Lennon/McCartney


Lennon/McCartney
John Lennon et Paul McCartney en 1964
John Lennon et Paul McCartney en 1964.

Lennon/McCartney (ou Lennon–McCartney) est la signature commune de John Lennon et Paul McCartney utilisée sur plus de 200 chansons des Beatles. Cette collaboration, qui s'étend de 1957 à 1969, compte parmi les plus prolifiques et influentes de l'histoire du rock, et son succès dans celle de l'industrie discographique reste inégalé.

Lennon et McCartney, âgés respectivement de seize et quinze ans, se rencontrent en juillet 1957, et se mettent rapidement à composer ensemble, affinant leur technique au fur et à mesure, jusqu'à prétendre avoir déjà écrit plus d'une centaine de chansons à l'orée de la carrière discographique des Beatles. D'un commun accord, ils décident de créditer toutes leurs compositions à leurs deux noms, quel qu'en soit le principal auteur. À l'origine, l'ordre d'attribution employé est « McCartney/Lennon », comme on peut le constater sur le premier album du groupe, Please Please Me, ou sur le single From Me to You. Il est cependant décidé à partir du second album, With the Beatles, paru en 1963, d'inverser l'ordre des deux noms, la consonance « Lennon/McCartney » paraissant plus commerciale. L'habileté du tandem à écrire des chansons apparemment très simples, mais aussi innovantes et créatives, fait monter les Beatles en popularité presque instantanément. Seulement un an après les débuts du groupe sur le label Parlophone, les chansons du duo sont considérées comme des valeurs sûres. Les deux partenaires font allusion à leur succès lors d'une interview : à la question « Vous repreniez autrefois des standards du rock, pourquoi ne le faites-vous plus ? », ils répondent du tac au tac « Parce que, maintenant, nous en créons ! »

Au fil du temps, l'écriture du tandem évolue au gré de toutes les expériences vécues : leur œuvre s'approfondit et s'enrichit de nombreux éléments, sans même que la cadence de travail ralentisse. De 1965 à 1967, défilent l'un après l'autre les albums Help!, Rubber Soul, Revolver et Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, qui confortent les Beatles dans leur position de premier plan sur la scène musicale contemporaine. Après les frasques et les innovations de Sgt. Pepper's et Magical Mystery Tour en matière d'inventivité, de composition et d'instrumentation, le groupe effectue un retour aux sources et publie en 1968 un album plus dépouillé, intitulé simplement The Beatles. L'individualisme de chacun, Lennon et McCartney compris, est plus marqué malgré la signature commune. Des tensions apparaissent au sein du groupe, qui produit deux derniers albums en 1969, Abbey Road et Let It Be, dans une ambiance plus difficile.

Longtemps après leur séparation, John Lennon et Paul McCartney se sont livrés chacun de leur côté au jeu du « qui a fait quoi ? » sur toutes ces chansons co-signées, et ils se sont montrés globalement d'accord, sauf à de très rares occasions, sur ce qui avait été composé à 100 % par l'un ou l'autre, à 80 %20 %, à 60 %40 % ou à 50 %50 %. L'assassinat de John Lennon en 1980 met fin à une possible reformation des Beatles et du duo, tandis que leur œuvre continue à inspirer les artistes des époques suivantes.

Sommaire

Historique

Compositeurs de rock (1957 à 1964)

Formation du duo

Paul McCartney rencontre John Lennon pour la première fois à une fête paroissiale à Woolton, le 6 juillet 1957. Ce dernier s'y produit avec son groupe de skiffle, The Quarrymen. En début de soirée, tandis que le groupe se repose dans une salle proche à grands renforts de bières, McCartney est présenté à Lennon par un ami commun, Ivan Vaughan. Malgré sa jeunesse, McCartney impressionne son aîné lorsqu'il réussit à interpréter à la guitare et au chant plusieurs standards du rock, dont Twenty Flight Rock d'Eddie Cochran. Peu après, McCartney rejoint les Quarrymen[1]. Leur amitié prend un nouveau tour en 1958, lorsque la mère de Lennon, Julia, meurt accidentellement. McCartney a en effet perdu la sienne deux ans auparavant, et ce point commun renforce le lien qui unit les deux garçons[2].

Dès les premiers temps de leur amitié, les deux jeunes musiciens se retrouvent chez l'un où chez l'autre pour écouter les disques de leurs idoles américaines du rock 'n' roll, essayer d'en apprendre les accords et les paroles, et discuter. À l'initiative de McCartney qui ébauche des chansons depuis sa jeunesse, ils finissent par commencer à en composer eux-mêmes, assis face à face avec leurs guitares[3]. Rapidement, ils consignent quelques-uns de ces titres dans leurs cahiers d'écoliers avec la mention « A Lennon–McCartney original ». Tous deux composent dans de longs échanges où chacun rebondit sur une idée de l'autre pour améliorer la chanson, jusqu'à ce qu'elle prenne forme. Pendant un temps cependant, ces compositions maison (qu'ils appelleront leurs « cent premières »[4]) ne semblent jamais devoir sortir de leurs cahiers[5].

Ce n'est cependant que vers la fin de l'époque des concerts des Beatles à Hambourg, en 1960 et 1961, que le groupe commence à interpréter régulièrement des compositions originales autant que des reprises[6]. Lorsqu'ils auditionnent devant George Martin pour être engagés par le label EMI, le 6 juin 1962, ces chansons appartiennent désormais à leur propre répertoire, et ils n'hésitent pas à interpréter trois de leurs compositions personnelles[7]. La marque d'affirmation qui change la destinée des Beatles vient en septembre, lors de l'enregistrement du premier single du groupe. George Martin veut en effet leur faire publier une reprise de la chanson How Do You Do It? de Mitch Murray, mais Lennon et McCartney font pression pour enregistrer une des leurs à la place, Love Me Do. Martin accepte, et la chanson devient le premier single des Beatles : ceux-ci ne publieront jamais de reprises sur single[8].

La dominante Lennon

Durant les deux premières années de studio des Beatles, le partenariat Lennon/McCartney est le plus fort, et conduit à de nombreuses chansons composées à quatre mains, notamment au niveau de singles tels que From Me to You, She Loves You ou I Want to Hold Your Hand[9]. Cette époque marque également le temps fort du système où l'un et l'autre sont capables de se pousser et de s'améliorer ; Lennon propose ainsi à McCartney un vers plus adapté sur I Saw Her Standing There, et ainsi de suite[10]. À propos de I Want to Hold Your Hand, le premier no 1 américain du tandem, Lennon note d'ailleurs : « Paul a joué cet accord, je me suis retourné vers lui et j'ai dit : « C'est ça ! Refais-le ! » À cette époque, on composait vraiment comme ça, en jouant chacun sous le nez de l'autre[11] ». Durant cette époque, où les chansons traitent toutes d'amour, Lennon fait souvent figure de meneur[12]. Si McCartney est l'auteur de plusieurs chansons notables de l'époque, son aîné domine clairement sur le nombre : le paroxysme est en cela l'album A Hard Day's Night, où Lennon est directement à l'origine de dix de ses treize chansons[13]. De même, Lennon est alors le plus innovant dans ses textes, notamment avec No Reply et I'm a Loser, ses premières chansons introspectives[14].

Cette époque voit également la domination de Lennon se poser sur un autre point, le crédit des chansons. Dès le début, il a été décidé que chaque chanson de l'un ou de l'autre serait signée de leurs deux noms, comme l'explique McCartney : « Attribuer les chansons à Lennon et McCartney ensemble, c'est une décision qu'on a prise au tout début parce qu'on voulait devenir Rodgers et Hammerstein. Tout ce qu'on savait de l'écriture des chansons, c'est que c'était fait par des gens comme eux et Lerner, et Loewe. On avait entendu ces noms et, comme on leur avait associé la notion d'auteurs-compositeurs, l'idée de combiner nos deux noms paraissait intéressante[15]. » Si ce point est acquis, une question épineuse reste posée : dans quel ordre placer les noms ? Il est tout d'abord choisi de signer McCartney/Lennon, ce qui est le cas sur les publications du groupe jusqu'à la mi-1963. Finalement, Lennon prend la priorité du crédit avec l'aval du reste du groupe et du manager Brian Epstein[16].

Évolution artistique marquée (1965 à 1967)

Le tournant de 1965

1965 est une année charnière pour les Beatles, puisqu'en deux albums, Help! et Rubber Soul, ils passent du rock-pop où les sujets de leurs compositions sont exclusivement les filles et l'amour, à un style qui s'écarte de plus en plus des canons traditionnels du genre et à des morceaux faisant appel à des instruments inédits dans les disques de leur époque, tout en faisant évoluer les techniques d'enregistrement en studio. McCartney prend une place de plus en plus importante au sein du groupe et s'intéresse nettement plus aux techniques d'enregistrement que son partenaire orienté vers la musique elle-même[17]. L'influence de Bob Dylan se ressent nettement sur les compositions de Lennon à cette époque. Il domine certes encore le premier album de cette nouvelle année du point de vue des hits, mais McCartney en composant Yesterday marque une rupture avec les Beatles : il l'écrit et l'enregistre seul à la guitare acoustique et au chant, accompagné par un quatuor à cordes, première intrusion philharmonique dans la musique des Beatles qui ouvre la porte à de nombreuses réalisations futures. Yesterday reste cependant créditée Lennon/McCartney par souci de cohésion dans le groupe[18].

Avec l'album suivant, Rubber Soul, les deux compositeurs continuent à s'émuler tout en conservant un niveau équivalent. Au quotidien ou quasiment, l'un arrive avec une idée de chanson, l'autre la complète avec des paroles ou une idée musicale supplémentaire. « On ne peut plus s'arrêter d'écrire des chansons, c'est presque devenu une accoutumance », note à cette époque Paul McCartney[19]. Leur style s'étoffe et les critiques musicaux commencent à les considérer comme des artistes à part entière[12]. Leur égalité trouve son paroxysme avec la sortie d'un des singles de l'année. Lorsque John Lennon présente Day Tripper, McCartney répond avec We Can Work It Out, où d'ailleurs, dans les deux cas, l'un a prêté son concours à l'autre pour compléter la chanson. Le groupe ne parvient alors pas à se décider sur la chanson la plus adaptée pour être mise en valeur sur la face A du single, et invente le concept inédit de « double face A », plaçant les chansons à égalité sur le single[20].

Les Beatles ont été initiés à la marijuana par Bob Dylan lors de leur tournée américaine de l'été 1964[21] et en 1965, c'est à grands renforts de joints qu'ils composent, enregistrent, donnent des concerts et tournent le film Help![22]. Cette même année, John Lennon et George Harrison prennent pour la première fois du LSD, sans le savoir, et Lennon en devient dès lors un consommateur régulier[23]. Ces substances psychotropes vont avoir une influence notable sur les compositions du duo[24].

Les expériences psychédéliques

En 1966, les influences qui vont participer au langage musical des Beatles s'élargissent. L'univers de la musique indienne en fait partie, à travers la passion développée par George Harrison, mais aussi l'art d'avant-garde et la musique contemporaine (Stockhausen, John Cage...) auxquels Paul McCartney porte un grand intérêt[25]. Avec l'album Revolver les deux compositeurs atteignent une nouvelle phase, avec un album particulièrement innovant, qu'il s'agisse de la variété des instruments employés, des effets sonores bricolés de Tomorrow Never Knows, de l'orchestre à cordes d’Eleanor Rigby ou des textes, qui évoquent pêle-mêle le sommeil et la paresse, un percepteur, une bigote solitaire, un sulfureux docteur, un curieux sous-marin jaune, le livre des morts tibétains ainsi que les psychotropes de manière détournée. Dans chacun de ces cas, le créateur original de la chanson ne fait aucun doute, mais son partenaire apporte des idées, des paroles, un pont, ou des nouveautés, comme les boucles sonores que Paul McCartney crée pour Tomorrow Never Knows et l'introduction au mellotron qu'il compose pour Strawberry Fields Forever[26]. Tous deux sont encore capables de s'émuler et de se concurrencer : lorsque vient le moment de composer le premier single de 1967, chacun impose sa vision propre de sa jeunesse à Liverpool, avec Penny Lane et Strawberry Fields Forever : les deux chansons n'étant pas départagées donnent un nouveau single double face A[27].

L'influence de la drogue se fait également de plus en plus forte. Tandis que Lennon compose des chansons très abouties à tonalité psychédélique, structures complexes, emploi des polyrythmes et délire d'innovations sonores, le duo connait une nouvelle dynamique, puisqu'en consommateur assidu de LSD, il laisse de plus en plus l'initiative à McCartney[28]. Les deux albums suivants, Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band et Magical Mystery Tour, sont donc menés tambour battant par ce dernier, dont l'autorité s'accroît encore suite à la mort prématurée du manager Brian Epstein[29] le 27 août 1967. Mais la collaboration sur le plan de l'écriture atteint de nouveaux sommets sur des titres comme A Day In The Life, Getting Better, She's Leaving Home ou With A Little Help From My Friends... À mesure que le groupe progresse, McCartney occupe de plus en plus la place sur les face A des singles des Beatles, qui sont tous des n°1[12].

Fin des Beatles (1968 à 1970)

Tensions et indépendances croissantes

Début 1968, les Beatles partent pour un séjour de quelques semaines en Inde. Lennon, McCartney et Harrison, dans cette retraite au grand air, ont l'opportunité de composer un grand nombre de chansons, souvent très personnelles[30]. La rencontre entre John Lennon et Yoko Ono contribue à fissurer le duo de compositeurs, et McCartney sent son partenaire s'éloigner peu à peu. À cela s'ajoutent des tensions au sein du groupe qui vont jusqu'à provoquer le départ de l'ingénieur du son Geoff Emerick, et même celui (provisoire) de Ringo Starr[31]. Cela n'empêche pas certaines collaborations notables sur l'album : Lennon ajoute ainsi l'intro au piano d' Ob-La-Di, Ob-La-Da écrit par McCartney ou un solo sur Birthday improvisé en studio[32].

À la même époque, McCartney rencontre lui aussi l'amour en la personne de Linda Eastman, ce qui contribue encore plus à éloigner les deux partenaires de composition, ceci se mêlant au dur choix d'un manager (McCartney préférant son beau-père à Allen Klein choisi par Lennon)[33]. L'album suivant du groupe, alors intitulé Get Back, début 1969, a pour objectif de ressouder le groupe. Le film qui en montre la réalisation expose tout le contraire : les tensions s'accroissent au sein du groupe, partagé entre un McCartney de plus en plus dirigiste et un Lennon fasciné par sa future épouse. Le résultat, assez mitigé, ne paraîtra d'ailleurs que plus d'un an après l'enregistrement[34]. La relation professionnelle entre Lennon et McCartney tend de plus à perdre en qualité, comme le prouve par exemple la préparation de la chanson Teddy Boy de McCartney (finalement publiée en solo) sur lequel Lennon ironise clairement en se moquant du style choisi par son partenaire[35]. Toutefois, Paul adresse un clin d'œil à son partenaire dans la chanson Two of Us intégralement chantée à deux voix, où il dit ; « You and I have memories longer than the road that stretches out ahead » (« toi et moi, nous avons des souvenirs plus longs que la route qui s'étend devant »)[36].

Par ailleurs, depuis plusieurs années, Lennon et McCartney commencent tous eux à élaborer des projets solo. Dès la fin de 1966, Paul a ainsi été chargé de composer la bande originale du film The Family Way, qui donne lieu au premier album solo d'un des membres du groupe. Son partenaire s'en montre très vexé[37]. En 1968, Lennon publie à son tour ses premières créations avec Yoko Ono, des disques de musique expérimentale assez confidentiels. Pour sa première création solo dans le domaine de la musique populaire, le single Give Peace a Chance, il est pris de scrupules à l'idée de s'éloigner de McCartney, et le crédite donc classiquement à leurs deux noms, ce qu'il regrette par la suite et ne réitère plus[38].

Derniers éclats

La séparation des Beatles s'annonçant imminente, McCartney tente de réunir le groupe pour un ultime album, destiné à terminer en beauté. En prélude, il accepte d'enregistrer comme futur single une composition très personnelle de Lennon, The Ballad of John and Yoko, qui relate les pérégrinations du musicien lors de sa lune de miel. Les deux autres membres du groupe n'étant pas disponibles, c'est seuls que les deux partenaires enregistrent ce titre, un des derniers feux de leur collaboration[39].

Sur l'album même, destiné à devenir Abbey Road, les quatre garçons donnent le meilleur d'eux-mêmes et collaborent sur certaines chansons. La ligne de basse emblématique de Come Together, chanson de Lennon, est ainsi une initiative de McCartney[40]. De même, tous deux collaborent, avec Harrison, aux harmonies vocales finement travaillées de Because[41]. Cette harmonie n'est pas toujours parfaite au sein du duo de compositeurs : Lennon s'insurge ainsi du temps passé sur « une des chansons pour grand-mères de Paul », Maxwell's Silver Hammer[42].

La plus grande collaboration de Lennon et McCartney est cependant le medley qui occupe la plus partie de la face B de l'album. Chacun y offre un certain nombre de chansons jusque là inachevées, McCartney dominant cependant nettement en quantité[43]. C'est également ce dernier qui se montre le plus intéressé en ce qui concerne l'enchaînement des chansons, et il travaille avec George Martin à sa préparation, tandis que Lennon juge l'affaire trop complexe. Le medley reste pourtant la dernière collaboration entre les deux amis dont les chansons se répondent et se succèdent[44].

Au moment de la sortie de l'album Abbey Road, fin septembre 1969, John Lennon met fin à ce partenariat, et aux Beatles, en leur annonçant qu'il quitte définitivement le groupe. Cette nouvelle reste cependant secrète durant plusieurs mois et c'est Paul McCartney qui l'officialise le 10 avril 1970 à travers un communiqué de presse publié dans les pressages promotionnels de son premier album solo au titre éponyme. En rompant le secret et en s'attribuant en quelque sorte la séparation du groupe phare des années 1960, Paul provoque la colère de ses camarades, et tout particulièrement celle de John Lennon.

Un lourd héritage (1970 à aujourd'hui)

Guerre par disques interposés

En 1971, un conflit éclate par disques interposés entre les deux anciens amis. L'année précédente, Lennon a vertement critiqué l'album éponyme de son compère, tout en déclarant espérer que leur concurrence les pousserait vers de nouveaux sommets[45]. C'est cependant McCartney qui ouvre les hostilités médiatiques avec son album Ram. Dans la chanson Too Many People, il s'attaque ainsi à tous ces gens qui disent aux autres ce qu'ils doivent faire, ce que Lennon prend clairement pour lui. Dans la chanson suivante, 3 Legs, il se lamente au sujet d'un ami qui l'a trahi. Enfin, une photo à l'intérieur de la pochette montre deux scarabées (« Beetles » en anglais) copulant[46].

La réponse de Lennon ne se fait pas attendre et arrive sur l'album Imagine dans les mois qui suivent. Il glisse dans la pochette une carte postale parodiant la pochette de Ram : là où Paul McCartney chevauchait un bélier, Lennon prend pour sa part un cochon par les oreilles[47]. Il signe surtout la chanson How Do You Sleep?, dans laquelle il règle ses comptes avec son partenaire en l'attaquant sur son œuvre et son mode de vie[48]. La chanson attriste énormément McCartney[49]. Peu avant la sortie de la diatribe de son ami, il avait enregistré pour son nouvel album, Wild Life, la chanson Dear Friend adressée à Lennon[50].

Relative réconciliation et travail posthume

Au milieu des années 1970, avec la fin des soucis judiciaires pour la dissolution du groupe, les tensions entre les anciens partenaires s'amenuisent. Si Lennon est parti vivre aux États-Unis, il n'est cependant pas opposé à l'idée de revoir son ancien compère. Durant l'été 1973, McCartney, alors de passage à Los Angeles, retrouve ainsi Lennon ce qui donne lieu à un grand bœuf improvisé durant lequel ils revisitent les classiques du rock de leur jeunesse[51]. Durant les années qui suivent, tandis que Lennon se retire de la vie publique pour s'occuper de son fils Sean, McCartney lui téléphone régulièrement et lui rend visite à l'occasion. Un soir de 1976, tous deux regardent le Saturday Night Live lorsque le présentateur propose une forte somme si les Beatles acceptent de venir se produire sur le plateau. Tous deux envisagent de faire une visite surprise sur le plateau, mais renoncent finalement par fatigue[52].

Lorsque Lennon est assassiné le 8 décembre 1980, McCartney est donc particulièrement choqué. Il lui compose peu après une chanson en hommage, Here Today[53]. Tout laisse donc entendre que la collaboration entre les deux hommes est terminée, mais il n'en est rien. En 1995, Yoko Ono confie à McCartney les cassettes d'enregistrements préparatoires d'une chanson de Lennon. Son ami complète les passages manquants, et les deux autres Beatles sont appelés en renfort : la chanson qui en découle donc, Free as a Bird est ainsi une des dernières compositions créditées non seulement du duo Lennon/McCartney, mais finalement de la totalité du groupe. À cela s'ajoute Real Love, chanson de Lennon à un stade plus avancé[54].

Analyse de l'œuvre

Travail en duo

Ce que John Lennon a appelé « écrire les yeux dans les yeux », ou « jouer sous le nez de l'un de l'autre »[55], cette approche collective comprenant des éléments de compétitivité, d'inspiration mutuelle, aussi bien que de totale collaboration et de fusion créative d'idées musicales, est généralement citée comme la clé des innovations et du succès populaire des Beatles. Lennon a aussi expliqué que l'intention principale de leur musique était de communiquer, un but partagé par Paul McCartney. Le livre Help! 50 Songwriting, Recording and Career Tips Used by The Beatles relève ainsi qu'au moins la moitié des textes des chansons du duo comprend les mots you (toi) et/ou your (ton) dès la première ligne[56]. D'une façon générale, le duo est mû par la volonté de ne jamais se répéter, d'avancer, d'innover, d'explorer encore et toujours de nouveaux territoires musicaux...

Compositions totalement communes

Durant les premiers temps du groupe, le tandem Lennon/McCartney compose des chansons à parts égales, notamment les hits. Des chansons comme From Me to You, She Loves You ou I Want to Hold Your Hand naissent dans de véritables échanges d'idées, au fond des coulisses en attendant un concert, sur des lits d'hôtels ou dans un bus[57]. Cependant, leur double signature tend progressivement à ne pas refléter la réalité. Dès 1964, les deux compositeurs n'écrivent que très peu ensemble leurs chansons. L'un d'eux apporte plus généralement une ébauche, que l'autre achève, ou retouche pour l'améliorer. Certaines chansons continuent à être composées en parfaite symbiose, comme Baby's in Black fin 1964[58].

Un autre type de compositions à quatre mains apparaît au sein du duo en 1967. Si Lennon et McCartney composent de moins en moins de chansons ensemble (mais il y a de notables exceptions, comme par exemple With A Little Help From My Friends que les deux compèrent écrivent pour Ringo Starr), ils n'hésitent pas à mélanger des morceaux de chansons ébauchées pour en former une nouvelle. Ainsi, en 1967, McCartney greffe sur les mesures centrales vides de la chanson de Lennon A Day in the Life un passage plus rapide[59]. Tous deux réitèrent ça à la fin de l'année sur Baby, You're a Rich Man[60]. Enfin, ce principe est repris en 1969 dans la chanson I've Got a Feeling[61].

Apports mutuels

L'apport de Paul McCartney au langage musical de John Lennon revêt une importance capitale dès leur rencontre en 1957. Ce dernier explique en effet que son nouvel ami savait « jouer de la guitare, de la trompette et du piano » alors que lui ne pratiquait encore que l'harmonica, ne connaissait que deux accords de guitare, et encore « J'accordais la guitare comme un banjo, si bien qu'elle n'avait que cinq cordes[62] ». Paul lui montre alors comment jouer de la guitare, mais étant gaucher, John apprend les accords à l'envers et les remet à l'endroit une fois rentré chez lui[62]. « Voilà ce que j'étais en train de faire : jouer sur scène avec un groupe, jouer de la guitare à cinq cordes comme un banjo, quand quelqu'un est allé chercher Paul dans le public pour me le présenter[62] ». John voit aussi tout de suite que son nouveau partenaire est aussi bon que lui et pressent qu'il va devoir se battre pour qu'il « reste à sa place »[62]. La compétition nait donc en même temps que l'amitié et la collaboration... C'est en s'associant que tous deux deviennent des auteurs-compositeurs. Dès le départ, si Paul est plus « musicien », John possède un talent poétique précoce. Ainsi, pour une de leurs premières compositions, I Saw Her Standing There Paul arrive avec un vers (« She was just seventeen, never been a beauty queen » (« Elle n'avait que 17 ans et n'avait jamais été reine de beauté ») que John trouve ridicule et qu'il transforme en « You know what I mean » (« tu vois ce que je veux dire ? ») bien plus ambigu[4].

Au fil du temps, Paul McCartney apparait comme un « auteur de ballades » doué, alors que John Lennon est le rocker sans concessions[63]. Cet état de fait ne reflète pas la réalité, car chacun se répond, s'émule et y gagne sa façon de progresser, dans un bel esprit de compétition. Si Lennon délivre une performance vocale exceptionnelle sur Twist and Shout enregistrée en une seule prise, McCartney montre sa capacité à faire exactement la même chose un an plus tard avec Long Tall Sally. Si Paul est le premier à s'intéresser à l'art d'avant-garde et à la musique expérimentale, John est le premier à traduire ces idées sur disque avec Revolution 9. Si le bassiste se montre trop optimiste, son compère sait le contrebalancer en ajoutant une touche sombre comme sur les titres We Can Work It Out ou Getting Better. Si Lennon a composé une chanson mais ne trouve pas comment ajouter un pont, c'est McCartney qui le compose... et réciproquement. Quand Lennon fait apporter le mellotron qu'il vient d'acquérir dans les studios Abbey Road fin 1966, c'est Paul qui s'en saisit pour composer les notes d'introduction de Strawberry Fields Forever. « Je n'étais pas en train d'en parler, je le vivais vraiment : je travaillais avec le grand John Lennon, et de la même façon, lui avec moi et c'était particulièrement excitant [...] » dit Paul McCartney, insistant sur les « deux faces » (rocker ou auteur de ballades) également partagées par les auteurs, miroirs l'un de l'autre[63].

Différences de style entre les deux compositeurs

SI au début, toutes les chansons du duo ont pour unique sujet les filles et l'amour, les deux auteur se différencient rapidement. John Lennon se sert de ses expériences personnelles, écrit des chansons introspectives, se met à nu, raconte sa vie, parfois de façon détournée. Ainsi, le psychiatre Arthur Janov, lorsqu'il l'a pour patient en 1970, découvre que des chansons pourtant anciennes, classiques, voir anodines comme Tell Me Why révèlent les angoisses de leur auteur, notamment liées à son abandon par ses parents lorsqu'il était enfant[64]. Paul McCartney a pour sa part tendance à imaginer des situations, à raconter des histoires et en fait, à ne pas écrire de chansons personnelles. Cela change cependant sur l'album Rubber Soul où le musicien, qui connait des problèmes dans sa relation avec Jane Asher, compose des chansons en appelant ses sentiments : You Won't See Me ou encore I'm Looking Through You[65]. Dans son interview au magazine Playboy en 1980, Lennon résume cette différence de style en disant de McCartney qu'il écrit « Des histoires sur des gens inintéressants qui font des trucs inintéressants. [...] Ça ne m'intéresse pas d'écrire des chansons à la troisième personne. J'aime écrire sur moi parce que je me connais[66]. »

Généralement, Lennon est considéré comme le rocker du groupe, tandis que McCartney se charge de chansons plus douces. Mais l'auteur de Yesterday sait aussi composer des rocks violents comme Helter Skelter, tandis que celui de Revolution est capable de d'écrire des ballades comme, sur le même disque, Julia ou encore Good Night offert à Ringo Starr[67]. D'un point de vue stylistique, McCartney est plus terre à terre face à un Lennon souvent capable de dépeindre des paysages plus oniriques. En témoigne ainsi le single Strawberry Fields Forever/Penny Lane, où les deux compositeurs évoquent chacun à leur manière leur enfance liverpuldienne. Là où Lennon utilise un portail vu dans sa jeunesse comme tremplin pour se réfugier dans ses sentiments, McCartney préfère de son côté dépeindre un certain nombre de figures pittoresques[68].

Un dernier point les oppose : la conception même des albums. Plus le temps passe, plus McCartney conçoit les disques des Beatles comme un tout cohérent qui doit s'enchaîner, comme il le fait avec Sgt. Pepper's et son album solo Band on the Run, tandis que Lennon se désintéresse totalement de cet aspect. Il l'explique ainsi à propos du medley d'Abbey Road : « Je n'ai jamais été porté sur cette démarche pop-opéra. J'aime les morceaux qui durent trois minutes, comme les pubs[69]. »

Morceaux écrits pour d'autres artistes

L'évidente aisance pour le duo à composer dès le départ des standards « sur commande » a permis à de nombreux groupes, et notamment ceux que gérait Brian Epstein, de se lancer sur le marché du disque en interprétant des titres crédités Lennon/McCartney. Il en va ainsi de chansons telles que I'll Be On My Way offerte à Billy J. Kramer & the Dakotas, Tip of My Tongue donnée à Tommy Quickly, Hello Little Girl aux Fourmost ou encore That Means a Lot à P.J. Proby. Un certain nombre de ces chansons, interprétées par leurs artistes respectifs, ont été réunies en 1971 puis 1979 sur le disque The Songs Lennon & McCartney Gave Away, jamais réédité en CD[70]. La plus grande partie de ces chansons datent des débuts des Beatles, de 1963 à 1965. Si les deux compositeurs ont continué à offrir des chansons à d'autres, ils l'ont par la suite plus généralement fait sous leur seul nom[71].

Ces chansons interprétées par les Beatles ont cependant été rendues disponibles, d'abord sur l'album Live at the BBC, puis sur les disques de la série The Beatles Anthology[72]. Par ailleurs, un certain nombre de chansons que les Beatles publient sur leurs albums sont aussi données à d'autres artistes. Ainsi, Do You Want to Know a Secret est publiée en même temps par les Fab four et Billy J. Kramer and the Dakotas, dont la version atteint la 2e place des charts[73]. Lennon et McCartney sont également sollicités par Andrew Loog Oldham pour composer un single des Rolling Stones, I Wanna Be Your Man, que les deux groupes publient à quelques semaines d'intervalle. Cette chanson pousse Mick Jagger et Keith Richards à composer eux-mêmes leurs titres[74].

Postérité

Conséquences sur George Harrison et Ringo Starr

Harrison en 1964
Durant toute la carrière du groupe, George Harrison s'est retrouvé dans l'ombre du duo Lennon/McCartney.

John Lennon et Paul McCartney étant au départ les compositeurs attitrés au sein des Beatles, leurs deux partenaires se sont longtemps retrouvé dans l'ombre. Les premiers temps du groupe ont en effet vu George Harrison et Ringo Starr chanter une ou deux chansons par album, qu'il s'agisse de reprises, comme Everybody's Trying to Be My Baby ou de chansons spécialement composées pour eux par le duo, comme Do You Want to Know a Secret[75]. Ces dernières étaient loin d'être les meilleures compositions du duo, et se classaient parmi les plus mauvaises, comme le cynique If You've Got Trouble, souvent considéré comme le plus mauvais titre du groupe, auquel Ringo Starr échappe de peu[76].

Si le batteur ne s'est pas montré frustré par cet état de fait[77], ce n'est pas le cas de Harrison, qui compose dès le deuxième album du groupe sa première chanson, Don't Bother Me. Cependant, comme l'explique l'ingénieur du son Geoff Emerick qui a travaillé avec le groupe, ses compositions retenaient généralement moins d'attention, se voyaient accorder moins de place sur les disques (rarement plus de deux ou trois), mais aussi moins de temps d'enregistrement. Le producteur George Martin a des années plus tard fortement regretté cette différence de traitement, tout en concédant que les premières compositions de Harrison étaient trop en deçà du niveau atteint par celles du duo Lennon/McCartney pour prétendre à la même place de choix[78].

Avec les derniers albums du groupe, un George Harrison apparaît plus affirmé, jusqu'à obtenir sa première et unique face A de single au sein du groupe, Something[79]. Le groupe reconnaît unanimement la qualité de la chanson, un Lennon avare en compliments allant jusqu'à parler d'un « des meilleurs titres de l'album »[69]. L'ombre de ses partenaires poursuit pourtant Harrison jusque dans ses succès : Frank Sinatra déclare ainsi que Something est sa chanson préférée... du duo Lennon/McCartney[80]. Libéré de la concurrence du groupe, Harrison réussit à produire un triple album dès 1970, All Things Must Pass, qui est le premier grand succès d'un Beatle en solo[81].

Hommages et influences

Dès le début de leur carrière, le duo Lennon/McCartney influence d'autres groupes et compositeurs. Ainsi, lorsqu'ils les voient composer rapidement I Wanna Be Your Man dans un coin de studio, les Rolling Stones Keith Richards et Mick Jagger décident de composer, eux aussi, leurs propres chansons, ce qui leur ouvre la voie du succès[82]. Une concurrence amicale s'ouvre également avec d'autres groupes. En entendant le son de Rubber Soul, Brian Wilson des Beach Boys voit un défi qu'il relève en enregistrant Pet Sounds[83]. Par la suite, Wilson est desemparé par l'écoute de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, pensant que toute concurrence est désormais vaine[84].

Les chansons du duo sont également reprises de très nombreuses fois, certaines avec un grand succès. Plusieurs des reprises atteignent ainsi la tête des charts, comme Ob-La-Di, Ob-La-Da reprise par Marmalade au Royaume-Uni[85] ou Lucy in the Sky With Diamonds par Elton John aux États-Unis[86]. Le duo est ainsi à la tête de plusieurs records ; avec les Beatles en tant que groupe ayant fait l'objet du plus grand nombre de reprises[87], et avec Yesterday pour la chanson la plus reprise de tous les temps[88].

Références

  1. François Plassat 2010, p. 14
  2. Philip Norman 2010, p. 160
  3. Philip Norman 2010, p. 129
  4. a et b The Beatles 2000, p. 23
  5. Philip Norman 2010, p. 148–149
  6. François Plassat 2010, p. 17
  7. François Plassat 2010, p. 20
  8. Geoff Emerick 2009, p. 68–70
  9. Steve Turner 2006, p. 44, 48 et 57
  10. Steve Turner 2006, p. 31
  11. The Beatles 2000, p. 115
  12. a, b et c François Plassat 2010, p. 24
  13. Steve Turner 2006, p. 61
  14. Steve Turner 2006, p. 80–81
  15. The Beatles 2000, p. 94
  16. Mark Lewisohn 1988, p. 23
  17. François Plassat 2010, p. 36 - 37
  18. Philip Norman 2010, p. 404
  19. The Beatles 2000, p. 195
  20. Steve Turner 1999, p. 101
  21. The Beatles 2000, p. 154
  22. The Beatles 2000, p. 167-169
  23. The Beatles 2000, p. 177
  24. The Beatles 2000, p. 201
  25. The Beatles 2000, p. 212
  26. François Plassat 2010, p. 49 - 50
  27. Philip Norman 2010, p. 492
  28. Geoff Emerick 2009, p. 228
  29. Philip Norman 2010, p. 525 - 526
  30. Philip Norman 2010, p. 544 - 555
  31. François Plassat 2010, p. 69
  32. Steve Turner 1999, p. 198
  33. Philip Norman 2010, p. 597
  34. Steve Turner 1999, p. 211 - 212
  35. Steve Turner 1999, p. 265
  36. Une citation intégralement reprise par Steve Jobs et 2007 pour décrire sa relation avec Bill Gates
  37. François Plassat 2010, p. 52
  38. Philip Norman 2010, p. 620
  39. François Plassat 2010, p. 80
  40. Steve Turner 1999, p. 227
  41. Philip Norman 2010, p. 624
  42. François Plassat 2010, p. 83
  43. François Plassat 2010, p. 82
  44. Philip Norman 2010, p. 625
  45. Philip Norman 2010, p. 669
  46. François Plassat 2010, p. 106
  47. Philip Norman 2010, p. 684 - 685
  48. Jean-Eric Perrin et Gilles Verlant 2010, p. 282
  49. François Plassat 2010, p. 107
  50. François Plassat 2010, p. 116
  51. Philip Norman 2010, p. 743
  52. Philip Norman 2010, p. 785
  53. François Plassat 2010, p. 208 ; 214
  54. François Plassat 2010, p. 339
  55. Bob Spitz (2005). The Beatles: The Biography. Boston: Little, Brown. ISBN 0-316-80352-9. p.133
  56. David Rowley (2008). Help! 50 Songwriting, Recording and Career Tips used by the Beatles. Matador. ISBN 978-1906221-379. p3
  57. Steve Turner 1999, p. 47 ; 57
  58. Steve Turner 1999, p. 84
  59. Steve Turner 1999, p. 154
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  62. a, b, c et d The Beatles 2000, p. 12
  63. a et b Mark Lewisohn 1988, p. 12
  64. Steve Turner 1999, p. 67 - 68
  65. Steve Turner 1999, p. 104 ; 109
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  67. François Plassat 2010, p. 72
  68. François Plassat 2010, p. 55
  69. a et b The Beatles 2000, p. 340
  70. François Plassat 2010, p. 541
  71. Jean-Eric Perrin et Gilles Verlant 2010, p. 60
  72. Daniel Ichbiah 2009, p. 245 - 247
  73. (en) « Do You Want To Know A Secret b/w I'll Be On My Way », Graham Calkin's Beatles Pages. Consulté le 4 novembre 2011
  74. Daniel Ichbiah 2009, p. 38
  75. Steve Turner 1999, p. 41
  76. Steve Turner 1999, p. 259
  77. Ringo Starr n'a signé que deux chansons de son seul nom au cours de sa carrière avec les Beatles, ainsi qu'une avec le duo Lennon/McCartney et plusieurs morceaux crédités aux noms des quatre membres.
  78. Geoff Emerick 2009, p. 167 - 168
  79. Steve Turner 1999, p. 228
  80. Jean-Eric Perrin et Gilles Verlant 2010, p. 156
  81. François Plassat 2010, p. 101
  82. Daniel Ichbiah 2009, p. 38
  83. Daniel Ichbiah 2009, p. 95
  84. Daniel Ichbiah 2009, p. 121
  85. (en) Beatles Covers in UK Charts, Beatles Cover Versions. Consulté le 14 novembre 2011
  86. (en) Beatles Covers in US Charts, Beatles Cover Versions. Consulté le 14 novembre 2011
  87. Daniel Ichbiah 2009, p. 264
  88. Daniel Ichbiah 2009, p. 284

Bibliographie

  • (fr) The Beatles (trad. Philippe Paringaux), The Beatles Anthology, Paris, Seuil, 2000, 367 p. (ISBN 2-02-041880-0) 
  • (fr) Geoff Emerick (trad. Philippe Paringaux, préf. Elvis Costello), En studio avec les Beatles : les mémoires de leur ingénieur du son, Le Mot et le Reste, 2009, 486 p. (ISBN 978-2-915378-99-3) 
  • Pierre Merle, John et Paul : le roman des Beatles, Hors Collection, 2002, 212 p. (ISBN 2-258-05734-5) 
  • (fr) Philip Norman (trad. Philippe Paringaux), John Lennon : une vie, Paris, Robert Laffont, 2010 (1re éd. 2008), 862 p. (ISBN 978-2-221-11516-9) 
  • (fr) Jean-Éric Perrin et Gilles Verlant, Les Miscellanées des Beatles, Éditions Fetjaine, 2010, 324 p. (ISBN 2354251815) 
  • François Plassat, Paul McCartney : l'empreinte d'un géant, JBz & Cie, 2010, 544 p. (ISBN 978-2-7556-0651-5) 
  • (fr) Steve Turner, L'Intégrale Beatles : les secrets de toutes leurs chansons, Hors Collection, 1999, 288 p. (ISBN 2-258-04079-5) 

Wikimedia Foundation. 2010.

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