Jean-Baptiste Solignac
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Jean-Baptiste Solignac
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Origine Drapeau de France France
Hommages nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile

Le baron d'Empire, beau-frère du maréchal Jourdan, Jean-Baptiste Solignac est né à Millau le 15 mars 1773, et meurt à Montpellier le 11 novembre 1850.

Biographie

Le 28 septembre 1791, il est soldat du régiment de Vermandois, devenu par la suite le 61e régiment d'infanterie. Il est lieutenant et capitaine, en août et novembre 1792, dans le 2e bataillon des Pyrénées-Orientales, organisé à Montpellier. Il fit les premières campagnes de la Révolution française à l'armée des Pyrénées orientales.

Aide-de-camp du général Voulland, il devient chef de bataillon le 28 janvier 1794, puis, adjudant-général chef de brigade en l'an II. Il est arrêté pour avoir relâché des fédéralistes puis libéré fin mai 1795.

Il fut employé dans la 8e division militaire (Marseille), et ensuite à Paris en l'an IV. Ce fut alors qu'il connut le général Napoléon Bonaparte, qui lui confia, le 13 vendémiaire, les postes de l'impasse Dauphin, du passage Venua et du Manège, où commencèrent les premières hostilités. Solignac passa à l'armée d'Italie et y servit avec la plus grande distinction.

Il est fait général de brigade provisoirement nommé par le général en chef, au sein de l'armée d'Italie le 11 avril 1799.Il se distingua particulièrement à la bataille de Novi, y fut blessé et eut deux chevaux tués sous lui.

Il rentra en France et se trouva aux journées de Brumaire, auxquelles il prit une part très-active. Au moment du Coup d'État du 18 brumaire, il commande la troupe qui protège Bonaparte dans la salle des Cinq-Cents. Bonaparte s'est maladroitement laisser prendre à partie par les parlementaires. Solignac en fait chasser les députés.

Bonaparte, devenu premier Consul, se montra reconnaissant des services qu'il lui avait rendus dans ce moment critique, en l'attachant à sa personne. Le 28 du même mois le général Bonaparte le chargea d'une mission très-importante dans la 8e division militaire, et l'investit à cet effet de pouvoirs extraordinaires[1].Il revint ensuite à Paris et suivit le général Masséna à l'armée d'Italie.

Confirmé dans son grade de général de brigade par arrêté des consuls, il se fit remarquer à l'affaire de Melogno, et reçut dans cette action un coup de biscaïen à la cuisse. Il fit la campagne de l'an X à l'armée de Naples, sous les ordres de Murat, celles de l'an XI et de l'an XII à l'armée d'Italie.

Il reçut l'ordre, le 9 brumaire, de se porter sur une colonne de 5.000 Autrichiens, séparée de l'archiduc Charles, et qui avait pris position sur les hauteurs de San Leonardo, à l'effet de cerner entièrement ce corps ennemi. Il y marcha avec quatre bataillons de la division Partouneaux, et força le général Hellinger à conclure une capitulation qui donna aux Français 5.000 prisonniers avec armes et bagages, 70 officiers, un brigadier-général, un colonel, un major et 80 chevaux.

Cet officier général acquit une nouvelle gloire au combat de Saint-Jean et au passage du Tagliamento.

Accusé de concussions, M. Solignac fut destitué par décret du 31 mars 1806. Il paraîtrait cependant que les accusations dont ce général était l'objet, parurent douteuses à l'Empereur, puisqu'il le rétablit dans son grade par un autre décret du 20 avril 1807, et le remit en activité à la Grande Armée.

Il fait partie de la Grande Armée devant Dantzig en 1807 et de l'armée du Portugal à partir du 18 janvier 1808. Il prit le commandement de l'avant-garde du général Loison dans l'Alentejo, et battit complètement un corps portugais et espagnol devant Evora, lui fit 1.500 prisonniers, et lui prit 7 pièces de canon[2]. Le 20 août suivant, il se distingua à la bataille de Vimeiro, qui décida l'évacuation du Portugal, et y reçut deux blessures extrêmement graves.

Fait baron de l'Empire, le général Solignac passa au 8e corps de l'armée d'Espagne. Il soutint la brillante réputation militaire qu'il avait acquise en Italie et en Portugal, et fut élevé au grade de général de division le 17 novembre de la même année.

Il sert en Espagne entre 1809 et 1810. Destitué par décret du 15 novembre 1811, il supplia l'Empereur de lui permettre de reprendre du service, fût-ce même comme simple soldat, et il obtint le commandement d'une division au 1er corps de la Grande Armée, le 1er janvier 1814.

En non-activité le 15 janvier 1815, il fut mis à la disposition du duc d'Angoulême le 6 mars.

Nommé, par son département, membre de la Chambre des représentants, il proposa, dans la séance du 22 juin, de s'occuper sur-le-champ de nommer des commissions :

  1. de gouvernement provisoire ;
  2. de négociations avec les puissances ;
  3. pour se rendre auprès du général Wellington, afin d'arrêter, s'il était possible, sa marche. Dans la même séance, il insista sur ce que l'abdication après Waterloo de l'Empereur fût mise aux voix.

Commissaire de la Chambre des représentants près l'armée, il fit voter, dans la séance du 4 juillet, des remerciements aux braves de toutes armes qui avaient si vaillamment défendu les approches de la capitale. M. Solignac engagea plusieurs fois la Chambre à reconnaître et à proclamer Napoléon II, et demanda que les autorités de l'empire fussent tenues de lui prêter serment.

Cet officier général eut sa part dans les persécutions qui suivirent la réaction politique de 1815 ; il se vit réformé sans traitement, et rayé des contrôles de l'armée. Le 2 mars 1816, le grand chancelier ayant demandé au roi si cette radiation entraînait de droit celle des contrôles de la Légion d'honneur, Louis XVIII répondit négativement.

Admis à la retraite, le 11 août 1819, il rentra en activité et prit le commandement de la 9e division militaire le 1er septembre 1830. Commandant de la 12e division militaire en 1832, il est chargé de rétablir l'ordre en Vendée.

Créé grand officier de la Légion d'honneur le 20 avril 1831, disponible le 29 juin, le général Solignac fut réadmis à la retraite le 25 juin 1834.

Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Ouest.

Notes et références

  1. La mission de ce général était de maintenir et de rétablir, au besoin, l'ordre et la tranquillité dans les départements de Vaucluse, des Bouches-du-Rhône et du Var, et il lui était particulièrement recommandé d'empêcher que la place de Toulon ne tombât entre les mains des mécontents, qu'on savait être en grand nombre à Marseille, à Toulon et à Draguignan. Arrivé à Marseille, Solignac s'aboucha avec les autorités civiles et militaires, et parvint, après deux longues conférences, à obtenir d'elles des proclamations d'adhésion aux journées de Brumaire.
  2. Chargé d'enlever la place d'Evora, il escalada les remparts, pénétra dans la ville malgré la défense la plus opiniâtre, et s'en empara en moins de deux heures.

Source partielle

« Jean-Baptiste Solignac », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]


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