Ambulancier
Ambulancier
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Appellation(s) Ambulancier, aussi appelé Paramédic dans plusieurs pays
Secteur(s) d'activité Soins médicaux ou préhospitaliers/Transport/Logistique/Paramédical
Niveau de formation variable selon les pays

Un ambulancier ou paramédic est un professionnel de santé paramédical qui a pour rôle la prise en charge et le transport de malades, de blessés ou de parturientes dans des véhicules de transport sanitaire adaptés pour des raisons de soins ou de diagnostic. Il administre si nécessaire les premiers secours seul ou assisté d'une équipe médicale.

La notion et le rôle de l'ambulancier varie en fonction des pays. En France, elle est très différente du technicien ambulancier québécois exerçant comme paramedic.

Sommaire

Rôle et formation

Le rôle et la formation des ambulanciers dépendent de l'organisation des secours dans chaque pays.

Dans les pays ou zones où la médicalisation est fréquente et décidée dès l'appel téléphonique, le cas notamment des pays ayant développé un Samu (comme la France et la Belgique), le rôle des ambulanciers est le transport d'une victime stabilisée (c'est-à-dire dont l'état de santé est peu susceptible d'évoluer dans l'heure qui suit) ; dans le cas inverse, ils sont assistés d'une équipe médicale composée généralement d'un infirmier et d'un médecin (équipe SMUR).

Dans les pays où la médicalisation est rare ou inexistante, le médecin est appelé en renfort par l'ambulancier, ou dans quelques cas est envoyé en première intention (cas des pays anglo-saxons, de l'Europe du Nord et de la Suisse) : les ambulanciers se voient déléguer des gestes médicaux pour pouvoir transporter des victimes instables (paramedics).

Les formations proposées varient en fonction de la nature de l'activité de l'ambulancier. Ceux ayant une formation de secourisme peuvent transporter les victimes stables ou assister l'équipe médicale. Leur formation s'échelonne entre 90 et 800 heures de formations, concernant notamment les gestes de premiers secours. Les paramedics se voient déléguer des gestes médicaux dans le cadre d'un protocole de soins (intubation trachéale, pose d'une perfusion, administration de médicaments), et dont la formation dure de 900 à 5000 h.

Caractéristiques du métier

  • Ce n'est pas un médecin : mais il doit faire un bilan à partir d'une histoire, de signes, de symptômes afin d'administrer les gestes de premiers secours et transmettre un rapport complet au personnel médical qui prendra en charge la suite des soins au patient.
  • Ce n'est pas un infirmier : mais il applique des techniques de soins dans l'ambulance pour assurer des positions correctes et le confort du patient pendant le trajet.
  • Ce n'est pas un travailleur social : mais il est souvent en contact avec des personnes souffrantes, âgées, sans ressources, sans chauffage ou nourriture, vivant dans de pauvres conditions. Il doit connaître et comprendre les lois qui protègent les malades mentaux.
  • Ce n'est pas une sage-femme : mais il est amené à assister les parturientes pendant le transport, ou pratiquer des accouchements à domicile, dans l'ambulance ou dans des environnements non convenables pour la mère ou le bébé.
  • Ce n'est pas un policier : mais il doit connaître, comprendre et appliquer le Code de la Route et les autres lois qui régissent la société.
  • Ce n'est pas un sapeur-pompier : mais il doit connaître et appliquer les techniques de sauvetage, de manutention, les effets des substances toxiques.
  • Ce n'est pas un mécanicien : mais il doit avoir des connaissances de base en mécanique pour détecter les pannes et entretenir son véhicule.
  • Ce n'est pas un sociologue, un psychologue : mais il doit aider les gens dans des situations de détresse, dans les attitudes affectives et connaître la conduite à tenir suivant les cultures particulières. Il est amené à donner son avis sur des cas quand le médecin régulateur le lui demande.
  • Ce n'est pas un directeur : mais il dirige une situation, projette à court terme, utilise des ressources propres pour achever un objectif établi, et manipule l'environnement pour atteindre l'objectif.
  • Ce n'est pas un physiologiste : mais il doit être capable d'identifier les effets physiologiques des accélérations/décélérations changement de direction sur l'état de santé du patient qu'il transporte.
  • Ce n'est pas un pilote de course : mais il doit maitriser son véhicule et savoir apprécier la circulation qui l'entoure pour mener l'ambulance en sécurité sur le lieu d'intervention, conduire son patient confortablement à destination, et rouler vite si nécessaire.
  • Ambulancier, c’est entreprendre : une mission de secret professionnel que le Médecin lui confie par la prescription médicale de transport… un accompagnement attentif du patient dans le respect et la dignité humaine, afin d’aider physiquement, surveiller, protéger, rassurer, transporter, conduire tout en veillant à l’intégrité physique de son patient jusqu’au centre de soin (cabinets médicaux, centres hospitaliers, autres lié à la santé du patient) compréhension et gentillesse, être rassurant et détendre l’atmosphère. Entourer le patient avec le maximum d’attention de sécurité et de confort.
  • Ambulancier, c’est être disponible en attente pour aider le médecin lorsqu’il juge sa présence nécessaire à ses côtés, et ou être disponible pour la famille qui accompagne le patient…
  • Ambulancier, c’est accompagner ou aider le patient si le besoin en est nécessaire, et ou anticiper les démarches administratives (admission, sortie, consultation, prochain rendez-vous en centre de soins, prescription médicale de transport obligatoire pour la mission confiée par le médecin)
  • Ambulancier, c’est appliquer des règles d’usage non écrites mais de conscience : politesse, courtoisie, amabilité avec les professionnels de santé, discrétion avoir un mode de vie discret, celle-ci s’applique tant dans la vie professionnelle que dans la vie privée. Ne pas parler négativement de la maladie au malade, de l’hôpital du médecin (on ne critique ni les soins, ni la restauration)
  • Ambulancier, c’est de l’entraide, être courtois poli envers les professionnels de santé et autres acteurs du transport sanitaire.
  • Ambulancier, c’est agir en professionnel, le respect des règles de droit écrites : la règlementation du transport sanitaire, le code de la route, code de la santé, … on ne peut exercer correctement sa profession qu’en connaissant correctement les règles qui la régissent. C’est utile pour informer les patients sur les démarches à suivre, ainsi que pour remplir les formalités nécessaires à la prise en charge des transports.
  • Ambulancier, c’est un travail de haute disponibilité (à tout heure) Pas d’heure pour terminer, rien est prévu à l’avance, tout est soudain comme la pause sauf l’heure de début de journée…connue vers 20h00 le soir par un appel confirmé au téléphone.
  • Ambulancier, c’est aussi être disponible pour l’entreprise environ 06h00 "bénévolement" par semaine (voir les accords cadre du temps de travail), travailler deux samedis par mois entre 11h00 et voir 14 heures d’amplitude, ou même le samedi et le dimanche avec ces amplitudes, deux fois par mois, et parfois n’avoir aucune pause bien à lui… simplement un casse-croute entre deux transferts.
  • Ambulancier, c’est être de garde départementale par tranche de 12 heures de suite de jour ou de nuit à tous moment au service du SAMU deux, quatre fois ou plus par mois selon l’organisation interne de l’entreprise d’ambulances et préfectoral.
  • Ambulancier, c’est assurer la gestion de l’ambulance, remplacement et désinfection des matériels médicaux (date de péremption des produits) Veiller au bon état de marche de son ambulance.
  • Ambulancier, c’est un combattant avant tout, un duel permanent avec son employeur qui est un commercial (le rendement financier, le cota) pour le patient qui est une vie en souffrance (demande de l’écoute, de l’attention)

Exercice par pays

En Belgique

La profession de secouriste-ambulancier fait l'objet d'une législation depuis décembre 2008 (elle entrera en vigueur trois ans après). Cette législation a un temps de mise en œuvre de trois ans. Cfr. en effet l'article 77 de la loi du 19/12/2008 portant des dispositions diverses en matière de santé (Mon. du 31/12/ 2008) insérant, dans l'AR no 78 du 10/11/1967 relatif à l'exercice des professions des soins de santé, un chapitre Ier quinquies intitulé "L'exercice de la profession de secouriste-ambulancier" et comportant les articles 21vicies et 21unvicies nouveaux.

Pour exercer la profession de secouriste-ambulancier dans le cadre de l’aide médicale urgente, il faut être titulaire d’un brevet délivré par un centre de formation et de perfectionnement (il en existe un par province). Ce brevet est valable 5 ans et est délivré au terme d’une formation initiale de 160h au minimum (80 h de cours théoriques, 40 h d’exercices pratiques et 40 h de stage). Les candidats disposent de deux tentatives pour réussir les épreuves d’évaluation. Une fois titularisé, le secouriste-ambulancier doit suivre une formation permanente de 24h chaque année. Il est réévalué tous les 5 ans.

Comme tous les professionnels de la santé, les ambulanciers sont tenus au secret médical. Ils ne peuvent donc divulguer des faits qui pourraient donner lieu à des poursuites pénales à charge du patient, même si les faits résultent d’un comportement criminel. Dans la pratique, cela signifie par exemple qu’ils ne peuvent répondre aux questions d’un représentant de l’ordre concernant les données médicales d’une personne qu’ils ont secourue. En revanche, rien ne leur interdit de confier des données relatives à un patient à une autre personne soumise au secret professionnel, par exemple un médecin ou un autre ambulancier.

En France

Ambulance privée strasbourgeoise.

On distingue deux catégories : les auxiliaires ambulanciers et les ambulanciers diplômés d'État .

Auxiliaires ambulanciers

Jusqu'en 2006, on parlait d'ambulancier catégorie 1. Le terme a été changé en auxiliaire ambulancier par un arrêté (26 janvier 2006) qui rend obligatoire à compter du 1er janvier 2008 une formation initiale de 70 h dispensée dans un IFA (institut de formation ambulancier) Après l'application de ce décret, deux classes d'ambulanciers professionnels apparaissent :

  • Ambulancier catégorie A : AFGSU (niveau 1 ou 2) + 70h de formation - qui peut demander une conversion de son expérience professionnelle (VAE).
  • Ambulancier catégorie B : C.C.A. (Certificat de Capacité d'Ambulancier) qui obtient l'équivalence D.E.A. par arrêté ministériel ou D.E.A. (Diplôme d'État d'Ambulancier).


Le professionnel titulaire du poste d’auxiliaire ambulancier est l'unique membre d'équipage du véhicule sanitaire léger (VSL, conduite intérieure à carrosserie blanche portant 3 croix bleues, sans avertisseur spéciaux, pouvant transporter simultanément jusqu'à 3 patients autonomes ou demandant une assistance légère au déplacement) ou est le second membre d’une équipe constituée de deux professionnels (dont au moins un détenant le DEA) dans l’ambulance de type A, B ou C suivant la nouvelle norme NF EN 1789 2007 (véhicule sanitaire spécialement aménagé pour le transport de malades, blessés ou parturientes en position allongée, assise ou semi-assise).

L’auxiliaire ambulancier doit disposer à dater du 1er janvier 2008 :

  • d’un permis de conduire conforme à la règlementation en vigueur et en état de validité ;
  • de l’attestation préfectorale d’aptitude à la conduite d’ambulance après examen médical effectué dans les conditions définies à l’article R. 221-10 du code de la route ;
  • d’un certificat médical de vaccinations conforme à la règlementation en vigueur fixant les conditions d’immunisation des professionnels de santé en France.
  • d'un attestation médicale de non-contre indication à la profession d'ambulancier délivrée par un médecin figurant sur la liste départementale des médecins agréés par la préfecture.
  • de l'AFGSU niveau 1 (Attestation de Formation aux Gestes et Soins d'Urgence) ou d’une formation équivalente reconnue par le ministère chargé de la santé, entre le 1er janvier 2008 et le 1er janvier 2010, pour les auxiliaires ambulanciers en premier emploi dans cette fonction qui exercent pendant une période cumulée au plus égale à trois mois ; ou pour les professionnels qui exercent cette fonction pendant une période cumulée supérieure à trois mois et pour tous les personnels au-delà du 1er janvier 2010, à l’exception de ceux ayant déjà assuré de telles fonctions avant cette date :
    • d'une attestation de stage de découverte de 140 heures effectuées dans un centre ambulancier.
    • d’une attestation de formation de 70 heures avec évaluation des compétences acquises. Cette formation porte sur l’hygiène, la déontologie, les gestes de manutention, les règles du transport sanitaire et sur les gestes d’urgence en vue de l’obtention de l’AFGSU niveau 2 ou d’une formation équivalente reconnue par le ministère chargé de la santé. Cette formation est délivrée par les instituts de formation autorisés pour la formation au diplôme d’ambulancier.
    • de l'AFGSU niveau 1 et 2 (21 heures en moyenne) ou d'une formation équivalente reconnue par le ministère chargé de la santé.

Ambulanciers Diplomés d'Etat

Pour exercer, un ambulancier doit disposer d’un diplôme délivré par le préfet de région (DRASS) qui atteste les compétences requises pour exercer la profession.

Depuis le 2 septembre 2007, le CCA (certificat de capacité ambulancier) et le DA (diplôme d'ambulancier) sont devenus Diplôme d'État d'Ambulancier (DEA), selon le décret 2007-1301, avec effet rétroactif (les détenteurs diplômés antérieurs sont détenteurs du DEA par équivalence).

La formation est effectuée dans un Institut de Formation Ambulancier (IFA), le pré-requis à l'admission est celui de l'auxiliaire ambulancier (attestations médicales, attestation de conduite, permis de conduire valide, stage de découverte 140 heures .Toutefois, l'examen d'admission est une constante dans tous les IFA. Certains niveaux de formation des carrières de santé permettent d'être exonéré d'une partie des épreuves d'admission. Il faut se renseigner auprès de son IFA pour en connaître les modalités. Le diplôme d'auxiliaire ambulancier n'est pas un pré-requis à l'inscription en IFA ni l'AFGSU qui est inclus dans le temps de formation du DEA (Module 1-Geste d'Urgence) et ne doit pas faire l'objet d'une formation supplémentaire repayé par l'élève DEA.

Rôle au sein de compagnies privées de transport en ambulances

Les entreprises de transports sanitaires sont agréées par le préfet (DDASS) pour effectuer les transports sanitaires urgents et non urgents. Elles emploient des personnels de santé (auxiliaires ambulanciers, ambulanciers DEA), du personnel administratif et du personnel technique (entretien, maintenance). Elles assurent le transport sanitaire allongé, semi-allongé, assis avec surveillance ou sans surveillance, à l'aide de véhicules spécialement aménagés, des personnes malades, blessées ou parturientes (femme qui va accoucher) du lieu où elles séjournent vers une structure de soin, et/ou inversement, en cas d'urgence (Agrément no 1) ou en cas de soins, traitement ou diagnostic sur prescription médicale (Agrément no 2) cela inclus les consultations, hospitalisations médicales ou chirurgicales (entrée/sortie), les soins récurrents (dialyse, chimiothérapie, radiothérapie et traitements itératifs...). Les transports sanitaires sont remboursés sous conditions médico-administratives par l'Assurance maladie suivant la législation et la réglementation en vigueur. Les ambulanciers privés se chargent aussi des transports entre les structures de soins ou plateaux médico-techniques (transports dits secondaires ou transferts inter-hospitaliers).

Dans le cadre de l'agrément no 1, les entreprises d'ambulances privées sont tenues de participer dans la mesure de leurs moyens techniques et humains à l'Aide Médicale Urgente et la Permanence Des Soins (AMU-PDS). Chaque entreprise, à tour de rôle, doit ainsi mettre journellement un ou plusieurs équipages à la disposition du SAMU qui les missionnent pour des transports sanitaires primaires médicalisés ou non vers les services d'urgence des centres hospitaliers publics ou privés. Suivant la législation, le lieu d'intervention n'est pas exclusif, les ambulanciers privés sont donc amenés à effectuer des missions de secours à personne sur la voie publique. Néanmoins, ils n'ont pas la capacité technique du dégagement de victimes incarcérées ou enfouies. En cas de carence d'ambulances privées (absence de moyen), le SAMU peut missionner un Véhicule de Secours et d'Assistance aux Victimes (VSAV) des Sapeurs-Pompiers mais ceux-ci n'ont pas vocation à effectuer des transports sanitaires et ce type d'intervention doit rester exceptionnel.

Les ambulances privées bénéficient de facilités de passage lorsqu'elles utilisent leurs avertisseurs spéciaux (feux à éclats, avertisseurs sonores dits 3 tons). Les usagers ont donc l'obligation de leur faciliter le passage. Les ambulances privées bénéficient de la priorité de passage lorsqu'elles participent à l'Aide Médicale Urgente (AMU-PDS) et qu'elles sont équipées des avertisseurs sonores et lumineux prévus à cet effet (Mission de Service Public, Agrément no 1) ou lorsqu'elles sont escortées par la police/gendarmerie. Certaines ambulances privées peuvent être réservées exclusivement à l'usage du SAMU, dans ce cas l'équipage ambulancier est complété d'une équipe médicale (médecin, infirmier). Ces véhicules d'intervention deviennent des ambulances SMUR/UMH (Service Médical d'Urgence et de Réanimation, Unité Mobile Hospitalière), elles sont équipées de feux bleus à éclats et d'avertisseurs sonore spécifiques (dits 2 tons) distincts de ceux des autres ambulances (dits 3 tons) ne participant pas à l'AMU-PDS. Elles possèdent en plus des inscriptions sur la carrosserie qui indiquent leur appartenance au SMUR.

Classification des ambulances

Il y a trois types d'ambulances routières équipées d'un poste d'oxygénothérapie, suivant la nouvelle norme NF EN 1789 2007 transcrite en droit français :

  • Le type A, décliné en deux sous-types :
  1. A1, véhicule sanitaire conçu et équipé pour le transport d'un patient unique dont l'état de santé ne laisse pas présager qu'il puisse devenir un patient en détresse
  2. A2, véhicule sanitaire conçu et équipé pour le transport d'un ou plusieurs patients, sur un (des) brancard(s) et/ou fauteuil(s), dont l'état de santé ne laisse pas présager qu'il(s) puisse(nt) devenir un(des) patient(s) en détresse
  • Le type B (ambulance de soins d'urgence), véhicule sanitaire conçu et équipé pour le transport, les premiers soins et la surveillance de patients. Cette ambulance peut ponctuellement être utilisée comme UMSI à condition d'être aménagée et équipée en conséquence.
  • Le type C (Unité Mobile de Soins Intensifs), véhicule sanitaire conçu et équipé pour le transport, les soins intensifs et la surveillance de patients.

Les ambulances routières possèdent réglementairement (législation), suivant leur type, le même équipement. Hormis le type C, elles ne sont pas équipées de matériel médical spécifique, sauf lorsqu'un cahier des charges local le précise (Aide Médicale Urgente, SMUR/UMH, Permanence Sanitaire). Dans ce cas soit l'équipage ambulancier a reçu la formation nécessaire à la mise en œuvre de ce matériel médical, soit il est accompagné d'un médecin et/ou d'un infirmier qualifié.

Organisation de la garde ambulancière départementale et régulation des transports sanitaires urgents

La participation à la garde départementale dans le cadre de l'Aide Médicale Urgente et de la Permanence des Soins (AMU-PDS) est obligatoire suivant leurs moyens techniques et humains pour toutes les entreprises privées de transports sanitaires (sauf dérogation préfectorale). Cette garde est organisée dans chaque département par l'Association départementale des transports sanitaires Urgents (ATSU, statuts-type publiés au J.O.), regroupant les entreprises d'ambulances privées. L'équilibre financier de l'entreprise de permanence est assuré par le paiement des transports effectués (réduit de 60% du tarif S.S.), ainsi que le paiement par l'Assurance Maladie d'un forfait de 346 € par permanence pour compenser la mise à disposition de l'équipage ambulancier pendant 12 heures d'amplitude journalière. Pour répondre à ces permanences départementales organisées par secteurs géographiques, l'entreprise place l'équipage ambulancier et le véhicule ambulance (au moins type B) sous les ordres et à la disposition du SAMU/centre 15. Au cours de cette période, l'équipage (deux professionnels, dont un au moins possédant le DEA) est rémunéré par son entreprise pour 12 heures qui entrent dans son amplitude hebdomadaire de travail. Dans ce cas, l'équipage est obligatoirement de repos 11 heures avant et 11 heures après sa permanence (Conférer: Convention Collective Nationale des transports routiers, section transports sanitaires).

Selon les départements (cahier des charges de la garde ambulancière AMU-PDS) et les conventions entre le SAMU/C15 et L'ATSU départementale, les entreprises d'ambulances peuvent mettre une personne à disposition au Centre de Réception et de Régulation des Appels (CRRA) du SAMU/C15 afin de réguler les demandes de transports sanitaires dans le cadre de la garde départementale. Ceci permet de dégager le PARM (permanencier du CRRA) de cette tâche.

Rôle au sein d'un SMUR

Dans les Services Mobiles d'Urgence et de Réanimation (SMUR), l'équipage d'une Unité mobile hospitalière (UMH) comprend un ambulancier titulaire du diplôme d'État d'ambulancier et de la Formation d'adaptation à l'emploi (FAE) d'ambulancier de SMUR de la fonction publique hospitalière, ainsi que du permis C ou/et D et un stage de conduite d'urgence. (arrêté du 26 avril 1999 J.O. Numéro 113 du 18 mai 1999 page 7295).

Cette formation d'adaptation à l'emploi est validée par une attestation de suivi de formation délivrée par le centre d'enseignement des soins d'urgence (CESU)

Règlementation sociale

En France, les principaux textes applicables aux ambulanciers des entreprises privées de transport sanitaire sont :

  • le code du travail, à l'exception des articles D. 3171-9, D. 3171-12, D. 3171-15 et L. 3131-1,
  • le décret 2003-1242 du 22 décembre 2003 relatif à la durée du travail du travail dans les entreprises de transport routier de personnes[1],
  • le décret n° 2009-32 du 9 janvier 2009 relatif à la durée du travail dans les entreprises de transport sanitaire,
  • l'accord cadre du 4 mai 2000 (aménagement et réduction du temps de travail des personnels des entreprises de transport sanitaire),
  • l'arrêté du 19 décembre 2001 concernant l'horaire de service dans le transport sanitaire[2],
  • le code des transports,
  • la convention collective nationale des transports routiers des activités auxiliaires de transport[3].

La durée du travail des personnels ambulanciers à temps complet des entreprises de transport sanitaire est basée sur un système d'équivalence[4]. L'application d'un coefficient d'équivalence, dans la profession ambulancière, vient simplement du fait que les temps d'inactivité ne peuvent être identifiés de manière précise puisque le poste de travail se déplace en permanence et continuellement à l'extérieur du local de l'entreprise donc hors de tout contrôle. La durée de travail effectif d'un salarié ambulancier se définit de la façon suivante : « cumul hebdomadaire de leurs amplitudes journalières d'activité, telles que définies à l'article 2, prises en compte pour 75 % de leur durée pendant les services de permanence tels que définis par accord collectif ». Le coefficient de pondération pour les périodes hors permanences est fixé à 86% depuis le 11 janvier 2011, puis passera à 90 % en 2012[4].

En Suisse

La situation dépend des cantons. Les premières lois sur l'équipement des ambulances et la formation des ambulanciers datent de la fin des années 1980 (cantons de Bâle, du Tessin, de Genève).

Dans le canton de Genève, la loi a été votée en 1987. La formation comprenait 900 h de cours et de stages pour des ambulanciers déjà en activité, en alternance sur trois ans, et a permis d'instaurer une base commune pour l'ensemble des partenaires du système de secours sanitaire.

En 1998, le canton adopte de nouvelles prescriptions proposées par la Croix-Rouge suisse (CRS), qui avait reçu pour mandat de réfléchir à l'évolution de la profession ; ces prescriptions proposent notamment de revaloriser la profession d'ambulancier au même niveau que les autres professions paramédicales. Les ambulanciers acquièrent ainsi une autonomie dans les gestes de sauvetage, et donc une délégation des gestes médicaux, selon le modèle du basic life support (BLS) et de l'advanced cardiac life support (ACLS) américain.

Il en résulte une formation d'environ 5 496 h sur trois ans, dont entre un tiers et une moitié de stage pratique. La première année est consacrée aux bases (anatomie, physiologie, approche psycho-sociale…), aux compétences professionnelles spécifiques (rôle professionnel, radiotéléphonie…) et à la prise en charge des patients stables traumatique et non-traumatique; elle comporte quatre stages : en orthopédie, dans des services d'ambulance privés ou publics, et deux dans le domaine de la personne âgée ou handicapée. La deuxième année est consacrée aux situations complexes, la troisième année aux situations exceptionnelles ; ces deux années comportent des stages en milieu hospitalier (urgences, anesthésiologie, pédiatrie, obstétrique et santé mentale), à nouveau dans des services d'ambulance privés ou publics et dans un service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR). Puis, en troisième année, l'élève devra accomplir un travail de diplôme[5].

Au Québec

Le métier de paramédic

Le métier de technicien ambulancier est en constante évolution au Québec. Le titre d'emploi technicien ambulancier a été modifié pour celui de technicien ambulancier/paramédic en mars 2008 à la suite de la signature d'un nouveau contrat de travail entre les différents syndicats de techniciens ambulanciers/paramédics, les entreprises privés ou coopératives de services préhospitaliers, la Corporation d'urgences-santé et le gouvernement du Québec. Toutefois, le terme largement utilisé pour désigner le technicien ambulancier/paramédic au Québec est tout simplement celui de PARAMÉDIC et cela, à l'image de ce qui se fait dans une grande partie de la communauté internationale pour désigner ces professionnels des soins médicaux d'urgence. Les tâches du paramédic québécois ont beaucoup évoluées depuis plus ou moins 15 ans, mais davantage depuis 8 ans avec l'arrivée des 5 médicaments administrés par ceux-ci (Nitroglycérine, acide acétylsalicylique (AAS), Salbutamol, Épinephrine et Glucagon). Précédemment à l'arrivée des 5 médicaments, la défibrillation, la ventilation par Combitube (marque déposée) (appareil fabriqué pour les soins préhospitaliers) et l'implantation d'un moniteur défibrillateur semi-automatique (MDSA) plus performant ont été autant d'actes médicaux délégués au paramédic, à la fois par le Collège des médecins et par le ministère de la Santé et des Services Sociaux. Tous les protocoles de soins primaires pratiqués par les paramédics au Québec sont sous la supervision du directeur médical régional et autorisés par une table de coordonnateurs médicaux composée de médecins.


La formation

Deux possibilités existent actuellement pour obtenir la formation de paramédic au Québec. Ces formations de niveau collégial sont l'attestation d'études collégiale (AEC) en technique ambulancière d'une durée de 945 heures et le diplôme d'études collégiales (DEC) en soins préhospitaliers d'urgence d'une durée de 3 ans, dont plus de 2000 heures de formation technique. Ces formations sont dispensées dans plusieurs établissements collégiaux au Québec.


La diversité du travail du paramédic au Québec

Depuis quelques années, il est possible pour le paramédic de diversifier son travail. Notamment, les soins préhospitaliers avancés sont maintenant possibles par les paramédics au Québec, comme cela se fait depuis de nombreuses années dans toutes les autres provinces canadiennes, ailleurs en Amérique du Nord et sur d'autres continents. Essentiellement, les soins avancés consistent à l'application de soins/actes médicaux jusqu'à récemment réservés au médecins. Ces soins/actes sont encadrés par des protocoles strictes dont les normes ont été édictées par le Collège des médecins et doivent se faire sous supervision médicale directe. Jusqu'à présent, le seul endroit au Québec où sont dispensés ces soins avancés est Montréal, à la Corporation d'urgences-santé. Toutefois, des travaux sont actuellement en cours afin d'élaborer un programme universitaire à plus grande échelle pour le Québec.

De plus, plusieurs équipes spécialisées de paramédics ont vu le jour depuis un certain temps, notamment à Montréal. Équipes de paramédics à vélo (dans les grands centres urbains), équipes nautiques (en collaboration avec certain corps policier), lesquelles sont appelées à intervenir à des endroits difficile d'accès et lors d'événements majeurs tels que les festivals, les feux d'artifice ou autre, ou encore les groupes d'intervention médicale tactique (GIMT) dont le concept québécois a pris naissance à Montréal il y a un peu plus de 5 ans et dont d'autres services préhospitaliers ont depuis repris le concept pour l'implanter, peu à peu, ailleurs dans la province, particulièrement dans les grands centres urbains là où la demande le justifie. Ce dernier groupe, le GIMT, est constitué de paramédics entraînés et formés avec les services partenaires, policiers et pompiers. Le rôle du GIMT est d'intervenir lors de situations à hauts risques, notamment lors de personnes barricadées, de prise d'otage, de fusillade, de désordre social (manifestation ou émeute), d'acte ou d'incident à caractère terroriste ou lors de situation impliquant des matières dangereuses. Les membres du GIMT ne sont pas armés mais possèdent des équipements spéciaux appropriés à la situation pour laquelle ils sont appelés à intervenir. À la Corporation d'urgences-santé à Montréal, les équipes spécialisées de patrouille à vélo et nautique ont réalisé 279 interventions pour l'année de référence 2008-2009, alors que le GIMT a répondu à 249 interventions à hauts risques pour la même période de référence selon le rapport annuel 2008-2009 de la Corporation d'urgences-santé. Le GIMT travaille toujours en support clinique aux partenaires policiers et pompiers.

Il existe également une équipe spécialisée à Montréal, à la Corporation d'urgences-santé, laquelle se nomme Unité de soutien technique (UST). Cette équipe composée de paramédics intervient auprès de bénéficiaires à mobilité réduite, lors de soutien technique auprès des autres équipes de paramédics, lors de support aéromédical ou lorsque l'évacuation d'un bénéficiaire est complexe et nécessite des équipements particuliers pour une évacuation sécuritaire du bénéficiaire ainsi que pour assurer des méthodes de travail sécuritaires pour les paramédics, entre autres par une évaluation de structures par les membres de l'UST. L'UST créée à Montréal a été la première unité du genre à faire son apparition au Canada. Cette équipe a réalisé 2797 interventions pour l'année de référence 2008-2009 selon le rapport annuel de la Corporation d'urgences-santé.


LIENS EXTERNES

Corporation d'urgences-santé (Montréal et Laval, Québec, Canada)

Établissements d'enseignement offrant les programmes de formation AEC et DEC au Québec

Formation professionnelle et technique au Québec

Collège Ahuntsic à Montréal

Collège John Abbott à Sainte-Anne-De-Bellevue, île de Montréal


Au Canada

L'Association Canadienne des Paramédics a adopté des Profils de Compétences nationaux qui encadrent les champs de pratique des 4 niveaux d'intervenant préhospitalier. Il s'agit du Répondant Médical d'Urgence, du Paramédic en Soins Primaires, du Paramédic en Soins Avancés et du Paramédic en Soins Critiques. Ces niveaux sont reconnus dans plusieurs provinces canadiennes, mais restent encore à développer à certains endroits, notamment au Québec où la majorité des paramédics exercent au niveau des Soins Primaires.

(http://paramedic.ca/ Association des Paramédics du Canada) (http://paramedic.ca//nocp/ Profils de compétences des paramédics canadiens)


Ressources connexes

Textes législatifs

Pour la France

  • Code de la santé publique, articles L.51-1 à L.51-5
  • Décret n° 87-965 du 30 novembre 1987 relatif à l'agrément des transports sanitaires terrestres (NOR : ASEP8701205D) modifié par les décret no 94-1208 du 29 décembre 1994, no 96-176 du 4 mars 1996, no 97-1186 du 24 décembre 1997, no 2001-532 du 20 juin 2001 et no 2003-674 du 23 juillet 2003
  • Arrêté du 21 mars 1989 relatif à l'enseignement, aux épreuves et à la délivrance du certificat de capacité d'ambulancier modifié par l'arrêté du 4 juin 2002
  • Décret no 91-45 du 14 janvier 1991 portant statuts particuliers des personnels ouvriers, des conducteurs d'automobile, des conducteurs ambulanciers et des personnels d'entretien et de salubrité de la fonction publique hospitalière bifp.fonction-publique.gouv.fr
  • Arrêté du 10 janvier 1996 relatif à l'exercice de l'activité d'ambulancier des ressortissants des États membres de l'Union européenne et des autres États parties à l'accord sur l'Espace économique européen (NOR : TASP9 620 191 A)
  • Arrêté du 23 juillet 2003 fixant les périodes de la garde départementale assurant la permanence du transport sanitaire (NOR : SANH0 322 762 A)
  • Circulaire DHOS/O1 n° 2003-204 du 23 avril 2003 relative à l'organisation de la garde ambulancière
  • Arrêté du 26 janvier 2006 relatif aux conditions de formation de l'auxiliaire ambulancier et au diplôme d'ambulancier (NOR: SANP0 620 487 A)
  • Décret no 2007-786 du 10 mai 2007 modifiant l'article R.311-1 du code la route relatif à la liste des véhicules d'intérêt général prioritaires (NOR : EQUS0752455D)
  • Convention collective nationale des transports routiers et des activités auxiliaires du transport, no 3085.

Voir la page législation de l'Unah

Notes et références

Bibliographie

  • La nouvelle formation professionnelle d'ambulanciers-ères à Genève, Ph. Zeller, E. Débenay et P.-F. Unger, Médecine & Hygiène

Liens internes

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