Alpa

Alpa est une marque suisse d'appareils photographiques produits de 1942 à 1991 par la société Pignons et reprise en 1996 par la société Capaul & Weber.

Sommaire

Histoire

Créée à la fin des années 1930 par une petite entreprise vaudoise d’horlogerie, elle figure parmi les pionniers du reflex 24x36 qu’elle a significativement contribué à améliorer. Malgré des prix très supérieurs à la concurrence[réf. nécessaire][1], la production s'est maintenue jusqu'à la fin des années 1980. Alpa était alors le dernier fabricant de reflex 24x36 encore actif en Europe occidentale. Après quelques années d’éclipse, la marque a été relancée en 1996 par un fabricant de chambres photographiques. Elle est aujourd’hui spécialisée dans le moyen format.

Une salle du Musée suisse de l'appareil photographique à Vevey lui est consacrée.

Principaux modèles

1re génération

Alpa Reflex, objectif rentré et viseur fermé (1944)

Les premiers modèles sont issus de la collaboration dans les années 1930 de Jacques Bogopolsky, père des caméras Bolex, avec la société Pignons S. A., sous-traitant de l'industrie horlogère établi à Ballaigues dans le Jura suisse, qui met au point un mécanisme à obturateur focal à rideaux de toile et miroir basculant offrant d’emblée 10 vitesses de la seconde au 1000e de seconde (1, 1/2, 1/5, 1/10, 1/25, 1/50, 1/100, 1/250, 1/500, 1/1000 s et pose manuelle[2]). Quelques caractéristiques communes aux premiers modèles disparaîtront à la deuxième génération : boîtier en tôle emboutie ; déclencheur sur le capot ; trois molettes, l’une, pour l’armement de l’obturateur et le réglage des vitesses (y compris les vitesses lentes), une autre pour l’avancement du film, la troisième pour le rembobinage.

  • Alpa Reflex (1944-1952): modèle reflex construit sur le boîtier de l’Alpa Standard. La visée reflex se fait à 90° sur un verre dépoli donnant une image de 23x35 mm2 inversée latéralement. Le système reflex est doublé d’un viseur clair (non reflex) pour le cadrage rapide et d’un télémètre à coïncidence d’images (identiques à ceux du Standard). La présence d’un second viseur est une particularité des appareils Alpa jusqu’en 1960. Ce premier reflex a été fabriqué à un peu plus de 3 000 exemplaires[3]. Il se vendait en France, en 1950, au prix de base de 105 585 FF (objectif télescopique Alpar f:2,9 50 mm)[4]. Les focales proposées allaient de 35 à 145 mm (ouverture maximale f:1,8 pour f = 50 mm).
  • Alpa Prisma Reflex (1949-1952): version avec prisme en toit et œilleton de visée à 45°. C’est l’un des tout premiers reflex à visée entièrement redressée[5]. La visée à 45° est une autre particularité de la marque jusqu’en 1960.

2e génération

Alpa 6
Alpa 7b

Cette 2e génération, appelée quelque temps Alnéa, est l’œuvre d’une nouvelle équipe dirigée par André Cornut. Le boîtier, robuste et fonctionnel, est désormais moulé en alliage léger. Parmi les nouveautés, on peut noter : une monture d’objectif à baïonnette spécifique[6], caractérisée par un très court tirage[7] et, à l’avant des objectifs, un dispositif à ressort pour la fixation des filtres, bonnettes et pare-soleils ; le regroupement des commandes d’armement, de sélection des vitesses et d’avancement du film sur une même molette ; le regroupement des commandes de déclenchement et de contrôle de profondeur de champ sur le devant du boîtier, à droite. Tous ces modèles disposent de la présélection automatique du diaphragme et de la double synchronisation pour flashes magnésiques et électroniques. Ils possèdent tous également un deuxième viseur (non reflex) facilitant le cadrage rapide.

  • Alpa 4 (1952-1960): modèle à visée reflex à 90° (image non redressée latéralement), sans télémètre.
  • Alpa 5 (1953-1960): modèle à visée reflex à 45° (image entièrement redressée), également sans télémètre.
  • Alpa 6 (1956-1960) : modèle à visée reflex à 45° intégrant un stigmomètre (télémètre à champ coupé) au centre du verre dépoli, entouré d’un anneau clair non dépoli. Ce modèle très complet est pourvu d’un retardateur de déclenchement variable. Il coûtait en France 183 950 FF en 1957 (avec objectif Switar f:1,8 de 50 mm)[8].
  • Alpa 7 (1953-1960): évolution axée sur le perfectionnement d’une visée télémétrique à coïncidence d’images. Le second viseur devient multifocal (50, 90, 135 mm) et intègre un télémètre couplé aux objectifs de 50 mm (la deuxième fenêtre est à la base du boîtier). Ce modèle dispose d’un retardateur (comme le n° 6) mais est dépourvu de stigmomètre. Il a été fabriqué à un peu moins de 9000 exemplaires[9].
  • Alpa 8 (avant 1959 ?) : modèle le plus sophistiqué de cette génération, cumulant le viseur-télémètre multifocal du n° 7 avec le stigmomètre du n° 6. Il n’a été fabriqué qu’à 245 exemplaires (les 19 premiers exemplaires sont dénommés « 7s », pour split image)[10].

En 1959, sont introduites deux innovations appréciables : un mécanisme de retour immédiat du miroir après la prise de vue (luxe rare à l’époque); un levier d’armement et d’avancement rapide du film (curieusement dirigé vers l’avant et s’actionnant à l’index, de gauche à droite, ce qui permet de garder l’œil au viseur). De plus, le stigmomètre (modèles 6 et 8) est à coupure diagonale de façon à être aisément utilisable aussi bien horizontalement que verticalement. Les modèles ainsi modifiés sont numérotés 4b, 5b, 6b, 7b et 8b.

À partir de 1960, le modèle 6b cède la place au modèle 6c que l’on convient de compter à part.

Modèles de transition

Alpa 6c

Sous des lignes plus carrées, ces modèles ont la même mécanique que leurs prédécesseurs. Aussi les rattache-t-on tantôt à la deuxième génération, tantôt à une nouvelle génération numérotée alors « 2 bis » ou « 3 »[11]. Quoi qu’il en soit, ces modèles marquent un tournant important dans la production Alpa : sont définitivement abandonnés le viseur reflex à 45° et, consécutivement, le second viseur devenu superflu, ce qui libère un espace où loger un posemètre. Accessoirement, l’obturateur passe aux 11 vitesses normalisées 1, 1/2, 1/4, 1/8, 1/15, 1/30, 1/60, 1/125, 1/250, 1/500 et 1/1000 seconde.

  • Alpa 6c (1960-?) : version modernisée du 6b comportant un viseur reflex, non plus à 45°, mais parallèle à l’objectif et, à la place du second viseur, un posemètre (non couplé) à cellule photo-émissive au sélénium.
  • Alpa 9d (1964-1968 ?) : modèle à posemètre placé derrière l’objectif. C’est l’un des tout premiers appareils dits « TTL » (through the lens) commercialisés[12]. Le posemètre est de plus couplé aux commandes de réglage des paramètres d’exposition (sensibilité, vitesse, diaphragme) et directement contrôlable dans le viseur par centrage d’une aiguille sur un repère. Le système Alpa utilise trois cellules photorésistantes au sulfure de cadmium (CdS), localisées derrière le prisme, dont une tournée vers l’oculaire pour prendre en compte la lumière parasite provenant du viseur. Une pile de 1,35 V est désormais nécessaire. Elle est mise sous tension le temps de la mesure par faible pression sur le déclencheur (blocable par un verrou de sécurité). Ce modèle a été produit à un peu plus de 5000 exemplaires.

Une variante sans posemètre, numérotée 9f, était disponible sur commande (jusqu’en 1988 ?). Elle a été fabriquée à environ 170 exemplaires (quelques uns aux formats 17x22,5 ou 18x24 mm ou encore avec d’autres options).

Dernière génération d’Alpa Reflex

Alpa 11s

Troisième ou quatrième génération, selon le décompte adopté, il s’agit des derniers appareils conçus et réalisés par la société Pignons. Ils se distinguent par leurs lignes épurées et quelques détails ergonomiques intéressants dont un viseur très clair donnant une image grandeur nature (grossissement de rapport 1/1 avec les objectifs f = 50 mm). Tous disposent d’un posemètre à compensation électronique (3 cellules placées derrière le prisme), couplé et contrôlable dans le viseur.

  • Alpa 10d (1968-1974) : modèle à cellules au CdS, équivalent au 9d. Le cadran du galvanomètre est de plus visible sur le dessus du capot.
  • Alpa 11e (1970-1972): modèle pourvu en outre d'un anneau de microprismes (entre le stigmomètre et l’anneau clair) et de voyants lumineux d’exposition dans le viseur (plus lisibles dans la pénombre).
  • Alpa 11el (1972-1976) : version avec retour du miroir plus rapide.
  • Alpa 11si (1976-1990) : version à cellules au silicium[13] (identique au modèle 11s ?).

Modèles « made in Japan »

Confrontée dans les années 1970 à une inexorable baisse d’activité, la société Pignons tente d’échapper à la faillite en commercialisant aussi sous sa marque des appareils japonais, beaucoup moins coûteux, avec l’espoir que ces nouvelles ressources soutiendraient sa propre production.

  • Alpa 2000si (1976-?) : modèle dérivé du Chinon CE II Memotron, à monture à vis de type M42.
  • Alpa 3000si (1980-?) : modèle dérivé du Chinon CE-4, à monture à baïonnette de type K.

Modèles produits par Capaul & Weber

Alpa 12

Il s’agit d’appareils photographiques de moyen format réalisés par Seitz Phototechnik AG à Lustdorf (Suisse) avec la collaboration technique et commerciale de Capaul & Weber (Zurich, Suisse).

  • Alpa Roto SM60/70 (depuis 1979) : appareil photographique panoramique couvrant 360° conçu par Hermann Seitz et le photographe Emil Schulthess. Il emploie des pellicules 120/220 en bobine ou de 70 mm perforées, en cartouche de 4,5 m.
  • Alpa 12 (depuis 1996) : chambre modulable de format 6x9 cm (plusieurs variantes).

Notes et références

  1. Voir par exemple cette publicité des années soixante collection-appareils.fr
  2. Notée P comme « poire » sur ces premiers modèles avant la généralisation de l’anglais B, « ball ».
  3. Estimation donnée sur Collection de Sylvain Halgand.
  4. Publicité Photo Plait 1950.
  5. Ses devanciers Contax S et Rectaflex, présentés en 1947, n'ont été mis en production qu'en 1949.
  6. D’après la rubrique historique du site Alpa of Switzerland mais à vérifier (la première génération en serait déjà pourvue d'après l'article Alpa en anglais de Wikipedia).
  7. Ce qui permet l’adaptation d’objectifs prévus pour beaucoup d’autres types de montures.
  8. Publicité Photo-Ciné-Revue 1957.
  9. D’après la numérotation reportée sur Collection de Sylvain Halgand.
  10. D’après Collection Alpa Reflex.
  11. Cf. L'Appareil photo des horlogers suisses.
  12. Le premier système TTL a été breveté par Ihagee en 1939.
  13. D'après Collection Alpa Reflex.

Liens externes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Alpa de Wikipédia en français (auteurs)

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