Louis de Courcillon de Dangeau


Louis de Courcillon de Dangeau

Louis de Courcillon, dit l'abbé de Dangeau (janvier 1643 à Paris - 1er janvier 1723 à Paris), est un homme d'Église et grammairien français, connu pour avoir été le premier à décrire les voyelles nasales de la langue française.

Sommaire

Biographie

Issu d'une famille protestante, il est converti au catholicisme par Bossuet en 1667, à l'instar de son frère, Philippe de Courcillon de Dangeau. Il devient ensuite abbé de Clermont, camérier d’honneur des papes Clément X et Innocent XII, puis lecteur du roi de 1671 à 1685. Il est élu membre de l'Académie française en 1682.

Saint-Simon l'a évoqué à plusieurs reprises dans ses Mémoires. D'Alembert a dit de lui qu'il « s'occupa surtout très longtemps du soin délicat et pénible de faire l'énumération exacte des sons de notre langue » (Éloges, 1779). Sa formulation du concept de voyelles nasales sera plus tard reprise et précisée par Nicolas Beauzée, qui les définira en opposition aux articulations orales dans sa Grammaire générale en 1767.

Les modifications que l'abbé de Dangeau se propose d'introduire dans l'orthographe française frapperont par ailleurs Robert de Brye, qui s'en inspirera dans L'Histoire et les Amours du Duc de Guise, surnommé le Balafré. Dans la préface de cet ouvrage paru en 1695, il écrit : « Une Letre imprimée de Monsieur l’Abé Dangeau, à Monsieur de Pontchartrain, qui m’est tombée dans les mains, m’a déterminé à une chose où j’avois de l’inclination ; elle établit ce nouveau sistème d’Ortografe avec beaucoup de nèteté, et même d’agrémens (...). Le dessein de cete nouveauté est d’aprocher autant qu’il est posible l’Ortografe de la prononçiation. Tant de personnes y sont interessées, qu’il y a lieu d’esperer de la faveur dans cete entreprise. D’abord on a retranché toutes les letres doubles dans les mots où elles ne servent point à la prononçiation, come dans, apeler, le premier p ; dans, ocasion, le premier c : on a aussi retranché les letres qui n’étoient restées qu’en faveur de l’Analogie, come l’s dans écrire, l’l et l’m dans Gentis-homes (...). L’utilité de cete Ortografe est grande ; elle aporte de la briéveté dans les Livres, du ménage dans l’Impression, de la facilité dans la Lecture ».

Témoignages

  • Saint-Simon : « Dangeau avait un frère abbé, académicien, grammairien, pédant, le meilleur homme du monde, mais fort ridicule. Courcillon, voyant son père fort affligé au chevet de son lit, se prit à rire comme un fou, le pria d'aller plus loin, parce qu'il faisait en pleurant une si plaisante grimace qu'il le faisait mourir de rire.»[1]
  • Toujours Saint-Simon : «N'attendons pas le temps de la mort de l'abbé de Dangeau son frère, qui arriva le 1er janvier 1723, pour parler de lui tout de suite. Il naquit huguenot, il y persévéra plus longtemps que son frère, et je ne sais s'il y a jamais bien renoncé. Il avait plus d'esprit que son aîné, et quoiqu'il eût assez de belles-lettres qu'il professa toute sa vie, il n'eut ni moins de fadeur ni moins de futilité que lui; il parvint de bonne heure à être des académies. Les bagatelles de l'orthographe et de ce qu'on entend par la matière des rudiments et du Despotère [24] furent l'occupation et le travail sérieux de toute sa vi. Il eut plusieurs bénéfices, vit force gens de lettres et d'autre assez bonne compagnie, honnête homme, bon et doux dans le commerce, et fort uni avec son frère. Il avait été envoyé étant jeune en Pologne, et il avait trouvé le moyen de se faire décorer d'un titre de camérier d'honneur par Clément X qu'il avait connu en Pologne, non à Rome où il n'alla jamais, et de se le faire renouveler par Innocent XII; il avait aussi acheté une des deux charges de lecteur du roi pour en conserver les entrées, et y venait de temps en temps à la cour; il y était peu; n'y sortait guère de chez son frère, et y avait peu d'habitude.»[2]
  1. Saint-Simon, Mémoires (1707-1710), Tome III, Editions de la Pléiade-Gallimard, 1984, p 748
  2. Saint-Simon, Mémoires (1718-1721), TomeVII, Editions de la Pléiade-Gallimard, 1987, p 714

Ouvrages

  • Nouvelle métode de géografie historique pour apprendre facilement et retenir la géografie moderne et l'anciène, l'histoire moderne et l'anciène, le gouvernement des états, les intérêts des princes, leurs généalogies, etc. (1693)
  • Essais de grammaire contenus en trois lettres d'un académicien à un autre académicien (1694)
  • Tableau des provinces de France, où l'on voit la description et l'histoire de chaque province du royaume (1694)
  • Principes du blason en quatorze planches où l'on explique toutes les règles et tous les termes de cete siance (1709)
  • Essais de grammaire, qui contiennent : I. un discours sur les voyèles, II. un discours sur les consones, III. une lêtre sur l'ortografe, IV. supplément à la lêtre sur l'ortografe. - Suite des essais de grammaire (1711)
  • Réflexions sur la grammaire fransoise (1717)
  • Idées nouvèles sur diférantes matières de grammaire (1722)

Liens externes


Précédé par
Charles Cotin
Fauteuil 12 de l’Académie française
1684-1711
Suivi par
Charles Jean Baptiste Fleuriau de Morville
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