Maison de naissancce


Maison de naissancce

Maison de naissance

Une Maison de Naissance (MdN) est un lieu d’accueil, de suivi et d’accouchement constituant la pièce maîtresse d’une filière spécifique de suivi de grossesses et destinée aux femmes enceintes et à leur famille, dès lors que la grossesse, l’accouchement et post-partum restent dans le cadre de la physiologie.

La MdN fait partie intégrante du réseau de santé périnatal. Son fonctionnement repose sur une relation de partenariat avec les différents acteurs de ce réseau et plus particulièrement avec une maternité partenaire. Elle est caractérisée par trois éléments:

  • Les sages-femmes comme professionnelles autonomes en assurent le fonctionnement et l’entière responsabilité médicale, conformément aux compétences reconnues légalement.
  • L’accompagnement est global, c’est-à-dire qu’il associe une femme (un couple) et une sage-femme (parfois deux) du début de la grossesse à la fin du post-partum.
  • La structure « Maison de Naissance » est physiquement, juridiquement et administrativement différenciée de sa maternité partenaire. Elle peut se situer en son sein ou à proximité, dès lors que le transfert des femmes peut se faire dans des délais compatibles avec l’urgence.[1]

Sommaire

Situation en France

La France est un pays où les MdN ne sont pas encore légalisées. Pourtant de nombreux projets ont vu le jour.[2]

L’expérimentation du fonctionnement de Maisons de Naissance constitue une des quatre priorités du Plan Périnatalité 2005-2007. Un groupe technique pluriprofessionnel, dans lequel figurent des représentants des usagers issus du collectif CIANE et de l’UNAF, a été mis en place par la DHOS (direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins) au début de l’année 2005. Il avait pour objectif de mettre en place (idéalement) pour fin 2006 un cahier des charges fixant les modalités de cette expérimentation, et surtout d’en fixer un cadre réglementaire.

Des sites pilotes ont été proposés : Paris, Nantes, Bordeaux, Rennes, Lyon…[3]

Ces expérimentations seront entourées de toutes les garanties relatives à la sécurité des parturientes, avec des garanties juridiques et assurantielles ainsi qu'une évaluation des résultats obtenus. Les résultats seront publiés.

Début 2007, les associations d'usagers ressentent toutefois une vive inquiétude à la lecture de compte-rendus qui font apparaître un cahier des charges de plus en plus contraignant, éliminant d’emblée certains projets jusqu’à ôter toute pertinence statistique aux paramètres pris en compte dans l’évaluation de cette expérimentation. Selon les critères actuellement retenus par la DHOS (parmi lesquels « l’attenance » de la MdN à la maternité partenaire), le nombre de projets éligibles serait de 4 ou 5, chiffre très bas comparativement au Québec (9 projets) pour un pays comme la France avec plus de 65 millions d’habitants et l’une des plus fortes natalités d’Europe (830 000 naissances). À titre de comparaison, il existe déjà en Allemagne plus de 120 maisons de naissance qui ne sont pas soumises à cette condition d’attenance. De même, à l’issue de son expérimentation, le Canada n’a pas imposé que les MdN soient attenantes ni intégrées physiquement à leur maternité partenaire.

Voir pour plus de précisions :

Controverses sur l'appellation

La définition du terme « Maison de Naissance » a fait l'objet de nombreux débats dans le monde francophone, qui tournent principalement autour des modes de gestion et de la localisation de ces établissements.[4]

En avril 2006, le collectif CIANE a insisté sur le fait que cette appellation soit réservée à des établissements situés en dehors du périmètre d'un hôpital ou d'une clinique, conformément à son usage dans d'autres pays.

Le terme « Maisons de Naissance » a fait l’objet d’un dépôt à l’Institut National de Protection Industrielle (INPI) en 1999 par un groupe national de travail regroupant la Fédération Naissance et libertés, l’Association Nationale des Sages-Femmes Libérales, L’Organisation Nationale des Syndicats de Sages-Femmes et l’Union des Syndicats de Sages-Femmes. (Voir la motion). Ce groupe, détenteur de la définition du terme, serait légitimement habilité à poursuivre en justice ceux qui usurpent cette appellation.

En novembre 2006, un projet de plateforme commune en vue de l'expérimentation de maisons de naissance physiquement, juridiquement et administrativement différenciées de leurs maternités partenaires a été publié. (Voir la motion.)

Début 2007, le CIANE s’inquiète du fait que l’expérimentation française s’achemine vers la validation pure et simple, sous la désignation trompeuse de « maison de naissance », de « pôles physiologiques » gérés de manière classique dans le cadre des hôpitaux. Elle écarterait d’emblée toute idée de gestion autonome des MdN aboutissant, pour les grossesses à faible risque, à une redistribution des tâches entre sages-femmes et obstétriciens. Or, le point fondamental de la mise en place de MdN était de ménager une séparation claire, tant du point de vue de l’identité juridique, des règles de fonctionnement et des pratiques, entre les maisons de naissance et les maternités classiques.

Pour plus de précisions :

Pourquoi une maison de naissance ?

  • Bien que, depuis la nuit des temps, l'accouchement se soit toujours déroulé à la maison, entre femmes, le milieu médical des pays occidentaux l'a graduellement pris en charge. Depuis les années 1960, la quasi-totalité des accouchements se déroule en milieu hospitalier.
  • Au cours des années 1970, des femmes ont cherché à reprendre la responsabilité et le contrôle sur plusieurs secteurs de leur vie, dont l'accouchement. La surmédicalisation des grossesses, ainsi que le travail de quelques scientifiques humanistes, comme les obstétriciens Frédérick Leboyer, Michel Odent, Max Ploquin etc. ont beaucoup contribué à légitimer cette démarche.
  • Mais l'origine dépend surtout du lieu.
    • Ainsi aux États Unis, la cause vient surtout d'une réaction face à une surmédicalisation de la grossesse et de l'accouchement.
    • Au Canada, la création de ces structures est intimement liée à l'histoire de la profession de sage-femme qui s'était éteinte depuis le début du siècle. Le Québec a légalisé la profession des sages-femmes en septembre 1999 après dix ans d'évaluation de leur activité au sein de projets pilotes.
    • En Europe, les raisons sont variables d'un pays à l'autre.
  • La filière MdN, en France, serait susceptible de générer des économies considérables dans l’avenir : à partir des expériences canadiennes et allemandes, les modélisations économiques réalisées montrent que c’est une économie de plus de 750 euros par grossesse qui peut en résulter (pour une moyenne de 40 grossesses annuellement suivies par une sage-femme en MdN). A terme et sur une base minimum annuelle de 25% des naissances, soit 200 000 femmes susceptibles de rentrer dans cette filière, on aboutit à plus de 150 millions d’euros par an d’économie. Même si ces gains exigent un coût d’investissement au départ, globalement sur dix ans cela ne devrait pas excéder 50% des économies générées en une seule année. (Voir Modélisation du calcul du coût global d’une grossesse en MdN, février 2007)

Services offerts

  • Suivi de maternité.
    • Suivi prénatal personnalisé.
    • Accouchement (assistance tout au long du processus d'accouchement).
    • Suivi postnatal mère et bébé.
  • Rencontres prénatales collectives.
  • Rencontre postnatale collective.
  • Centre de documentation.

Les services offerts varient en fonction des pays et des maisons de naissance.

Les maisons de naissance dans le monde

  • Aux États-Unis, la première maison de naissance (birth center) a été fondée en 1975, à New York; il en existe maintenant plus d'une centaine.
  • En Europe, le mouvement s'est d'abord implanté en Allemagne (en 1987), puis en Suisse, Autriche, Belgique, Suède, Grande-Bretagne... Un réseau européen de maisons de naissance (Netzwerk Europa) a vu le jour en 1993.
  • Au Québec, il existe actuellement huit de ces maisons. Elles sont rattachées à des CLSC (Centre local de services communautaires) sous l'autorité du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Une nouvelle maison de naissance devrait voir le jour à Québec en décembre 2007. Il y a actuellement 65 sages femmes qui peuvent pratiquer selon l'ordre des sages femmes du Québec.
  • Au Québec, les parents s'impliquent souvent activement dans leur maison de naissance par le biais d'un comité de parents (ex.: http://www.mimosa.qc.ca)

Notes

  1. Aucune expérimentation n'a permis à ce jour d'évaluer la distance compatible avec la sécurité. Elle est donc très variable selon les pays. En France, début 2007, le corps médical estime que la proximité devrait être telle qu'aucun moyen motorisé ne soit nécessaire au transfert. En Australie, par contre, la distance estimée acceptable est celle qui permet un transfert en moins de 90 minutes…
  2. La seule MdN qui ait fonctionné pendant plusieurs années (à partir de 1986) était la Maison de naissance parentale Sainte Thèrèse à Sarlat-la-Caneda (Dordogne), gérée par une association de parents, dans laquelle exerçait comme sage-femme Suzanne de Béarn (1914-2006). Cet établissement a été fermé par décision de justice en 1999 car il était assimilé à un établissement de soins, non conforme aux normes en vigueur.
  3. Voir la liste des projets
  4. Voir une page de liens vers ces débats.

Articles et bibliographie

Liens internes

Voir aussi

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