Mafioso


Mafioso

Mafia

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Une mafia (ou maffia) est une organisation criminelle dont les activités sont soumises à une direction collégiale occulte et qui repose sur une stratégie d’infiltration de la société civile et des institutions. On parle également de système mafieux. Les membres sont appelés « mafieux » (sans distinction de nombre), ou parfois « mafiosi », d’après le nom italien (au singulier : « mafioso »).

Sommaire

Étymologie

Le terme mafia a diverses étymologies possibles, plus ou moins vérifiables et réalistes. Son origine arabe est globalement acceptée, dérivé du terme Ma-Hias, c'est-à-dire « arrogance », en référence à l'attitude des membres de l'organisation, soit, plus probablement, de mu’afak (« protection des pauvres »).

A signaler des origines fantaisistes, développées principalement dans l'imaginaire populaire, afin d'ancrer la mémoire de l'organisation dans une tradition pluriséculaire, la référence à un passé historique étant censée jeter sur elle une aura de respectabilité. Ainsi du soit-disant sigle M.A.F.I.A. (pour Morte Ai Francesi Italia Anela, c'est-à-dire « L’Italie aspire à la mort des Français »), qui aurait été adopté lors des Vêpres siciliennes (1282) (soulèvement contre le roi de Sicile Charles Ier, de la maison française d’Anjou et frère du roi de France Louis IX, imposé par le pape en 1265). De même, totalement fantaisiste est la référence au cri de la mère hurlant au viol de sa fille (par un soldat français, élément déclencheur desdites Vêpres - fait historique par ailleurs établi et rapporté par les chroniques de l'époque), l'évolution « mia figlia, mia figlia » vers Ma-ffia, Ma-ffia ! ne tenant pas au plan linguistique.

Notons enfin que le terme toscan maffia (« misère ») ne semble avoir aucun lien avec le vocable sicilien. Le terme entra dans la langue populaire en Sicile juste après l’Unification de l’Italie (Risorgimento) en 1861, où il subit le phénomène de l’affaiblissement phonétique, comme d’autres mots toscans entrés dans l’usage sicilien. Il servit alors à désigner d’une part l’organisation secrète des classes populaires, qui trouvaient dans la mafia la protection contre le pouvoir des classes dominantes, ainsi que le courage et l’ostentation des mafiosi de cette époque. Aujourd’hui encore, en Sicile, l’adjectif mafiusu est utilisé aussi pour désigner quelque chose de coûteux : un costume élégant ou une voiture prestigieuse sont un vestito mafiusu, una macchina mafiusa, car à l’époque le peuple voyait dans les mafiosi leurs défenseurs, mais associait aussi l’idée de la justice sociale avec celle de l’avenance et de la prestance.

Selon l’historique des traditions populaires de Giuseppe Pitrè, le terme était utilisé comme synonyme de beauté et d’audace dans le parler d’un quartier populaire de Palerme.

L’expression mafia est devenue courante à partir de 1863, avec la pièce I mafiusi di la Vicaria de Giuseppe Rizzotto et Gaetano Mosca, qui eut un grand succès et fut traduit en Italien, Napolitain et Meneghino, diffusant le terme sur tout le territoire national.

Dans cette pièce, le mafioso est le camorrista, l’« homme d’honneur », c’est-à-dire l’individu qui adhère à une société qui s’oppose aux institutions et qui exhibe courage et supériorité. Un document confidentiel signé par le préfet de Palerme Filippo Gualtiero en avril 1865, mentionne la « Mafia, o associazione malandrinesca » (en français « la Mafia, ou association de malandrins »).

Dans les années 1860 commence la notoriété du terme, qui désigne par exemple dans les documents officiels, comme les communications des fonctionnaires, à la fois une association de malfaiteurs et un comportement courant dans la société sicilienne.

Origine

La mafia est originaire d’Italie du Sud (Mezzogiorno), où ce type d’organisation a été identifié et caractérisé en tant que tel en premier, dès le XIXe siècle (bien que des organisations du même type aient pu exister à d’autres endroits et en d’autres temps). Plusieurs organisations mafieuses sont recensées en Italie méridionale :

Les organisations criminelles considérées comme des mafias stricto sensu par les criminologues sont, outre les mafias italiennes, les Triades chinoises, les Boryokudan japonais (dont les membres sont appelés « Yakuza »), la mafia italo-américaine, la « Mafiya » russe, la « Maffya » turque et la mafia albano-kosovare. D’autres groupes criminels tels que les cartels colombiens, les clans nigérians, les posses jamaïcains, la pègre du sud de la France, les trafiquants de drogue marocains, etc... ne peuvent pas être qualifiés de « mafias » au sens strict, dans la mesure où leurs caractéristiques ne correspondent pas aux critères de définition d’une mafia (stade symbiotique d’intégration dans la société, espérance de vie des institutions supérieure à celle des individus en place).

Histoire de la Cosa Nostra sicilienne

Terminologie

  • l'omertà : c'est la loi du silence imposée par la mafia ("Je ne vois pas, je n'entends pas, je ne parle pas"). Les non mafieux ont peur des représailles qui attendent celui qui parlerait. Cette loi implique que la personne trahie doit tuer le coupable.
  • il pentito : c'est littéralement un "repenti", c'est-à-dire un ex-mafieux qui accepte de rompre l'omertà et de collaborer avec la Justice en donnant des informations aux carabiniers, ceci en échange d'une protection policière et de la négation de la peine initialement requise à son encontre.
  • la cosca : c'est une association mafieuse structurée par différents clans généralement comparés aux feuilles d'un artichaut.
  • il pizzo : c'est le nom du racket en Sicile. C'est un système qui permet à la mafia de fixer des taxes aux commerçants et de contrôler le territoire. Les commerçants sont contraints à payer cet impôt pour être protégés. De plus en plus, les Siciliens se mobilisent et font des campagnes publicitaires pour appeler la population à rompre l'omertà.
  • il gabbelluto : c'est un membre de la mafia qui reçoit le pizzo (de l'italien gabella, « taxe », lui-même venant peut-être de l'arabe qabāla, venant lui aussi du vieux-breton breton kabalenn "participation").
  • i latifondi : ce sont des exploitations agricoles qui pratiquent une agriculture extensive. Elles sont caractéristiques d'économies peu développées : manque de structures d'irrigation et des moyens rustiques.

Les débuts

Il a été longtemps débattu des origines médiévales ou non de la Mafia. Le Pentito décédé Tommaso Buscetta a pensé que oui, alors que les lettrés modernes pensent maintenant autrement. Il est possible que la mafia « originelle » ait été constituée comme une société secrète dont l’objectif avoué était de protéger la population sicilienne de la menace des maraudeurs espagnols au XVe siècle. Cependant, il y a très peu de preuves historiques qui abondent dans ce sens. Il est également concevable que le mythe de « Robin des Bois » ait été perpétué par les premiers mafiosi notoires dans le but de gagner la bienveillance et la confiance des Siciliens.

Après les révolutions de 1848 et 1860, la Sicile avait sombré dans l’anarchie la plus totale. Les premiers mafiosi, alors bandes de hors-la-loi, petites et éparses, contribuèrent par les armes à la confusion. Pour l’auteur John Dickie, leur objectif était de détruire les rapports de police et les preuves, ainsi que d’éliminer la police et les « pentiti » (repentis) en profitant du chaos ambiant. Cependant, une fois qu’un nouveau gouvernement fut établi à Rome et qu’il devint clair que la mafia ne serait plus à même de mener à bien ces actions, ils changèrent progressivement leurs méthodes et leurs techniques au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Protéger les grandes plantations de citronniers et les propriétés de la noblesse locale (parfois en son absence jusqu’à la remplacer) devinrent des affaires lucratives bien que dangereuses. Ces activités se déroulaient au début principalement à Palerme, mais la domination de la mafia sicilienne s’étendit bientôt dans tout l’ouest de la Sicile. Afin de renforcer les liens entre les bandes disparates et d’assurer ainsi de meilleurs profits et un environnement plus sûr, il est possible que la mafia telle que nous la connaissons ait été formée à ce moment, au milieu du XIXe siècle.

Après l’unification de l'Italie

À partir de 1861, date à laquelle le nouvel État italien unifié prit contrôle de la Sicile et des états papaux, les papes furent hostiles à l'État. Dès 1870, le pape déclara être assailli par l’État italien et les catholiques furent fortement encouragés à refuser de coopérer avec lui. En règle générale, en Italie, cela prit un caractère paisible. La Sicile était fortement catholique, dans un sens toutefois plus communautaire qu'intellectuel ou théologique, et se méfiait traditionnellement des étrangers. La friction entre l’Église et l’État donna un grand avantage aux bandes criminelles violentes de Sicile qui pouvaient déclarer aux paysans et aux citadins que coopérer avec la police, qui représentait le nouvel État italien, était un acte anti-catholique. C’est pendant les deux décennies suivant l’unification de 1860 que le terme mafia est venu à l’attention du grand public, bien qu’il désignât alors davantage un système d’attitudes et de valeurs qu’une organisation. Elle était encore à l’image des contremaîtres qui dirigeaient les grandes propriétés agricoles en l’absence des propriétaires terriens (les nobles) qui résidaient le plus souvent à Palerme, Naples ou, après l'unification, Rome et qui acquirent de fait un pouvoir local, notamment en termes d’impôts.

La première mention dans les annales judiciaires officielles du terme « mafia » apparaît à la fin du XIXe siècle, quand un certain Dr. Galati fut victime de menaces violentes par un mafioso local qui tentait de le chasser de son exploitation de citronniers afin de s’y installer. Les rackets de « protection », le vol de bétail et la corruption de fonctionnaires de l’État étaient les sources de revenus et les protections principales des premières mafias. La Cosa Nostra a aussi fortement emprunté aux serments et rites maçonniques, comme la désormais célèbre cérémonie d’initiation.

L’ère fasciste

Pendant la période fasciste en Italie, Cesare Mori, le préfet (« de fer ») de Palerme, utilisa les pouvoirs spéciaux qui lui furent accordés pour poursuivre en justice la Mafia, forçant beaucoup de mafiosi à fuir à l’étranger pour échapper à l’emprisonnement. Beaucoup se réfugièrent aux États-Unis (souvent en passant par le port du Havre) et parmi eux Joseph Bonanno, surnommé Joe Bananas, qui en vint à dominer la branche américaine de la Mafia. Cependant, quand Mori commença à persécuter les mafiosi qui s’étaient réfugiés dans la hiérarchie fasciste, il fut destitué et les autorités fascistes proclamèrent que la Mafia avait été vaincue. Malgré ses attaques contre leurs confrères, Mussolini eut des partisans dans la mafia de New York, notamment Vito Genovese, qui était toutefois de Naples et non de Sicile.

La renaissance d’après-guerre

Après la chute du régime fasciste, la mafia est redevenue puissante en Italie avec la reddition du pays et l’occupation américaine. Les États-Unis ont utilisé les relations italiennes de mafiosi américains pendant le débarquement en Sicile et en Italie, en 1943. Lucky Luciano et d’autres mafiosi, qui avaient été emprisonnés pendant ce temps aux États-Unis, fournirent des informations au renseignement militaire américain et usèrent de l’influence de Luciano pour faciliter l’avancée des troupes. En outre le contrôle de Luciano sur les ports a empêché leur sabotage par les agents des forces de l’Axe.

Certains [Qui ?] affirment que le bureau américain des services stratégiques (OSS), le précurseur de la CIA, a délibérément permis à la mafia de retrouver sa position sociale et économique en tant qu’« État dans l’État » en Sicile et que cela fut, avec l’alliance États-Unis-Mafia forgée en 1943, année de la chute de Mussolini, le tournant décisif dans l’histoire de la mafia et les bases nouvelles pour son activité pendant les soixante années suivantes.

D’autres, tel que l’historien palermitain Francesco Renda [réf. nécessaire], ont nié l’existence de toute alliance de ce type. La mafia aurait plutôt exploité le chaos de la Sicile post-fasciste pour reconquérir sa base sociale. L’OSS en effet, en 1944, dans son « Rapport sur les Problèmes de la mafia » par l’agent W.E. Scotten, a noté les signes de résurgence de la mafia et a averti des périls qu’elle représentait pour l’ordre social et les progrès économiques [réf. nécessaire].

Un bénéfice supplémentaire (dans la perspective américaine) aurait été que beaucoup de mafiosi siciliens étaient des anti-communistes purs et durs. Ils ont donc été vus comme de précieux alliés dans le cadre de la guerre froide. Ceux-ci auraient utilisé leurs services aussi bien dans l’industrie navale américaine pour éradiquer les éléments socialistes et communistes, que dans les mouvements de résistance durant la guerre ou dans les gouvernements d’après-guerre, locaux et régionaux, là où la Mafia avait la main-mise.

Selon l'historien Alfred W. McCoy, Luciano a été autorisé à commander son réseau criminel de sa cellule de prison en échange de son assistance. Après la guerre, Luciano fut récompensé par une libération et une extradition vers l’Italie, où il put continuer sa carrière criminelle sans entrave. Il alla en Sicile en 1946 pour poursuivre ses activités et, selon le livre de McCoy, The Politics of Heroïn in South East Asia, Luciano forgea une alliance cruciale avec la mafia corse, menant au développement d’un vaste réseau international de trafic d’héroïne, initialement fourni par la Turquie et basé à Marseille – connue sous le nom de « French Connection ».

Plus tard, quand la Turquie a commencé à éliminer la production d’opium, il usa de ses relations avec les Corses pour ouvrir un dialogue avec les mafiosi corses expatriés au Sud-Vietnam. En collaboration avec les principaux patrons américains comme Santo Trafficante Jr, Luciano et ses successeurs profitèrent des conditions chaotiques en Asie du Sud-Est, résultant de la guerre du Vietnam, pour établir une base d’approvisionnement et de distribution hors d’atteinte dans le « Triangle d’or », laquelle redirigea bientôt des quantités énormes d’héroïne asiatique aux États-Unis, en Australie et dans les autres pays via l’armée américaine.

Ses relations politiques lors de la guerre froide

Durant toute la guerre froide, la mafia entretient des liens avec les partis politiques italiens, notamment la Démocratie chrétienne qui gouverne quasiment sans interruption le pays jusqu'aux années 1980. Une Commission Anti-Mafia est mise en place en 1963, après plusieurs propositions restées lettre morte (en particulier après le massacre de Portella della Ginestra du 1er mai 1947 organisé par Salvatore Giuliano, dix jours après la victoire de la gauche aux élections locales, et en particulier du paysan sicilien Girolamo Li Causi, membre du Parti communiste italien (PCI). D'autres propositions furent émises, en 1948 par le député communiste Giuseppe Berti, et en 1958 par l'ex-Premier ministre Ferruccio Parri, cette dernière étant rejetée par les politiciens siciliens membres de la Démocratie chrétienne, en particulier Bernardo Mattarella et Giovanni Gioia. Mais après une guerre des gangs à Palerme, en 1962, la création de la Commission devint enfin effective. Le première Commission parlementaire sur les activités de la mafia, présidée par Paolo Rossi, du Parti socialiste démocratique italien, fut mise sur pieds en 1963. En mai 1965, le Parlement vota la loi 575, « Dispositions contre la mafia. » La Commission enquêta sur l'échec du procès contre Luciano Leggio

Danilo Dolci, surnommé le « Gandhi de Sicile », témoigna en 1967 contre les liens entre la mafia et la classe politique italienne, s'attirant les foudres de trois hauts responsables de la Démocratie chrétienne, dont le ministre Bernardo Mattarella.

En 1972, neuf ans après le massacre de Ciaculli qui marqua le début de luttes fratricides au sein de la mafia, l'arrivée à la Commission anti-mafia du démocrate-chrétien Giovanni Matta, ex-membre du conseil municipal de Palerme, suscita un scandale, l'opposition de gauche accusant la Démocratie chrétienne au pouvoir de tout faire pour limiter les enquêtes de la Commission. Finalement toute la Commission dût démissionner, avant d'être reformée sans intégrer Matta [1].

La Seconde Commission Antimafia fut mise sur pied en 1982, après l'assassinat en avril 1982 du membre de la Commission Pio La Torre, député communiste, et, en septembre 1982, du général Carlo Alberto Dalla Chiesa, célèbre pour avoir capturé en septembre 1974 les fondateurs des premières Brigades rouges, Renato Curcio et Alberto Franceschini. Leader de la lutte antiterroriste, Chiesa avait été nommé préfet à Palerme le 1er mai 1982 pour mettre un terme aux violences commises lors de la Seconde guerre de la mafia (plus d'un millier d'homicides entre 1981 et 1983).

Pour lutter contre la mafia, Peppino Impastato se porta candidat en 1978 sur la liste Democrazia Proletaria (un parti d'extrême gauche) aux élections municipales de Cinisi. Il fut assassiné dans la nuit du 8 au 9 mai 1978, pendant la campagne électorale.

Depuis les années 1990

L’Italie a réussi à donner quelques coups importants aux organisations mafieuses qui œuvraient sur son territoire et à partir de celui-ci. Les procès à grande échelle (l’Opération mains propres qui a concerné la mafia, mais pas seulement) dans les années 1990 ont permis l’arrestation de plusieurs figures emblématiques de la mafia locale, tout en mettant hors d’état de nuire de nombreux politiciens véreux (dont les fameux fermiers généraux qui collectaient les impôts, dont une partie leur revenait).

L’assassinat particulièrement démonstratif du Général Carlo Alberto Dalla Chiesa, du magistrat Rosario Angelo Livatino, puis des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino (au moyen d’une tonne de TNT dans chaque cas), même s’ils eurent l’effet d’un électrochoc avec les nouvelles lois antimafia votées qui reprenaient l’essentiel des théories de ce haut fonctionnaire de l’armée ou des deux magistrats, donna malheureusement un coup d’arrêt grave à cette action. C’est surtout les mentalités qui doivent évoluer : ne plus avoir peur de la mafia et ne plus la considérer comme une fatalité.

Le 30 novembre 2004, plusieurs milliers de manifestants se sont retrouvés dans les rues de Naples, pour protester contre la mafia locale Camorra. En 2004, les règlements de compte entre bandes mafieuses rivales ont fait 139 morts, surtout dans les quartiers défavorisés de Scampia et de Secondigliano de cette même ville. Cette guerre mafieuse n’a pas encore atteint l’ampleur de celle qui avait fait 273 morts pour la seule année 1981. (Source : Le Monde, 1er décembre 2004).

Les femmes sont de plus en plus nombreuses dans les mafias.

Plusieurs sites Web antimafia ont été créés comme Libera et Addiopizzo.

En 1993, la commission italienne d’enquête sur les phénomènes mafieux révéla que le principe de fonctionnement de la mafia avait des points communs avec celui de la franc-maçonnerie, pyramidale.

Cosa Nostra

Article détaillé : Cosa Nostra.

Rituels des Siciliens de la Cosa Nostra

Dans la plupart des familles, le rite d’orientation est organisé quand un homme devient un « associé » et, plus tard, un « soldat ». Comme le décrit Tommaso Buscetta au juge Giovanni Falcone, la cérémonie réunit, en plus du néophyte, au moins trois « hommes d’honneurs » de la famille ; le plus vieux lui précise que cette « Maison » protège le faible contre l’abus du pouvoir ; il pique alors le doigt de l’initié dont il verse le sang sur une image sacrée, souvent un saint. L’image est alors placée dans la main de l’initié et l'officiant y met le feu. Le néophyte doit résister à la douleur et passer l’image d’une main à l’autre, jusqu’à ce que celle-ci soit consumée, tout en jurant solennellement de garder la foi dans les principes de la « Cosa Nostra » ; il utilise pour cela la formule « que ma chair brûle comme ce saint si je ne garde pas mon serment. » Joseph Valachi fut la première personne à mentionner cela au tribunal.

Les Siciliens ont aussi une loi du silence appelée l’omertà : elle interdit, sous peine de mort, à quiconque, femme ou enfant de coopérer avec la police ou le gouvernement.

Mafieux siciliens éminents

  • Calogero Vizzini (1877-1954), patron de Villalba, il a été considéré comme un des patrons de la Mafia les plus influents de Sicile de la fin de la Seconde Guerre Mondiale à sa mort en 1954.
  • Stefano Magaddino (1891-1974), «le grandiose vieil homme de Cosa Nostra». Membre d'origine de la National Commission aux USA, en a été un membre très éminent dans les villes de Buffalo et de Détroit.
  • Giuseppe Genco Russo (1893-1976), le patron de Mussomeli, considéré comme l’héritier de Calogero Vizzini.
  • Michele Navarra (1905-1958), le patron de la famille de Corleone de 1930 à 1958.
  • Salvatore «Ciaschiteddu» Greco (1923-1978), patron de la famille de Ciaculli, il était le premier secrétaire de la première Commission de la mafia sicilienne quand elle a été formée en 1958.
  • Gaetano Badalamenti (1923-2004), patron de la Famille de Cisini.
  • Angelo La Barbera (1924-1975), patron de la famille de Palerme Centre.
  • Michele Greco (né en 1924), patron de la Mafia à Croceverde.
  • Luciano Leggio (1925-1993), patron de la famille de Corleone.
  • Tommaso Buscetta (1928-2000), le premier mafioso sicilien à devenir un "pentito" (repenti-informateur) en 1984 (un prédécesseur, Leonardo Vitale, qui s’est donné à la police en 1973, a été jugé mais reconnu comme souffrant de maladie mentale). La déposition de Buscetta a été utilisée durant le "Maxi Procès".
  • Salvatore Riina (né en 1930), connu sous le nom de Toto Riina, il est un des plus fameux membre de la Mafia sicilienne. Il a été surnommé «La Bête» ou parfois «Totò u Curtu» et il a gouverné la Mafia avec une main de fer dans les années 1980 jusqu’à son arrestation en 1993.
  • Bernardo Provenzano (né en 1933), le successeur de Riina à la tête de Corleonesi, a été considéré comme un des plus puissants patrons de la Mafia sicilienne. Provenzano fuyait la justice depuis 1963. Il a été capturé le 11 avril 2006 en Sicile.
  • Stefano Bontade (1939-1981), patron de la famille de Santa Maria di Gesù.
  • Leoluca Bagarella (né en 1941), membre de la famille de Corleone arrêté en 1995.
  • Salvatore Lo Piccolo (né en 1942), considéré comme un des successeurs de Provenzano.
  • Salvatore Inzerillo (1944-1981), patron de la famille de Passo di Rigano.
  • Giovanni «lo scannacristiani» Brusca (né en 1957), a été impliqué dans le meurtre de Giovanni Falcone.
  • Matteo Messina Denaro (né en 1962), considéré comme un des successeurs de Provenzano.
  • Michele Cavataio est mort sous le coup de la Mafia en 1969.
  • Francesco di Boille «Capo di Tutti i Capi» de la famille "di Boille" de Bagheria, mafieux le plus recherché de Sicile.
  • Vicenzo di Boille «Capo di Capi Re» de la famille "di Boille", père de Francesco di Boille.
  • Vito Carretero (1932-1960) Don de la mafia Sicilenne disparut de puis

Structure de la Cosa Nostra Sicilienne

Connu comme la Société Honoraire parmi les mafiosi, la chaîne d’ordre est organisée en une pyramide similaire à une structure d’entreprise moderne.

Terminologie Traditionnelle

  1. Capo di Tutti i Capi (le « Chef de tous les chefs »), à savoir Matteo Messina Denaro pour la Mafia Sicilienne et Renato Gagliana pour la Sacra Corona Unita et Francesco di Boille pour la Cosa Nostra.
  2. Capo di Capi Re (un titre de respect donné à un ainé ou un membre retraité, un équivalent devient un membre émérite, littéralement, « Le chef roi des chefs ») à savoir Vicenzo di Boille envers la Cosa Nostra
  3. Capo Bastone (La tête de battement », connu comme le « Underboss » est deuxième à la tête du Capo Crimine)
  4. Consigliere (un conseiller, le plus souvent un avocat)
  5. Caporegime (Chef de Régime », un capitaine qui ordonne une équipe d’une dizaine de Sgarriste ou Soldats.)
  6. Sgarrista ou Soldato (« Soldat », membres de la mafia qui sert principalement comme soldats.)
  7. Picciotto (« Petit homme », un niveau bas qui sert de gros bras)
  8. Padrino (le parrain d'une famille mafieuse. Un membre associé, d’habitude, il n’est pas Italien ou d’ancêtre sicilien.)

Structure de la mafia sicilienne

  1. Padrino : don ;
  2. Consigliere : conseiller ;
  3. Capo : chef ;
  4. Uomo D'Onore : « homme d'honneur ».

Fonctionnement

La mafia fonctionne sur un modèle d’économie parallèle ou souterraine. Elle cherche à contrôler les marchés et les activités où l’argent est abondant, circule en numéraire (argent liquide) et est facile à dissimuler au fisc. La plupart des activités commerciales usuelles sont utilisées, que ce soit comme paravent à des activités illégales ou comme moyen de blanchiment de l’argent récolté. Ces activités recouvrent aujourd’hui les domaines les plus variés :

En général, la mafia préfère recourir à l’intimidation, la corruption ou le chantage plutôt qu’à la force pour contraindre ceux qui lui résistent. De cette manière elle attire moins l’attention du grand public sur elle. Mais il arrive régulièrement que pour se débarrasser de concurrents, de témoins gênants ou de traîtres, les mafias usent de méthodes sanguinaires : guerres de gangs pour la prise de contrôle d’un territoire ou d’un marché, assassinat de témoins, de complices ou de juges avant un procès en sont quelques exemples.

L’infiltration mafieuse dans l’économie

Fonctionnement de l’économie mafieuse

La base de l’économie mafieuse se situe dans le système de collecte du « pizzo » : les mafieux imposent aux commerçants des revenus en échange d’une « protection » mais aussi sous peine de voir leurs vitrines brisés et leurs marchandises disparues ou brûlées. Bien qu’elle soit l’une des techniques les plus importantes en matière d’économie mafieuse, les revenus ont des centaines d’origines différentes. Il faut d’abord préciser que l’économie mafieuse se divise en trois parties : l’économie illégale, légale et légale-mafieuse. Ces trois circuits sont intimement liés. Ainsi, par exemple, les revenus de l’économie illégale (« economia sommersa ») permettent de créer de nouvelles entreprises cette fois-ci totalement légales. De même la production peut être légale mais la vente illégale et inversement. Ce sont ces liens étroits qui posent les difficultés énormes qu’affronte le gouvernement italien pour débusquer les entreprises mafieuses, notamment en vérifiant les mouvements et les dépôts bancaires ou les appels d’offre. Le recyclage d’argent sale est une activité à part entière. On connaît les grandes filières classiques des trafics illégaux : drogues, armes, œuvres d’art volées. Mais nous avons aussi à faire à des affaires moins connues tels que le trafic de déchets industriels, la fraude aux subventions alimentaires, les grands travaux d’infrastructure et ainsi de suite. La liste des secteurs est longue voire illimitée cela va du proxénétisme aux contrôles des casinos, de la fausse monnaie au trafic d’êtres humains mais aussi plus récemment de la cybercriminalité (piratage et détournement de fonds sur Internet). Tous ces réseaux se sont bien évidemment étendus aujourd’hui au niveau international.

Conséquences

D’après un rapport récent, le produit économique des mafias italiennes représenterait un chiffre équivalent à environ 15 % du PIB de l’Italie[réf. nécessaire], soit près de 220 milliards d’Euros. Bien entendu le chiffre d'affaire des mafias n'est pas calculé dans les statistiques officielles du PIB car il est le fruit d'activités économiques illégales ou bien au noir.La mafia n’est plus une entreprise familiale mais est devenue au fil du temps un empire financier de type multinational.

L’infiltration mafieuse dans la politique

La mafia en Sicile représente un électorat relativement important, quoique toujours très minoritaire par rapport à la grande masse d'électeurs siciliens. Par une technique rôdée, elle pousse ses affiliés à voter pour certains partis, certaines personnes. Les politiciens, en échange de cette faveur, garantissent la protection de la mafia et de son commerce une fois au pouvoir. C’est ainsi que des pro-mafias, ou des mafieux même, accèdent à des rangs tels que celui de maire, préfet[réf. nécessaire] ou conseiller municipal. C’est surtout lorsqu’elle a affaire aux tribunaux que la mafia réclame son soutien aux hommes politiques. Aucune préférence en général n’est remarquée chez les mafieux en matière de partis excepté un anticommunisme fervent. Le parti de la Démocratie-chrétienne italienne fut largement sollicité par la mafia car elle occupa le pouvoir de 1947 à 1990 sans discontinuer. À ce titre, le nom de Giulio Andreotti fut cité plusieurs fois lors de procès, mais aucune preuve n’a pu être retenue contre lui, même si des représentants de la DC sur place ont été arrêtés.

Lutte contre la mafia

Les politiques de lutte contre cette organisation criminelle se heurtent à l’adaptabilité de ces structures souples et décentralisées, capables de délocaliser leurs activités et de diversifier leurs flux financiers sans limites dans le monde entier. Entreprendre des enquêtes transnationales et remonter les multiples filières devient alors un casse-tête pour les juges, d’autant plus que certains pays comme les paradis fiscaux ne font rien pour leur faciliter la tâche. C’est principalement dans cette optique que Interpol a été créée, elle permet de centraliser les informations pour faciliter la coopération internationale.

Autres mafias

Le terme mafia désigne avant tout l’organisation criminelle italienne, mais il est souvent utilisé pour désigner n’importe quelle organisation criminelle structurée, parmi lesquelles :

Mafia albanaise

Article détaillé : Mafia albanaise.

Mafia turque

Article détaillé : Mafia turque.

Mafia arménienne

Article détaillé : Mafia arménienne.

Mafia chinoise

Article détaillé : Triades chinoises.

Mafia corse

Articles détaillés : Mafia corse et Milieu corse.

Mafia japonaise

Article détaillé : Yakuza.

Mafia polonaise

Article détaillé : Mafia polonaise.

Mafia russe

Article détaillé : Mafia russe.

Mafia serbe

Article détaillé : Mafia serbe.

Mafia bulgare

Article détaillé : Mafia Bulgare.

Mafia italo-américaine

Notes et références

  1. I pregiudicati nell'Antimafia, by Umberto Santino, Centro Siciliano di Documentazione "Giuseppe Impastato"

Voir aussi

Personnages célèbres ayant combattus la mafia et le crime organisé

Mafieux célèbres

Articles connexes

Bibliographie

  • Mafia S.A. : Les Secrets du crime organisé ; William Reymond, Flammarion, 2001
  • Histoire de la mafia des origines à nos jours ; Salvatore Lupo, Flammarion, 2001
  • Cosa Nostra : un siècle d’histoire ; Eric Frattini, Flammarion, 2003
  • Le monde des mafias, géopolitique du crime organisé ; Jean-François Gayraud, Odile Jacob, septembre 2005
  • Raoul Muhm, Gian Carlo Caselli : Die Rolle des Staatsanwaltes — Erfahrungen in Europa ; Il ruolo del Pubblico Ministero — Esperienze in Europa ; Le role du Magistrat du Parquet — Expériences en Europe ; The role of the Public Prosecutor — Experiences in Europe ; Vecchiarelli Editore Manziana (Roma) 2005, ISBN : 88-8247-156 — X
  • Histoire de la Mafia ; Marie-Anne Matard-Bonucci, Éditions complexe, 1994
  • Les liens du sang ; Antonio Nicaso et Lee Lamothe, Les éditions de l’homme, 2001
  • Cosa Nostra. Histoire de la mafia sicilienne de 1860 à nos jours ; John Dickie, Buchet Chastel, 2007
  • Les Dernières années de la mafia ; Marcelle Padovani, Gallimard, 1987
  • La Mafia Imprenditrice (langue : italien), L’éthique mafieuse et l’esprit de capitalisme ; Pino Arlacchi, il Mulino/Contemporanea 2,1983
  • Sociétés du crime - Un tour du monde des mafias, Clotilde Champeyrache, CNRS éditions, 2007, 427 pages.
  • Cosa Nostra La mafia sicilienne de 1860 à nos jours, Jonh Dickie, Éditions Perrin, 512 pages

Filmographie

Le cinéma est très riche en films sur la mafia ; parmi les plus marquants on peut citer :

Année Titre français Titre original Réalisateur
1931 Le petit César Little Caesar Mervyn LeRoy
1931 L'ennemi public The public Enemy William Wellman
1933 Scarface Scarface Howard Hawks
1937 Pépé le Moko Pépé le Moko Julien Duvivier
1949 L’enfer est à lui
1954 Touchez pas au grisbi Touchez pas au grisbi Jacques Becker
1961 Le Cave se rebiffe Le Cave se rebiffe Gilles Grangier
1971 Guerre des gangs à Okinawa Bakuto gaijin butai Kinji Fukasaku
1972 Okita le pourfendeur: yakuza moderne
1972 Le Parrain Mario Puzo's Godfather Francis Ford Coppola
1973 Mean Streets Mean Streets Martin Scorsese
1973 Combats sans code d'honneur
1975 Le cimetierre de la morale
1984 Scarface
1984 Cent Jours à Palerme
Il était une fois en Amérique
1985 L’Honneur des Prizzi
L'Année du dragon
1987 Les Incorruptibles
1989 Violent Cop
1990 The King of New York King of New York Abel Ferrara
1990 Les Affranchis
(en)The Freshman
1991 Bugsy
1993 Il était une fois le Bronx
L’Impasse
L’Escorte
1995 Casino
1997 Donnie Brasco
1999 Mafia Blues
2000 Les cent pas
2000 Aniki, mon frère
2002 Infernal Affairs Wu jian dao Andrew Law et Alan Mak
2002 Un nouveau Russe
2005 A History of Violence
2006 Les Infiltrés
Un'altra storia
2006 Romanzo criminale
2007 Les promesses de l'ombre Eastern Promises David Cronenberg
2008 Gomorra

À la télévision, on peut citer notamment :

  • Les Soprano créé par David Chase
  • Oz, une série de HBO à propos d’une prison où tous les détenus italiens sont des Mafiosi gérant des affaires illégales à l’intérieur et à l’extérieur de la prison.
  • La télé série The Simpsons incorpore l’extension de la ville fictive de Springfield dans des épisodes occasionnels ; son meneur, Fat Tony est doublé par Joe Mantegna.
  • Mafia La trahison de John Gotti, realisé par Thaddeus O’Sullivan avec Philip Baker Hall, Debi Mazar, Adam J. Roth, Tom Sizemore, Nicholas Turturro, Abe Vigoda, Frank Vincent.
  • Gotti, un téléfilm d’HBO sur l’ancien chef récemment décédé de la famille Gambino.
  • Un flic dans la mafia créée par Stephen J. Cannell
  • La Mafia (titre original, La Piovra, c’est-à-dire La Pieuvre) de Damiano Damiani. Feuilleton de télévision italien par Luigi Perelli d’après les histoires de Sandro Petraglia est la série la plus vaste et dramatique sur la Mafia se frayant sur plus de 10 séries et 60 heures.
  • Mafiosa — le Clan

Jeux vidéo

On retrouve également la mafia dans plusieurs jeux vidéo :

  • Mafia, sorti en 2002 pour Windows, PlayStation 2, Xbox et sur GameCube a été développé par une équipe tchèque. Le joueur est placé dans la peau d’un homme qui adhère à la mafia italo-américaine des années 1930, dans une ville semblable à Chicago.
  • Grand Theft Auto et ses suites, les héros des différents épisodes travaillent pour de nombreuses associations du crime organisé (Mafia Italo-Américaine, Triades chinoises, Yakuzas, etc)
  • Weedcity Jeux en ligne sorti en 2008, a mis chemin entre Scarface et la série Weeds : production, distribution de drogue, paris et casino pour le blanchir l'argent. L'ambiance du crime organisé y est fidèlement reconstitué.
  • Le parrain, sorti en 2006, est un jeu vidéo qui retrace l’histoire du film Le Parrain.
  • Yakuza, jeu se déroulant dans un Tokyo réaliste, le héros y travaille pour les Yakuza.
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