Analyse psycho-organique

L’analyse psycho-organique, créée à partir de 1975 par Paul Boyesen, s'inscrit dans le foisonnement des psychothérapies contemporaines. Elle est enseignée en France, en Lettonie, au Liban et au Brésil.

Sommaire

Histoire

L’Analyse psycho-organique est l’héritière directe de la Psychologie biodynamique, fondée par Gerda Boyesen, née le 18 mai 1922 à Bergen en Norvège. Ses trois enfants joueront tous un rôle dans le développement des thérapies psycho-corporelles en Europe à la fin du XXe siècle : Ebba Boyesen née le 17 juin 1944, Mona-Lisa Boyesen, le 7 août 1945 et Paul Boyesen le 31 août 1948. Gerda Boyesen travaille en Norvège pendant plusieurs années avant de s’installer à Londres en 1969, faisant des séjours épisodiques à Paris et à Genève. 1969 est aussi l’année où débarquent en France un certain nombre de personnes formées, souvent en peu de mois, aux approches issues de la mouvance californienne. (Institut Esalen). Les dix années qui suivent voient l’éclosion d’une multitude d’approches thérapeutiques, dites psycho-corporelles, dont le point commun, à cette époque, est le rejet des psychanalyses et de la psychiatrie classique.

En 1975, est créé à Paris et à Genève les deux premiers groupes de formation de ce qui s’appelle encore la Psychologie biodynamique. Gerda et Ebba Boyesen sont les initiatrices de cette création à laquelle viendra se joindre Paul Boyesen, la même année. C’est dans ces premières années tumultueuses que Paul élabore ses premiers modèles : d’abord le P.I.T. (Primary Impulse Training), puis le Cercle psycho-organique. En 1978, sont fondés les premiers centres de psychothérapie de Psychologie biodynamique : l’un à Paris (toujours en activité en 2011), l’autre à Genève. Paul réunit autour de lui quelques élèves de ces deux premiers groupes de formation : Jacqueline Besson, Yves Brault, Anne Fraisse, Michel Heller dont les trois premiers formeront le noyau de l’équipe dirigeante de la future école.

En 1982, a lieu le premier colloque de psychologie biodynamique, à Montailleur, près de Chambéry. Deux ans plus tard, se tient un deuxième colloque, en présence de Paul Boyesen, au Château de Gargas, en Ariège. Est alors créée l’Association de psychologie biodynamique. L’École française d’analyse psycho-organique (EFAPO) est elle-même crée en 1985. L’association change de nom en 1989 pour s’appeler Association d’analyse psycho-organique (AAPO). Les années suivantes verront un développement important de ce mouvement. Des formations sont mises en place en Allemagne, au Québec, au Brésil, au Liban et en Lettonie.

Dans la première décennie du XXIe siècle, l’Association d’analyse psycho-organique devient celle qui regroupe le nombre le plus important de psychothérapeutes en France (près de 300). Cependant un grave conflit entre l’école (EFAPO) et l’association (AAPO) conduit à une rupture entre ces deux organismes et la création par l’EFAPO, en 2010, d’une nouvelle association, la SOFRAPSY.

Théorie

L’analyse psycho-organique associe intimement le travail symbolique (le langage, les images) et la conscience du vécu corporel (les sensations organiques, les sentiments et les émotions). Le travail sur le passé est moins une recherche archéologique visant à une compréhension de son histoire qu’à une remise en scène dans l’ici et maintenant de la séance de ce qui n’a pas été accompli dans le passé. Le concept de « choix d’expérience » connote ce point de vue : nous pouvons, à chaque instant, non pas changer notre passé, mais changer notre regard sur notre passé. Et ainsi, retrouver une part de créativité, renouer le contact avec l’impulsion primaire, l’élan vital, en quoi l’analyse psycho-organique reconnait son héritage reichien. En outre, le travail organique permet l’accès non seulement aux souvenirs refoulés mais aussi à des traces mnémoniques inorganisées qui relèvent davantage de la mémoire procédurale que de la mémoire épisodique. Il est possible, dans l’ici et maintenant de la séance, de vivre des expériences nouvelles, une façon nouvelle d’être en relation. L’idée d’autorégulation, l’importance accordée à la détente neuro-végétative indiquent ce que l’analyse psycho-organique doit aux apports de Gerda Boyesen, fondatrice de la Psychologie biodynamique, et mère de Paul Boyesen.

Les trois niveaux

L’analyse psycho-organique repose donc sur des concepts qui lient le psychique et l’organique dans une chaîne dynamique de processus distincts mais interactifs. Elle suppose une organisation sur trois niveaux : l’organique profond, les connexions organiques et le concept. L’organique profond correspond à l’organisation émotionnelle comprenant le cerveau limbique et ses liens avec le système neurovégétatif ; les connexions organiques représentent les défenses musculaires et les postures corporelles ; enfin le concept est lié au système nerveux central qui permet la conscience et la mise en mots des affects profonds. Ces trois niveaux forment un système, c’est-à-dire qu’aucun n’est premier, aucun n’est cause ou conséquence de l’autre. Dès que l’un est activé, les autres sont sollicités. On peut ainsi travailler en partant de n’importe lequel d’entre eux. Mais ce choix n’est pas aléatoire ; le psychothérapeute sera guidé par l’organisation psychique de son client, conduisant à une direction de travail singulière pour chaque personne.


Modèles

L’analyse psycho-organique a créé des modèles originaux :

  • Le « Primary impulse training », dû à Paul Boyesen vers 1975, est une grille permettant un diagnostic dynamique du comportement.
  • Le « Cercle psycho-organique », créé également par Paul Boyesen, développe de façon détaillée le cycle charge/décharge de Wilhelm Reich.
  • Les « Trois formes », créé par Jacqueline Besson et Yves Brault vers 1994, décrit trois modalités relationnelles dont l’ensemble forme un nœud borroméen où chacune des formes est liée aux autres de façon dynamique.

Le P.I.T. (Primary Impulse Training)

Le P.I.T. est une grille de lecture dynamique du comportement assez simple et intuitive. Son intérêt réside dans le fait que le diagnostic implique une direction de travail thérapeutique. Il est constitué de trois triades formant un système indissociable :

  • Sentiment - Expression - Situation
  • Impulsion primaire - réaction secondaire - compromis
  • Passé - présent - futur

Sentiment - Expression - Situation

Le sentiment

Le sentiment n’est pas l’émotion, qui est expression. Il est éprouvé dans un moment d’équilibre entre centre et périphérie. Le sentiment est différent de la sensation, bien qu’en français, le même verbe, sentir, soit utilisé.

La situation

La situation, c’est l’univers des images, des pensées, des constructions abstraites propre à la personne dans un contexte donné. C’est une projection sur le monde extérieur. Ce n’est pas le monde extérieur (la notion de situation objective est sans intérêt dans le champ spécifique de la psychothérapie). Il découle de cela que la situation est une structure qui reflète le choix d’expérience de la personne.

L’expression

C’est le lien entre la situation et le sentiment, une mise en scène porteuse d’une intentionnalité. Il y a deux modes d’expression selon que celle-ci est orientée vers la macro ou bien la micro-régulation : • Le premier versant concerne l’expression orientée vers le monde extérieur en tant que tel. Par exemple, la colère. • Le second versant est lié à la régulation intérieure, la micro-régulation. Par exemple la rage. La rage n’est pas dirigée vers un but. Elle n’est pas focalisée. C’est un processus corporel d’auto-régulation.

Impulsion primaire - Réaction secondaire - Compromis

L’impulsion primaire

L’énergie primaire, c’est l’énergie créatrice. A priori, elle n’a pas de forme. Elle peut être canalisée, actualisée, selon certains modes (vital, émotionnel…), mais en tant que telle, elle est sans forme, ni bonne ni mauvaise : Eros, le chaos indomptable et sans forme. L’impulsion primaire, quant à elle, est vectorisée ; elle est mouvement contenant une intention.

La réaction secondaire

La réaction secondaire, c’est ce qui se passe quand le monde dit « non » à l’impulsion primaire. L’obstacle fait partie de notre expérience du monde. La réaction secondaire fait partie de la vie. Que se passe-t-il quand le monde dit « non » à l’impulsion primaire ? La réaction profonde alors de sauver l’essentiel, c’est-à-dire le sentiment de sa propre identité voire de son existence : c’est la fonction de la colère ou de la rage : la colère est une affirmation du moi, de l’ego (identité) ; la rage, plus archaïque, est plutôt une micro-régulation (existence). Les deux sont des défenses narcissiques, c’est-à-dire des réactions d’auto-conservation. Le prix à payer pour cette protection est la perte de contact avec l’impulsion primaire. Ainsi, la réaction secondaire est-elle le protecteur de l’identité et/ou de l’existence en même temps qu’elle est le destructeur de l’impulsion primaire :

Compromis

Le compromis est une manière de revenir à l’impulsion primaire. Avec le compromis, la personne revient vers son désir et garde quelque chose de l’affirmation d’elle-même.

Passé - Présent - Futur

À un moment donné, la personne peut être en contact avec une vieille situation ou un vieux sentiment. Mais, même si la personne évoque le passé, le travail thérapeutique se fait au présent. Le futur concerne l’aptitude à agrandir son espace dans l’imaginaire. C’est la situation future qui donne l’énergie de réaliser le présent.

En général, il est assez aisé de repérer les excès ou les déficiences concernant tel ou tel éléments des trois triades. On a ainsi un diagnostic structurel qui a une certaine constance et sur lequel il est possible de travailler selon l’approche la plus pertinente. Par exemple, si une personne est très réactive, le psychothérapeute peut partir de l’hypothèse d’une grande insécurité de base facilement réactivée dans la relation duelle.


Le cercle psycho-organique

Le cercle psycho-organique est un modèle en neuf points qui permet de comprendre comment une personne fonctionne dans sa relation à l’autre : modèle cyclique (ou plutôt en spirale), sur lequel on circule sans cesse et où l’on revient constamment au point de départ mais avec un contenu différent. Le cercle psycho-organique est un outil qui permet de voir avec finesse comment une personne accepte ou refuse sa vulnérabilité ontologique, comment elle construit son identité et comment elle prend le risque d’entrer en relation avec le monde.

Le besoin, l’accumulation, l’identité, la force, la capacité

Sur le versant du flux, on décrit cinq points qui correspondent à la construction de l’identité et du désir. Le premier point correspond au besoin fondamental. Historiquement, c’est le moment où l’enfant sort du ventre de sa mère et où il a un besoin urgent d’air et de nourriture. Il est alors complètement dépendant. L’obstacle le plus important est ici le refus de cette dépendance qui n’est pas seulement un fait historique du début de la vie. Le second point est celui de l’accumulation, qui suppose l’existence d’une enveloppe. Trop rigide, elle étouffe et empêche de recevoir ; trop poreuse, elle ne permet pas de retenir. Le troisième point est celui de l’identité. Si la personne se sent suffisamment en sécurité, elle peut explorer et construire son identité corporelle et psychique. Le quatrième point est celui de la force. La force est nécessaire à la construction de l’identité qui suppose également la capacité à s’affronter au monde, à l’autre, dans un mouvement d’exploration des similitudes et des différences. Le cinquième point est la capacité. La force étant là, il s’agit de commencer à lui donner une direction. Que faire de son énergie ? C’est l’endroit du rêve, l’endroit où tout est possible, le lieu où l’on ne se pose pas la question de savoir si les projets sont réalistes ou non.

Le choix

Le sixième point est un point de bascule, c’est celui du choix, donc de l’ambivalence : que choisir parmi tous les possibles, où aller ? Là, bien sûr, le risque est de passer trop vite à l’action sans prendre le temps d’évaluer les risques d’une décision hâtive ou d’hésiter longuement et de ne jamais rien choisir.

L’expression, le sentiment, l’orgonomie

Sur le versant du déflux, on décrit trois points qui correspondent à la relation à l’autre et au cosmos. Le septième point est celui de l’expression. Le choix ayant été fait, il s’agit d’aller vers son désir, d’aller dire, de manifester émotionnellement son choix. Le risque ici c’est de dire trop fort ou trop faiblement son ressenti et ce que l’on veut. Le huitième point correspond au sentiment, au cœur. Par là, il faut entendre la capacité à partager ses sentiments avec un autre. Ce moment est primordial, il rompt la solitude. Il n’est pas fusion, il est communication. Le neuvième point s’appelle l’orgonomie. Il signifie que la circulation énergétique sur le cercle est achevée et qu’une complétude est ressentie dans le corps et l’esprit. C’est un temps de répit, de ressourcement et paradoxalement de création. Car, si dans l’orgonomie, tout besoin est apaisé, le moment viendra de retrouver le premier point du cercle. C’est en ce sens que ce dernier point est aussi un élan pour entamer un nouveau tour avec une direction définie et correspondant à un choix de vie.

Les trois formes

Les trois formes constituent un modèle dynamique définissant trois modes de fonctionnement, trois mondes, trois questions que tout être humain se pose : celle de son existence (forme unaire), celle de son identité (forme duelle) et celle de sa place sociale (forme ternaire). Il est nécessaire de prendre en compte la manière dont les trois formes se nouent et ne pas se contenter de regarder une seule d’entre elles, fût-elle prégnante. L’aspect structurel de ce modèle fait qu’il s’applique à des personnes en grande difficulté aussi bien qu’à des personnes n’ayant pas de pathologies majeures.

La forme unaire

La forme unaire s’actualise lorsque surgit une unité définie par une enveloppe ; c’est la création d’un « JE », arraché d’un magma indifférencié dans un mouvement de pure liberté. C’est le temps de l’existence, celui de la création. Quand ce « JE » est solidement constitué sans être pour autant rigide, la personne ressent une sécurité ontologique, une confiance basique dans la vie. Retourner dans l’indifférencié, là où le temps n’existe pas, où l’espace est infini, ne fait pas peur : c’est la source de la créativité. Mais certaines personnes présentent une fragilité de l’enveloppe qui fait qu’elles se dissolvent et perdent le sentiment d’exister ; d’autres se sentent très angoissées dans l’indifférencié, elles ont peur d’y rester englouties ; d’autres encore y trouvent refuge chaque fois qu’une situation les angoisse… Les deux autres formes peuvent tempérer ou renforcer les difficultés liées à la forme unaire.

La forme duelle

La forme duelle s’incarne dès qu’avec le « JE » apparaît un « TU ». Il ne s’agit plus de s’arracher d’un magma mais de se différencier d’un autre ou des autres tout en les reconnaissant pleinement dans leur identité. Cela exige d’être dans un dialogue constant avec l’autre, parfois dans l’affrontement, le plus souvent en reconnaissant la valeur du partenaire. Fondamentalement la question que pose la forme duelle est celle de l’identité. Qu’est-ce qui distingue une personne d’une autre, qu’est-ce qui fait qu’elles se reconnaissent comme semblables ? La différence des genres (masculin/féminin) est un élément essentiel pour forger une identité. Cette différenciation est dialogique, c’est-à-dire qu’elle n’est pas totale car l’homme ou la femme ont en commun d’être des « humains » et de plus, chaque sexe connaît aussi en lui les caractéristiques de l’autre. Dans la forme duelle, différencier ne sépare donc pas radicalement. Au contraire, distinguer appelle le dialogue, la reconnaissance de qui est l’autre et oblige à forger un lien. Les difficultés dans cette forme, liées au narcissisme, sont adoucies ou majorées selon la manière dont se fait l’alliance avec les deux autres formes.

La forme ternaire

La forme ternaire ajoute un « IL » au « JE » et au « TU » : il y a trois termes. Le « IL », absent, donne un statut aux deux autres. Il hiérarchise, donne une place dans la famille et dans la société. Cette loi venue de l’extérieur est arbitraire, elle ne donne aucun pouvoir personnel sauf celui que permet le statut. La mort qui ponctue la chaîne des générations et oblige à la transmission est aussi implacable. Impossible de permuter les places de fils et de père, celles de grand-mère et de petite-fille ! Le complexe d’Œdipe a bien montré que l’ordonnance des places n’était pas simple, qu’accepter un « IL » impersonnel est contraignant. Cependant ce tiers absent de la relation est aussi un protecteur. Une loi n’est pas qu’obligation, elle est aussi protection si elle a été éditée à partir d’idées justes. Les pathologies liées à cette forme sont les névroses, où il y a lutte entre les désirs personnels et les lois sociales.

Discussion

L’analyse psycho-organique fait partie des méthodes thérapeutiques psycho-corporelles qui ont émergé à la fin du XXe siècle. Ces différentes méthodes partagent bien des points communs ; l’un d’entre eux est le paradoxe d’un héritage à la fois nié et revendiqué : celui des grands fondateurs, Sigmund Freud, Carl Gustav Jung et Wilhelm Reich. Vers les années 1970, les thérapies psycho-corporelles ne se réclamaient que de Wilhelm Reich et se plaçaient clairement en opposition aux psychanalyses freudienne, jungienne ou lacanienne. Mais dix ans plus tard, les espoirs mis dans des méthodes où la dimension symbolique était très simpliste se révélèrent excessifs. Beaucoup de dirigeants de ces mouvements entrèrent alors « en analyse » et parfois pour fort longtemps. D’où un « grand écart » inévitable se traduisant parfois par la prétention à faire la synthèse entre tous ces grands personnages ! Ce qui, compte tenu des divergences radicales entre eux est naturellement impossible. Parallèlement à cette évolution, les psychanalyses se voyaient confrontées à l’émergence des thérapies cognitives et comportementalistes (TCC) dont les tenants acquéraient peu à peu des positions dominantes dans toutes les universités françaises (il faut ici rappeler que la France est un des rares pays où les psychanalyses gardent une grande importance). Face à ces pressions, les psychanalystes ont incontestablement évolué dans leurs pratiques, surtout les psychanalystes d’enfants. Mais cette évolution ne se traduit guère dans le corpus théorique qui semble figé.

L’analyse psycho-organique n’apporte certainement pas une réponse définitive aux paradoxes que nous venons de souligner. Mais ses modèles se déploient en réseaux où les points d’entrée et les interactions sont multiples. Ils ne font pas appel à une causalité linéaire, ouvrant ainsi des perspectives nouvelles dont la discussion peut être féconde :

La création

L’analyse psycho-organique, en accord avec l’optimisme de Lev Vygotski contre le pessimisme freudien et surtout lacanien, considère que le changement est possible. Dans les difficultés de la vie, elle voit le non-réalisé plutôt que le traumatisme : « L’homme est plein à chaque minute de possibilités non réalisées[1]. ».

Le passé

Pour l’analyse psycho-organique, le problème fondamental de la psychothérapie est moins de comprendre ses propres difficultés que de retrouver le contact avec son énergie primaire (créatrice), ce que Cornélius Castoriadis appelle l’imaginaire radical de l’homme[2]. L’évocation du passé est un acte présent qui engage la personne aux niveaux de son organique profond, de ses connexions organiques et de son concept, et cette évocation ouvre la possibilité d’un nouveau choix d’expérience.

Le récit

Freud était fondamentalement un positiviste : il pensait que ses interprétations étaient scientifiques, vraies et intemporelles[3]. Mais l’expérience montre que les récits que nous nous faisons de notre passé change sans cesse ainsi que les interprétations que nous faisons des événements qui nous touchent. Le retour des thérapies psycho-corporelles vers une meilleurs prise en compte de la dimension symbolique ne signifie nullement un retour vers l’unicité et la scientificité prétendue de l’interprétation. Il s’agit bien davantage de déployer les multiples dimensions d’un mythe personnel dont le rapport avec les mythes culturels reste une problématique toujours ouverte.

Associations de professionnels en France

AAPO

L’AAPO, association d’analyse psycho-organique, créée en 1984, membre de la FF2P (Fédération française de psychothérapie et psychanalyse) et de l’EAP (Européen association of psychotherapy et créée en 1984), regroupe des analystes psycho-organiques qui poursuivent activement cette démarche par leur pratique et la recherche clinique. Elle publie tous les ans une revue : ADIRE.

SOFRAPSY

La SOFRAPSY est une association de thérapeutes formés à l’analyse psycho-organique, créée en 2010, suite à la rupture entre l'AAPO (association d'analyse psycho-organique) et l'EFAPO (école française d'analyse psycho-organique).

Liens externes

Notes et références

  1. Lev Vygotski, La conscience comme problème de la psychologie in : Conscience, inconscient, émotions, Éd. La dispute, 2003, Page 76.
  2. Cornélius Castoriadis est un des rares philosophes qui a tenté de penser la création en tant que nouveau, qui n'a jamais existé auparavant.
  3. Freud signa, en 1911, un manifeste en faveur de la création d’une société pour la diffusion de la philosophie positiviste, en compagnie des mathématiciens David Hilbert et Félix Klein et du physicien Albert Einstein.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Analyse psycho-organique de Wikipédia en français (auteurs)

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