Ancien palais d'été
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Ancien palais d'été
Image du Ancien palais d'été
Plan des anciens jardins impériaux
Situation
Pays Drapeau de Chine Chine
Région Municipalité de Pékin
Adresse 28 Qinghua West Road, Beijing
Localité Pékin
Code postal 100084
Informations générales
Date de création 1707
Superficie 3,5 km2
Type Jardin, ruines
Informations visiteurs
Ouverture au public oui
Site Internet Site officiel
Coordonnées 40° 00′ 29″ N 116° 18′ 11″ E / 40.008046, 116.30305840° 00′ 29″ Nord
       116° 18′ 11″ Est
/ 40.008046, 116.303058
  

Géolocalisation sur la carte : Chine

(Voir situation sur carte : Chine)
Ancien palais d'été

L’ancien palais d’Été (en sinogrammes simplifiés : 圆明园 ; en sinogrammes traditionnels : 圓明園 ; en pinyin : Yuánmíng Yuán ; littéralement « jardin de la clarté parfaite ») est un ancien palais impérial édifié au XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle à 8 kilomètres au nord-ouest des murs de la Cité interdite à Pékin, par les empereurs Qing Yongzheng et Qianlong. Les empereurs de la dynastie Qing y résidaient et y menaient les affaires d'État (la Cité interdite étant destinée aux cérémonies formelles).

Reconnus pour leur vaste collection de jardins, d'architecture et d'autres œuvres d'art (un nom populaire en Chine était le « jardin des jardins », en sinogrammes simplifiés : 万园之园 ; en sinogrammes traditionnels : 万园之园 ; en pinyin : wàn yuán zhī yuán), les jardins impériaux ont été détruits par les troupes britanniques et françaises en 1860 lors de la Seconde guerre de l'opium. Aujourd'hui, la destruction l’ancien palais d’Été est encore considérée comme un symbole de l'agression et de l'humiliation des étrangers en Chine.

L'ancien palais d'été est situé juste en dehors de la porte ouest de l'Université de Tsinghua, au nord de l'Université de Pékin, et à l'est du Palais d'été.

Sommaire

Histoire

Pavillon dans les ruines de l'ancien palais d'Été

La construction initiale du palais commence en 1707, sous le règne de l'empereur Kangxi et est beaucoup moins vaste que sa superficie finale. Le jardin est conçu comme cadeau au quatrième fils de l'empereur, qui deviendra plus tard l'empereur Yongzheng. En 1725, sous le règne de Yongzheng, les jardins impériaux sont grandement agrandis. Yongzheng y introduit des ouvrages d'eau en créant des lacs, ruisseaux et étangs qui complètent les collines et les plaines. Yongzheng nomme également 28 sites pittoresques du jardin.

Sous le règne de l'empereur Qianlong, la seconde expansion est bien engagée. L'empereur dirige personnellement les travaux d'expansion. Il augmente ainsi le nombre de sites pittoresques du jardin pour atteindre le nombre de 50. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, les jardins connaissent de nombreux aménagements et extensions sous différentes formes.

L'ancien palais d'été était une merveille de l'art chinois, considéré par les Chinois comme le palais des palais. En Occident, les pavillons et les jardins avec fontaines et jeux d'eau, réalisés sous la direction de deux pères Jésuites, Giuseppe Castiglione et Michel Benoist et terminés en 1760, sont connus sous le surnom de Versailles Chinois. En 1860, lors de la seconde guerre de l'opium, sous le règne de l'empereur Xianfeng, tout le site du Yuanmingyuan est pillé, saccagé et incendié par les troupes franco-britanniques. Aujourd'hui, la destruction de l'ancien palais d'été est considérée comme un symbole de l'agression étrangère et de l'humiliation de la Chine.

Victor Hugo écrit dans sa lettre au capitaine Butler : « Cette merveille a disparu. Un jour, deux bandits sont entrés dans le palais d’Été. L’un a pillé, l’autre a incendié. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits. Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre »[1].

Le texte intégral de la lettre est disponible sur Wikisource : Actes et paroles/Pendant l’exil/1861.

Cette lettre n'empêchera finalement pas l'écrivain français de compléter la décoration de sa maison de Guernesey avec quelques somptueuses soieries obtenues auprès d'un officier anglais qui a participé au pillage[2]. Ces soieries serviront notamment à la confection d'un dais festonné au-dessus de la cheminée du salon rouge d'Hauteville House.

Vue d'ensemble du site

Les jardins impériaux étaient composés de trois jardins : le jardin de la clarté parfaite proprement dit, le jardin de l'été éternel (en sinogrammes simplifiés : 长春园 ; en sinogrammes traditionnels : 長春園 ; en pinyin : Chángchūn Yuán), et le jardin élégant de l'été (en sinogrammes simplifiés : 绮春园 ; en sinogrammes traditionnels : 綺春園 ; en pinyin : Qǐchūn Yuán); sur une superficie totale de 3,5 km2. Ils étaient 5 fois plus vastes que la taille de la Cité interdite et représentaient 8 fois la taille de la ville du Vatican. On pouvait y trouver des centaines de sites, tels que des halls, pavillons, temples, galeries, jardins, lacs, etc... Certains paysages connus du sud ouest de la Chine ont été reproduits dans les jardins impériaux, des centaines d'œuvres d'art et de pièces d'antiquité chinoise étaient conservées dans les halls, faisant ainsi des jardins impériaux une des plus grande collection du monde. Certaines copies uniques de la littérature et des compilations étaient également conservées dans ces jardins.

Façade du Haiyantang, gravure sur cuivre 1786

L'ancien palais d'été est souvent associé avec les palaces de style européen (Xi Yang Lou) construits en pierres. Les concepteurs de ces structures, les Jésuites Giuseppe Castiglione et Michel Benoist, ont été employés par l'empereur Qianlong pour satisfaire son goût prononcé pour les bâtiments et objets exotiques. Parfois, les visiteurs peu familiers avec la présentation de l'ancien palais d'été sont induits en erreur en croyant qu'il se composait essentiellement de palais de style européen. En fait, la zone des jardins impériaux à l'arrière du jardin du printemps éternel où les édifices de style européen se trouvaient était marginale par rapport à la surface totale des jardins. Plus de 95 % des jardins impériaux étaient constitués de bâtiments de style essentiellement chinois. Il y avait aussi quelques bâtiments dans les styles tibétain et mongol, reflétant la diversité de l'Empire Qing.

Destruction du palais d'été

Pillage de l'ancien palais d'été par les troupes franco-britanniques en 1860 durant la seconde guerre de l'opium.
Ruines des palaces de style européen
L'ancien palais d'été tel qu'il est représenté dans la peinture traditionnelle chinoise
Le pavillon et l'arche en pierre font partie des rares constructions restantes dans les ruines de l'ancien palais d'été

En 1860, durant la seconde guerre de l'opium, les forces britanniques et françaises, ayant marché de la côte vers l'intérieur des terres, atteignent Pékin. Dans la nuit du 6 octobre, les unités françaises sont détournées de la force d'attaque principale pour faire route vers l'ancien palais d'été.

Bien que le commandant français Cousin-Montauban, assure au commandant britannique Grant que « rien n'a été touché », le pillage généralisé, également par des Chinois, a bien eu lieu[3]. L'ancien palais d'été est occupé par seulement quelques eunuques ; l'empereur Xianfeng ayant fui. Il n'y a pas de véritable résistance face au pillage, même si des soldats impériaux sont postés dans la campagne environnante[3].

Le 18 octobre 1860, le Haut Commissaire britannique en Chine, Lord Elgin, en représailles à la torture et l'exécution d'une vingtaine de prisonniers européens et indiens (incluant deux envoyés et un journaliste britannique du journal The Times), ordonne la destruction du palais[4].

Les envoyés, Henry Loch et Harry Parkes, prennent les devants de la principale force d'attaque sous le pavillon de la trêve afin de négocier avec le Prince I à Tongzhou. Après une journée de pourparlers, ils sont soudainement capturés et emprisonnés avec leur petite escorte de soldats britanniques et indiens. Ils sont conduits au Conseil des Peines, à Pékin, où ils sont enfermés et torturés. Parkes et Loch sont relâchés environ deux semaines plus tard avec 14 autres survivants. Une vingtaine de captifs britanniques, français et indiens meurent. Leurs corps sont à peine reconnaissables. Le traitement qui leur a été réservé provoque une répulsion dans l'armée européenne[5],[6].

L'idée de détruire la Cité interdite est alors émise pour décourager l'empire chinois d'utiliser le rapt comme outil de négociation et pour exacte revanche des mauvais traitements subits par les prisonniers[7] .

Il faut 3 500 soldats britanniques pour mettre le feu à l'ensemble du site, qui brûle pendant trois jours. Le palais est pillé et brûlé à deux reprises : la première fois en 1860 par les forces franco-britanniques, où seulement 13 bâtiments royaux restent intacts, la plupart d'entre eux étant situés dans les régions reculées ou au bord du lac ; la deuxième fois en 1900 pendant l'invasion de l'Alliance des huit nations, il ne resta rien de ce second assaut[8].

Charles Gordon, un capitaine de 27 ans dans les Royal Engineers écrit :

« We went out, and, after pillaging it, burned the whole place, destroying in a vandal-like manner most valuable property which [could] not be replaced for four millions. We got upward of £48 apiece prize money...I have done well. The [local] people are very civil, but I think the grandees hate us, as they must after what we did the Palace. You can scarcely imagine the beauty and magnificence of the places we burnt. It made one’s heart sore to burn them; in fact, these places were so large, and we were so pressed for time, that we could not plunder them carefully. Quantities of gold ornaments were burnt, considered as brass. It was wretchedly demoralising work for an army. »

Ce que l'on pourrait traduire par :

« Nous sommes sortis, et, après l'avoir pillé, avons entièrement brûlé le lieu, détruisant comme des vandales des biens des plus précieux qui ne [pourraient] pas être remplacés pour quatre millions. Nous avons reçu en récompense une pièce en argent de £48 chacun ... J'ai bien fait. Les populations [locales] sont très courtoises, mais je pense que les nobles nous haïssent, comme ils le doivent après ce que nous avons fait au Palais. Vous pouvez à peine imaginer la beauté et la magnificence des lieux que nous avons brûlés. Ça brisait le cœur de les brûler; en fait, ces lieux étaient si grands, et nous étions tellement pressés par le temps, que nous ne pouvions pas les dépouiller avec soin. Quantités de bijoux en or ont été brûlés, considérés comme étant en laiton. C'était un travail misérablement démoralisant pour une armée. »

Le belvédère du dieu de la littérature, photo prise par Felice Beato entre le 6 et le 8 octobre 1860, peu de temps avant que le bâtiment ne soit incendié. Il sera reconstruit presque à l'identique par l'impératrice douairière Cixi.

Une consolation pour les Chinois vient du fait que les pilleurs britanniques et français préfèrent la porcelaine (dont une grande partie se trouve toujours dans les maisons de campagne britanniques et françaises) tout en négligeant les vaisselles en bronze, très prisées localement pour cuisiner et enterrer dans les tombes. Beaucoup de ces trésors datent des dynasties Shang, Zhou et Han et sont âgés de 3 600 ans. Une exception cependant est le pillage de la fontaine du zodiaque située devant le Haiyan Tang (海晏堂, « Hall de la paix nationale ») avec ses douze têtes d'animaux en bronze[9]. Deux de ces têtes créent une polémique en France en 2009, lors de la vente aux enchères de la collection d'Yves Saint Laurent et Pierre Bergé (voir ci-après).

Une fois le palais d'été réduit en cendres, une inscription en Chinois est érigée : « Ceci est la récompense de la perfidie et de la cruauté ». L'incendie du palais est le dernier épisode de la seconde guerre de l'opium[10].

Comme pour la Cité interdite, les citoyens ordinaires n'avaient pas le droit d'entrer dans l'ancien palais d'été, qui était exclusivement réservé à la famille impériale. Mais l'incendie du palais d'été est encore aujourd'hui un problème très sensible en Chine.

Selon le professeur Wang Dou Cheng de l'Université de Pékin, tout Yuanming Yuan ne périt pas entièrement dans l'incendie original[11]. Au fil des ans, cependant, les ruines sont encore pillées par des chasseurs de trésors chinois, y compris pendant la Révolution culturelle.

Critiques

Pour la plupart des Chinois, l'incendie du palais est perçu comme étant barbare et criminel. Certains contemporains Français, tels que Victor Hugo, désapprouvent cette action. Dans sa lettre au capitaine Butler (Actes et paroles/Pendant l’exil/1861), l'écrivain espère que la France se sentira un jour coupable et retournera ce qui a été dérobé à la Chine.

Les évènements ont fait l'objet de nombreux films sur le sujet en Chine. Le plus célèbre de tous est Huo shao yuan ming yuan (火燒圓明園; également connu sous le nom de Incendie du Palais Impérial, ou L'incendie de Yuan Ming Yuan), réalisé par Li Han-hsiang (李翰祥) en 1983. Il s'agit une co-production entre la Chine continentale et Hong Kong qui est encore sous l'emprise britannique à cette époque. Le film est distribué en Allemagne en 1990 sous le titre Das Imperium brennt[12],[13].

George MacDonald Fraser a écrit un roman (Flashman and the Dragon) publié en 1985 qui aborde à la fois la destruction du palais d'été et la Révolte des Taiping. Il s'agit d'un des romans historiques le plus densément documenté de l'auteur, appartenant à la saga des Archives Flashman. Il présente le point de vue européen avec certaines critiques.

Conséquences

Yuanmingyuan zhengda.jpg
Yuanmingyuan wanfang.jpg

À la suite de cette catastrophe culturelle, la cour impériale déménage vers la plus austère Cité interdite, où elle restera jusqu'en 1924, quand le dernier empereur chinois Puyi sera chassé par l'armée républicaine. L'impératrice douairière Cixi construit le Palais d'été (頤和園 - « le jardin de l'harmonie préservée ») près de l'ancien palais d'été, mais à une plus petite échelle que l'ancien palais d'été.

Seuls les palais de style européen ont survécu grâce à leur conception en pierre, contrairement aux édifices en bois de style chinois. Certaines ruines en pierre se trouvent toujours sur le site. Ceci induit en erreur de nombreux visiteurs qui pensent ainsi à tort que l'ancien palais d'été était seulement constitué de bâtiments de style européen.

Quelques bâtiments de style chinois dans le jardin du printemps élégant ont survécu au feu. La cour impériale tenta de restaurer ces bâtiments et essaya de reconstruire l'ensemble du complexe des jardins impériaux, mais il fut impossible de lever suffisamment de fonds et de ressources pour cela à cause de la situation difficile de la Chine à cette époque. En 1900, les structures préservées et restaurées ont été de nouveau incendiées par les forces venues étouffer la révolte des Boxers.

La plupart du site est ensuite laissé à l'abandon et utilisée par les fermiers locaux comme terre agricole. Il faudra attendre les années 1980 pour que le gouvernement chinois se réapproprie le site et le transforme en site historique.

Projets de réhabilitation

Yuanmingyuan fanghu.jpg
Les restes du temple Zheng Jue dans le jardin du printemps élégant sont parmi les quelques sites de l'ancien palais d'été qui ont été rénovés

Il existe actuellement plusieurs programmes en Chine pour la reconstruction des jardins impériaux, mais ceux-ci s'opposent au motif qu'ils vont détruire une relique importante de l'histoire de la Chine moderne. Le gouvernement chinois a donc décidé de conserver le site en ruine, afin de montrer aux générations futures les conséquences de la domination de la part de puissances étrangères. En outre, la reconstruction serait une entreprise colossale, et aucune reconstruction des structures au sol n'a été approuvée. Cependant, les lacs et ouvrages d'eau dans la partie est des jardins ont été recreusés et remplis d'eau, alors que les collines entourant les lacs ont été débroussaillées, recréant ainsi une vision longtemps oubliée.

En février 2005, des travaux sont entrepris pour réduire les pertes d'eau des lacs et canaux à Yuanmingyuan en couvrant un total de 1,33 km2 de leur lit par une fine membrane pour réduire les infiltrations. L'administration du parc fait valoir le fait que cette prévention de fuites permet d'économiser l'argent du parc, puisque de l'eau est ajoutée aux lacs une fois par an au lieu de trois fois l'an. Cependant, les opposants au projet, dont le professeur Zhengchun Zhang de l'Université de Lanzhou, craignent que le projet ne détruise l'écologie du parc, qui dépend de l'infiltration de l'eau des lacs et de la connexion entre les lacs et le système d'eau souterrain. On craint également que la réduction des infiltrations perturbe également le système des eaux souterraines de Pékin qui souffre déjà d'épuisement. Des préoccupations se font aussi à propos des jardins, qui sont un site d'héritage de la ville de Pékin et dont on modifie l'apparence. Ce problème, une fois exposé à la question publique, a immédiatement causé un véritable tollé dans la presse et est à l'origine des débats les plus animés sur internet, en raison du souvenir encore douloureux de l'humiliation des étrangers provoquée par la destruction du jardin des jardins. Le bureau de protection de l'environnement de Pékin a récemment mené une étude d'impact du projet sur l'environnement.

Une copie partielle du palais, le nouveau palais Yuan Ming (圓明新園), est construite en 1997 dans la ville méridionale de Zhuhai, dans la province de Guangdong, comme parc d'attraction[14]. Y sont reconstituées 18 des 40 « scènes » de l'ancien palais d'été à l'échelle 1:1 sur un terrain de 1,39 km2, ce qui représente 1/6 de la surface de l'original.

Rachats des trésors pillés

À ce jour, beaucoup de reliques dérobées dans les jardins sont conservées dans des musées et collections privées étrangers. Bien que le gouvernement chinois tente de les récupérer, seulement quelques statuettes du jardin du printemps éternel de l'empereur Yongzheng ont pu être récupérées. Elles sont maintenant exposées dans le musée national de Pékin.

Les douze têtes de bronze du XVIIIe siècle représentant les douze animaux du zodiaque chinois, et qui faisaient partie d'une fontaine horlogère (l'eau sortait de la bouche d'un animal différent toutes les deux heures) imaginée par le missionnaire jésuite français Michel Benoist, spécialiste en hydraulique, sur commande de l'empereur Qianlong, ont fait l'objet d'une attention particulière.

En avril et mai 2000, le groupe chinois Poly acheta lors de ventes aux enchères à Hong Kong, celles du buffle, du singe et du tigre qui sont maintenant au Musée d'art Poly à Pékin. En 2003, c'est le magnat des casinos de Macao, Stanley Ho, qui achète celle du porc qu'il a offert au gouvernement chinois et qui se trouve au musée de la capitale, puis en 2007, celle du cheval qui est à Macao dans l'hôtel Grand Lisboa[15].

La France et les têtes de rat et de lapin, sont, en 2009, sous le feu de l'actualité. Elles ont été achetées en 1989 par le couturier Yves Saint Laurent et par Pierre Bergé. Le 26 février 2009, elles sont mises en vente aux enchères à l'occasion de la dispersion de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé. Pékin tente alors de les récupérer, sans succès. Pierre Bergé propose de restituer les bronzes de Yongzheng si le gouvernement chinois offre « en contrepartie les droits de l’homme, la liberté au Tibet et (accueille) le dalaï lama ». La suggestion est jugée « ridicule » par le gouvernement chinois[16].

Les deux fragments de la fontaine sont adjugées le 25 février au soir, 14 millions d'euros chacun, à un ou des acheteurs par téléphone, restés dans un premier temps anonymes.

Le 2 mars, dans une conférence de presse à Pékin, l'enchérisseur se fait connaître. Il s'agit de Cai Mingchao, expert auprès du Fonds des trésors nationaux, fondation de droit privé de la République populaire de Chine chargée de racheter à l'étranger les œuvres d'art chinoises. Il déclare que le prix de la vente ne sera pas réglé[17].

Le 19 octobre 2009, la presse chinoise annonce que le gouvernement chinois va envoyer à l'étranger une équipe chargée de recenser les reliques hors du pays, tout en précisant que le retour des pièces ne sera pas forcément demandé[18],[19].

Photos et gravures

Notes et références

  1. Lettre au capitaine Butler, par Victor Hugo sur Le Monde diplomatique. Consulté le 18 juin 2010.
  2. Premier étage Hauteville House Maison d'exil de Victor Hugo. Consulté le 18 juin 2010.
  3. a et b (en) Robert M'Ghee, How we got to Pekin: A Narrative of the Campaign in China of 1860, 1862 [lire en ligne (page consultée le 18 juin 2010)], p. 202-216 .
  4. (en) Immanuel Hus, The Rise of Modern China, 1985, p. 215 .
  5. (en) Garnet Joseph Wolseley, Narrative of the War with China in 1860, London, London, Longman, Green, Longman, and Roberts, 1862 [lire en ligne] .
  6. (en) Garnett Joseph Wolseley, Narrative of the war with China in 1860; to which is added the account of a short residence with the Tai-ping rebels at Nankin and a voyage from thence to Hankow (1862), London, Longman, Green, Longman, and Roberts, 1862, 448 p. (OCLC ocm10947915) [lire en ligne (page consultée le 18 juin 2010)], p. 276 .
  7. (en) George Beer Endacott, A Biographical Sketch-book of Early Hong Kong, 2005 .
  8. (zh) 火燒圓明園. Consulté le 18 juin 2010.
  9. (en) Chinese lawyers apply for injunction to stop sale of stolen relics. Consulté le 18 juin 2010.
  10. (en) Ian Hernon, Britain's Forgotten Wars, 1998 .
  11. (en) Wang Dou Cheng, Should Yuanmingyuan Be Rebuilt?, 2005 [lire en ligne] .
  12. L'incendie de l'ancien palais d'été Incendie du Palais Impérial
  13. "Huo shao yuan ming yuan", http://www.imdb.com/title/tt0085703/ (accès le 18 juin 2010).
  14. (en) New Yuanming Palace sur travelchinaguide.com. Consulté le 18 juin 2010.
  15. (en) « Yuanmingyuan bronze animal heads on show », dans Shenzhen Daily, China Cultural Industries (CNCI), 18 mai 2008 [texte intégral (page consultée le 7 janvier 2011)] 
  16. La "vente du siècle" tient toutes ses promesses sur France Info. Consulté le 18 juin 2010.
  17. Vente YSL-Bergé : l'acquéreur des bronzes chinois refuse de payer sur LeMonde.fr avec AFP, 2 mars 2009. Consulté le 18 juin 2010.
  18. La Chine va recenser les vestiges du palais d'été à l'étranger sur Le Monde. Mis en ligne le 20 octobre 2009, consulté le 20 octobre 2009
  19. Lancement à l'étranger de recherches en vue de retrouver les trésors du Yuangmingyuan sur Le quotidien du peuple en ligne. Mis en ligne le 19 octobre 2009, consulté le 20 octobre 2009

Voir aussi

Bibliographie

  • Bernard Brizay, Le Sac du Palais d'Eté : Seconde Guerre de l'Opium, Editions du Rocher 2003, ISBN 2-268-04852-7
  • Pierre-Jean Rémy, Le Sac du palais d'Été, Gallimard, 1971, roman

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