Machine De Marly


Machine De Marly

Machine de Marly

La Machine de Marly. Pierre-Denis Martin, 1723

La machine de Marly est un gigantesque dispositif de pompage des eaux de la Seine, établi sous le règne de Louis XIV sur la commune de Bougival, destiné à alimenter en eau l'ensemble du parc de Versailles. Une nouvelle machine a succédé à celle-ci en 1859, elle-même remplacée par des installations modernes, à partir de 1963.

Sommaire

Historique

La machine de Marly en 1841

La machine de Marly est l'œuvre de deux Liégeois : Rennequin Sualem, maître charpentier et mécanicien et Arnold de Ville, entrepreneur et banquier. Elle fut usinée par la Fonderie des Vennes[1] à Liège, tandis que toutes les parties métalliques telles que les tuyaux furent fabriquées à la Fonderie des Vennes en Belgique et acheminées sur place. Le chantier, commencé en 1681, s'acheva le 16 juin 1685. La machine fut inaugurée le 16 juin 1684[réf. nécessaire] par le roi Louis XIV. Après les travaux, Rennequin Sualem fut nommé Premier ingénieur du Roy par Louis XIV et anobli. Au roi, qui lui demandait comment il avait eu l'idée de cette machine, Rennequin répondit en wallon: « Tot tuzant, sire » (« En y réfléchissant, sire »).

Il s'agissait du point de pompage d'un ensemble d'installations amenant l'eau de la Seine jusqu'aux trois réservoirs des Deux Portes. L'ensemble s'étendait sur 8 ha, à 4 m de profondeur environ. Les eaux étaient ensuite dirigées vers le Château de Marly par gravité, puis étaient stockées dans les quatre réservoirs de Montbauron. Toujours par gravité, l'eau atteignait Versailles pour l'alimentation des nombreux bassins et fontaines du parc du château.

La machine de Marly fonctionna durant 120 ans. Non seulement la machine était bruyante et son entretien coûteux, mais, constituée à 90 % de bois, elle se détériora au fil des ans. On arrêta finalement de l'entretenir dans le courant du XVIIIe siècle, avant de la détruire en 1817 pour la remplacer par une machine à vapeur[réf. nécessaire].

Le stockage continue de fonctionner de nos jours à Montbauron, fournissant une heure de réserve d'eau pour l'alimentation des grandes eaux de Versailles. Le dispositif général pour alimenter en eau le parc de Versailles est dénommé la Rivière du Roi Soleil[2].

Description

Vue rapprochée de la première machine de Marly

La dénivellation étant trop forte pour faire monter l'eau d'un seul jet[3] jusqu'à l'aqueduc, le parcours fut conçu en trois parties comprises entre deux bassins intermédiaires, eux-mêmes munis de pompes. La transmission de la force motrice était transmise par de doubles tringles maintenues par des balanciers, eux-mêmes fixés sur un chemin de bois continu comprenant des chevalets, innovation principale de la machine[réf. nécessaire].

La partie amont des transmissions s'arrêtant à la station intermédiaire dite de mi-côte était appelée transmission des petits chevalets. La partie d'aval montant jusqu'à la station intermédiaire supérieure s'appelait transmission des grands chevalets. Elle actionnait aussi au passage un ensemble de pompes à la station de mi-côte. la machine comptait au total 256 pompes. La puissance théorique de la machine était de 700 chevaux environ et son débit théorique maximal de 6 000 m3 par jour. En réalité, en raison d'une mauvaise synchronisation du dispositif, le rendement n'était que de 15 % environ. La machine atteignait donc à peine la moitié de ce chiffre et baissa régulièrement par la suite : de 640 m3 par jour en 1798, il passa à 240 m3 par jour en 1803.

L'eau était amenée et refoulée à 154 mètres au-dessus du niveau de la Seine par trois montées successives jusqu'aux trois réservoirs de Marly, passant par deux puisards intermédiaires à 48 m et 99 m au-dessus du fleuve. Le débit était de 1 500 à 1 800 m3 par jour. Actionnées par le courant de la Seine, 14 grandes roues à aubes entraînaient des pistons refoulants. Ce dénivelé était exceptionnel à l'époque : les cuirs des pistons n'auraient pas résisté à la pression de 15 bars, si bien qu'il fut nécessaire de diviser la montée en trois paliers de 50 m. Il fallut de plus installer en amont du dispositif un brise-glace et un dégrilleur pour éviter la dégradation des aubes.

L'eau effectuait sa dernière remontée dans la tour du Levant, haute de 23 mètres, de l'aqueduc de Louveciennes et était ainsi acheminée sur 640 mètres vers la tour du Jongleur, haute de 12 mètres, d'où elle était déversée dans les réservoirs de Marly dits de la Batterie, sur le plateau du Cœur Volant qui domine Versailles de 33 mètres.

Évolutions

La machine de Marly par Sisley en 1873
Ancienne canalisation

En 1817, une machine à vapeur fut construite par l'ingénieur Martin et l'architecte Cécile afin de remplacer la machine de Marly. Elle délivrait une puissance de 95 ch pour un débit de 2 000m3 par jour et une consommation de 10 tonnes de charbon par jour[réf. nécessaire].

Les coûts d'exploitations ayant été jugés trop élevés, elle fut remplacée à son tour en 1859 par une machine hydraulique conçue par Dufrayer, sous Napoléon III. Cette machine comportait six roues de 12 m de diamètre et 4,5 m de large, pesant 120 t. Chaque roue était capable d'assurer un débit de 3500 m3 par jour, soit 21 000 m3 par jour pour l'ensemble de l'installation. Elle fut arrêtée en 1963 pour des raisons d'odeurs[réf. nécessaire].

En 1910, elle fut renforcée par une machine à gaz actionnant des pompes, en 1938 par des moteurs diesel actionnant deux pompes d'une puissance de 400 ch pour environ 1 200 m3 refoulés par heure[réf. nécessaire].

En 1968, un groupe d'électropompes a remplacé la machine du Second Empire. Celui-ci fournit une puissance de 760 ch pour 1 100 m3 refoulés par heure, en renforcement des autres groupes. Le service n'a cessé d'évoluer jusqu'à nos jours, avec des meilleurs rendements de pompe. Actuellement, en heures de pointe, le refoulement atteint 5 500 m3 par heure ; il fournit environ 22 communes dont Versailles[réf. nécessaire].

Notes et références

  1. Fonderie des Vennes sur le site La Braise, Liège
  2. Chronologie du dispositif hydraulique mis en place pour alimenter les eaux de Versailles [1]
  3. http://www.arts-et-metiers.net/pdf/machine-marly.pdf

Voir aussi

Commons-logo.svg

Liens externes

48°52′16″N 2°7′29″E / 48.87111, 2.12472

  • Portail de l’Île-de-France Portail de l’Île-de-France
  • Portail des Yvelines Portail des Yvelines
Ce document provient de « Machine de Marly ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Machine De Marly de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Machine de marly — La Machine de Marly. Pierre Denis Martin, 1723 La machine de Marly est un gigantesque dispositif de pompage des eaux de la Seine, établi sous le règne de Louis XIV sur la commune de Bougival, destiné à alimenter en eau l ensemble du parc de… …   Wikipédia en Français

  • Machine de Marly — La Machine de Marly par Pierre Denis Martin, 1723. Au premier plan, l ile Gauthier ou île de la Machine du roi, territoire royal. On aperçoit à droite en arrière plan, l aqueduc de Louveciennes et sa tour du Levant dans laquelle arrivait l eau… …   Wikipédia en Français

  • Machine de Marly — The Machine de Marly painted by Alfred Sisley The Machine de Marly, also widely known as La Machine de Marly and The Machine of Marly, was a French engineering marvel (though Arnold de Ville and Rennequin Sualem would be Belgians, by current… …   Wikipedia

  • Marly-Le-Roi — Pour les articles homonymes, voir Marly. 48° 52′ N 2° 05′ E / …   Wikipédia en Français

  • Marly-le-roi — Pour les articles homonymes, voir Marly. 48° 52′ N 2° 05′ E / …   Wikipédia en Français

  • Marly le roi — Pour les articles homonymes, voir Marly. 48° 52′ N 2° 05′ E / …   Wikipédia en Français

  • Marly-le-Roi — Marly le Roi …   Wikipedia

  • Marly-le-Roi — Pour les articles homonymes, voir Marly. 48° 52′ 03″ N 2° 05′ 41″ E …   Wikipédia en Français

  • Marly — Cette page d’homonymie répertorie les différents sujets et articles partageant un même nom. Marly peut faire référence à : Sommaire 1 Patronyme 2 Toponyme …   Wikipédia en Français

  • machine — (ma chi n ) s. f. 1°   Instrument propre à communiquer du mouvement, ou à saisir et prendre, ou à mettre en jeu quelque agent naturel, comme le feu, l air, l eau, etc. Une collection, un cabinet de machines. •   Elle [l alouette] avait évité la… …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré


Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.