Altruiste

Altruisme

L'altruisme est un terme employé pour désigner l'amour désintéressé d'autrui (définition du Petit Larousse), c'est-à-dire le souhait qu'autrui trouve le bonheur et la générosité n'attendant rien en retour.

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Voir « altruisme » sur le Wiktionnaire.

Ce terme est parfois employé dans le sens d'empathie ou plus souvent dans le simple sens de générosité. Il est peut être décrit par l'éthique de réciprocité.

Le terme altruisme peut être considéré comme antinomique d'égoïsme.


Sommaire

Origine du mot

Le mot altruisme apparait pour la première fois en 1854 dans le "Catéchisme positiviste" d'Auguste Comte c'est-à-dire pendant la phase dite "religieuse" du positivisme. Il désigne une attitude d'attachement, de bonté, voire de vénération envers autrui, qui résulte d'un sentiment d'amour instinctif ou réfléchi pour l'autre.

La psychanalyste argentine Raquel Capurro, également philosophe de formation, décrit précisément dans quelles conditions Auguste Comte a élaboré la "religion" positiviste [1] : Comte tombe très amoureux de Clotilde de Vaux en 1845, c'est alors qu'elle attrape la tuberculose, et meurt un an plus tard. Auguste Comte a du mal à faire son deuil : se recueillant dans l'église saint Paul près de l'appartement de Clotilde de Vaux, ce deuil participe à l'invention de la "religion" de l'humanité, qu'il qualifie de fétichisme : l'ethnologie était à la mode à cette époque, et on découvrait ces pratiques dans les cultes africains.

Selon Émile Maximilien Paul Littré, qui a développé la doctrine positiviste, l'altruisme provient « de la nécessité d'aimer, qui lui est imposée fondamentalement par l'union des sexes pour qu'elle subsiste comme espèce ».

Définition utilitariste

Dans les termes de la philosophie utilitariste, un acte « altruiste » est un acte où on cherche à maximiser le bénéfice d'autrui, tandis que le bénéfice ou la perte pour l'auteur n'est pas pris en compte (qu'il existe ou non).

On peut aussi définir un acte altruiste comme étant un acte qui cherche à maximiser le bénéfice de chacun. S'il y a n personnes au total, l'importance relative des intérêts de l'auteur de l'acte est de 1/n. Quand n devient grand, l'intérêt de celui qui effectue l'acte devient infinitésimal. La définition précédente est donc le cas limite quand n tend vers l'infini.

Approches religieuses et éthiques

Bouddhisme mahayana

La notion d'altruisme est étroitement liée au Dharma, c'est-à-dire les enseignements du Bouddha. Par exemple, selon la mythologie bouddhiste, le Bouddha, pour permettre à une mère tigre affamée de nourrir ses petits, se découpe un lambeau de sa propre chair.

Mathieu Ricard développe des explications claires sur la notion d'altruisme du point de vue bouddhiste tibétain[2]. Il distingue la notion de plaisir, celle de l'euphorie et enfin celle du bonheur. Le bonheur véritable est un équilibre qui se trouve dans l'ouverture aux autres : on est ainsi pas emporté par les hauts et les bas qui nous arrivent personnellement.

Dans la pratique bouddhiste tibétaine, la notion d'altruisme est développée très largement, très précisément, comme une base même de l'Eveil[3]. Il s'agit des quatre vertus incommensurables que sont :

  • L'équanimité (renoncement à la haine envers ses ennemis et à l'attachement pour ses amis; attitude égale envers tous les êtres),
  • L'amour (qui consiste à faire tout ce qui est possible pour le bonheur, le bien-être de tout être, comme une mère pour son enfant),
  • La compassion (souhait, intention que tout être soit libéré de la souffrance),
  • La joie (qui consiste à se réjouir du bonheur des autres êtres).

Après classification selon différents critères que peut prendre la notion d'altruisme (appelée Esprit d'Éveil, voir Bodhicitta), Patrul Rimpoche donne les préceptes sur lesquels elle repose.

D'un part, en termes d'aspiration :

  • Considérer autrui comme soi-même,
  • S'échanger contre autrui,
  • Chérir autrui plus que soi-même.

D'autre part en termes d'engagement, au travers de ce qui est appelé "les six vertus transcendantes" (ou paramitas)[4] :

Christianisme

La question de l'attitude à adopter par rapport à autrui relève de l'amour.

Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés (extrait du discours de la cène dans l'évangile de Jean, sorte de testament de Jésus avant la crucifixion, voir surtout Jn 15, 9-17, et les chapitres 13 à 17 de saint Jean).

Certaines attitudes chrétiennes peuvent faire penser à de l'altruisme : saint Martin, saint Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, Abbé Pierre, Mère Teresa, sœur Emmanuelle

Ces personnalités chrétiennes ont adopté dans leur vie une attitude de charité. On peut remarquer qu'elles n'ont en fait pas eu d'enfants.

Deux exemples permettent de montrer que des chrétiens ont pris des décisions radicalement différentes en fonction du contexte et de leur situation personnelle, dans laquelle intervient la notion de famille :

Seconde Guerre mondiale : Dans un camp de concentration, le père Maximilien Kolbe demande qu'on l'exécute à la place d'un père de famille (altruisme ?) : il sera canonisé.

Maurice Genevoix a montré que les témoignages de la première guerre mondiale ont été filtrés en fonction de critères positivistes.

D'autres textes des évangiles qui se rapportent très bien aux rapports avec autrui sont les suivants :

"Jésus lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable. Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Mt 22, 37-39).

Ce commandement est l'aboutissement des commandements de l'Ancienne Alliance recueillis par Moïse (Dix commandements).

"Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi" (Mt 10, 37).

Ceci signifie que l'amour de Dieu est le plus important. Il ne faut pas placer les intérêts de sa famille au-dessus de Dieu. En revanche, le prochain est au même niveau que soi.

Dans la tradition de l'Église, qui a été formalisée dans l'Histoire, on considère qu'il existe trois vertus théologales : foi, espérance, et charité. Il existe aussi quatre vertus cardinales : prudence, tempérance, force, justice.

Le terme altruisme ne figure pas dans le Catéchisme de l'Église catholique, ni dans le vocabulaire des prêtres catholiques. En revanche, on trouve les termes : charité, amour, social, société, citoyens, choix.

Islam

Pour l'islam, l'altruisme est l'une des plus grandes vertus qui consiste en cette noblesse de l'âme, synonyme de la négation de soi au profit d'un autre se trouvant dans la nécessité ou dans une indigence critique ; et ce dans le seul souci de plaire à Dieu. Plusieurs versets coraniques et hadiths (traditions) exhortent le croyant à se parer de cette générosité de l'âme en se soumettant aux préceptes de Dieu : {Et ils nourrissent, pour l'amour du seigneur, le pauvre, l'orphelin et le captif, « Nous vous nourrissons pour l'amour de Dieu ; nous n'attendons de vous ni récompense ni gratitude »} (Sourate 76 ; Verset 8-9)

{Adorez Dieu et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Dieu n'aime pas, en vérité, le présomptueux, l'arrogant,} (Sourate 4 ; Verset 36 du Coran)

L'altruisme constitue la qualité suprême dans l'amour du prochain, dans la confraternité et l'abnégation. Cet acte relève même de la piété : {La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Dieu, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelque amour qu'on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide et pour délier les jougs, d'accomplir la Salat et d'acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux !} (Sourate 2 ; Verset 177 du Coran)

L'imam Al Ghazali a divisé l'altruisme en trois degrés :

- Le premier est que tu considères ton prochain comme un serviteur, c'est-à-dire que tu lui donnes ce dont tu n'as pas besoin.

- Le second est que tu le considères comme ton égal, que tu partages donc avec lui.

- Le troisième est que tu mettes ton prochain dans un degré supérieur au tien, ce qui signifie que tu commences par répondre à ses besoins avant de t'occuper de tes propres exigences.

Ce sont les trois degrés de l'altruisme, chacun peut choisir le degré qu'il veut atteindre tout en sachant que Dieu dit : « Vous n'atteindriez la (vraie) piété que si vous faites largesses de ce que vous chérissez. Tout ce dont vous faites largesses, Dieu le sait certainement bien. » (Sourate 3 ; Verset 92 du Coran). Et Mahomet a dit : « Nul n'est vraiment croyant que lorsqu'il aime pour son frère ce qu'il aime pour lui-même. »

L'altruisme peut atteindre des degrés inégalables comme le sacrifice de soi et de sa vie, dans le consentement et la joie. Un exemple édifiant d'abnégation nous est donné par les compagnons de Mahomet: {Les gens qui n'avaient pas quitté leurs foyers et s'étaient convertis, ont accueilli avec amour ceux qui ont émigré vers eux; ils n'ont conçu aucune envie pour ce qui a été donné à ces émigrés ; bien au contraire, ils allaient jusqu'à les préférer à eux mêmes malgré leur pauvreté. Bienheureux sont ceux qui se préservent de la ladrerie} (Sourate 59 ; Verset 9 du Coran)

Et on rapporte que lors de la bataille du Yarmouk en 636, Ikrima Ibn Abi Jahl était parmi les blessés. Son cousin, qui appartenait au personnel soignant, l'aperçut et accourut vers lui. Il se pencha vers lui pour lui donner à boire, mais au même moment, Ikrima entendit un homme blessé à côté de lui, demander à boire. Il dit à son cousin : Donne lui à boire en premier. Mais à peine, avait-il approché le verre de la bouche de cet homme qu'un troisième blessé demanda aussi à boire. L'homme dit : « Par Dieu je ne boirais pas avant lui ». Le cousin alla ainsi d'un blessé à un autre et chacun refusait de boire et désignait son voisin en disant qu'il devait avoir plus soif car ses blessures étaient plus graves, jusqu'à ce qu'il revint vers Ikrima qu'il trouva mort. Ikrima donna là ce qu'il a de plus précieux : sa vie.

Mais le degré le plus élevé de l'altruisme est de refuser de suivre ses penchants en faveur des ordres de Dieu. Mahomet dit : « Nul n'est vraiment croyant que lorsque son penchant est conforme à ce que j'ai apporté »

Dieu demande d’être très respectueux avec les parents : {Nous avons commandé à l'homme [la bienfaisance envers] ses père et mère; sa mère l'a porté [subissant pour lui] peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans. Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu'envers tes parents. Vers Moi est la destination.} (Sourate 31 ; Verset 14 du Coran).

Il les place d’ailleurs à son niveau dans le verset 151 de la sourate 6 du Coran : {Dis : « Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien; et soyez bienfaisants envers vos père et mère. […] » Voilà ce que Dieu vous a recommandé de faire; peut-être comprendrez-vous.}.

Tout de même, les ordres des parents ne passent pas avant ceux de Dieu d’après la parole de Mahomet qui dit : « Pas d’obéissance à la créature dans la désobéissance au Créateur » Dieu dit dans le Coran : {Certes, Dieu commande l'équité, la bienfaisance et l'assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l'acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez.} (Sourate 16 ; Verset 90 du Coran) Il prône l’équité mais même lors de la distribution de l’héritage, qui sont des parts très précises, Il impose que l’on en offre une partie aux nécessiteux et que l’on respecte sa parole : {A tous Nous avons désigné des héritiers pour ce que leur laissent leurs père et mère, leurs proches parents, et ceux envers qui, de vos propres mains, vous vous êtes engagés, donnez leur donc leur part, car Dieu, en vérité, est témoin de tout.} (Sourate 4 ; Verset 33 du Coran) {Et lorsque les proches parents, les orphelins, les nécessiteux assistent au partage, offrez-leur quelque chose de l'héritage, et parlez-leur convenablement.} (Sourate 4 ; Verset 8 du Coran)

D’après une parole de Mahomet, celui qui adopte un orphelin et l’éduque convenablement est comme les deux doigts de la main avec lui.

Une partie du butin de guerre doit être versée aux nécessiteux : {Et sachez que, de tout butin que vous avez ramassé, le cinquième appartient à Dieu, au messager, à ses proches parents, aux orphelins, aux pauvres, et aux voyageurs (en détresse), si vous croyez en Dieu et en ce que nous avons fait descendre sur Notre serviteur, le jour du Discernement : le jour où les deux groupes s'étaient rencontrés, et Dieu est omnipotent).} (Sourate 8 ; Verset 41 du Coran)

{Le butin provenant [des biens] des habitants des cités, que Dieu a accordé sans combat à Son Messager, appartient à Dieu, au Messager, aux proches parents, aux orphelins, aux pauvres et au voyageur en détresse, afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d'entre vous. Prenez ce que le Messager vous donne; et ce qu'il vous interdit, abstenez-vous en; et craignez Dieu car Dieu est dur en punition.} (Sourate 59 ; Verset 7 du Coran)

En agissant avec altruisme, le croyant peut ainsi être heureux ici-bas monde et dans l'au-delà : {Le bien que vous aurez fait pour le salut de votre âme, vous le retrouverez auprès de Dieu sous forme de bonheur ou d'une plus grande grâce qui vous vaudra une magnifique récompense} (Sourate 73 ; Verset 20)

Une éthique dans les religions ?

On voit qu'il est difficile d'appliquer la notion d'altruisme, sans biaiser certains intérêts particuliers, notamment moraux.

Il n'empêche qu'il est possible d'appliquer certains critères éthiques, notamment lorsqu'il est question de devoirs, dans l'éducation par exemple, ce qui engage les générations futures, et que ce n'est pas nécessairement incompatible avec les religions.

Questions posées par l'altruisme

Motivation de l'action désintéressée

Avant que le mot altruisme lui même ne soit créé, la possibilité d'une action pleinement désintéressée a été mise en question. Dans un tel contexte, les frontières entre les notions d'égoïsme et d'altruisme peuvent être interrogées.

Une critique fondamentale adressée à l'altruisme consiste à dire que si cela apporte du bonheur à la personne qui effectue un acte altruiste, alors cela lui profite et donc cela est égoïste. Pourtant, le fait d'aimer faire quelque chose n'est pas nécessairement en contradiction avec un effet ou un rayonnement positif sur les autres. En fin de compte, cette critique revient à confondre le bonheur personnel ayant un effet positif sur autrui et le bonheur personnel au détriment d'autrui.

Dans les Fondements de la métaphysique des moeurs, Kant écrit qu'il n'est jamais possible de connaître la motivation dernière d'une action.

Selon Auguste Comte et Littré, l'altruisme provient de l'appétit sexuel qui, « croissant en complexité et en raffinement », peut devenir l'un des éléments essentiels du sens moral et la source des plus nobles actions des humains.

Utilité de l'action altruiste

La théorie des jeux a facilement construit des exemples où l’altruisme peut fournir de meilleurs résultats pour les protagonistes d’une situation que l’égoïsme (voir dilemme du prisonnier). Sur cette base, elle a pu mettre en évidence que, bien que les conditions pour voir l'altruisme apparaître soient assez faibles, les bénéfices de l'altruisme peuvent être grands pour l'individu, tandis que les bénéfices pour autrui de l'égoïsme peuvent être tout aussi importants ! C'est l'effet du hasard.

On voit mal pourtant comment une attitude qui n'examine pas en profondeur, pour une organisation, le contexte et les intérêts, tant moraux, familiaux, que financiers des parties prenantes, peut réussir, ce qui pose la question des fondements éthiques.

L'altruisme dans les domaines humains

En géopolitique

En démocratie, les dirigeants sont élus sur une certaine période de temps (plusieurs années). Le fait de mettre en avant un comportement altruiste ou tout au moins promettre des actions dans l'intérêt du peuple est utilisé par de nombreux hommes politiques pour atteindre le pouvoir. Mais une fois élu, il ne sont pas liés par un contrat et donc ne sont pas attaquables juridiquement s'ils ne suivent pas leurs promesses.

Un responsable politique qui ne tiendrait pas compte des intérêts des partis en présence ne pourrait avoir un quelconque crédit. Mais la question n'est pas tant celle des intérêts que celle des méthodes pour arriver à la satisfaction du plus grand nombre. Les mauvaises décisions opérationnelles peuvent ainsi s'expliquer par différentes raisons :

  • la personne peut être naïve, et son ignorance fait que les intérêts du pays qu'elle gouverne ne sont pas bien défendus
  • la personne cherche à masquer d'autres motivations, et son altruisme apparent sert essentiellement à être élu

On espère cependant à chaque élection se trouver dans un troisième cas où l'altruisme affiché serait une intention sincère : un tel responsable voudrait par son attitude militer pour un comportement politique renouvelé, qui s'inspirerait de démarches telles celle d'un Ghandi, ou celle prônée par la "troisième voie" chrétienne.

Dans le commerce

L'altruisme est quasiment inimaginable dans le commerce. Il est incompatible avec la recherche du profit d'une société commerciale. L'altruisme s'applique à la globalité et non pas à un intérêt privé. L'entreprise cherchera surtout des relations client-fournisseur pérennes. Pour cela, il faut qu'il y ait des gains pour le client et le fournisseur. Ce sont donc des relations de donnant-donnant qui favorisent un nombre restreints d'agents économiques.

Cependant, la pression ou le choix des consommateurs pour des modes de productions biologiques, équitables ou respectueuses de l'environnement, peuvent infléchir la loi aveugle du profit. Alors, un commercial pourrait être décrit soit comme altruiste par égoïsme, ou alors comme étant altruiste rencontrant d'autres altruismes.

Dans l'éducation

On voit mal comment un père de famille pourrait être totalement désintéressé par rapport à l'avenir de ses enfants. Cependant, le fait de nourrir, de donner de l'affection et d'élever ses enfants constituent un don des parents, qui atteint sa pleine valeur quand il est fait de manière désintéressé.

Par rapport aux problèmes écologiques

Le désir que les êtres humains, écologistes ou non, peuvent avoir d'agir d'une façon conforme aux exigences d'environnement (voir les devoirs qu'implique la charte de l'environnement en France, ou la Green Charter signée en Australie), conduit à des situations qui peuvent être contraires aux intérêts des personnes qui s'engagent dans cette voie.

En réalité, si des individus s'engagent, c'est bien par solidarité avec leurs semblables, en vue d'aboutir à des résultats conformes à des intérêts qui ne sont pas seulement financiers, mais également moraux : quel patrimoine naturel laisser à ses enfants (d'une façon générale aux générations futures), dans une optique de responsabilité par rapport à des exigences de développement durable.

De telles attitudes peuvent conduire à des comportements et à des philosophies telles que le consensalism (dans le mode anglo-saxon), qui ne prennent pas forcément en compte tous les aspects de l'éthique.

La notion d'altruisme montre ses limites, car il y a bien des intérêts, qui certes ne sont pas seulement financiers, mais également moraux (ou éthiques).

Approche sociobiologique

Article détaillé : Sociobiologie.

Bien qu'un comportement altruiste semble a priori être contradictoire par rapport à des principes énoncés au sujet de la sélection naturelle, un examen plus fin par la sociobiologie des mécanismes à l'œuvre, des niveaux de sélection génétique, et d'expression des individus, montre qu'un comportement qui tient compte d'autrui peut être "sélectionné".

D'autre part, chercher à maximiser le bénéfice pour autrui suppose d'en avoir une bonne idée, ce qui est souvent plus difficile que la théorie ne le prévoit. Les gens n'ont pas forcément les mêmes préférences que l'auteur de l'acte. L'altruisme nécessite donc de développer de l'empathie. On pourra remarquer néanmoins que la sélection naturelle a favorisé l'apparition de neurones miroirs permettant de se mettre à la place d'autrui et d'apprendre par imitation.

Si on oppose généralement l'altruisme à l'égoïsme, il apparaît que souvent la distinction entre les deux est assez difficile à percevoir. D'une manière générale, si l'on postule l'idée du soi, on arrive à la conclusion de l'égoïsme. Il y a là une pétition de principe de l'existence de l'ego. Pour bien comprendre la notion d'altruisme, il faut dépasser la réflexion basée sur le soi et voir l'interdépendance qui réunit les êtres humains en particulier et les êtres vivants en général.

Les limites de l'altruisme : la parabole des petits vieux

« Un vieil homme évoque avec sa femme un souvenir. Le premier jour de leur rencontre, ils ont partagé le pain. C'est lui qui a coupé, sans y penser, comme il faisait à son habitude : la croûte d'un côté, la mie de l'autre. Il a laissé le meilleur à sa (future) femme, qui l'a pris avec joie. Ils ont continué à partager ainsi le pain. Et bien tu vois, dit l'homme, pendant tout ce temps ça m'a fait bien plaisir de manger le morceau que je détestais, rien que pour le plaisir de te voir profiter de mon morceau préféré. Et la femme de sourire en pensant : je comprends, c'était la même chose pour moi... »

Liens internes

Pour approfondir

Lien externe

Références

  1. Raquel Capurro, le positivisme est un culte des morts
  2. Mathieu Ricard, Plaidoyer pour le Bonheur, Editons Nil
  3. Patrul Rimpoché, Le chemin de la Grande Perfection, Editions Padmakara
  4. Philippe Cornu, Dictionnaire encyclopédique du Bouddhisme, Editions du Seuil
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