de couronnement, messes de mariage, messes d'enterrement, etc.)

Pour les aspects musicaux, voir l'article : Messe (musique).

Sommaire

Étymologie

Le nom vient du latin missa (mittere, « envoyer ») qui signifie « renvoi ». Le même mot qui a donné « mission ».

L'expression vient de l'époque antérieure au VIIIe siècle où, à la fin de la première partie de la messe, dite messe des catéchumènes parce que les futurs baptisés pouvaient y assister, les catéchumènes et les pénitents étaient renvoyés par le diacre par la formule Les choses saintes pour les saints, que les indignes se retirent. Ce renvoi solennel a donné son nom à la célébration de l'eucharistie tout entière qui, au sens primitif, ne désignait que cette seconde partie. Le mot vient peut-être aussi de la formule finale de la messe : Ite, missa est, « Allez, c'est l'envoi». Par la formule Ite missa est, le diacre invite le peuple à partir car ce dernier a maintenant une mission d'évangélisation à accomplir après avoir été enseigné et nourri par la Parole de Dieu et la communion au Corps du Christ. Le peuple est « envoyé » en mission dans le monde.

Spiritualité de la messe

« Le sacrifice de la Messe est substantiellement le même que le sacrifice de la croix en ce que dans l’un et l’autre, Jésus Christ est à la fois le prêtre et la victime ; il en diffère cependant par la manière dont il est offert. Sur la croix Jésus Christ s’est offert en répandant son sang et en méritant pour nous ; tandis que sur les autels, Il se sacrifie sans effusion de sang et nous applique les fruits de sa Passion et de sa mort. » Pie X.

Histoire de la liturgie

Ouverture de la célébration

Procession d'entrée

Jusqu'au VIe siècle, à Rome, la procession se rendait de la résidence du pape à l'église de station, où devait avoir lieu la messe, en chantant les litanies. À l'arrivée de la procession, la messe débutait par le Kyrie, qui concluait ces litanies et était chanté pendant que le célébrant se préparait à la sacristie. À partir du Ve siècle (saint Célestin Ier), la norme fut de commencer la messe par un Introit, ou chant d'entrée, spécifique. Ce chant comportait initialement tout un psaume, qui fut réduit à un seul verset au Xe siècle.

Salut à l'autel

Le cérémonial du salut à l'autel date du VIIIe siècle, l'encensement a été ajouté au XIIIe siècle.

La forme extraordinaire du rite romain, forme du rite romain avant la réforme de 1969, commence par les prières au bas de l'Autel. Ces prières datent du Xe siècle. Elles se disaient auparavant à la sacristie. Saint Pie V les a rendues obligatoires et uniformes pour toute l'Église latine au XVIe siècle, et les a incorporées à la Messe. Elles ont été remplacées par la préparation pénitentielle de la messe de Paul VI.

Préparation pénitentielle

La confession des péchés a toujours précédé la Messe, on en trouve déjà la trace dans la Didaché dès le Ier siècle : « Le jour du Seigneur, rassemblez-vous, rompez le pain et rendez grâces, après avoir confessé vos fautes pour que votre sacrifice soit pur ».

La préparation pénitentielle actuelle dérive des prières au bas de l'autel, initialement réservées au prêtre et à ses ministres, et auxquelles l'assemblée était invitée à participer silencieusement durant les messes basses (où il n'y avait pas de chant d'Introit). La réforme de Paul VI a conservé à la fois le rite d'entrée solennel, et la participation à la préparation pénitentielle.

  • Le Confiteor date du XIVe siècle. Avant le concile de Trente, chaque église possédait une formule pénitentielle particulière, plus ou moins longue.
  • On peut employer la formule au choix V/. Miserére nostri, Dómine R/. Quia peccávimus tibi. V/. Osténde nobis, Dómine, misericórdiam tuam. R/. Et salutáre tuum da nobis. Dans cette formule, le deuxième verset (Ps 84:8) était déjà utilisé par le rite de saint Pie V, dans l'oraison finale des prières au pied de l'autel. Le premier « verset » est en fait un assemblage hétérogène : l'invitation vient du Ps 122:3, mais la réponse est tirée de Jérémie (Je 14:20).
  • Alternativement, le prêtre ou le diacre, ou un autre ministre, prononce des invocations, avec la formule Kyrie Eleison. Cette formule rappelle les litanies, processions de pénitence précédant autrefois la messe et qui sont à l'origine de l'Introit et du Kyrie.
Kyrie

Cette prière est dite en grec, reliquat de la langue liturgique utilisée dans le rite latin jusqu'à la fin du IIIe siècle.

Le Kyrie marquait primitivement la fin des litanies de la procession, et le début de la messe. L'invocation était répétée jusqu'à ce que le célébrant fasse signe de cesser. Le Kyrie a été introduit dans la Messe romaine à la fin du Ve siècle par le pape d'origine africaine saint Gélase Ier. Au VIe siècle, le nombre de répétitions fut fixé à neuf par saint Léon le grand, et au XVIe siècle, le pape Pie V fixa qu'on dirait trois fois Kyrie, trois fois Christe et trois fois Kyrie, en l'honneur de la Sainte-Trinité. La messe de Paul VI a réduit les invocations à deux de chaque, sauf si la mélodie en exige un nombre différent.

Gloria

Le Gloria paraphrase le cantique des anges de la nuit de Noël. C'est une hymne très ancienne, dont l'auteur est inconnu. À l'origine prière des laudes composée par l'Église d'Orient, elle fut introduite dans la messe de la nuit de Noël au IIe siècle. Au VIe siècle, elle fut généralisée aux messes des dimanches, des fêtes et des martyrs (VIIIe siècle, d'abord uniquement quand elles étaient célébrées par les évêques, puis (à partir du XIIe siècle) par tout prêtre. Le Gloria est omis durant les temps de pénitence (Avent et Carême).

Oraison d'ouverture, ou Collecte

La première oraison est appelée collecte, parce qu'elle se dit au nom de tous les fidèles réunis et de la communauté chrétienne, et exprime précisément ce que l'Église demande dans l'office du jour.

Aux premiers temps de l'Église, la collecte (comme la secrète et la post-communion) étaient des prières improvisées par le célébrant. Ces trois oraisons sont attestées dès le IIIe siècle. Très rapidement, on collectionna celles qui parurent les mieux composées, pour les proposer au choix du célébrant. Finalement, au VIIe siècle, saint Grégoire le grand en fixa la distribution primitive.

Il n'y a qu'une collecte par messe.

Dans la liturgie romaine, il pouvait y avoir autrefois jusqu'à trois collectes par messe (avec les secrètes et post-communions correspondantes), mais cet usage a été supprimé au milieu du XXe siècle. En effet, certains jours, le calendrier liturgique catholique célébrait plusieurs fêtes.

Les oraisons de la liturgie latine se distinguent par leur sobriété et leur précision, alors que celles des liturgies orientales sont beaucoup plus ornées et poétiques.

Liturgie de la Parole

Primitivement, rien n'était réglé pour le choix des lectures. [réf. nécessaire] Par la suite, au IVe siècle, sous saint Damase Ier, saint Jérôme aurait distribué les Épîtres et les Évangiles pour toute l'année liturgique. Jusqu'au concile de Trente, il existait plusieurs séries de péricopes constituant différents lectionnaires en usages dans différentes régions ecclésiastiques. Le concile de Vatican II a complètement refondu les textes du lectionnaire de la messe.

Par le passé, la messe romaine comprenait parfois avant l'Évangile une lecture de l'Ancien Testament, appelée parfois prophétie, parfois leçon (du latin lectio qui signifie lecture) et une autre tirée des épîtres de saint Paul, des Épîtres des autres apôtres (Pierre, Jean, Jacques, Jude) ou des actes des Apôtres. Le Graduel était placé entre les leçons et l'épître, l'Alléluia ou le trait après l'épître.

Dans la messe de saint Pie V, les lectures furent réduites à une épître et à l'Évangile, sauf dans le cas de certaines messes, spécialement dans les temps de pénitence (mercredi des cendres, Quatre-Temps, etc.). La leçon était cependant conservée dans le rite ambrosien.

À présent, tous les jours de l'année ont leur messe propre, et le cycle des lectures dominicales s'étend sur trois années (A, B et C).

Tout en préservant les assignations traditionnelles, le choix des lectures a été très élargi, conformément aux orientations du concile Vatican II, pour que les fidèles accèdent plus pleinement aux richesses de l'Écriture. La deuxième lecture a été remise à l'honneur par la réforme liturgique qui a suivi le concile Vatican II, mais elle n'est dite qu'aux dimanches et fêtes solennelles, et peut être supprimée si des raisons le justifient. De même, le Graduel a été remplacé par un Psaume chanté, ou simplement lu, après la première lecture.

Le lecteur lit à haute voix, les mains posées sur le livre, si celui-ci repose sur un pupitre. Le geste du lecteur est un signe d'attachement à la doctrine contenue dans le texte sacré, et rappelle que jusqu'à Vatican II il tenait ordinairement lui-même le livre.

Monitions d'introduction

La faculté d'introduire des monitions dans les rites date du concile de Trente, mais la pratique n'était pas passée dans l'usage. Elle a été rappelée et remise à l'honneur par le concile de Vatican II.

Première lecture

Dans le rite ambrosien, le lecteur est préparé à sa lecture par la bénédiction suivante: « Prophetica (vel: Apostolica) lectio sit nobis salutis eruditio », puisse cette lecture être pour nous la science du salut.

Psaume ou répons graduel

La forme traditionnelle du graduel remonte à Saint Célestin Ier (Ve s.). Jusqu'au IVe siècle, le psaume associé au graduel était chanté en entier. La réforme liturgique de Vatican II a conduit à rétablir cet usage, les antiennes associées au psaume étant simplifiées en conséquence.

Depuis le VIIe siècle, au temps pascal, le Graduel est remplacé par un alléluia pascal.

Dans le chant grégorien, la mélodie très ornée sur laquelle le Graduel est chanté constitue la partie la plus musicale de la messe, c'est pourquoi le livre liturgique où sont réunis les chants du propre de la messe est appelé Graduel. Le répons graduel, étant très orné, pouvait n'être chanté que par un ou deux chantres. Pour mieux se faire entendre, les chantres montaient sur les marches de l'ambon ou du jubé, d'où son nom de Graduel (du latin gradus, qui signifie marche ou degré).

Seconde lecture (épitre)

Dans le rite ambrosien, le lecteur est préparé à sa lecture par la bénédiction suivante: « Apostolica doctrina repleat nos gratia divina » : « Que l'enseignement des apôtres nous remplisse de la grâce divine ».

Séquence

Aux origines, le dernier Alléluia du graduel était suivi d'une longue suite de notes joyeuses chantées sans paroles, symbole des joies sans fin du paradis, que l'on appelait jubilus (chant de jubilation). À partir du XIIe siècle, la coutume s'introduisit d'y ajouter à certaines fêtes de nouvelles compositions en vers, d'origines non bibliques, appelées aussi parfois prose.

Les séquences (ou proses) étaient très répandues avant la révision de saint Pie V, qui en réduit le nombre (Victimae à Pâques, Veni Sancte Spiritus à la Pentecôte, Dies irae pour la messe des morts, Lauda Sion pour la Fête-Dieu, auxquelles s'ajouta le Stabat Mater en 1727).

La place de la séquence a beaucoup varié au cours du temps, placée tantôt avant, tantôt après l'Alleluia. L'édition 2002 du missel romain la place avant l'alléluia. La « séquence » ne présente aucun lien avec le contenu des lectures. Ce déplacement n'a d'autre but que de rendre à l'Alléluia son rôle d'introduction à la proclamation de l'Évangile.

Alleluia ou Trait

L'Alléluia (« Allelu Yahwé », louez Dieu) est un chant de joie et de triomphe, introduit par saint Damase pour le temps pascal. Saint Grégoire le Grand en étendit l'usage à tous les dimanches et Fêtes, en dehors du carême, où on cesse de prononcer ce mot.

Au Carême, le second chant consiste dans le verset avant l'Évangile, ou en un autre psaume, ou trait, comme on les trouve dans le Lectionnaire ou le Graduel. Le trait est ainsi appelé parce qu'à l'origine il était chanté sans être interrompu par une antienne ou un répons. Il se compose de quelques versets d'un psaume, parfois chanté en entier.

Évangile

Le lecteur prononce « Munda cor meum, ac lábia mea, omnípotens Deus, ut sanctum evangélium tuum digne váleam nuntiáre. » (Purifie mon cœur et mes lèvres, Dieu tout-puissant, pour que je puisse annoncer dignement ton saint Évangile.) La prière traditionnelle ajoutait après Deus, « qui labia Isaiae Prophetae calculo mundasti ignito: ita me tua grata miseratione dignare mundare », en référence à Is 6:6-7 : «Voici, cette braise ardente a touché tes lèvres, ta faute est effacée, ton péché est pardonné».

La lecture de l'Évangile est précédée d'une procession qui date du VIIIe siècle, la prière de préparation n'a été ajoutée qu'au XIIIe siècle.

Pendant l'annonce de l'Évangile, le lecteur (prêtre ou diacre) fait un signe de croix avec le pouce sur le livre, et sur son front, sa bouche et sa poitrine. Charlemagne écrivait à son liturgiste Alcuin « Par cette croix, nous préservons notre cœur de mauvaises pensées, afin qu’il reste pur pour bien saisir les paroles du salut »

À la fin de l'Évangile, le lecteur prononce l'acclamation: V/. Verbum Domini R/. Laus tibi, Christe. (V/. Parole du Seigneur. R/. Christ, louange à toi.) Cette louange au Christ est anciennement attestée dans la liturgie, mais avant Vatican II le diacre ne disait pas Verbum Domini. Seuls les fidèles acclamaient la finale de l'Évangile par Laus tibi Christe.

Homélie

Le concile de Trente a prescrit aux Pasteurs « d'expliquer fréquemment par eux-mêmes et par d'autres quelque partie de ce qui est lu à la messe, et entre autres d'éclairer quelque aspect du mystère de ce très saint sacrifice ». « Bien que la Parole Divine, dans les lectures de la sainte Écriture, s'adresse à tous les hommes de n'importe quelle époque, et leur soit intelligible, son efficacité est accrue par un exposé vivant, c’est-à-dire par l'homélie, qui fait partie de l'action liturgique.»

Profession de Foi

Jusqu'au Ve siècle, la messe n'avait pas de Credo. Il fut progressivement introduit dans les rites d'Orient au cours du VIe siècle en réaction contre diverses hérésies. Le concile de Tolède demanda en 589 « Qu’on fasse retentir le Credo, par ce chant, la vraie foi s’affirme d’une façon éclatante, et l’âme des populations catholiques, revivant sa croyance, se prépare à recevoir la communion du corps et du sang du Christ ». Son usage se répandit au VIIIe siècle en Espagne puis aux pays francs, sous l'influence de Charlemagne qui le fit chanter après l'Évangile. Il ne fut généralisé dans la liturgie romaine qu'en 1014, pour le sacre de l'empereur Henri II: étant initialement destiné à combattre les hérésies, il ne convenait pas à la liturgie du siège apostolique, par nature orthodoxe.

D'introduction tardive, sa place dans la liturgie a été variable. Dans le rite ambrosien, le Credo se place après l'offertoire (et ne comporte pas le mot filioque). Dans le rite mozarabe il est dit après la consécration.

Prière universelle

Aux VIe et VIIe siècles, à Rome, la messe a comporté pendant un temps une prière des fidèles prononcée par le prêtre seul à partir de formulaires fixes rédigés et non improvisés en fonction des circonstances. Ces prières disparurent progressivement, remplacées par des litanies qui avaient la préférence des fidèles, ne laissant comme trace que les grandes oraisons du Vendredi Saint, et l'invitation à la prière précédant l'offertoire dans le missel de saint Pie V, que ne suivait plus aucune oraison. Cependant, les prières traditionnelles dites « du prône », qui prirent place après le sermon à la fin du Moyen Âge, étaient toujours en usage dans certaines liturgies paroissiales. Ces prières ont subi de nombreuses variations suivant les diocèses.

Cette pratique a été restaurée après Vatican II.

Offertoire

Le premier geste de la liturgie eucharistique est d'étendre sur l'autel un corporal, par respect pour le corps du Christ qui y sera posé. Déjà au IVe siècle, le pape saint Sylvestre demandait qu'il soit en lin « pour mieux représenter le suaire du Seigneur. »

Le format du corporal était beaucoup plus large autrefois et servait à couvrir les espèces à partir de l'offertoire, tenant également lieu de voile du calice dans les liturgies médiévales. Dans le plus ancien cérémonial (au VIIe siècle) on l'étendait d'un côté à l'autre de l'autel. Le corporal pourrait être plus orné, à l'exemple de « l'antimension » de la liturgie byzantine, sur lequel est représenté l'ensevelissement du Christ, et auquel sont attachées quelques reliques.

Primitivement, l'offrande était faite en silence. À partir du IVe siècle, elle fut accompagnée du chant de l'offertoire, composé généralement d'un psaume psalmodié sur un ton simple, et d'une antienne que l'on répétait comme refrain à chaque verset. Lorsque la procession d'offrande fut supprimée au XIe siècle, le chant d'offertoire fut réduit à son antienne.

Les quêtes qui se font à l'offertoire sont un souvenir de l'ancienne offrande, où les fidèles apportaient non seulement le pain et le vin du sacrifice, mais également toute sorte d'objets qui devaient servir à l'entretien du culte et du clergé, ou bien des pauvres.

Prière d'offrande

Jusqu'au XIe siècle, on passait directement de l'offrande des fidèles à la Secrete. Les prières de l'oblation datent du Moyen Âge, et sont d'origine gallicane. Elles furent adoptées officiellement à Rome au XIIIe siècle, et la révision du missel au XVIe siècle les rendit obligatoires. La forme et le nombre de ces prières ont beaucoup varié avant le concile de Trente qui a fixé leur forme.

Les prières d'offertoire (invocation de l'Esprit, formulation de l'intention du sacrifice, …) axées sur la présentation, la purification et la sanctification des offrandes et du célébrant introduisait celles du Canon auquel elles préparaient aussi le prêtre, lui rappelant le sens de ce qu'il allait accomplir. La réforme liturgique d'après Vatican II a voulu rendre sa spécificité à l'offertoire en formulant de façon plus synthétique les prières silencieuses du prêtre, en supprimant la prière Suscipe sancta Trinitas considérée comme un doublet de la première partie du Canon romain (prière eucharistique I) mais sans équivalent dans les autres prières eucharistiques, en instaurant un dialogue avec l'assemblée, sans équivalent dans les liturgies antérieures, en vue d'une participation plus active de l'assemblée.

Les formules de bénédiction sont très proches de celles de la Didachè, prière privée d'époque apostolique, dont les réformateurs de Vatican II, tributaires de l'état de la recherche historique de leur temps, pensaient qu'elle avait servi à la liturgie primitive, hypothèse aujourd'hui rejetée.

Encensement

L'encensement des offrandes ne date que du XIIIe siècle. Les prières à voix basse qui l'accompagnaient sont devenues facultatives dans le missel de Paul VI.

L'encensement est une marque d'honneur due à Dieu seul, et d'une manière générale, l'encensement est le signe de la sanctification. À travers l'encensement, c'est toujours Dieu que l'on honore. En encensant les hommes, l'Église honore la créature que Dieu a faite à son image. Ainsi, on encense le prêtre parce qu'il agit « in persona Christi » pendant la consécration ; et on encense le clergé et les fidèles parce que en tous les baptisés réside le Saint-Esprit.

De plus, l'encens est ici le symbole de la prière qui monte vers Dieu, ce qu'exprimait la prière dite à l'encensement des offrandes dans le rite de saint Pie V ou dans le rite ambrosien: « Incénsum istud, a te benedíctum, ascendat ad te, Dómine, et descéndat super nos misericórdia tua. » (que cet encens béni par toi monte vers toi, Seigneur, et que descende sur nous ta miséricorde) Et de même le psaume 140 (qui était dit à l'encensement du crucifix et de l'autel) : « Dirigátur Dómine orátio mea sicut incénsum in conspéctu tuo » (Que ma prière monte vers toi comme l'encens, Seigneur,…).

Orate Fratres

Le prêtre conclut l'offertoire par la formule V/. Oráte, fratres : Ut meum ac vestrum sacrifícium acceptábile fiat apud Deum Patrem omnipoténtem. (Priez, mes frères, pour que mon sacrifice qui est aussi le vôtre soit agréable à Dieu le Père tout-puissant.) R/Suscipiat Dominus sacrificium de manibus tuis , ad laudem et gloriam nominis Sui, ad utilitatem quoque nostram totiusque Ecclesiae sanctae. (Que le Seigneur reçoive de vos mains le sacrifice, à la louange et à la gloire de Son nom, ainsi que pour notre bien et celui de toute son Église sainte)

L'Orate fratres date initialement du IXe siècle. Son texte varia, et il ne comporta parfois que ces deux premiers mots (ordinaire cartusien ; l'ordinaire de la liturgie dominicaine donne par exemple « Oráte, fratres : Ut meum ac vestrum pariter in conspectu Dómini sit acceptum sacrificium »). Le répons apparaît au XIe siècle et n'a jamais été adoptée par certains rites : elle n'existe pas dans les propres dominicain et cartusien). Le texte fut fixé au XIIIe siècle dans le Missel.

Prières sur les offrandes

Dans la messe primitive, les prières du Canon étaient dites à haute voix, et l'autel restait constamment visible. Au Ve siècle, par respect pour l'Eucharistie, on commença à dire ces prières à voix basse, et l'autel était alors caché par des rideaux ou des cloisons. Ce rite de séparation entre le prêtre et l'assemblée a été maintenu dans la plupart des rites orientaux, où l'autel est abrité derrière une cloison décorée d'icônes, nommée iconostase. La prière sur les offrandes était appelée oratio super oblata post secreta, c’est-à-dire « prière sur les offrandes après la séparation », d'où son nom de « secrete ». Mais cette étymologie n'est pas certaine. Secreta signifie aussi ce qui a été mis à part, désignant de la sorte le pain et le vin prélevés par les diacres sur les offrandes des fidèles pour le saint sacrifice. La prière sur les offrandes était encore dite à voix basse dans le rite de Saint Pie V. Elle est dite à voix haute depuis la réforme liturgique de Paul VI.

Canon

Le canon romain est constitué entièrement depuis saint Grégoire (au VIe siècle), mais certaines prières qui le composent peuvent remonter jusqu'au IIIe siècle.

Le dialogue de la préface se trouve dans toutes les liturgies d'orient et d'occident, depuis au moins le IIIe siècle.

Les maîtres-autels étaient bâtis face à l'Est : le soleil levant est le rappel de la résurrection. Les anciennes basiliques romaine (comme Saint-Pierre de Rome) ont la porte tournée vers l'Est : le célébrant se tourne donc vers le peuple. La majeure partie des églises sont construite avec le chœur à l'Est : le prêtre face à l'autel était nécessairement dos au peuple [1]. La norme moderne est de rappeler à fois la forme de la « table eucharistique » et de l'autel du sacrifice. Ceci laisse libre l'orientation du célébrant, qui n'est plus astreint à se tourner vers l'est ; il place le plus souvent derrière l'autel, donc face au peuple.

Préface

La préface est une prière de louange à Dieu, présente dès la messe primitive (et peut être même dès la liturgie juive). Au XIe siècle, la liturgie romaine en réduisit le nombre, qui se stabilisa à une quinzaine dans le missel de saint Pie V (une préface commune, quatre du temps, trois du commun et sept propres). La très belle préface des défunts fut instaurée par saint Pie X. Le missel de Paul VI, tout en conservant les préfaces traditionnelles, en a considérablement étendu le nombre.

« On doit savoir en effet qu'autrefois les Préfaces étaient bien plus multipliées que de nos jours, et qu'en particulier chaque Dimanche avait la sienne. » (Dom Guéranger, l'Année Liturgique, quatrième Dimanche après la Pentecôte).

Il existe d'autres préfaces dans les propres nationaux ou diocésain : saint Augustin et saint Cyprien en Afrique du Nord, saint Willibrord au Luxembourg) et dans les missels des religieux : Notre-Dame du mont-Carmel , les deux saintes Thérèse et saint Jean de la Croix (Carmes), saint Dominique (Dominicains), saint François (Franciscains), sainte Louise de Marillac et saint Vincent de Paul (Lazaristes), etc.

En introduction, le prêtre s'adresse à Dieu pour le remercier et lui rendre grâce, généralement par l'intercession du Fils. Cette partie est peu variable. Les préfaces pascales ont une ouverture propre, et une conclusion qu’elles partagent avec celles de l’Ascension. Le corps de la préface est très variable, pour s'adapter au temps liturgique ou à la fête. Ces formules, du moins celles des plus anciennes, sont concises, mais riches de doctrine théologiques. Elles décrivent le mystère particulier que l'on découvre dans la liturgie du jour. En conclusion, et pour introduire le Sanctus, les préfaces évoquent la louange des anges, qui ne cesse jamais et à laquelle nous nous unissons à la Messe. Les conclusions sont variables, mais assez similaires dans leur constructions. Une conclusion fréquente est:

« Et ídeo cum Ángelis et Archángelis, cum Thronis et Dominatiónibus / cumque omni milítia cæléstis exércitus // hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes :  » C'est pourquoi avec les anges et les archanges, avec les trônes et les dominations, avec toute la milice de l'armée céleste, nous chantons l'hymne de ta gloire et sans fin nous proclamons:

C'est une pieuse tradition de l'Église, depuis le VIIe siècle, de reconnaître que les anges sont groupés en neuf chœurs (Séraphins, Chérubins, Trônes, Dominations, Principautés, Puissances, Vertus, Archanges et Anges), et les différentes préfaces nomment les uns ou les autres. Une préface du rite ambrosien les nomme tous : « Per quem majestátem tuam laudant Ángeli, venerántur Archángeli: Throni, Dominatiónes, Virtútes, Principátus, et Potestátes adórant. Quem Chérubim, et Séraphim sócia exultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces, ut admítti júbeas deprecámur, súpplici confessióne dicéntes : »

Sanctus

Le Sanctus est le cantique de la liturgie céleste (Ap 4, 8). La première partie de ce chant vient du prophète Isaïe (Is 6, 3), qui a entendu les Séraphins le chanter devant le Seigneur, « Sabaoth », c’est-à-dire seigneur des armées célestes, qui exécutent ses ordres pour gouverner l'univers. La deuxième partie vient de l'acclamation des Rameaux (Mt 21, 9).

Le Sanctus se trouve dans toutes les liturgies orientales et latines. Il a été introduit dans la messe dès le IIe siècle, et sa forme n'a pratiquement pas changé.

On trouvait dans la liturgie ancienne la rubrique suivante: « Le célébrant ne doit jamais commencer la consécration avant que le chœur n’ait achevé ce qu’il chante. Réciproquement, le chœur se tait au moment de la consécration. » Cette rubrique découle d'un usage pratiqué jusqu'à Vatican II, qui consistait pour le prêtre à commencer le canon dès qu'il avait terminé de réciter le Sanctus, même si le chœur continuait à chanter. Avec les œuvres baroques, souvent très longues, le chœur ne chantait que la première partie du Sanctus jusqu'à la consécration, puis chantait la phrase qui commence par Benedíctus après la consécration. (Cet usage n'a plus lieu d'être depuis que la messe de Paul VI a établi que le canon devait être entendu par tous et donc récité à voix haute).

Canon

Contrairement à la tradition occidentale romaine qui ne connaissait que le canon romain[réf. nécessaire], la réforme liturgique de Paul VI a introduit trois autres prières eucharistiques. La seconde, dite à tort[réf. nécessaire] 'Canon d'Hyppolite' est d'inspiration traditionnelle. Les deux autres s'inspirent des liturgies mozarabe, gallicane et orientale, dans un ordre adapté au rite romain (Cf. Dom OURY , La messe de saint Pie V à Paul VI, éd. Solesmes). Par la suite l'usage s'est introduit de proposer aux choix du célébrant d'autres prières eucharistiques pour certaines occasions ecclésiales ; moyennant certaines corrections, plusieurs d'entre elles ont été adoptées par l'édition romaine de 2002[réf. nécessaire]. L'usage de dire le canon à voix basse est antérieur au IXe siècle. La réforme liturgique de 1969 a rétabli la faculté de le dire à haute voix, sans en faire une obligation. La prière du canon s'adresse à Dieu, non aux fidèles.

Te igitur

Cette prière existait déjà au début du Ve siècle. Autrefois c'est ici qu'on nommait le roi, lieutenant de Dieu pour les affaires temporelles.

La lettrine du « T » majuscule qui commence la prière du Te igitur a souvent été décorée par une croix ornée d’un Christ. Cette image, séparée du texte, est devenu un motif de décoration traditionnel du missel.
Memento des vivants

La liste de ceux que l'on recommande particulièrement au Seigneur était autrefois inscrite sur une tablette, que le diacre lisait aux lettres N&N. Après un début commun, la liste des saints honorés d'une mention explicite varie suivant le rite. La mention de saint Joseph ne figurait pas dans le canon primitif, elle date de Jean XXIII et fut introduite pour la première fois dans l'édition typique du missel de 1962.

Hanc igitur

L'extension des mains sur les offrandes, est déjà représentée sur une fresque de la Catacombe de Callixte (IIIe siècle). II s'agit de la sanctification des oblats destinés au sacrifice. Elle ne s'est généralisée dans l'Église latine qu'au XIVe siècle. La demande de paix a été introduite par saint Grégoire vers l’an 600, alors que Rome était assiégée, et a été conservée depuis. C'est la dernière modification du canon romain.

Consécration

Le ministre sonne avec la clochette à chaque élévation, conformément aux usages de chaque endroit. Cet usage remonte au XIIIe siècle. Les génuflexions à la consécration se généralisèrent au XIe siècle. L'élévation et la génuflexion ont été ordonnées au XIIe siècle, pour mieux manifester la transsubstantiation du pain et du vin. L'élévation du calice ne s'est généralisée qu'à partir du XIVe siècle. Au moment de la consécration, les fidèles sont normalement à genoux ce qui marque la foi en la présence réelle, mais la pieuse coutume de s'incliner profondément ne doit pas empêcher de redresser la tête pour regarder les saintes espèces au moment de l'élévation, introduite au XIIIe siècle pour que les fidèles puissent voir et adorer le très saint corps de Dieu. Depuis 1907, l'Église les engage à contempler l'hostie et le calice au moment de l'élévation, tout en se rappelant les paroles de Thomas (apôtre) devant le Sauveur ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

L'incise paulienne (« ceci est mon corps livré pour vous », d'après 1Co 11, 24) a été introduite par la réforme de Paul VI, comme rappel du caractère sacrificiel de la Passion, et de la messe qui en est le mémorial.

Acclamation

L'incise « Mysterium Fidei » n'appartient pas au canon grégorien primitif, mais fut introduite vers le VIIe siècle. Primitivement insérée au milieu la consécration du vin, elle a été déplacée à la fin de la consécration par la réforme de Paul VI, et complétée par l'acclamation.

Suite du canon

Certains rites anciens demandaient que les bras eux-mêmes soient ici étendus, en forme de croix, le prêtre agissant ainsi la passion et la mort du Christ « in personna Christi ».

Communion

Pater, ou oraison dominicale

Le Pater (le « Notre Père ») servait de prière préparatoire à la communion dès le IVe siècle. Il fut placé à la suite du Canon par saint Grégoire, qui fixa également l'introduction et l'embolisme.

La version du Pater est celle de saint Matthieu (6, 9-1). Celle de Luc (11, 2-4) est beaucoup plus courte. Certains manuscrits anciens de saint Luc comportent également la demande « Que ton Esprit Saint vienne sur nous et nous purifie ».

Rite de la paix

L'oraison de la paix était en usage à Rome dès le Ve siècle. Cette formulation date du Xe siècle et est originaire de France. À l'origine prière privée avant la communion, elle a été fixée dans le missel par Pie V, et rattachée au rite de la paix par la réforme de Vatican II. Elle n'est pas facultative.

Elle est suivie de la doxologie, une courte prière à la gloire de Dieu (« car c'est à Toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles »). En usage dans de nombreuses liturgies, cette prière n'est pas de tradition romaine, on suppose qu'elle est un vestige de l'époque apostolique. C'est à tort qu'elle est récitée par certains après le Pater entraînant l'omission de la prière pour la paix. Selon la présentation générale du Missel Romain de 2002[2] : « Le prêtre prononce l'invitation à la prière, tous les fidèles disent celle-ci avec le prêtre, et le prêtre seul ajoute l'embolisme que le peuple conclut par la doxologie. L'embolisme, qui développe la dernière demande de l'oraison dominicale, demande pour toute la communauté des fidèles la libération de l’emprise du Mal. L'invitation, la prière proprement dite, l'embolisme et la doxologie par laquelle le peuple conclut cet ensemble, sont chantés ou dits à haute voix. »

Le baiser de paix est de tradition apostolique (Rm 16, 16). Durant les premiers siècles, le baiser de paix se donnait avant l'Offertoire, en souvenir du commandement du Christ « Avant de présenter ton offrande à l'autel, va te réconcilier avec ton frère ». Les liturgies orientales en ont conservé la tradition. Initialement à l'offertoire dans le rite romain, il fut placé avant la communion au IVe siècle, puis après l'Agnus au VIIIe siècle, et finalement réservé au clercs à partir du XIIIe siècle. La réforme liturgique de Vatican II en a rétabli l'usage pour tous.

Fraction du pain

La « fraction du pain » est une expression qui a longtemps désigné l'Eucharistie, et est présente dès les temps apostoliques (Cf Ac 2:42). La fraction était une nécessité pratique afin de partager le pain consacré pour la communion des fidèles, et continue à symboliser le partage et la charité fraternelle. Dans le rituel de la Pâque juive, la fraction du pain symbolise les souffrances du peuple de Dieu asservi par les Égyptiens, à la Messe, la fraction de l'hostie symbolise de même les souffrances du Christ.

Agnus Dei

L'Agnus Dei (« Agneau de Dieu ») était un chant en usage dans les Églises d'Orient pour le partage de l'hostie (en Orient, le mot « agneau » désigne l'hostie). Il a été introduit dans la liturgie romaine par le pape grec Serge Ier à la fin du VIIe siècle. Il est dit trois fois depuis le Xe siècle. La dernière répétition, demandant la paix, a été prescrite au XIe siècle, à cause de troubles graves dans l'Église, pour préparer au baiser de paix qui la suivait à cette époque. L'invocation de la paix, qui subsistait de ce rite, a été replacée en début du rite de la paix par la réforme liturgique de Paul VI (qui a regroupé l'ensemble, et rétabli l'échange d'un signe de paix).

L'usage de se frapper la poitrine à chaque invocation remonte au XVe siècle. Il n'est plus mentionné par la réforme liturgique de Paul VI.

Communion

Avant la réforme liturgique, la communion décrite dans le Missel se limitait à celle du prêtre. Autrefois, la communion des fidèles était assez exceptionnelle, et faisait l'objet d'un « Ordo Administrandi Sacram Communionem Intra Missam » venant en complément à la communion du célébrant. Cet ordo comprenait un acte de pénitence (pendant la communion du présidant), et une répétition de l'invocation Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbo et sanabitur anima mea (« Seigneur, je ne suis pas digne [de te recevoir]mais dis seulement une parole et mon âme sera guérie ») après celle déjà faite par le célébrant. La participation systématique des fidèles à l'eucharistie ayant été encouragée, ce double ordo était devenu artificiel, et la réforme liturgique de Vatican II a établi l'unité et la cohérence de la communion : la communion du célébrant a été déplacée après les invocations, et précède immédiatement celle de l'assemblée.

Les deux prières avant la communion du prêtre proviennent des formules médiévales de dévotion privées avant la communion, qui ont ensuite été prescrites par le missel de saint Pie V. La première était déjà recommandée par Alcuin, le liturgiste de Charlemagne ; la seconde date du Xe siècle et a été légèrement raccourcie par la réforme suivant Vatican II.

Pendant les premiers siècles, la communion était reçue à la main. La communion à la bouche (et à genoux) se répandit à partir du IXe siècle, pour manifester le respect dû à la présence divine.

La communion peut se prendre sous les deux espèces : le pain et le vin, représentant respectivement le corps et le sang du Christ. C'est ce que fait le célébrant à chaque messe. Depuis le XIIe siècle, pour des raisons pratiques et par égard au Saint Sacrement, les fidèles ne communient plus habituellement au sang du Christ. Le concile de Constance fixa en 1415 que la communion n'aurait lieu que sous l'espèce du pain. Celui de Vatican II a rétabli l'usage de la communion sous les deux espèces dans certaines circonstances solennelles. Quand la distribution de la communion est assurée par plusieurs personnes, il est fréquent que le prêtre invite ces personnes à recevoir la communion sous les deux espèces.

Même sous une seule des deux espèces on reçoit le Christ tout entier, sans aucun manque[3].

Oraison de postcommunion

De même que pour la collecte, cette troisième oraison présidentielle était autrefois précédée par le dialogue « Dominus vobiscum / Et cum spiritu tuo » (« Le Seigneur soit avec vous / Et avec votre esprit »), mais le dialogue de la postcommunion a été supprimé par la réforme liturgique de 1969.

Conclusion et envoi

Le salut à l'assemblée et le renvoi sont attestés dès le IVe siècle dans la messe romaine. La formule « Ite missa est » est un véritable envoi de toute l'assemblée en mission « afin que chacun rayonne le message du salut qu'il est heureux d'avoir entendu » (Jean-Paul II).

Annonces

Ces annonces ne sont pas un acte liturgique et n'ont aucune place dans la célébration liturgique. Il est seulement admis que les pasteurs profitent de la présence de leurs ouailles réunies pour leur faire part des événements importants de la vie de la paroisse. À l'époque moderne, après le concile de Trente et jusqu'au XXe siècle, ces annonces étaient faites après l'homélie ou, à défaut, au début des prières du prône, seul moment où le célébrant s'adressait directement à l'assemblée.

Oraisons « sur l'assemblée »

L'oraison « sur le peuple » (super populum) n'apparaît que plus tardivement, au Ve siècle. Elle avait disparu lors de l'établissement du missel de saint Pie V, puis réinstauré par le rituel de Paul VI en certaines occasions. Dans les premiers siècles, cette oraison servait de bénédiction finale avant le départ des fidèles. Peu à peu, avec l'introduction de la bénédiction finale, l'oraison ne fut plus dite qu'en carême, les jours de semaine, évolution consacrée par la réforme grégorienne. Depuis la réforme de Vatican II, cette oraison peut se dire également en dehors du carême.

Bénédiction finale

Dans les premiers siècles, il n'y avait pas de rite de bénédiction à la fin de la messe, seul l'évêque bénissait les fidèles sur le trajet de la sacristie. Vers le Xe siècle, l'évêque prit l'habitude de donner la bénédiction avant de quitter l'autel, puis les prêtre l'imitèrent. C'est ce qui explique que la bénédiction finale était initialement donnée après le ite missa est. Elle a été placée avant le renvoi par la réforme liturgique de Vatican II.

La bénédiction revient de droit à l'évêque, qui a directement la charge de ses fidèles. Pour cette raison, la formule d'introduction (« Adjutorium nostrum... Sit nomen Domini benedictum ») lui est réservée (ou au Père Abbé).

Déroulement de la messe romaine promulguée en application du concile Vatican II

La messe peut être célébrée sous sa forme ordinaire qui a été codifiée par le pape Paul VI en 1969. L'article 36 de la constitution sur la Sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II[4] dispose que « l'usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins. » et ajoute « Toutefois, soit dans la Messe, soit dans l'administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l'emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple : on pourra donc lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants ».

La messe peut également être célébrée sous sa forme extraordinaire selon les dispositions du motu proprio Summorum Pontificum.

Article détaillé : rite romain.

Depuis le concile et l'instruction Inter Oecumenici[5] de 1964 qui recommande de séparer l'autel du mur de l'église, en reprenant les usages anciens, l'habitude est venue d'installer à nouveau dans les églises des autels en forme de table sur laquelle le prêtre va célébrer face à l'assemblée des fidèles, par opposition à la pratique précédente d'une célébration dans le même sens que les fidèles sur un autel attaché au mur de l'édifice. Cette disposition, largement acceptée aujourd'hui, a fait et fait encore l'objet de débats[6].

Musique

Article détaillé : messe (musique).

Locutions associées

Expressions liturgiques :

  • messe basse : messe lue, sans chants (synonyme de « petite messe ») ;
  • messe de minuit : messe de la nuit de Noël, célébrée traditionnellement à minuit, à ne pas confondre avec la messe de la vigile de Noël (24 décembre) ;
  • messe des présanctifiés : messe du Vendredi saint, où l’on a recours aux hosties consacrées la veille, le Jeudi saint ;
  • messe sèche : office de dévotion consistant à lire les textes du propre de la messe, sans consécration des espèces ni communion ;
  • messe solennelle : messe où le prêtre est assisté d’un diacre ;
  • ordinaire de la messe : ensemble des prières et des chants qui reviennent à chaque célébration ;
  • messe tridentine, messe saint Pie V, messe dite traditionnelle, messe du Bienheureux Jean XXIII : messe selon le missel promulgué par saint Pie V en 1570 après le concile de Trente (1545-1563) et dont la dernière version est celle de Jean XXIII en 1962.

Références

  1. Cf K. Gamber Tournés vers le Seigneur Éditions Sainte-Madeleine.
  2. Article 81 de la Présentation Générale du Missel Romain, traduction officielle en français sur le site du Vatican
  3. "La pratique de l'Église dès les premiers temps est qu'on y communiait sous une ou sous deux espèces, sans qu'on se soit jamais avisé qu'il manquait quelque chose à la Communion lors qu'on en prenait qu'une seule", Bossuet, in Le Traité de la Communion sous les deux espèces, 1682
  4. La Constitution sur la Sainte Liturgie Sacrosanctum consilium : traduction officielle en français sur le site du Vatican
  5. Inter Oecumenici, instruction pour l'exécution de la Constitution sur la liturgie, 26 septembre 1964. Texte de l'instruction
  6. La Messe dite "face au peuple" vue par un traditionaliste, La messe : face ou dos au peuple? vu par la revue 'Croire.com'


Bibliographie

  • Eucharistia. Encyclopédie de l’Eucharistie. Sous la dir. de Maurice BROUARD. Paris, Cerf, 2002.
  • Lionel de Thorey, Histoire de la messe de Grégoire le Grand à nos jours. Paris 1994 (Librairie Académique Perrin).
  • Robert Cabié, L’Eucharistie. Paris 1983 (collection L’Église en prière 2).
  • Arnaud Join-Lambert, Guide pour comprendre la messe, 250 p. Paris, Mame 2002.
  • Josef-Andreas Jungmann, Missarum Sollemnia. Explication génétique de la messe romaine. Trad. revue et mise à jour d’après la 3e éd. allemande. Paris 1952–1956 (collection Théologie 19-21).
  • Pierre Jounel, La messe hier et aujourd’hui. Paris 1986.
  • Ghislain Lafont, Eucharistie. Le repas et la parole. Paris 2001.
  • Enrico Mazza, L’action eucharistique. Origine, développement, interprétation. Paris, Cerf, 1999 (collection Liturgie 10).
  • René Prophète, Mémoire, Sacrifice, Présence réelle, langages eucharistiques, 276p., Ed. Profac Lyon, 2000.
  • Charles Journet, La messe, présence du sacrifice de la Croix, DDB, 1961
  • Max Thurian, Le mystère de l’eucharistie. Une approche oecuménique. Paris 1981 (collection Foi chrétienne).
  • Maurice Vloberg, L'Eucharistie dans l'art, 2 vol, tome 1 ill. 142p., tome 2 ill. 317p., Ed. Arthaud, 1946.

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