Aman Kashogi

Adnan Khashoggi

Adnan Mohammed Khashoggi, né le 25 juillet 1935, est un homme d'affaires saoudien.

Sommaire

Biographie

Issu d'une famille liée aux Saoud, Adnan Mohammed Khashoggi bénéficie de l'appui de son père, médecin personnel du roi Abdul Aziz Al-Saoud, le fondateur de l'Arabie saoudite.

Après des études aux États-Unis, à Chico en Californie, il fait sa première affaire en tant qu'intermédiaire avec Kenworth, fabricant de camions aux États-Unis. La légende prétend que l'apport de fond de Khashoggi était constitué de 3 000 dollars envoyés par son père et destinés à l'achat d'une Ford Mustang pour son anniversaire[réf. nécessaire].

Khashoggi fait la connaissance en Égypte de Mohamed Al-Fayed, qui avait rencontré sa sœur Samira sur une plage d'Alexandrie[1]. Al-Fayed et Samira se marieront en 1954 (Adnan a alors 19 ans), de cette union naîtra un fils, Dodi Al-Fayed. Khashoggi emploiera Fayed dans son affaire d'importation en Arabie saoudite.

Durant les années 1960, Adnan Khashoggi, que le monde financier surnommera plus tard AK, se contente de favoriser les relations entre l'Orient et l'Occident, par l'entregent qu'il possède dans les milieux financiers du Moyen Orient.

En 1963, la nomination de Sheikh Ahmed Zaki Yamani en tant que ministre du pétrole d'Arabie Saoudite, permet à Khashoggi une ascension rapide. De simple intermédiaire, il devient désormais représentant officiel des marques Northroop, Chrysler, Raytheon, Lokheed, pour le Moyen Orient.

La création de Triad Group en 1973, impose AK comme le leader du plus important holding multi-national du monde arabe.

Son entregent se développe aux États-Unis où, sous l'impulsion de Morton Mc Léod, intervenant politique auprès de Washington, et de Stéphen H Lockton, premier gestionnaire des fonds de pension américains, Khashoggi s'installe au Waldorf Astoria et acquiert, au nom de son groupe, des participations majoritaires dans de nombreuses sociétés agricoles et industrielles sur le territoire des États-Unis.

Avec l'appui des politiques américains Khashoggi obtient un visa permanent en 1975 et déclare déjà à l'IRS 45 millions de dollars de commissions pour la seule année 1976.

S'entourant d'hommes d'affaires inconnus à l'époque, comme Samir Traboulsi ou Akram Ojjeh, il étend son influence à l'Europe où, pendant près de dix ans, il va tisser des liens importants avec les industriels et politiques du monde entier.

Aux États-Unis ses relations avec le Carlyle Group, et ses participations financières dans des sociétés mondialement connues (Union Carbide, Loyds, California's Bank) participent à sa légende.

Ses commissions - 34 millions de dollars pour le marché des égouts Irakiens[réf. nécessaire], 30 millions pour avoir facilité l'implantation de l'avion Mirage III au Moyen Orient[réf. nécessaire] - mais aussi aussi ses dépenses importantes, le font connaître en France dans les années 1980.

Son fondé de pouvoir parisien, Christophe de Cagny, lui présente le jeune Kenzo Takada. Khashoggi , séduit par les dessins du styliste, installe le couturier rue du Faubourg-Saint-Honoré où le prêt de 800 m² facilite la médiatisation de Kenzo.

Ses déboires politico-financiers feront couler beaucoup d'encre dans les années 1990.

Les raisons de l'effondrement du group Triad

Elles sont multiples et complexes.

Un volet stratégique

1985 voit d’abord la perte de collaborateurs puissants : Mohamed Al-Fayed le premier, brouillé avec Khashoggi pour une affaire d’importation d' ambulances à destination des émirats.
Puis le retrait de l'appui des États-Unis où Khashoggi est contraint d'abandonner un contrat d’uranium au profit des États-Unis. Le sultan de Bruneï qui ralentit ses relations et lui préfère d'autres intermédiaires moins onéreux. Enfin, plusieurs de ses secrétaires font cavalier seul dans d'importantes affaires d'armement .

Un volet financier

C’est aussi l’explosion de la navette spatiale Challenger, dont une partie des matériels est assurée par la compagnie dont Khashoggi détient des participations, c’est aussi la revente à perte des très nombreux actifs immobiliers espagnols suite à l’effondrement du consortium immobilier de Marbella.

Un volet médiatique

Avec l'entrevue en 2003 avec Richard Perle[2], lequel a été nommé président de la commission de la politique de défense par le président George W. Bush, entrevue ayant trait à la guerre en Irak mais aussi de trafic d'influence concernant un éventuel marché avec Boeing[réf. nécessaire].

C’est enfin et surtout, l’« Irangate » où, officieusement mandaté par les États-Unis, Khashoggi sert d'aval financier à Oussama Ben Laden dans une intermédiation liée à l'armement.

Un volet judiciaire

L’achat des tableaux et œuvres d’art d’Imelda Marcos dont le pays fait partiellement opposition, puis la cession du yacht Nabila au profit de Donald Trump. Ce sont aussi les poursuites pénales de deux de ses anciens associés et partenaires : El Assir et Samir Traboulsi. Ce dernier étant impliqué dans diverses affaires politico-financières nébuleuses impliquant de nombreux intervenants français dans l’affaire Pechiney-Triangle et privant ainsi Khashoggi de certains circuits locaux[3].

Les années 2000

Une discrète retraite à Monaco verra doucement s'estomper Adnan Mohammed Khashoggi qui fût l’un des hommes les plus riches du monde pendant plus de dix ans.
Il n'a pas seulement été l’un des premiers milliardaires en dollars de la planète. Il su longtemps être en matières d’affaires internationales et de rapprochement des états et de leur gouvernement, comme le rappelait son biographe ; « le bon homme, au bon endroit et au bon moment ».

Notes et références

  1. (en) Holy war at Harrods - Article de Vanity Fair de septembre 1995, page 8, sur guardianlies.com
  2. (fr) Le faucon Richard Perle a du plomb dans l'aile - Solidarité & Progrès, 20 mars 2003
  3. (fr) Le carnet d’or de Samir Traboulsi - Article de Jacques Follorou, Le Monde, sur algerie-dz.com, 1er mai 2005

Liens externes

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