Ambassade de France en Chine
Pix.gif Ambassade de France en Chine
France
France
Chine
Chine
Lieu 3, San Li Tun Dong San Jie - Chaoyang district
Pékin 100600
Coordonnées 39° 56′ 18″ N 116° 27′ 35″ E / 39.938406, 116.45984439° 56′ 18″ Nord
       116° 27′ 35″ Est
/ 39.938406, 116.459844
  
Ambassadeur Sylvie Bermann
Nomination 23 février 2011
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Géolocalisation sur la carte : Chine

(Voir situation sur carte : Chine)
Ambassade de France en Chine

Voir aussi : Ambassade de Chine en France
Ambassadeurs français

L'ambassade de France en Chine est la représentation diplomatique de la République française en République populaire de Chine. Elle est située à Pékin, la capitale du pays, et son ambassadrice est, depuis 2011, Sylvie Bermann.

Sommaire

L'ambassade

L'ambassade est située dans le secteur Chaoyang (Sanlitun), à Pékin, un quartier comprenant de nombreuses ambassades. Elle accueille aussi une section consulaire.

La future ambassade de France en cours de réalisation est un projet de l'architecte Alain Sarfati (voir photo)[1],[2]. Elle est située au croisement des rues Liangmaqiao et Tianze et va accueillir tous les services de l'ambassade et la résidence de France. Destinée à donner une dimension urbaine s'intégrant dans la ville, la « tour » est une proéminence de 8 étages du bâtiment de l'ambassade. Le jardin de la résidence est composé d’une pelouse centrale avec, de part et d’autre, deux allées d'érables.

Histoire

L'affaire Long Xinmin

Long Xinmin était depuis 2005 "Directeur général de l'administration générale de la presse et de la publication", en d'autres termes responsable de la censure chinoise. Il a fait interdire certaines publications, comme le populaire supplément du China Youth Daily ainsi qu'une dizaine d'ouvrages d'écrivains connus, et, depuis son arrivée à ce poste, avait renforcé le contrôle sur les médias et, plus particulièrement, les blogs sur internet. Le 3 avril 2007, à l'Ambassade de France, M. Long Xinmin a été fait chevalier de la légion d'honneur, en raison, selon les termes de l'ambassade, de son précédent rôle aux Affaires culturelles et de sa contribution au succès des Années croisées franco-chinoises (2003-2005). Certains médias ont dénoncé cette décoration, provoquant un malaise à l'ambassade qui a fait retirer du site internet toute allusion à la cérémonie. Quelques jours plus tard, le 24 avril 2007, Long Xinmin était remplacé par Liu Binjie, officiellement en raison de son extrême sévérité.

Ambassadeurs de France en Chine

De A Ambassadeur
1847 1850 Baron Alexandre de Forth-Rouen [3]
1851 1862 Alphonse de Bourboulon[4]
1862 1866 Jules Berthemy[5]
1866 1868 Comte Charles de Lallemand
1868 1872 Comte Julien de Rochechouart
1872 1875 Louis de Geoffroy
1875 1879 Vicomte Brenier de Montmorand
1879 1884 Albert Bourée
1884 1886 Jules Patenôtre
1886 1887 Ernest Jean Antoine Constans
1887 1893 Gabriel Lemaire
1893 1897 Auguste Gérard
1898 1901 Stephen Pichon
1901 1902 Paul Beau
1902 1905 Georges Dubail
1906 1909 Edmond Bapst
... ... à compléter
1933 1937 Henri Hoppenot
1937 1938 Paul-Émile Naggiar
1938 1944 Henri Cosme
1944 1945 Général Zinovi Pechkoff[6]
1945 1953 Jacques Meyrier
1953 1956 Georges Cattand[7]
1956 1960 Amédée Beaulieux[7]
1960 1963 Émile de Curton[7]
1963 1964 Pierre Salade[7]
1964 1969 Lucien Paye[8]
1969 1975 Étienne Manac'h (en)
1975 1979 Claude Arnaud
1979 1982 Claude Chayet
1982 1986 Charles Malo
1986 1989 Michel Combal
1989 1990 Charles Malo
1990 1993 Claude Martin
1993 1996 François Plaisant
1996 2002 Pierre Morel
2002 2004 Jean-Pierre Lafon
2004 2006 Philippe Guelluy
2006 2010 Hervé Ladsous[9]
2011 auj. Sylvie Bermann

Relations diplomatiques

Les premiers contacts entre la Chine et l'Occident ont été établis par Marco Polo au XIIIe siècle. Puis des missionnaires ont, au cours des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, poursuivi l'implantation française en terre chinoise. Pourtant, sans doute en raison de l'éloignement de ce pays, la France, comme d'ailleurs la plupart des pays européens, n'a pas ressenti, durant plusieurs siècles, la nécessité d'établir des relations diplomatiques avec l'Empire chinois. Alors que les Portugais mettent en place un comptoir commercial à Canton, les négociants français reçoivent, un siècle plus tard, de l'Empereur Kangxi une autorisation de commerce avec une organisation de marchands chinois seuls habilités au commerce avec les Occidentaux, qui devient, en 1720, le Co-hong. En 1757, en raison du protectionnisme voulu par le gouvernement chinois, le commerce n'est plus autorisé que dans le seul port de Canton. C'est tout naturellement dans cette ville qu'est créé le premier consulat français en 1776. Mais même si les jésuites avaient pu s'introduire durablement à la cour de Pékin, grâce à leur capacité d'adaptation aux rites confucéens et aux valeurs chinoises et à leurs connaissances linguistiques et scientifiques, la politique de la dynastie Qing de fermeture à toute influence étrangère aura raison de la mission religieuse. Privé de soutien religieux, confiné dans un seul port chinois, contrôlé par un organisme intransigeant, le consulat peine à survivre. Il est abandonné en 1785[10].

Durant la première moitié du XIXe siècle, la France avait comme unique représentant de ses intérêts en Chine un consul basé à Canton, seul port ouvert au commerce étranger. À partir de mars 1843, cet agent est Charles Lefebvre de Bécour. Sous la pression des chambres de commerce qui voient en la Chine un nouveau marché à explorer et à la suite de la première guerre de l'opium qui débouche sur un traité entre la Chine et l'Angleterre, le roi des Français, Louis-Philippe, décide d'envoyer un diplomate expérimenté afin de négocier un traité de commerce. La mission, conduite par Théodore de Lagrené en 1844, débouche sur la signature d'un accord qui prévoit l'ouverture au commerce libre de cinq ports, autorise la création de postes consulaires et protège l'implantation de la religion chrétienne[11],[12].

Palais de la Légation de France à Pékin en 1860.

Premier représentant diplomatique permanent de la France auprès de l'Empire de Chine, le Baron Forth-Rouen, dans une dépêche adressée le 15 juillet 1848 à son Ministre des Affaires étrangères Jules Bastide[13], donne le coup d'envoi de la mise en place d'un vaste réseau diplomatique et consulaire en Chine, convaincu aussi que Hong Kong est appelée à devenir le point d'entrée incontournable de la Chine et qu'elle va jouer un rôle central en Asie[14]. Un premier poste consulaire est créé à Shanghai en 1847 et confié à Charles de Montigny, chancelier de la mission Lagrené, qui négociera le statut de cette enclave en terre chinoise, soumise uniquement aux lois françaises, au terme d'un accord conclu en 1849, et ce, malgré les réticences de Forth-Rouen[15]. Ces concessions, ultérieurement étendues à Canton, Hankéou et Tientsin, dureront jusqu'en 1943.

La légation, installée provisoirement à Macao, reste cependant itinérante. Il faudra attendre 1861 pour qu'elle soit officiellement basée à Pékin, dans un ancien palais impérial, à la suite de la deuxième guerre de l'opium, dans laquelle la France est cette fois impliquée, suite au meurtre du Père jésuite Chapdelaine. La communication avec le Ministère étant rendu difficile par l'éloignement, le développement des missions est peu constant. Certaines concessions françaises se développent rapidement, du fait de l'activisme de leurs consuls (Shanghai ou Hong Kong), tandis que d'autres se laissent distancer par l'Angleterre et périclitent (Hankéou). Durant le Second Empire, les diplomates ne se pressent pas pour cette destination peu prisée, aussi dangereuse qu'hostile. Après la chute de Napoléon III, la situation ne fait qu'empirer et les déboires se multiplient. Le massacre de la colonie française de Tientsin, dont le consul Henri Fontanier et les religieuses, n'arrange rien à la politique diplomatique de la France en Chine[16].

Le quartier des légations à Pékin en 1912.

Les relations entre les deux pays prennent inévitablement un nouveau tournant lors de la guerre franco-chinoise, survenue entre 1881 et 1885, motivée par la volonté française d'une implantation plus forte dans le Tonkin afin de contrer l'expansion britannique. De nouveaux consulats sont installés afin, essentiellement, de surveiller la frontière du Tonkin. A la fin du XIXe siècle, la politique coloniale française n'est plus incompatible avec sa politique européenne, en raison de l'amélioration, certes temporaire, des relations avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne. L'expansion en Chine est alors plus offensive, les diplomates en poste à Pékin de même que les gouverneurs d'Indochine relayant volontiers ces ambitions. Auguste Gérard et ses successeurs n'auront de cesse de signer de multiples accords commerciaux (mines, chemin de fer, télégraphie, etc.), parallèlement à l'ouverture de nouveaux consulats. C'est d'ailleurs durant cette période que les agents diplomatiques et consulaires sont recrutés avec une plus grande attention, l'accent étant mis sur les connaissances culturelle et linguistique. Ils deviennent aussi la principale source en matière de liaison et de renseignement[17].

La révolte des Boxers, en 1900, durant laquelle les légations occidentales sont assiégées pendant près de deux mois, aboutit à un traité qui renforce la présence diplomatique à Pékin, grâce à la création d'un quartier spécial placé sous le contrôle exclusif de la police des légations étrangères (article 7 du protocole).

Le début du XXe siècle voit l'amélioration de l'implantation culturelle et scientifique française au détriment de sa représentation économique, la France s'étant largement laissé distancer par ses concurrents par manque de compétivité économique. Les écoles se multiplient, de même que les hôpitaux. Mais la première Guerre mondiale modifie fortement l'équilibre. L'Europe est disloquée alors que le régime chinois connaît une période des plus troublées. Les diplomates et consuls français ne sont plus astreints qu'à un rôle de spectateurs, luttant aussi difficilement pour le maintien de leurs intérêts en Indochine. Le déclin sera constant jusqu'au départ de la quasi-totalité des diplomates et représentants consulaires de la France en Chine, en 1953, après la fin de l'occupation japonaise et l'avènement du nouveau régime chinois, initialement non reconnu par les puissances occidentales.

Si, en 1945, le général Pechkoff est envoyé en Chine en tant que délégué du Comité français de la Libération nationale, c'est pour prendre part, avec Jean Daridan, premier conseiller, aux négociations qui aboutissent aux traités franco-chinois du 28 février 1946 rétrocédant les concessions françaises. Ses successeurs n'auront pas, eux non plus, d'incidence majeure sur les relations entre les deux pays. D'ailleurs, peu de pays occidentaux entretiennent des relations avec la Chine populaire de 1949. À Pékin, en l'absence de relations officielles, seul un agent consulaire, Augustin Quilichini, est chargé de protéger ce qu'il reste des biens français en Chine. Les chargés d'affaires successifs sont installés sur l'île de Formose, où s'est exilé l'ancien gouvernement chinois[18].

Finalement, la France du Général de Gaulle reconnaît officiellement la République populaire de Chine le 27 janvier 1964. Cette date est le point de départ de nouvelles relations bilatérales franco-chinoises. La nouvelle représentation française à Pékin est installée en quelques semaines[19] , sous la direction de Claude Chayet, nommé chargé d'affaires (et qui sera, quelques années plus tard, ambassadeur de France en Chine). Le premier ambassadeur, Lucien Paye, ancien ministre de l'Éducation nationale, s'installe, fin avril 1964, dans le quartier de Sanlitun, l'hôtel particulier qui accueillait l'ambassade avant 1949 n'étant plus disponible, ayant été mise sous séquestre[20].

La Révolution culturelle (1966-1976) interrompt de fait les échanges entre les deux pays, malgré les tentatives de rapprochement voulues par de Gaulle et initiées par Étienne Manac'h, ambassadeur de 1969 à 1973. Les fils se renouent peu à peu jusqu'à la visite du premier chef de gouvernement français en République populaire de Chine, Raymond Barre, en 1978. Ce sont les années 1980 qui voient finalement un indéniable renforcement des relations entre les deux pays, marquées par les visites d'État des présidents Valéry Giscard d'Estaing (1980) et François Mitterrand (1983).

Pour le 40e anniversaire de ces relations, le président chinois Hu Jintao est venu en France pour quatre jours de visite officielle.

Taïwan

La République de Chine (par opposition à la République populaire de Chine) provient de l'exil sur l'île de Taïwan des dirigeants chinois après la révolution communiste de 1949. Les deux républiques se disputent depuis lors la souveraineté. Bien que tendant vers la démocratie selon les critères de l'Union européenne, la souveraineté du pays n'est pas reconnue officiellement. Le siège qu'occupait la République de Chine à l'ONU avait d'ailleurs été perdu en 1971 au profit de la République populaire de Chine qui devenait le seul représentant de la Chine. Seuls 23 pays (mais aucun en Asie, Europe ou Amérique du Nord) sur les 192 que compte l'ONU reconnaissent la République de Chine et entretiennent des relations diplomatiques officielles avec elle. La France, elle, est représentée par le Bureau Français de Taipei, qui, s'il a un rôle d'ambassadeur au niveau politique, économique et consulaire, n'en a pas le titre, afin de ne pas froisser la Chine populaire.

Consulats

Outre la section consulaire de l'ambassade à Pékin, il existe six consulats généraux de France en Chine, basés à :

En novembre 2010, Marc Fonbaustier (ancien élève de l’École nationale d’administration, promotion « Condorcet », 1992), consul de France à Hong Kong et Macao a été rappelé en France à la suite du vol de deux bouteilles de vin[21].

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Références

  1. L'ambassade rêvée d'Alain Sarfati.
  2. Présentation du projet architectural par Alain Sarfati.
  3. Premier représentant de la légation permanente de la France en Chine, itinérante, principalement entre Macao, Shanghai et Canton.
  4. Il créa la première légation à Pékin en 1861, dans un ancien palais impérial.
  5. Rentrant en France en juin 1865, il accrédite Henry de Bellonet comme chargé d'affaires.
  6. Délégué du Comité français de la Libération nationale.
  7. a, b, c et d Chargé d'affaires a.i., basé à Formose, siège du gouvernement en exil.
  8. Premier ambassadeur de France en République populaire de Chine.
  9. Il a été mis fin à ses fonctions le 28 novembre 2010 (Décret du 25 novembre 2010. Consulté le 1er janvier 2011), suite à sa nomination comme directeur de cabinet au Ministère des Affaires étrangères. En attente de la nomination de son successeur, le ministre conseiller Hervé Dejean de La Batie a été chargé d'affaires a.i.
  10. Changhai : la genèse.
  11. La première ambassade en Chine, in Revue des deux mondes, volume 39, page 654.
  12. La mission Lagrené de 1844-1847.
  13. 160 ans d’histoire entre la France et Hong Kong
  14. In "La politique missionnaire de la France en Chine de 1842 à 1856" de Louis Wei Tsing-Sing.
  15. La création de la Concession Française de Changhai.
  16. Notes sur le massacre de Tien-Tsin.
  17. La Chine dans la stratégie impériale : le rôle du Quai d’Orsay et de ses agents, par Nicole Tixier, Février 2007.
  18. Documents diplomatiques français 1963.
  19. [PDF] Les relations entre la Chine et Europe occidentale, par Paul-Marie de La Gorce, Étude internationales, 1970.
  20. Interview de Claude Chayet par Radio86, 2009.
  21. Le consul de France rappelé à la suite d'un vol de vin.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Ambassade de France en Chine de Wikipédia en français (auteurs)

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