Louis de Maele


Louis de Maele

Louis II de Flandre

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Louis de Male

Louis II de Flandre, né Louis de Dampierre, dit Louis de Male ou de Maele (château de Male (Bruges), 25 ou 29 novembre 1330 - † Saint-Omer, 30 janvier 1384)

Comte de Flandre, de Nevers et de Rethel 1346-1384.

Duc de Brabant (1356).

Comte d'Artois et de Bourgogne 1382-1384.

Fils du comte Louis Ier et de la comtesse de Bourgogne et d'Artois Marguerite Ire (1310-1382).

Sommaire

Résumé de son principat

Devenu comte après que son père eut été tué à la bataille de Crécy (25 août 1346), il rompit avec sa politique systématiquement pro-française, pour adopter une attitude plus proche de ses sujets, louvoyant cyniquement mais lucidement entre les intérêts contradictoires des rois de France et d'Angleterre, alors en guerre ouverte. Il assura à la Flandre, malgré la peste noire (1348), trente ans de paix relative et de retour à la prospérité économique (1349-1379), longue période malheureusement encadrée par deux révoltes majeures menées par les tisserands de Gand. Il prépara l'avènement de la Maison de Valois de Bourgogne dans le comté de Flandre par ses réformes administratives et par le mariage de sa fille unique à Philippe le Hardi, permettant le retour de la Flandre wallonne au comté.

Cours détaillé de sa vie

Jeunesse : 1330-1346

Fils de Louis Ier et de Marguerite de France, il fut baptisé par l'évêque d'Arras Pierre Roger, futur pape Clément VI. Enfant, on lui fit épouser Marguerite de Brabant pour sceller la réconciliation du duc Jean III de Brabant avec son père. Blessé, mais vivant à l’issue de la bataille de Crécy, où il avait assisté à la mort de son père, Louis de Male fut armé chevalier le jour même par Philippe de Valois, réfugié à Amiens (25 août 1346).

Début de règne : 1346-1349

Dès novembre, le nouveau comte était en Flandre, permettant à la vieille dynastie comtale de renouer avec les Flamands. Mais les Gantois, dominés par la puissante corporation des tisserands, voulaient imposer au comte un mariage anglais, garantie d'un approvisionnement des laines insulaires. Retenu en garde courtoise dans sa capitale, il profita d'une chasse au faucon pour s'enfuir en France, puis au Brabant, et épouser Marguerite de Brabant, fille de l'allié du roi de France (1347). Gand se révolte immédiatement (1347-1349)

Mais le mécontentement des petites villes et la volonté de Bruges Lille et d'Ypres de disputer son hégémonie à Gand fragilisa la révolte, d'autant que l'épouvantable épidémie de peste noire sévit en Flandre en 1348. Contre toute attente, le comte signa un traité de neutralité avec le roi d'Angleterre (25 août 1348), et appuyé sur les petites villes (Grammont, Termonde, Audenarde) reprit pied victorieusement en Flandre. Les tisserands gantois furent finalement écrasés par les foulons et les autres corporations (goede maandag, mardi 13 janvier 1349).

Une longue prospérité : 1349-1379

Telle sera la politique du comte : bascule continuelle entre Français et Anglais, visant à assurer la neutralité du comté. Louis de Male s'assura une grande popularité en refusant en 1350 l'hommage au nouveau roi de France Jean II le Bon, réclamant le retour des villes de Flandre wallonne au comté (Lille ,Douai, Orchies). Ce qui lui permit de récupérer la suzeraineté directe sur la seigneurie de Termonde.

À la mort du duc Jean III de Brabant, il réclama à ses successeurs Jeanne de Brabant et Wenceslas de Luxembourg les arriérés de paiement de la vente de Malines et le paiement de la dot de sa femme, ce qui lui fut refusé. Louis envahissait alors le Brabant, prenait Bruxelles (bataille de Scheut, 17 août 1356) et s'emparait du duché. Les Brabançons se révoltaient (24-29 octobre 1356), mais la stratégie défensive du comte fut alors payante : à la paix d'Ath (4 juin 1357), outre le titre de duc de Brabant qu'il conservait à titre viager et honorifique et ses droits à succéder, il reprenait Malines et gagnait Anvers au comté.

L'une des grandes affaires de son règne fut le mariage de sa fille unique et héritière Marguerite. Une intense activité diplomatique y fut consacrée, tant l'héritage était convoitée, tant par les Anglais que par les Français. Marguerite fut mariée une première fois à Philippe de Rouvres, fils de la reine de France Jeanne de Boulogne, duc de Bourgogne, comte de Bourgogne et d'Artois (14 mai 1357), mariage annonçant le retour de l'Artois dans le giron flamand. La mort du jeune duc (1361) provoqua le retour inopiné de l'Artois, puisque la mère de Louis de Male en héritait elle-même. Dotée de la promesse de deux nouvelles provinces, Marguerite devint une nouvelle fois la cible des prétendants des deux camps. Longtemps favorable au mariage anglais, Louis de Male lui fit épouser le nouveau duc de Bourgogne Philippe de Hardi, plus jeune frère du roi Charles V, en échange de quoi la Flandre wallonne (Lille, Douai, Orchies) faisait retour au comté (25 avril 1369). Une vieille revendication flamande était enfin satisfaite. Ce qui n'empêcha pas le comte de continuer une politique indépendante, recevant les alliés d'Édouard III ou prenant parti contre le pape d'Avignon pendant le Grand Schisme, pourtant favori du roi de France.

Œuvre politique

L'œuvre administrative du comte fut considérable et prépara l'action future des dynastes bourguignons : afin d'équilibrer le pouvoir des villes, il associa aux trois "Membres" de Flandre une quatrième entité représentative émanant du Franc de Bruges, la campagne du plat pays environnant le port. Il scinda le Conseil comtal (la Curie) en organes spécialisés (future Chambre du Conseil pour la surveillance des comptes des baillis, Audience du Conseil chargée de la haute juridiction,...), le Conseil se maintenant comme organe des affaires politiques, dissocié de la personne du comte. Un souverain bailli, un receveur général et un procureur général furent également créés. Le comte s'entoura de juristes spécialisés de noblesse récente. Enfin le comte entreprit également une politique de grands travaux, décidant le percement du canal entre Bruges, dont il avait fait sa résidence principale, et la Lys.

Aspects privés

Dans le domaine privé, Louis II de Male agit comme un prince de son temps. Il menait grand train, entretenait un zoo, s'entourait d'une cour de saltimbanques et de bateleurs, organisait des tournois, bref se ruinait en dépenses somptuaires. On lui compta onze bâtards. Toujours à court d'argent, il obérait de plus en plus les villes flamandes, ce qui suscita des mécontentements, notamment à Ypres, Bruges et Gand.

Triste fin de règne : 1379-1384

Ses dernières années furent marquées par le retour sanglants des troubles. Que le révélateur en fût un tournoi de trop dont le paiement avait été réclamé aux Gantois, ou que ceux-ci eussent été irrités par l'autorisation faite aux Brugeois de creuser le canal, la révolte des Chaperons blancs (nommés ainsi à cause du signe de ralliement adoptés par les Gantois) éclata en 1379 et ne s'acheva qu'après la mort de Louis de Male. Les tisserands reprirent le pouvoir à Gand (août 1379), puis dans le reste de la Flandre septentrionale. Le comte, se réfugia à Lille, puis à Bruges après la révolte des petits métiers de la ville contre les tisserands (29 mai 1380) et la victoire de Nevele sur les Gantois (1381). Il dut son salut à ses qualités de nageur lors d'un épisode digne d'un roman lorsque les Gantois, menés par Philippe van Artevelde, attaquèrent Bruges le jour de la procession du Saint-Sang (bataille de la plaine de Beverhout 3 mai 1382. Revenu à nouveau à Lille, alors qu'il héritait de sa mère l'Artois (9 mai 1382), il fut finalement obligé de faire appel à l'ost royal pour mater la révolte : Charles VI écrasa les révoltés à Westrozebeke (27 novembre 1382). Mais le prestige de la victoire revint à Philippe le Hardi, qui commençait dès lors à asseoir définitivement son autorité sur le comté.

Louis II mourut (30 janvier 1384) avant même la soumission complète de Gand (18 décembre 1385). Il fut enterré fastueusement avec Marguerite de Brabant (morte en 1380) en l'église Saint-Pierre à Lille par son gendre le 1er mars 1384.

Postérité

De son mariage avec Marguerite de Brabant (6 juin 1347), fille de Jean III de Brabant et de Marie d'Evreux, il n'eut qu'une fille :

Sources et bibliographie

  • Le Glay Edward: Histoire des comtes de Flandre jusqu'à l'avènement de la Maison de Bourgogne, Comptoir des Imprimeurs-unis, Paris, MDCCCXLIII
  • Dumont Georges-Henri: Histoire de la Belgique, Histoire/Le Cri, Bruxelles 1977, ISBN 2-87106-182-3
  • Douxchamps Cécile et José: Nos dynastes médiévaux, Wepion-Namur 1996, José Douxchamps, éditeur; ISBN 29600078-1-6
  • Platelle Henri et Clauzel Denis: Histoire des provinces françaises du Nord, 2. Des principautés à l'empire de Charles Quint (900-1519), Westhoek-Editions Éditions des Beffrois, 1989; ISBN 2-87789-004-X
  • Schnerb Bertrand: L'Etat bourguignon, Editions Tempus, 1999.
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