Ligne Mézidon - Trouville-Deauville

Ligne Mézidon - Trouville-Deauville

Ligne Mézidon - Trouville-Deauville

Ligne de la Côte Fleurie
Mézidon - Dives - Trouville-D.
Carte de la ligne
Carte de la ligne
Pays France France
Villes desservies Mézidon-Canon, Dozulé, Dives-sur-Mer, Cabourg, Trouville-sur-Mer, Deauville
Historique
Mise en service 1879 - 1884
Fermeture Ligne partiellement fermée
Caractéristiques techniques
Longueur 73,5 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification Non électrifiée
Nombre de voies Voie unique
Trafic
Propriétaire RFF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TER
Schéma de ligne

La ligne Mézidon - Trouville-Deauville est une ligne du réseau ferré français ouverte entre 1879 et 1884 pour desservir la Côte Fleurie depuis la gare de Mézidon. Aujourd'hui, seule la section qui longe le littoral est encore en service entre les gares de Dives-Cabourg et Trouville-Deauville.

Sommaire

Histoire

Genèse

Dès 1863, les stations balnéaires de Trouville-sur-Mer et Deauville bénéficient d'une liaison ferroviaire directe depuis Paris par Lisieux. Les autres villes de la côte souhaitent également profiter d'une desserte équivalente afin de développer les activités touristiques. Mais la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest refuse de répondre à cette demande, la rentabilité de l'investissement étant jugée trop hasardeuse : le trafic voyageur ne peut être significatif que pendant la haute saison et l'inexistence des activités industrielles dans cette région interdit un trafic marchandise viable tout au long de l'année[1].

Le 30 août 1869, le conseil général du Calvados décide d'étoffer le réseau ferré national en établissant cinq lignes de chemin de fer d'intérêt local. L'un de ces projets consiste en la construction d'un embranchement ferroviaire depuis la gare de Mézidon située sur la ligne Mantes-la-Jolie - Cherbourg[2]. Une compagnie d'intérêt local montée pour l'occasion, la Compagnie du Chemin de Fer de Mézidon à Dives, reçoit en mars 1870 la concession de la ligne assortie d'une subvention de 840 000 francs. M. Isouard, président de la compagnie, avance les fonds, mais le projet est ajournée du fait de la guerre franco-allemande de 1870. Après la défaite, les circonstances sont peu propices au projet ; le conseil général, sur recommandation du préfet, décide le 3 novembre 1871 de temporiser le projet[3]. La déclaration d'utilité publique n'est finalement signée que le 17 mars 1872. Le projet est ensuite retardé par les déboires financiers de la compagnie qui fait faillite en 1874, puis en 1879. Le département rachète alors les parts de la concession et termine les travaux. Les 28 kilomètres de la ligne qui relie Mézidon à Dives-Cabourg par Dozulé-Putot sont ouverts à la circulation le 15 juin 1879.

Rapidement, la compagnie obtient le droit de prolonger la ligne de 2 kilomètres jusqu'à Beuzeval (Houlgate). Parallèlement, un embranchement ferroviaire de presque 11 kilomètres est construit entre Trouville-Deauville et Villers-sur-Mer. Le relief accidenté rend difficile la construction de la section centrale. La Compagnie de l'Ouest, qui a ouvert la ligne Caen - Dozulé-Putot en 1881, accepte de reprendre les travaux afin d'assurer la continuité de son réseau. La ligne, incorporée en 1883 dans le réseau de la Compagnie de l’Ouest[4], est ouverte sur toute sa longueur le 20 juillet 1884. La pente atteint jusqu'à 28% entre Villers-sur-Mer et Gonneville, 25% entre Gonneville et Houlgate.

Le tracé actuel

La ligne a donc été ouverte en trois étapes[5].

Le 18 novembre 1908, l'État rachète la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest ; la ligne est désormais gérée par la Compagnie des chemins de fer de l'État. Pendant la Première guerre mondiale, la ligne est empruntée par les trains qui rapatrient les blessés vers le grand hôtel de Cabourg, alors transformé en hôpital militaire auxiliaire, et par les convois ravitaillant l'usine sidérurgique Tréfimetaux de Dives-sur-Mer.

Fermeture de la section Mézidon - Dives

Après la guerre, le trafic commence à décliner du fait de la concurrence accrue de l'automobile. Quand la Compagnie des chemins de fer de l'État est incorporée à la SNCF, une partie de son réseau est fermée au trafic voyageur. C'est le cas de la section Mézidon - Dives-Cabourg à partir du 1er mars 1938 ; à cette même date, la correspondance vers Caen à Dozulé-Putot n'est plus assurée.

En 1944, la ligne est endommagée lors de la bataille de Normandie et n'est rouverte au voyageurs qu'au printemps 1946. La section Troarn - Dozulé, jusqu'alors ouverte au fret, est quant à elle définitivement fermée[6]. La SNCF renonce une fois pour toutes au trafic de marchandises entre Mézidon et Dives-Cabourg le 3 novembre 1969 ; cette section est alors déclassée, puis déferrée. En 1970, la desserte omnibus entre Trouville-Deauville et Dives-Cabourg est un temps abandonnée. La SNCF envisage plusieurs fois de fermer la ligne. Néanmoins, une convention est signée en 1998 entre le Conseil régional de Basse-Normandie, la SNCF et Réseau ferré de France en vue de moderniser et développer la ligne. Une nouvelle halte est ouverte à Dives-sur-Mer afin de desservir le port de plaisance de Port-Guillaume aménagé à l'emplacement de l'ancienne usine Tréfimetaux, fermée en 1984.

Entre Brucourt et Dives-sur-Mer, l'emprise ferroviaire a été utilisée pour la création d'une bretelle routière reliant l'autoroute A13 à Dives-sur-Mer, Cabourg et Houlgate[7]

Infrastructures et matériels roulants

Liste des gares: voir le schéma de ligne déroulant. Réseau ferré de France étudie la possibilité de prolonger la ligne actuelle vers Cabourg, ce qui nécessiterait la construction d’un pont ferroviaire sur la Dives. Un nouveau terminal serait alors aménagé à Cabourg et la gare actuelle, située sur le territoire de Dives-sur-Mer, serait alors supprimée[8].

Matériels roulants:

En 2006-2007, la ligne a été modernisée grâce à un certain nombre de travaux[9] :

  • modernisation de la moitié de la voie (11 km sur 23 au total),
  • rehaussement des quais à 55 cm pour permettre l’accès à niveau aux autorails X 73500,
  • modification des courbes pour augmenter la vitesse,
  • augmentation de la vitesse de 70 km/h à 90 km/h,
  • mises aux normes des passages à niveaux.


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Notes et références

  1. Train de l'estuaire
  2. Les autres lignes sont : Lisieux - Orbec, Berjou - Falaise, Caen - Courseulles-sur-Mer, Caen - Aunay-Saint-Georges
  3. Philippe Lenglart, Le nouveau siècle à Caen, 1870-1914, Condé-sur-Noireau, Corlet, 1989, p. 17
  4. La vie du Rail, n°1795 du 28 mai 1981
  5. Histoire chronologique des chemins de fer européens et russes
  6. Bulletin municipal de Sannerville - N°12 (Mai 1988)
  7. Jean Quellien (dir.), Dives-sur-Mer, une usine et des hommes, Cabourg, Éditions Cahiers du Temps, 2003, p. 144
  8. [Site officiel de RFF]
  9. Conseil régional de Basse-Normandie

Articles connexes

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