Littérature chinoise


Littérature chinoise

La littérature chinoise a une place à part dans l'histoire de l'humanité, étant donné le culte réservé à la chose écrite en Chine et le caractère unique des caractères chinois, qui tirent leur origine de rites divinatoires et se différencient radicalement des systèmes phonétiques utilises dans la majorité des autres langues.

On peut donc considérer l'émergence de la littérature chinoise au moment où les idéogrammes chinois ont quitté leur vocation originelle pour se constituer en caractères utilisables indépendamment, sans doute 2000 ans avant J-C. Ces premiers écrits gardent toutefois une rigidité canonique ou une vocation philosophique qui pose parfois problème avec la notion occidentale de « littérature ».

Sommaire

Tableau synthétique

Littérature chinoise
Dates Dynastie Langue écrite Auteurs majeurs Poésie Prose Fiction Théâtre Litt. orale
-1570 Dynastie Shang 商朝 Proto chinois
-1046 Dynastie Zhou, périodes des
Printemps et Automnes et des
Royaumes combattants
Chinois classique Confucius, Mencius,
Lao Zi, Zhuangzi,
Sun Zi, Qu Yuan
Mo Zi
-221 Dynastie Qin 秦朝, Dynastie Han 汉朝
et Dynastie Xin 新朝
Chinois classique Sima Qian, Zhang Heng
Cao Cao, Ban Gu
yueFu Shi 史, Wen 文, fu
220 Période des trois royaumes, Dynastie Jin,
période des Seize Royaumes,
Dynasties du Nord et du Sud et Dynastie Sui
Chinois classique Cao Pi Yuefu 乐府, Gushi 古诗 Pianwen 骈文 Xiaoshuo 小说 Bianwen 变文
618 Dynastie Tang 唐朝,
Dynastie Zhou 周朝 et période des
Cinq Dynasties et Dix Royaumes
Chinois classique Li Bai, Du Fu, Bai Juyi Jintishi 近体诗, ci 词 Guwen 古文 Chuanqi 传奇
960 Dynastie Song 宋朝, Dynastie Liao 遼朝
Dynastie des Xia Occidentaux 西夏 et
Deuxième dynastie Jin 金朝
Chinois classique Wang Anshi, Su Shi Biji 笔记 Biji xiaoshuo 笔记小说 Huaben 话本, Pinghua 评话
1279 Dynastie Yuan 元朝 Chinois classique Qu 曲 Zaju 杂剧
1368 Dynastie Ming 明朝 Chinois classique et
Chinois vernaculaire
Wu Cheng'en, Feng Menglong Baguwen 八股文 court 短篇小说, long 长篇小说 Chuanqi 传奇, Kunqu 昆曲
1644 Dynastie Qing 清朝 Chinois classique et
Chinois vernaculaire
Li Liweng, Pu Songling,
Cao Xueqin,
Jingju 京剧, Difangxi 地方戏 Tanci 弹词, Zidishu 子弟书, Dagu 大鼓
1912 République de Chine 中华民国 Chinois vernaculaire
seul à partir de 1920
Lu Xun, Mao Dun,
Guo Moruo, Lao She,
Tian Han, Ba Jin
Poésie nouvelle 新诗 Sanwen 散文 Nouvelles, romans 小说 Huaju 话剧 Xiangsheng 相声
1949 République populaire de Chine
中华人民共和国
Chinois vernaculaire Mo Yan, Zhou Weihui

Les premiers textes

Article détaillé : Écriture ossécaille.

C'est sous la dynastie Shang (-1570 à -1045 av. J.-C.) qu'apparaissent les premières formes d'écrits chinois constituant de véritables textes (auparavant on ne peut trouver que des pictogrammes isolés). Il s'agit essentiellement de pictogrammes gravés sur des os, omoplates de bovins, écailles de tortues ou encore sur le bronze ou la poterie. L'interprétation de cette écriture reste difficile, en effet sur les quelque 2 500 caractères que l'on connaît en provenance de ces textes, seuls 1400 correspondent à des sinogrammes chinois postérieurs, et peuvent par conséquent être interprétés. La fonction de ces textes ne fait en revanche aucun doute, il s'agit principalement d'oracles utilisé à fin de divination.

La période classique

Article détaillé : Classiques chinois.

La Chine possède une littérature ancienne riche, aussi bien en prose qu'en poésie. Les textes classiques datent pour la plupart de la dynastie de Zhou (1046 à 256 av. J.-C.) et furent rédigés en Chinois classique. Tous ces textes ont forgé la culture, la philosophie et la pensée religieuse du pays.

L'étude de ce qu'on appelle les "Quatre Livres" et "les Cinq Classiques" (四書五經, 四书五经, Sìshūwǔjīng) était obligatoire pour les étudiants qui souhaitaient passer les concours du mandarinat pour devenir fonctionnaires de l'état. Certains sont attribués à Confucius, mais il n'a peut-être été que leur compilateur. Quoi qu'il en soit, tous ont largement été influencés par ses idées.

Les Quatre Livres (四書, 四书, Sìshū) sont constitués de quatre textes compilés par Zhu Xi durant la Dynastie Song pour servir d'introduction à la philosophie chinoise et au confucianisme. Parmi ces quatre textes, deux sont extrait du Lijing 禮經 ou Classique des rites qui décrit les anciens rites et les cérémonies religieuses de la cour. Il s'agit de la Grande Étude (大學, 大学, Dàxué) et de l’Invariable Milieu (中庸 Zhōngyōng), les deux autres sont : les Analectes de Confucius (論語, 论语, Lúnyǔ), une compilation de paroles attribuées à Confucius et rassemblées par ses disciples; et le Mencius (孟子 Mèngzǐ), compilation des entretiens entre Mencius et des rois de son époque.

Les Cinq Classiques (Wǔjīng 五经 ou 五經) quant à eux furent probablement compilés par Confucius lui-même. Le premier est le Classique des mutations ou Yi King (易經, 易经, Yìjīng), manuel de divination basé sur la combinaison de huit trigrammes dont l'invention est attribué au mythique empereur Fuxi. Le deuxième, le Classique des vers (詩經, 诗经, Shījīng), est un ouvrage composé de 305 poèmes divisés en 160 chants chantés lors des festivités ou des cérémonies religieuses de la cour impériale. Le troisième, le Classique des documents ("Shūjīng" 書經, 书经, ou "Shang Shu" 尚書 ou encore tout simplement "Shu" 書) est une collection de documents et de discours dont on suppose qu'ils ont été rédigés par les nobles et les officiels des dynasties Xia, Shang et Zhou. Le quatrième, le Livre des rites (禮記, 礼记, Lǐjì), est une restauration du livre Lǐjīng perdu au IIIe siècle av. J.‑C. qui décrit les rites anciens et les cérémonies de cour. Et le dernier, les Annales des Printemps et des Automnes (春秋 Chūnqiū, alias 麟經, 麟经 Línjīng) constitue une chronique de l' État de Lu, (état de naissance Confucius) de -722 à -479.
Le Classique de la musique (樂經, 乐经, Yuèjīng) est parfois cité comme le sixième classique, mais il a été perdu pendant la Dynastie Han.

On ajoute parfois d'autres classiques à cette liste pour constituer les neuf classiques (經, jiujing) ou même les treize classiques (經, shisan jing). Mais ces autres textes sont d'importance secondaire.

Historiquement, le taoïsme s'est construit autour de trois œuvres majeures : le Classique de la voie et de la vertu (道德經, 道德经, Dàodéjīng) attribué à Lao Zi; le Zhuang Zi attribué au philosophe du même nom (莊子 Zhuāngzǐ Tchouang-tseu) et le Vrai classique du vide parfait qui aurait été rédigé par Lie-Zi.

À ces trois classiques, il faut ajouter un nombre élevé d'autres textes canoniques qui furent enrichis et compilés progressivement au gré des écoles de pensée et les dynasties successives.

Il s'agit essentiellement du Mo Zi, attribué au philosophe du même nom : Mozi 墨子 (470-391 av. J.-C.)

Un certain nombre de ces textes semble avoir été irrémédiablement perdus. Un des plus importants classiques du légisme qui soit parvenu jusqu'à nous est le Han Fei Zi, attribué à Han Fei.

  • Les classiques de l'Art militaire

Deux classiques de l'art militaire chinois sont parvenus jusqu'à nous : L'Art de la guerre, attribué à Sun Zi et Les 36 stratagèmes, redécouvert en 1939 sur un marché chinois.

Ces classiques retracent l'histoire de diverses périodes, depuis l'Antiquité chinoise jusqu'à la dynastie Song. Il s'agit des Annales des Printemps et des Automnes de Zuo, attribuées à Zuo Qiuming, des Annales des Printemps et des Automnes de Lü Buwei attribuées à Lü Buwei, du Zizhi Tongjian, attribué à Sima Guang et des Annales de bambou.

La poésie classique

Article principal : Poésie chinoise.
Li Bai (701-762)

Parmi les premières anthologies poétiques les plus influentes on trouve le Chuci 楚辭 (Chants de Chu) constitué initialement de poèmes attribuées au légendaire Qu Yuan 屈原 (vers 340-278 Av. J.-C.) et à son disciple Song Yu 宋玉 (IVe siècle av. J.‑C.). Les chants de cette collection sont plus lyriques et romantiques et représentent une tradition différente de celles des premiers recueils de vers comme le Shijing. Durant la dynastie des Han (206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.), ce style à évolué jusqu'à devenir le Fu 賦 : un poème généralement construit en vers rimés à l'exception de son introduction et de sa conclusion qui sont rédigés en prose, souvent sous la forme de questions/réponses. L'ère de désunion nationale qui suivra la période des Han verra le développement d'une nouvelle poésie, profondément influencée par le taoïsme et en quête d'harmonie avec la nature.

La poésie classique atteignit son apogée au cours de la dynastie des Tang (618-907 ap. J.-C.). Le début de la période des Tang est bien connu pour ses lushi 律詩 (« vers réguliers ») poèmes de huit strophes contenant cinq ou sept mots par ligne, ses "Zi" poèmes en vers suivant des règles de prosodie très rigoureuses, et ses jueju 絕句 (« vers tronqués ») poème de quatre lignes contenant cinq ou sept mots par ligne. Les deux poétes les plus célèbres de cette période furent Li Bai 李白 (701-762 ap. J.-C.) et Du Fu 杜甫 (712-770 ap. J.-C.). Li Bai était célébré pour le romantisme de sa poésie et Du Fu était considéré comme un moraliste confucianiste pronant un sens aigu du devoir envers la société.

Les poétes de la période tardive de la dynastie des Tang développèrent un plus grand réalisme et sont connu pour leur vision critique de la société. Ils ont également contribué à l'affinement de l'art de la narration. Un des plus célèbre de ces poètes fut Bai Juyi 白居易 (772-846 ap. J.-C.) dont les poèmes se présentent comme un commentaire inspiré et critique de la société de son temps.

La prose classique tardive (IIIe siècle au XIIe siècle)

La période des Tang voit également le rejet de la prose ornée et artificielle développée durant la période précédente et l’émergence d’une nouvelle prose, puissante, directe et simple, basée sur les écrits des périodes Han et pré-Han. Le premier partisan de ce style néoclassique et qui influencera abondamment la littérature pendant près de 800 ans, fut Han Yu 韓愈 (768-824), un maître essayiste et un partisan inconditionnel du retour à l’orthodoxie confucianiste.

La prose moderne (du XIVe siècle au début du XXe siècle)

Les fictions en langue vernaculaire, bien que jamais reconnues par les officiels de la cour impériale, ont commencé à devenir très populaires après le XIVe siècle. Recouvrant un large panel de sujets, structurées plus longtemps et à un niveau moins élevé que les fictions littéraires, ces fictions populaires comprennent un certain nombre d’œuvres maîtresses. La plus célèbre fut certainement le roman familial Hong Lou Meng 紅樓夢 que l’on peut traduire par : Le Rêve dans le pavillon rouge. Cette œuvre semi-autobiographique rédigée par un descendant d’une famille bourgeoise sur le déclin, est reconnue par tous les spécialistes de la fiction chinoise comme une pièce incontournable de ce genre.

Un nouveau courant est amorcé avec les œuvres de Lu Xun (1881-1936). Il prôna un renouveau de la littérature et, notamment, pour la rendre plus accessible, il délaissa le chinois classique au profit de nouvelles rédigées en chinois moderne (Baihuà).

La période contemporaine (XXe siècle)

La littérature chinoise a subi un choc d'ampleur jusque-là inconnue dans son histoire suite a la chute de la dynastie Qing et la fin de la culture classique lettrée, revendiquée avec véhémence lors du mouvement du 4 mai 1919. La langue littéraire classique est alors largement remplacée par le chinois vernaculaire dans tous les domaines de la littérature. L'écriture issue du langage oral, appelée baihua 白话, devient un nouveau vecteur de création et d'engagement de la part d'écrivains qui sont rapidement confrontes aux nouvelles idées venues d'Occident, notamment le socialisme et le marxisme (création du Parti communiste chinois en 1921), et l'influences d'auteurs étrangers comme Romain Rolland.

L'état de la littérature chinoise à partir de la seconde moitié du XXme siècle et au début du XXIme siècle a suscité de vifs débats. Ainsi le sinologue Wolfgang Kubin qualifie cette littérature, qui rencontre un succès commercial dans le monde, de « garbage » (poubelle), en soulignant que la majorité des romanciers chinois contemporains sont médiocres et incultes, ne font que recycler des recettes traditionnelles ou plagient des auteurs classiques occidentaux[1] et écrivent dans un chinois simplifié dépourvu de recherches littéraires.

La fin de la culture lettrée

Ce changement fut initié principalement par Lu Xun (1881-1936) qui fut le premier écrivain chinois de prose (autre que le roman) en langue vernaculaire, ainsi que par les réformateurs littéraires Hu Shi 胡適 (1891-1962) et Chen Duxiu 陳獨秀 (1880-1942). L'écrivain Lu Xun rédige des nouvelles et des essais qui incarnent l'évolution de l'écriture passant du wenyanwen, l'écriture classique, au baihua 白话. Le contenu de ses œuvres porte également un témoignage sur la fédération progressive des écrivains au sein de l'Association des écrivains chinois, qui devront souscrire aux préceptes de propagande et de censure du Bureau culturel à partir de l'avènement de la République populaire de Chine en 1949.


La fin des années 1920 et les années 1930 furent des périodes de créativité pour la fiction chinoise, et les associations et revues littéraires adoptèrent de nombreuses théories artistiques qui proliféraient alors. Parmi les écrivains majeurs de cette époque figure Guo Moruo 郭沫若 (1892-1978), un poète, essayiste et critique littéraire; Mao Dun 茅盾 (1896-1981), le premier romancier à sortir de la ligue du mouvement libérateur de Chine et l’un de ceux dont les œuvres reflètent la lutte révolutionnaire et la désillusion de la fin des années 1920; et Ba Jin 巴金 (1904-2005), un romancier dont l’œuvre fut influencées par Ivan Tourgueniev et d’autre écrivains russes. Dans les années 1930, Ba Jin rédigea une trilogie qui dépeignait la lutte de la jeunesse moderne contre la dominance de l’antique système familial confucianiste. Lao She 老舍 (1899-1966), satiriste et romancier talentueux, fut un autre écrivain important de cette période.
Après 1949, nombre de ces écrivains ont accédés à des postes importants en devenant administrateurs de la nouvelle politique artistique et littéraire chinoise. Beaucoup de ces auteurs qui étaient toujours en vie lors de la révolution culturelle(1966-1976) furent souvent éliminés ou forcés à se soumettre à des humiliations publiques.

La ligue du mouvement libérateur de Chine fut fondée en 1930 et incluait Lu Xun 魯迅 dans sa direction. En 1932, elle adopta la doctrine soviétique du réalisme socialiste qui affirmait que l’art doit se focaliser sur des événements contemporains à travers une approche réaliste, exposant les maux des sociétés non socialistes et promouvant l’avènement du glorieux futur sous le règne du communisme. Après 1949, le réalisme socialiste basé sur le célèbre “Discours de Yan'an sur la Littérature et l’Art” prononcé par Mao en 1942 est devenu l’unique style littéraire des auteurs chinois dont les œuvres furent publiées. Cependant, des conflits se sont rapidement développés entre le gouvernement et les écrivains. Les talents de satiristes et de critiques de la société contemporaine qui avaient rendus si utiles les écrivains pour le parti communiste chinois avant son accession au pouvoir, ne furent plus les bienvenus par la suite. D’autre part, la persistance parmi les écrivains de ce qui fut déploré comme étant de “l’idéalisme de petit bourgeois” ou de “l’humanitarisme” et une volonté de liberté dans le choix des thèmes de leur œuvres, devint plus gênant encore pour le parti.

La littérature sous le régime de la censure

Un grand nombre d'écrivains et d'intellectuels chinois ont été envoyés dans les laogai. D'autres sont d'anciens zhiqing, c’est-à-dire ont vécu la déportation à la campagne d'une grande partie de la jeunesse chinoise urbaine à l'issue de la Révolution culturelle à partir de 1967.

Après la mort de Mao Zedong en 1976, Deng Xiaoping lance les réformes économiques et l'ouverture progressive du pays. La littérature des cicatrices, témoin des traumatismes liés a l'éclosion douloureuse de la Chine moderne, fait alors son apparition, conjointement à un florilège d'autres modes d'écritures, assoiffés de liberté créatrice.

Le déferlement de la littérature contemporaine

L'expression d'idées politiques et notamment d'idées démocratiques émerge alors, jusqu'aux manifestations de la place Tian'anmen, qui durcit la politique de répression et de censure du Bureau culturel. Toutefois, des écrivains comme Wang Shuo ont continue à publier des romans, très critiques de la société chinoise : on a tort de considérer la Chine comme un goulag culturel. Le volume démesuré des publications en Chine, les milliers de maisons d'édition, laissent de nombreux interstices ou une relative liberté d'expression peut trouver sa place.

En particulier, l'écrivain Mo Yan semble disposer d'une totale liberté d'expression sans pour autant être censuré.

Le théâtre chinois

Le théâtre (xijù) peut désigner des pièces de théâtre modernes parlées (huàjù), ou des pièces traditionnelles chantées, comme celles de l’opéra de Pékin (Jingjù), de l’opéra de Canton (Yuèjù) ou de l’opéra de la province du Seutchouan (Chuanjù). Les pièces de ces opéras régionaux sont souvent écrites en dialecte local et contiennent des expressions littéraires parfois difficiles à comprendre. Dans le théâtre parlé, les dialogues comiques (xiansheng) sont des formes très prisées. Les sketches sont généralement truffés d’expressions dialectales et populaires, de jeux de mots et de jeux sur les sinogrammes homophones qui favorisent les situations de quiproquo. Ce genre littéraire à ses auteurs renommés comme Hou Baolin, Guo Qiru ou encore Ma Ji.

À cela il faut ajouter le théâtre de marionnettes (Mùouxi) et le théâtre d’ombres chinoises (piyingxi, « théâtre d’ombres en peau »), les figurines étant autrefois découpées dans de la peau d’âne.

La cyber-littérature

Dans les années 1990, le développement exponentiel d'internet a donné lieu à la création d'une nébuleuse de pages web personnelles, et plus récemment, de blogs, dont celui de Mu Zimei, journal de la vie sexuelle d'une jeune fille de Canton, a attiré les foudres de la censure mais également une notoriété nationale.

Les deux blogs de la poetesse et analyste tibétaine Woeser furent subitement fermés fin juillet 2006, à la demande des autorités chinoises et alors qu’une vague de censure dénoncée par Reporters sans frontières frappait l’Internet chinois. Öser y publiait des essais sur la culture tibétaine, ainsi que des articles de son mari, l'écrivain chinois Wang Lixiong, dont le forum a aussi été fermé[2].

La Chine dispose du plus puissant système de filtrage de sites internet au monde, mais qui ne sévit dans le domaine de la littérature que quand des « excès » acquièrent une certaine notoriété.

Thème du voyage dans le temps

Étant un nouveau courant littéraire, le roman dont le thème est le voyage dans le temps attire beaucoup de regards du public. Depuis sa première apparition en 1993 sur la scène littéraire chinoise, il a gagné la faveur des lecteurs, particulièrement des jeunes lectrices. Le premier roman dont le thème est le voyage dans le temps en Chine est l’œuvre de Xi Juan (席绢), L’amour traversant le temps. Mais il n’a pas déclenché un essor dans les milieux littéraires. C’est le roman de Huang Yi(黄易), Voyage sous la dynastie des Qin, qui a connu un triomphe retentissant.

Particularité

Dans ces romans, le personnage clé est souvent une fille. L’héroïne traverse le temps et remonte à une dynastie ancienne à cause de certaines raisons. L’histoire se déroule au fur et à mesure qu’elle rencontre quelques hommes qui, généralement, seront épris de l’héroïne. La plupart de ces types de romans racontent des histoires amoureuses entre un prince ou un empereur et une fille ordinaire qui vit au 21e siècle avant de voyager dans le temps. Elle parvient souvent à la dynastie des Qing ou Tang et ensuite rencontrent des hommes à la fois riches et puissants.

Lecteurs

D’un côté, les romans concernant le voyage dans le temps, dans une certaine mesure, réalisent les rêves fantastiques des jeunes filles. Par exemple, aujourd’hui, de nombreuses filles espèrent pouvoir un jour se marier avec un homme parfait qui en fait n’existe pas. De l’autre côté, ces romans dont la langue est facile à comprendre servent de bon outil de relaxation. Par ailleurs, les romans concernant le voyage dans le temps attirent généralement les filles.

Œuvres
  • L’amour traversant le temps, (《交错时光的爱恋》), Xi Juan (席绢), 1993
  • Parvenir à la dynastie des Qin, (《寻秦记》), Huang Yi (黄易), 2001
  • La vie dans la Cité Interdite, (《梦回大清》),Jin Zi (金子), 2004
  • Un homme riche en idées, (《凤囚凰》),Tian Yiyoufeng (天衣有风), 2009
  • L’école maternelle pour des princes, (《皇家幼儿园》),Xuan Se (玄色),2009

La littérature chinoise au-delà des frontières

En comparaison de l'immensité de la production littéraire chinoise, depuis les temps les plus anciens, seule une très maigre partie a été traduite en langues occidentales. Depuis l'émergence économique de la Chine, ce phénomène éditorial commence à évoluer, avec l'apparition de maisons d'éditions spécialisées comme les Éditions Philippe Picquier ou Bleu de Chine en langue française.

Phénomène nouveau, des écrivains d'origine chinoise commencent aujourd'hui à s'exprimer directement en langue française, l'exemple le plus édifiant étant François Cheng, premier Chinois d'origine admis à l'Académie française; il y a également Dai Sijie, connu surtout pour son roman Balzac et la petite tailleuse chinoise. D'autres, comme Gao Xingjian, ont émigré en France où leurs idées peuvent être reçues publiquement. Béatrice Lao, poétesse chinoise qui travaille en Europe, écrit en anglais.

L'engouement récent pour la Chine a donc eu un impact positif sur la création littéraire chinoise et sa réception à l'étranger, parallèlement à une commercialisation de certains écrivains répondant aux goûts du public français : Mian Mian, Wei Hui ou Mu Zimei sont ainsi des phénomènes littéraires dont la valeur reste encore à prouver.

Des œuvres majeures, comme celles de Mo Yan, continuent heureusement d'être publiées.

Voir aussi

Notes et références

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