La Grand-Combe

44° 12′ 40″ N 4° 01′ 46″ E / 44.2111111111, 4.02944444444

La Grand-Combe
Armoiries
Administration
Pays France
Région Languedoc-Roussillon
Département Gard
Arrondissement Alès
Canton La Grand-Combe
Code commune 30132
Code postal 30110
Maire
Mandat en cours
Patrick Malavieille
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Grand’Combien
Démographie
Population 5 187 hab. (2008)
Densité 432 hab./km²
Géographie
Coordonnées 44° 12′ 40″ Nord
       4° 01′ 46″ Est
/ 44.2111111111, 4.02944444444
Altitudes mini. 169 m — maxi. 623 m
Superficie 12,01 km2

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La Grand-Combe est une commune française, située dans le département du Gard et la région Languedoc-Roussillon.

Sommaire

Géographie

Commune située sur le Gardon, à quelques kilomètres au nord d'Alès dans les Cévennes gardoises.

Étymologie

Le Gardon d'Alès à La Grand-Combe

"Combe" est un nom féminin issu du celte "cumba" et désigne tout simplement une vallée. Dans le français du XXe siècle il a pris le sens savant et spécialisé de vallée creusée le long d'une structure anticlinale mais c'est du sens originel que provient le nom de la ville. La forme féminine « grand » sans "e" est un archaïsme directement issu du latin. On le retrouve dans grand-mère, grand-messe, grand-rue, La Grand-Croix (Loire), Grand-Croix de la Légion d'honneur, ce n'est pas grand-chose. Il n'y a pas eu élision du e mais cette lettre a été ajoutée en français moderne pour uniformiser tous les féminins. L'apostrophe, souvent utilisée dans ce cas au XIXe siècle, n'a donc pas lieu d'être c'est pourquoi elle a été remplacée au XXe par un trait d'union.

Histoire

Dolmen du Ronc Traoucat
Vue de la Grand-Combe depuis Les Salles-du-Gardon
Chevalement de l'ancienne mine du puits Ricard, actuelle « maison du Mineur »

Ville champignon surgie pendant la Révolution Industrielle, celle-ci est érigée en commune en 1846, à partir des territoires des communes de Laval, Portes, Sainte-Cécile-d'Andorge et Les Salles-du-Gardon. La vallée fut l'un des berceaux de l'exploitation des Mines de charbon des Cévennes, dès le Moyen Age, mais c'est véritablement vers 1780 sous l'impulsion de Pierre-François Tubeuf que démarra une exploitation proto industrielle beaucoup plus rationalisée avec fonçage de puits, boisage des galeries etc.

La Compagnie des Mines de la Grand’Combe et des chemins de fer du Gard fut créée en 1836 par le grand capitaine d'industrie Paulin Talabot (1799-1885). Ainsi dès 1841, La Grand-Combe et Alès sont reliées au réseau sur l'actuelle ligne des Cévennes, pour désenclaver les gisements de charbon du bassin houiller d'Alès. La "Ligne des Cévennes" est prolongée en 1867 jusqu'à Brioude via Chamborigaud. La Grand-Combe devient chef lieu de canton en 1858.

Tout au long de son histoire, la Compagnie des mines de la Grand-Combe est prospère. C'est une entreprise commerciale de premier plan qui alimente en charbon la marine nationale et marchande, ainsi que les chemins de fer. Elle flanque ses briquettes d'une ancre de marine, qui est sa marque en Méditerranée. Son "boulet le croissant" chauffe les maisons à Marseille et dans de nombreuses villes en France. La Compagnie de la Grand'Combe a en outre porté à sa perfection le « paternalisme », une doctrine sociale fondée sur la satisfaction des besoins matériels et spirituels de la main-d'œuvre qu'elle veut s'attacher. L'ouvrier est pris en charge de la naissance à la mort : il a droit à la gratuité du logement, du chauffage, de la scolarité, des soins, à des vivres à prix coûtant, il touche un très bon salaire. En échange il doit se plier à une morale et une pratique religieuse sans faille. De sorte qu'on peut dire qu'il y a eu à la Grand-Combe une alliance entre le trône et l'autel jusqu'à la première guerre mondiale. Son église édifiée de 1856 à 1864 en est la meilleure preuve. La plus grande église du Gard est une véritable cathédrale. Les protestants ne sont toutefois pas oubliés puisque la Compagnie construit pour eux en 1868 un temple à colonnades au quartier de Trescol. Après 1918, la ville tend à élire des maires plus indépendants de la compagnie, et se dote de municipalités socialistes puis, plus récemment, communistes. Les luttes et les grèves y sont alors plus fréquentes. Tandis que le niveau des rendements des autres compagnies minières stagne, celui de la Compagnie des mines de la Grand'Combe reste élevée (près de 1 000 000 de tonnes annuellement). La nationalisation intervenue en 1946 regroupe toutes les compagnies privées. Les Houillères du bassin des Cévennes ainsi créées embauchent et modernisent certains puits jugés plus rentables. Un record de production est atteint en 1958 avec 3 300 000 tonnes avec un effectif de 20 000 ouvriers sur l'ensemble du bassin houiller d'Alès - La Grand-Combe. La ville va atteindre 17 000 habitants en 1960. De nombreux logements sociaux et immeubles modernes pour loger les ouvriers sont construits à cette époque, notamment au quartier du Trescol. Ce quartier, bien que fortement réhabilité au début des années 2000 est aujourd'hui défavorisé (plus de 50% de taux de chômage) et est classé en zone urbaine sensible (ZUS)[1].

Cependant, cette période euphorique n'est que de courte durée. La concurrence d'autres sources d'énergie, le pétrole notamment, et les plans quinquennaux qui programment la fin du charbon en France contribuent à des fermetures de puits. Et l'on parle très vite de licenciements, de reconversions... et à nouveau d'exode pour les Cévenols qui s'étaient accrochés au pays et à leur métier hors norme.

Au cours des années 60 et 70, les puits ferment les uns après les autres. En 1968, le site de Rochebelle à Alès est fermé, en 1978 fermeture du puits Ricard, le puits Destival (sur Alès) en 1984 et la fermeture du puits des Oules en 1985 marque la fin de l'exploitation du charbon dans les Cévennes.

La Grand-Combe reste une ville très sinistrée depuis la cessation des activités des mines, la ville se vide peu à peu de plus de la moitié ses habitants et atteint aujourd'hui à peine 5 187 habitants. Le taux de chômage y est très important (près de 40%).

Cependant, depuis quelques années, l'hémorragie semble s'être freinée, le déclin s'est arrêté et La Grand-Combe peut regarder l'avenir avec beaucoup plus d'optimisme. L'activité économique se tourne aujourd'hui vers les nouvelles technologie de pointe et vers le tourisme.

L'ensemble des installations minières du puits Ricard est classé monument historique depuis un arrêté du 14 mai 2008. Ainsi, l'empreinte sociale et industrielle minière de ce territoire est reconnue comme patrimoine national et va avoir les moyens de parcourir le temps.

Administration

L'hôtel de ville
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2001 Patrick Malavieille PCF Député (1997-2002), Conseiller général du Canton de La Grand-Combe depuis 1988
2001 2008 Denis Aigon PCF  
2008 en cours Patrick Malavieille PCF Vice-président du Conseil général, vice-président de l'Association des maires du Gard
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique
(Source : Ehess[2] et INSEE[3])

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
              4 011 4 730
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
6 315 7 780 9 362 8 872 10 152 12 138 11 341 13 141 13 358
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
11 484 11 292 11 547 11 232 12 378 12 116 12 343 14 165 14 565
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008  
14 440 13 240 10 452 8 329 7 107 5 800 5 332 5 187  

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes



La population continue de diminuer. En moins de cinquante ans, la Grand-Combe a perdu près des deux tiers de ses habitants. Ce qui donne un côté « grande ville » (nombreux immeubles modernes et "barres HLM"), pour cette commune peuplée de seulement 5 187 habitants.

Lieux et monuments

La maison du Mineur, ancien site de la mine du puits Ricard
Église Notre-Dame de l'Immaculée Conception
Buste de Léo Larguier devant le lycée Léo-Larguier à La Grand-Combe
  • Église Notre-Dame de l'Immaculée Conception dans le style des églises de l'est de la France édifiée de 1857 à 1864 en grès par la Compagnie des Mines. Imposante nef dont la charpente est métallique et de grande portée. Bel orgue Cavaillé Coll datant de 1880 et très nombreux vitraux conférant à l'édifice une belle luminosité. Son puissant clocher en façade à la flèche à 4 pans en pierre culmine à 55 mètres de hauteur.
  • Musée du mineur : la "Maison du mineur" propose une rétrospective réaliste du travail et de l’univers des "mans negros pan blan" (mains noires mais pain blanc) sur l'ancien carreau du puits Ricard. Une découverte émouvante du patrimoine et de l’histoire du bassin minier de La Grand-Combe notamment dans la « salle des lavabos » appelée dans le Nord « salle des pendus » où les mineurs, avant la descente jusqu’à 800 mètres de profondeur, suspendaient leurs habits dans des paniers métalliques. On peut aussi, aux abords du puits Ricard, visiter la salle des machines électriques datant de 1935. Accompagnement facultatif par des guides, rencontre possible avec des anciens mineurs dans la mesure de leur disponibilité.
  • Ruines de la chapelle Saint-Andéol de Trouillas
  • vestiges des plans inclinés de la Compagnie minière de Portes et Sénéchas sur la commune de Sainte-Cécile-d'Andorge avec les tours des Pinèdes et du Simonet.
  • Patrie d'adoption du poète maçon, d'origine nîmoise, Mathieu Lacroix (1819-1864), un des premiers félibres, ami de Frédéric Mistral et d'Alphonse Daudet qu'il initie aux vers provençaux quand ce dernier est au collège d'Alès (Gard). Mathieu Lacroix, est le fils d'Anne Lacroix, fille mère, originaire de la commune de Rochegude. Ce poète ouvrier qui a connu une enfance difficile d'orphelin, a été publié de son vivant. Pauvro Martino qui raconte une tragédie minière, un coup de grisou, fut publié en 1855 par Casimir Bousquet, alors bibliothécaire de la ville de Marseille. La ville de la Grand-Combe avait érigé à Mathieu Lacroix un buste en 1899 du sculpteur Tony Noël, Grand Prix de Rome.
  • Léo Larguier, poète.
  • Myriam Abel.
  • Jade Kindar-Martin, funambule.

Voir aussi

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Notes et références

Liens externes


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