Marche petrolier


Marche petrolier

Marché pétrolier

Raffinage et stockage de pétrole.

Cet article de synthèse décrit le marché pétrolier.

Sommaire

Produits bruts

Sans entrer dans des considérations techniques et fiscales détaillées, on peut distinguer la provenance des bruts entre :

  • brut de participation, brut revenant au pays hôte qui peut le rétrocéder en tout ou partie au concessionnaire à un prix dit de buy-back
  • brut de concession revenant au concessionnaire dont le prix prend en compte la redevance (royalty), le montant de la fiscalité et les charges de production (appelées encore coûts techniques).

Cotation

Le commerce international du pétrole brut, ainsi que celui des produits pétroliers intermédiaires et celui des produits finis, est centralisé sur deux marchés, qui sont situés à New York au NYMEX et à Londres à l'ICE. Il existe d’autres places, mais elles ne font que relayer via internet ces deux marchés.

La cotation des différents bruts se fait tous les jours 24h/24 et la plupart des pétroliers sont abonnés aux pages émises par l'agence Reuters et Platt's Oilgram Price Reports qui fournissent cette cotation. En Europe les traders négocient le matin avec l'Asie et, après l'ouverture du marché de New York, avec les États-Unis tard dans la soirée jusque vers 11 heures du soir. Le système de transaction est comparable à ceux des marchés financiers.

Cette cotation s'adosse sur des bruts de références comme l'Arabe léger (Arabian Light), le WTI (West Texas Intermediate) ou encore le Brent (brut de mer du Nord).

En effet, la valorisation d'une quantité déterminée de brut, en général 1 tonne métrique, tient compte du prix FOB de ce brut plus les frais de transport (le fret), l'assurance, les incidences de pertes, les frais de raffinage et une certaine marge bénéficiaire pour le raffineur. Aussi il y a toujours une corrélation entre le prix des produits finis et le prix « FOB » d'un brut.

Cette valorisation se fait quotidiennement par moyens informatiques interposés, afin de connaître au jour le jour la valeur marchande de chacune des qualités de brut sur le marché.

Comme dans la bourse des actions, les transactions entre traders se font par téléphone ou par Internet interposé et confirmées par fax ou par courriel.

Comme pour les marchés financiers, il existe également un marché à terme. Sur ce marché, le brut est vendu ou acheté par lot, à un ou à plusieurs mois de livraison à l'avance. Il en est de même pour les produits intermédiaires comme le naphta ou le kérosène, ou pour les produits finis comme les carburants, le « jet fuel », le gazole ou le fuel lourd.

En un mot tout ce qui vient d'un pétrole brut est vendable, et vendu, y compris les résidus.

Montants en jeu

Prix du pétrole aux États-Unis de 1999 à novembre 2008. Source: eia.doe.gov

L'aspect financier de ce commerce est énorme et se chiffre par milliards (ou par dizaines de milliards) de dollars par jour. Imaginez qu'une seule cargaison d'Arabe léger de 280 000 tonnes (2 Mbbls) peut valoir près de 300 millions de dollars et les traders du monde entier traitent des centaines de cargaisons par jour. La consommation mondiale en 2008 étant estimé à 86,5 millions de barils par jour (mbj), avec un cours fluctuant de 65 à 145 dollars américains cette année, cela représente donc un marché journalier variant d'environ 5,6 milliards et 13,5 milliards de dollars [1]. La production journaliére de l'OPEP étant en septembre 2008 de 32,47 millions de barrils par jour [2]

Le prix de revient d'un baril de brut, tout au moins pour les bruts extraits depuis la terre (brut onshore), est très bon marché, de l'ordre de 2,75 US$/baril (1 baril = 158,984 litres), ceci en comptant très large les coûts de recherche et d'extraction de ce brut.

En Juillet 2008, les cours alors au plus haut historique de 140 à 147 $ procuraient une marge bénéficiaire, tout au moins pour le propriétaire du gisement et l'État hôte, non négligeable ; d'où des enjeux économiques faramineux, donc politiques énormes. Les conflits internationaux afin d'avoir la mainmise sur des ressources énergétiques (et donc des profits très confortables) sont monnaie courante.

Le brut et les produits peuvent être vendus FOB (Free On Board) ou CIF (Cost, Insurance and Freight). Dans le premier cas c'est l'acheteur qui paie les charges après achat (charges correspondant à l'affrètement du navire, le fret et l'assurance de la cargaison) et dans le deuxième cas c'est le vendeur qui a tout réglé avant la vente. Évidemment le prix est moins élevé dans le premier cas que dans le deuxième.

Variations de qualité

D'une manière générale, toute transaction de brut ou de produit nécessite la connaissance de ce brut ou de ce produit. Aussi le vendeur, quand il est le premier propriétaire du brut fournit à l'acheteur une analyse plus ou moins détaillée des caractéristiques physico-chimiques du brut ou du produit. Selon le cas et le nombre de caractéristiques demandées au laboratoire d'analyse, une telle analyse peut coûter entre 200 000 et 250 000 € ou plus, mais cette dépense n'est qu'une goutte d'eau vu les profits retirés (voir plus loin les caractéristiques d'une analyse simplifiée de brut).

Comme il a été dit dans l'article sur la production, la stabilité d'une qualité commerciale est indispensable afin d'obtenir une valeur marchande constante et régulière ; aussi le producteur du brut régule minutieusement le débit de chaque puits productif (ou de chaque gisement) afin de respecter cette constance de qualité. Cette régulation se fait par ordinateur.

En effet comme vu précédemment, un gisement peut s'étendre sur des centaines de kilomètres carrés et plusieurs gisements peuvent se trouver près les uns des autres et nécessiter le forage de plusieurs dizaines voire des centaines de puits productifs différents à différentes profondeurs. Le débit, la collecte et le mélange de tous ces affluents exigent une régulation très poussée qui se fait en général par électronique et automatismes interposés.

Produits finis

Pour un pétrolier raffineur, le commerce des bruts et des produits finis a plusieurs objectifs :

  • tout d'abord assurer l'approvisionnement en brut et en charges ses propres raffineries,
  • écouler sur le marché ses propres surplus de production en brut et en produits,
  • échanger avec les confrères les bruts et les produits afin d'éviter les transports inutiles.

Il en résulte de ces objectifs une recherche constante d'occasions de transactions afin de satisfaire au mieux ses propres besoins et si possible tirer en supplément quelques confortables profits.

Comme il a été dit, entre producteur, intermédiaire et consommateur final, il existe un marché de transactions international et d'échanges aussi bien en brut qu'en produits finis. En général, les sociétés pétrolières établissent avec les pays et/ou sociétés producteurs des accords d'achats à plus ou moins long terme (voir plus haut). Néanmoins, une bonne partie du pétrole produit est vendu sur le marché libre, et selon l'offre et la demande du moment.

Pour vendre du pétrole, si ce pétrole est bien connu, il est effectué des analyses périodiques faites par les sociétés pétrolières ; si ce pétrole vient d'être découvert et exploité, c'est le producteur qui fournit l'analyse qui est encore une société pétrolière opérateur du gisement.

Dans la hiérarchie des prix de bruts, le prix d'un brut dépend, en grande partie, des caractéristiques chimiques et physiques de celui-ci. C'est ainsi qu'un brut HTS a un prix plus bas qu'un brut BTS, un brut naphténique est plus cher car ce brut va, après reformage, donne beaucoup de produits aromatiques à haut indice d'octane, servant de bases à la fabrication des essences ordinaire et super. Si la fraction kérosène du brut est abondante et elle a un point de congélation très bas, par exemple -54°C, ce brut est plus cher car le kérosène sert de base à la fabrication du Jet A1, carburant pour les avions. Évidemment la proximité des lieux de consommation influence également le prix car le coût du transport est moindre sans parler d'autres critères économiques et/ou politiques.

Fluctuation des prix

Tout comme les actions, il y a une bourse du pétrole et des produits finis, on peut les acheter « spot » ou à terme avec livraison à 1, 2 , 3...6 mois. Il faut signaler aussi que le pétrole peut être vendu ou acheté FOB Free On Board ou CIF Cost, Insurance and Freight comme les autres denrées. Les prix du marché sont publiés quotidiennement par le journal spécialisé : le Platt's Oil Gramm. Comme il a été dit plus haut, une cargaison de pétrole peut être achetée et vendue à plusieurs reprises entre le moment où le pétrole est chargé au terminal de chargement et celui où il est déchargé au pays consommateur. Ces transactions sont le fait soit des traders des sociétés pétrolières, soit des courtiers indépendants, soit des deux. Parfois, dans une journée il suffit d'acheter et de vendre trois ou quatre cargaisons pour avoir un bénéfice confortable.

Pour les sociétés pétrolières, il est important de connaître aussi près que possible la valeur d'un pétrole d'une qualité donnée à un moment donné. Pour ce faire, à l'aide de programmes informatiques, on effectue une valorisation spot, c’est-à-dire qu'on détermine la valeur de cette qualité de pétrole avec les prix des produits finis du moment. En effet, connaissant la qualité de pétrole, et d'après une certaine structure de raffinage déterminée, on peut évaluer la quantité de propane/butane, d'essences, de Jet A1, de gasoil moteur et de fioul domestique que l'on peut produire, et donc le prix de ce pétrole (compte tenu de son coût de raffinage et de transport, marge, etc.).

Le prix du pétrole varie très souvent, dû à des facteurs divers, production quotidienne en excédent ou en déficit, crise politique dans un pays quelconque, intempéries, terrorisme, guerre, etc. Il suffit qu'une saison soit plus froide ou plus chaude aux États-Unis ou en Europe pour que le prix du fioul domestique augmente ou diminue d'une dizaine de pour cent et par ricochet le prix du pétrole lui-même.

Il y a aussi un autre problème qui fait varier le prix du pétrole : c'est la réserve en cas de guerre. En effet, dans la plupart des pays, la loi exige que les sociétés de raffinage possèdent une réserve de pétrole brut ou son équivalent en produits finis représentant, au bas mot, trois mois de consommation nationale. Ceci pour éviter, en cas de guerre, que l'armée soit à court de carburant. C'est ainsi que le prix des bruts fluctue au gré de la montée ou de la baisse des réserves (réserve stratégique de pétrole) aux États-Unis.

Données chiffrées

XXIe siècle

Production mondiale de pétrole
Année 2002 2003 2004 2005 2006
Production OPEP 28,9 30,7 32,9 34,0 35,0
Production ex-URSS 09,5 10,5 11,5 11,5 12,5
Production autres 36,1 35,9 35,9 36,0 36,0
Total mondial 77,0 78,3 80,8 80,0 80,1
Consommation mondiale 74,5 77,1 80,3 81,5 83,5
Déficit/excédent -2,5 -1,2 -0,5 +1,5 +2,5

En millions de barils par jour. [3]

Les cours pétroliers ont connu une très forte hausse de 2002 à l'été 2006, sous l'effet d'une spéculation générale sur les matières premières à la veille de la crise des subprimes. Cette hausse s'explique aussi par divers facteurs comme la forte demande venant de Chine[4], des inquiétudes géopolitiques (baisse de la production en Irak, tensions politiques au Moyen-Orient, au Nigéria, désorganisation passagère au Venezuela…), des dégâts industriels (golfe du Mexique suite au passage de Katrina…), etc.

La chute brutale observée à l'automne 2008 s'explique par la disparition de liquidités, elle-même consécutive à la crise des subprimes ; ainsi que par une chute de la consommation et du PIB des pays riches ; enfin par des excédents de production toujours disponibles.

Notes et réféfences

  1. (fr) Le pétrole tombe sous 75 dollars, laminé par le krach et la fonte de la demande, 10 octobre 2008, AFP
  2. (fr) Pétrole : la production de l'OPEP en septembre à baissé de 340 000 b/j selon Platts 13 octobre 2008
  3. 2002-2004 : BP Statistical review of World Energy, juin 2005. 2005-2006 Jean-Guillaume Richard, Strategic Energy Audit, juin 2005. Cités par La Tribune, 24 novembre 2006, page 22.
  4. Importations de pétrole brut en Chine : +31% en 2003, +35% en 2004. Jean-Guillaume Richard, La Tribune, 24 novembre 2006, page 22
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