Allemand (langue)

Allemand

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la langue allemande. Pour les autres significations du mot « allemand », voir Allemand (homonymie).
Allemand
Deutsch
Parlée en Lang-ge.gif Allemagne, Autriche, Suisse et dans 8 autres pays
Région Europe
Nombre de locuteurs 125 millions
Classement 10
Typologie V2
Flexionnelle - Accentuelle
Classification par famille

 -  Langues indo-européennes
    -  Langues germaniques
       -  Langues germaniques occidentales
          -  Langues germano-néerlandaises
             -  Haut-allemand
                -  Allemand

(Dérivée de la classification SIL)
Statut officiel et codes de langue
Langue officielle de Autriche Autriche
Belgique Belgique
Allemagne Allemagne
Liechtenstein Liechtenstein
Luxembourg Luxembourg
POL województwo opolskie flag.svg Voïvodie d'Opole, Pologne
Sopron wappen.JPG Ville de Sopron, Hongrie
Suisse Suisse
Flag of Trentino-South Tyrol.svg Trentin-Haut-Adige, Italie
Namibie Namibie (langue co-officielle régionale)
Flag of Europe.svg Union européenne
Vatican Vatican (langue officielle de la garde suisse pontificale)
ISO 639-1 de
ISO 639-2 ger (B) / deu (T)
ISO 639-3 (en) deu
type : L (langue vivante)
étendue : I (langue individuelle)
SIL GER
Échantillon

Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme (voir le texte en français)

Artikel 1

Alle Menschen sind frei und gleich an Würde und Rechten geboren. Sie sind mit Vernunft und Gewissen begabt und sollen einander im Geist der Brüderlichkeit begegnen.

Map German World.png
Connaissance de l'allemand dans l'Union Européenne et les pays candidats. Cependant, la connaissance alsacienne de l'allemand se rapproche bien plus de la connaissance moyenne de la France en cette langue.

L’allemand (Deutsch en allemand) est une langue indo-européenne appartenant à la branche occidentale des langues germaniques. Avec plus de 100 millions de locuteurs, l'allemand est la langue la plus parlée au sein de l'Union européenne.

Allemand est aussi un terme linguistique, dans bas-allemand, moyen-allemand et haut-allemand, où il n'a pas le sens de « nationalité » mais celui de famille linguistique, et où « bas » signifie « nord » (bas-Rhin, ou proche de la mer), et « haut » signifie « sud » (haut-Rhin, ou plus haut géographiquement). L'allemand standard fait partie du haut-allemand.

Sommaire

Répartition géographique

Note : que l'allemand soit devenu langue officielle dans certains États fédérés des États-Unis est, malgré une assertion récurrente, infondé.

Populations germanophones, c'est-à-dire parlant l'allemand standard ou l'un de ses dialectes, classées par nombre estimé de locuteurs.
Pays Nombre de locuteurs Remarque
Allemagne 82 250 000 langue officielle
Autriche 8 123 000 langue officielle
Suisse 5 200 000 langue co-officielle
États-Unis 2 000 000
Brésil 1 900 000
France 1 400 000 [1]
Russie 850 000
Kazakhstan 350 000
Italie 300 000 langue régionale
Argentine 300 000
Luxembourg 300 000 langue co-officielle
Canada 250 000
Chili 200 000
Pologne 190 000
République tchèque et Slovaquie 150 000
Australie 150 000
Paraguay 150 000
Hongrie 145 000
Kirghizistan 100 000
Belgique 71 000 langue co-officielle
Roumanie 70 000
Bolivie 50 000
Afrique du Sud 45 000
Ouzbékistan 40 000
Pays-Bas 40 000
Mexique 40 000
Ukraine 38 000
Équateur 32 000
Liechtenstein 30 000 langue officielle
Namibie 30 000 langue co-officielle régionale
Uruguay 28 000
Danemark 20 000
Slovénie 20 000
Croatie 11 000
Belize 10 000
Moldavie 7 000
Lettonie 4 000
Lituanie 2 000
Togo 1 500

Source : wikipédias allemand et espagnol (en désaccord entre eux). À vérifier depuis une source plus sûre.

Langues dérivées

  • Le yiddish est une langue dérivée du moyen-haut-allemand médiéval, dans lequel ont été introduits des mots d'origine slave ou hébraïque.
  • L'unserdeutsch est un créole formé à partir d'un lexique allemand.

Histoire

Développement de l'aire linguistique allemande à travers le temps.

Première mutation consonantique

Articles détaillés : Loi de Grimm et Loi de Verner.

Avec la première mutation consonantique (erste germanische Lautverschiebung) aux environs du Ve siècle av. J.-C., naissait le germanique commun à partir d'un dialecte indo-européen. Cette transformation explique des différences entre les langues germaniques (plus l'arménien) et les autres langues indo-européennes. On peut, pour simplifier, présenter les faits ainsi :

  • k → h : cor en latinHerz en allemand, heart en anglais, hart en néerlandais
  • p → f : pater en latin — Vater en allemand, father en anglais, vader en néerlandais
  • t → th : trois en latin — drei en allemand, three en anglais, drie en néerlandais
  • d → t : decem en latin — zehn en allemand, ten en anglais, tien en néerlandais
  • g → k : gula en latin — Kehle en allemand, keel en néerlandais
  • bh → b : bhrātā en sanskrit (frater en latin) — Bruder en allemand, brother en anglais, broer en néerlandais
  • dh → d : adham en sanskrit — Tat en allemand, deed en anglais, daad en néerlandais
  • gh → g : *ghostis en indo-européen (hostis en latin) — Gast en allemand et en néerlandais, guest en anglais

Pour résumer, on a :

  • gh / g / k ➜ g / k / h (ou x)
  • bh / b / p ➜ b / p / f
  • dh / d / t ➜ d / t / th

Seconde mutation consonantique

Article détaillé : Seconde mutation consonantique.

On commence à parler de langue allemande (ou, en linguistique « haut-allemand ») lorsque les dialectes parlés dans le Sud-Ouest de l'Allemagne subirent la seconde mutation consonantique (zweite germanische Lautverschiebung ou hochdeutsche Lautverschiebung, que l'on situe grosso modo vers le VIe siècle), au cours de laquelle la langue commença à se différencier des dialectes du nord (Niederdeutsch, bas-allemand).

Cette modification phonétique explique un certain nombre de différences entre l'allemand actuel et, par exemple, le néerlandais ou l'anglais :

  • k → ch : ikich (je) ; ookauch (aussi) ; make/makenmachen (faire)
  • d → t : dag/dayTag (jour) ; bedBett (lit); do/doentun (faire)
  • t → s : wat/whatwas (quoi) ; street/straatStraße (rue) ; eat/eetessen (manger)
  • t → (t)z : zitten/sitsitzen (être assis) ; two/tweezwei
  • p → f : slapen/sleepschlafen (dormir) ; schip/shipSchiff (bateau) ; help/helpenhelfen (aider)
  • p → pf en début de mot : peper/pepperPfeffer (poivre) ; paardPferd (cheval)
  • v, w, f → b : geloof/believeGlaube (croyance) ; avond/eveningAbend (soir)

pour résumer, *k / *p / *t ➜ ch / pf (ou f) / ts (ou s)

Les dialectes du nord qui n'ont pas ou peu subi cette seconde} mutation phonétique sont qualifiés de bas-allemand. Cette appellation est jugée abusive par certains linguistes, notamment néerlandais (qui ne sont pas « allemands »). Mais le terme « allemand » n'est ici qu'un terme linguistique, un peu comme « roman », « slave » ou « scandinave ».

Moyen Âge

Entre le Xe siècle et le XVe siècle eut lieu une diphtongaison dans les parlers du Sud-Ouest concernant l'articulation en deux phonèmes de ei, eu et au. Cela explique à nouveau certaines différences entre l'allemand standard et, par exemple, le néerlandais (les lettres dans les parenthèses expliquent la prononciation en utilisant la langue française):

  • û (ou), → au (aou): hūsHaus (maison) ; mūsMaus (souris)
  • î, (î) → ei (aille) : wīseWeise (manière) ; zītZeit (temps)
  • iu (û) → eu (≈oï): liuteLeute (des gens) ; hiuteheute (aujourd'hui)

Contrairement aux États voisins, les contrées germaniques sont restées morcelées (Kleinstaaterei) au cours de l'ensemble du Moyen Âge contribuant au développement de dialectes très différents et parfois mutuellement inintelligibles. Un premier pas vers une langue interrégionale correspond au Mittelhochdeutsch poétique des poètes de cour vers le XIIIe siècle, bien que l'influence sur la langue vulgaire fût quasiment nulle, en raison de la faible alphabétisation. Aussi les régions germaniques restèrent-elles longtemps coupées en deux régions linguistiques :

Influence de la Réforme

En 1521, Martin Luther traduisit le Nouveau Testament dans cet allemand standard en développement et en 1534, l'Ancien Testament. Bien que Luther ne fût pas, comme il fut considéré autrefois, le pionnier dans l'établissement d'une langue interrégionale — en élaboration depuis le XIVe siècle — il n'en reste pas moins que la Réforme protestante contribua à implanter l'allemand standard dans les administrations et les écoles, y compris dans le Nord de l'Allemagne, qui finit par l'adopter.

Mais, jusqu'au début XIXe siècle, le Hochdeutsch resta une langue souvent écrite, que beaucoup d'Allemands, en particulier dans le Sud, apprenaient comme une langue étrangère.

L'allemand en Europe centrale

Avec la domination de l'Empire austro-hongrois en Europe centrale, l'allemand y devint la langue véhiculaire. En particulier, jusqu'au milieu du XIXe siècle, les marchands et, plus généralement, les citadins y parlaient l'allemand, indépendamment de leur nationalité : Prague, Budapest, Bratislava, Zagreb et Ljubljana constituaient des îlots germanophones au milieu des campagnes qui avaient conservé leur langue vernaculaire.

Normalisation de l'orthographe et de la grammaire

Johann Christoph Adelung publia en 1781 le premier dictionnaire allemand exhaustif, initiative suivie par Jacob et Wilhelm Grimm en 1852. Le dictionnaire des frères Grimm, publié en seize tomes entre 1852 et 1960, reste le guide le plus complet du vocabulaire allemand. La normalisation progressive de l'orthographe fut achevée grâce au Dictionnaire orthographique de la langue allemande de Konrad Duden en 1880, qui fut, à des modifications mineures près, déclaré comme référence officielle dans la réforme de l'orthographe de 1901.

Classification

C'est une langue germanique de la branche ouest, proche, notamment, du néerlandais.

Langues régionales

haut-allemand

bas-allemand

Écriture

L'allemand s'écrit avec les 26 lettres de l'alphabet latin, trois voyelles surmontées d'un Umlaut (sorte de tréma) ä, ö et ü, et un symbole graphique spécial ß, eszett (ligature de « s » et de « z ») ou scharfes S, utilisé en lieu et place de ss dans certains cas (principalement après une voyelle longue ou une diphtongue). La Suisse n'utilise plus le ß depuis les années 1930. Jusque dans les années 1940, l'allemand était imprimé en écriture gothique (Fraktur) et écrit en sütterlin, qui sont différentes versions de l'alphabet latin.

Orthographe

L'orthographe allemande se déduit en général de la prononciation et d'un minimum de connaissances. Mais les fortes disparités régionales dans la prononciation peuvent rendre la tâche ardue. Les principales difficultés orthographiques de l'allemand résident dans :

  • les Fremdwörter (mots d'origine étrangère) : ils sont souvent écrits conformément au mot d'origine (par ex. Milieu, Mayonnaise) mais la récente réforme de l'orthographe (voir plus loin) autorise la germanisation des termes importés comme par exemple l'écriture de Jointventure en un mot ;
  • les lettres ä et e (e ouvert ou fermé), dans certains cas homophones et dans d'autres de prononciations voisines (par ex aufwendig dérivé de Aufwand, où l'orthographe réformée permet d'aussi écrire aufwändig) ;
  • la distinction entre consonne simple et consonne double qui, dans un nombre limité de mots et contrairement à la règle habituelle, n'a pas d'influence sur la longueur de la voyelle (par ex. Tip mais tippen, Platz [tz est considéré comme un double z] mais plazieren) (voir plus loin : Prononciation) ;
  • la séparation entre les mots (par ex. radfahren « aller à vélo » à côté de Auto fahren « aller en voiture ») et la (non-)capitalisation de certaines expressions (par ex. im dunkeln lassen « laisser incertain » à côté de (jemanden) im Dunkeln lassen « laisser (quelqu'un) dans un endroit obscur »).

Afin de supprimer une partie des difficultés décrites ci-dessus, les représentants allemands, suisses et autrichiens convinrent d'une réforme de l'orthographe. Elle est entrée en vigueur en 1998 en Allemagne et est devenue obligatoire à partir de la mi-2005. La dernière réforme datait de 1901 et portait entre autres sur la suppression du h dans Thor et sur l'ajout du e pour les voyelles longues et accentuées dans la conjugaison des verbes, par exemple kritisirtkritisiert).

Les principaux changements concernent :

  • l'homogénéisation de la graphie des mots de même famille (aufwändig de Aufwand, mais toujours aufwenden) ;
  • l'utilisation du ß uniquement après les voyelles longues et les diphtongues (on aura alors toujours der Fuß, die Geiß, mais der Fluss, ce qui est analogue aux règles pour les autres consonnes) ;
  • dans les mots composés (voir agglutination/Linguistique), aucune lettre ne sera plus supprimée (Geschirr + Rückgabe > Geschirrrückgabe ou, alternativement, Geschirr-Rückgabe) ;
  • la généralisation plus exhaustive de l'écriture en plusieurs mots des expressions figées (auseinander reißen), ce qui est la chose la plus critiquée et qui a aussi créé des nouveaux problèmes : « Furcht erregend » (intimidant, traditionnellement « furchterregend ») mais toujours « noch furchterregender » (encore plus intimidant)
  • la systématisation de la capitalisation des substantifs (der Dritte) ;
  • la simplification de la césure et de l'emploi de la virgule ;
  • la simplification (phonétisation) de termes issus du grec et l'abandon du ph (Fotografie)

Cette réforme rencontre une forte critique en Allemagne. Le Land de Schleswig-Holstein a voté le retour à l'orthographe traditionnelle en 1998 (décision annulée pourtant par le parlement régional) et certains journaux et éditeurs ont depuis décidé de revenir à la graphie conventionnelle.

Prononciation

Article détaillé : Prononciation de l'allemand.

Contrairement à des langues telles que l'anglais, l'allemand classique (Hochdeutsch) se prononce de manière assez conforme au texte écrit, hormis pour les mots d'emprunt. Presque toutes les voyelles se prononcent clairement, voire longuement, même sans indications.

Toutefois, les francophones qui apprennent l'allemand rencontrent généralement quelques difficultés, listées ci-dessous.

Tous les sons n'y figurant pas se prononcent toujours de la même manière qu'en français (a, b, d, f, i, k, l, m, n, o, p, ph, q, r, t, x). Le son [k] composé de c et h existe également en allemand : Christ, écho…

Lettres à Umlaut (notre « tréma » français)

  • Ä ä correspond au [è] français : Ärzte (médecins), März (mars - le mois), Länder (pays, au pluriel), zählen (compter), Träger (porteur), schämen (avoir honte), Männer (hommes)
  • Ö ö correspond au [eu] français : öffnen (ouvrir), Österreich (Autriche), Höhle (grotte), Hölle (enfer), Höhe (hauteur), König (roi), Vögelein (petit oiseau)
  • Ü ü correspond au [u] français : über (au-dessus), für (pour), die Tür (porte classique), Bücher (livres)

Les Umlauts indiquent également l'accentuation. Ils marquent souvent le pluriel ou le diminutif (avec « -chen » et « -lein ») des mots.

Lorsque les Umlauts ne sont pas accessibles (clavier étranger, Internet…), ils sont représentés par e" : ae pour ä, oe pour ö, ue pour ü.

En Alsace, on remplace habituellement les umlauts : Koenigshoffen (quartier de Strasbourg), le Haut-Koenigsbourg (un château fort)…

Lettres

  • E e correspond au [é] ou au [è] français, marque un « temps mort » ou sert à allonger le i :
    • lorsque le E est suivi au minimum de deux consonnes (ou que la seule lettre le suivant soit une consonne), il est prononcé [è] : Ecke (coin), empfehlen (recommander), Ente (canard), er (il), ersten (premier), Erwachsene (adultes), ernst (sérieux, sérieusement), es (il impersonnel dans « Il était une fois », « Il fait beau » ou « S'il vous plaît », pronom neutre, ou le le de « Je le lui ai donné »), essen (manger), elf (onze), Ende (fin), express (exprès), nennen (nommer), Stern (étoile), rennen (courir), Brennen (brûler), Pfeffer (poivre), Feld (champ), gelb (jaune)… Cette règle n'étant qu'une généralité. Exception [é] : Pferd (cheval), Erde (terre), Schwert (épée). Attention, la combinaison eh donne toujours le son [é].
    • lorsque le E est suivi d'une seule consonne (ce qui sous-entend qu'après cette consonne, il y ait à nouveau une voyelle), il est prononcé [é] : enen (justement, quand même), edel (noble, précieux), egal (égal, peu importe), ehe (« avant » ou « par mariage »), eher (plutôt - dans un choix), ekel (dégoût), Elefant (éléphant), Esel (âne), Etikett (étiquette), ewig (éternellement)…
    • le E en fin de mot (eine -une-, Woche -semaine-, Nase -nez-), de -en (notamment dans les verbes - Eisen -fer-, machen -faire-, werden -devenir-, Blumen -fleurs-), -er (notamment dans les métiers et les noms communs au pluriel - Pfeffer -poivre-, Briefträger -facteur-, Wetter -temps [météo]-) et -el (Edel -précieux-, Esel -âne-, Ekel -dégoût-) est un [eu] très léger, mais n'est pas à omettre. Règle également valable pour les préfixes ver- (vergessen [oublier], Verlag [éditeur, édition], verlassen [abandonner], vergleichen [comparer], verwechseln [confondre], vertrauen [faire confiance]…) et ge- (Geschäft [magasin], mais aussi dans les verbes au passé : Gesehen [vu], gegangen [allé], gesucht [recherché, qui, comme en français ou en anglais, n'est pas uniquement du passé]…).
    • le e précédé par i allonge cette voyelle : Krieg (guerre), kriegen (recevoir -familier-), Biene (abeille), Biest (bête - féroce), Fliege (mouche), viel (beaucoup), nie (jamais), wiese
    • Suivi d'un H, le E se prononce automatiquement [é] (en dehors de l'allongement du E).
  • Ces mots peuvent être prononcés différemment selon les régions (ou même selon les personnes) ou malgré les indications, comme en français purée et événement.
  • G g
    • Il correspond uniquement au [g] de gâteau et guitare : le son [j] français de genou et jambon n'existe que pour les mots d'emprunt en allemand.
    • Derrière i en fin de mot, il se prononce chuinté (comme le [ch] léger allemand&nbsp);: zwanzig (vingt), lustig (drôle), fertig (fini), wahnsinnig (incroyable), Großartig (fabuleux), Honig (miel), Leipzig (ville), Ludwig (Ludovic ou Louis)… Cependant, il est prononcé « k » dans certaines régions. Ne pas confondre avec les mots se terminant par CH ou SCH (indique les mots d'origine étrangère).
  • H h
    • Il est aspiré comme en anglais.
      Article détaillé : H aspiré.
    • Précédé par a, ä, e, o, ö, u et ü, il ne se prononce pas, mais allonge la voyelle : fahren (rouler), Fahrer (conducteur), mahlen (moudre), Zahn (dent), Fährer (conducteurs), Zählen (compter), Zähne (dents), ähnlich (semblable), Mehl (farine), mehr (plus +), Fehler (faute, erreur), Lehrer (enseignant), Lehren (enseigner, à ne pas confondre avec Lernen, qui signifie apprendre au premier sens), stehen (se tenir debout), wohnen (habiter), wohnung (appartement), ohne (sans), Ohr (oreille), Sohn (fils), wohl (bien, agréable), Möhren (carottes), kühl (frais), Mühle (moulin)
    • Lorsqu'il suit le e, le H donne le son é.
  • J j correspond au [i] français : ja (oui), Jagd (chasse), jemand (quelqu'un), Jahr (année), Maja (Maya), Jesus (Jésus), jammern (gémir, pleurnicher), Maracuja (fruit de la passion), Jerusalem ([Yérousalèm]), januar (janvier), juni (juin), juli (juillet), Johann (Jean), jung (jeune), juhu ! (youpi !), jubeln (jubiler)…, hormis le J des mots étrangers (joker, jockey, James…).
  • S s
    • En début de mot, s’il est suivi des consonnes "b" ou "p", il se prononce comme le [ch] français : Sport (sport), Stern (étoile), Stuhl (chaise), still (silencieux), Spiel (jeu), Stein (pierre), Stunde (heure), Stabe (bâton), Stadt (ville), Stoßen (cogner), Stube (pièce - au sens de salle, chambre), Stufe (marche - escalier -, étape, niveau).
    • En début de mot, s’il est suivi d’une voyelle, a un son se situant entre le [z] et le [s] français : die Sonne (le soleil)
    • Après une voyelle, il se prononce comme le [z] français : Eisen (fer), Hose (pantalon, culotte), hormis bien sûr s'il s'agit de deux s (ss, qui peut s'écrire ß), et s'il est suivi lui-même également d'une voyelle.
    • Après une consonne, il se prononce [ss] : Geburt|s|tag (« jour de naissance » ou « anniversaire », mot composé). Ce cas se trouve notamment dans les mots composés.
  • ß (minuscule comme majuscule) correspond au son [ss] (mais n'est pas toujours employé pour le son): Kuß (ou Kuss) (baiser), wissen (savoir).
  • U u correspond au son [ou] français : ufer (rivage), Blume (fleur)
  • V v correspond généralement au son [f] français : Vogel (oiseau), Vorsicht (« attention » ; littérelement « prenez garde » ou « prenez vos précautions »), von (de), viel (beaucoup), Vater (père)… Exemple d'exceptions (mots d'emprunts) : Revolution, November (V à la française - cependant, les autres lettres de ce mot se lisent à l'allemande).
  • W w correspond généralement au son [v] français ( Wetter, temps - au sens météorologique -, Wasser (eau), Weg (chemin), Wagen (véhicule), willkommen (bienvenue), wohnen (habiter), wo (où), wenn (si…), wann (quand), was (quoi), wie (comment)… Exemple d'exceptions (mots d'emprunt) : Far-West (W à l'anglaise).
  • Y y correspond au [u] français : Gymnasium (équivalent du lycée), Labyrinth, Hygiene, s'il n'est pas précédé d'un a ou d'un e, où il se prononce i et peut changer le e en a (Meyer - nom courant -, Speyer - ville -), à l'instar du i dans par exemple Ei (œuf) [aï]. Exemples d'exceptions : Bayern (Bavière - prononcer le Y « i »), Yann (prénom - prononcer le Y « i ») - Mots d'emprunt : yahoo et yepee (youpi).
  • Z z correspond au son [ts], [tz], [ds] ou encore [dz] : Zeit (temps), Zeitung (journal), Zirkus (cirque), Satz (phrase), Salz (sel), März (mars - le mois), Marzipan (massepain - pâte d'amande -), Zimmer (chambre), Schwartz (noir), Katze (chat).

Sons composés

  • ch se prononce de trois façons : soit « [r] dur », soit « [ch] léger » (entre h et sch), soit [k] :
    • Après a, o et u, il se prononce [χ], son approchant du [j] espagnol dans Juan (Jean), mais en plus atténué. Il est aujourd'hui plutôt prononcé comme le r français en début de mot (renard, route, rue, re-voir, -garder, -tour…). Bach (rivière), machen (faire), Nacht (nuit), Loch (trou), doch (si - en réponse à « non » -), Woche (semaine), Wache (garde), Tochter (fille - lien avec les parents -) Tochte (tarte), Buch (livre), brauchen (avoir besoin, devoir), suchen (chercher, sans savoir où est ce que l'on cherche), achtung (attention), Sprache (langue orale), ach... (ah…)... Le nom Bach (compositeur allemand de musique baroque) se prononce également de cette façon en allemand, et non [bak], sa prononciation usuelle en France.
    • Après i, e, ä, ö, ü et une consonne, il se prononce [ç] (à mi-chemin entre [ch] et [h]), comme en grec moderne dans όχι (non). Il s'agit du « [ch] léger » : ich (je et moi), echt (vrai), Bücher (livres), che (cuisine), Licht (lumière), chter (gardes), cher (trous), Märchen (conte), Mädchen (fille au sens de jeune personne féminine), München (Munich, la ville de), Mönch (moine), nicht (pas - négation)… Exception : Echo (écho), le ch se prononçant comme le son [k].
    • Avant s, il se prononce [k], ce qui donne le son ks (x), comme dans Fuchs (renard - fox en anglais), mais aussi Wachs (cire), Lachs (saumon), wachsen (grandir), Erwachsene (adulte), Dachs(blaireau), sechs (six), Ochs (bœuf), wechseln (changer), verwechseln (confondre), chste (suivant), chse (boîte de conserve)…
  • sch se prononce comme le [ch] français : die Schuhe (les chaussures), die Schule (l'école), der Schlüssel (la clé), das Schwert (l'épée), schreiben (écrire), englisch (langue anglaise), französisch (langue française), deutsch (langue allemande), Schere (ciseaux). Attention au suffixe -chen dans par exemple Mäus|chen (petite souris), ein biss|chen (un peu).
  • ng correspond au son [ng] anglais : Englisch, [Dring !], Zunge (langue organique), Lösung (solution - sens de la « réponse »), Gang (couloir), Angst (peur)
  • au est constitué de a et de u [ou] ; cependant, il faut bien le prononcer comme un seul son, à l'instar du oi français, constitué de ou et de a : M'aus (souris), August (août), Strauß (bouquet), genau (exactement), Stau (embouteillage), auch (aussi), Frau (femme), kauen (mâcher), rauchen (fumer), aua ! (aïe !), blau (bleu). Le mot Verdauung (digestion) est un bon exemple ; en effet, le u de au est différent du second u ; il paraît plus pur.
  • äu correspond au son [oï] (la langue d, comme le son allemand [eu]), mais se prononce [eui] (écureuil) dans certains endroits : M'äuse (souris, au pluriel), Bäume (arbres), gebäude (constructions), Häuser (maisons)
  • ei correspond au son [] : Ei (œuf), Eimer (seau), ein (un), eins (un - le chiffre), einmal (une fois), nein (non), Stein (pierre), heiß (chaud), Wein (vin), Weihnacht (Noël)… à l'instar du i anglais
  • eu correspond au son [oï] (la langue d'oïl, comme le son allemand [ÄU]) : neu (nouveau), Heu (foin), Feuer (feu), Europa (Europe), neun (chiffre 9)

Il faut bien veiller à ne prononcer qu'un son et pas deux sons distincts pour les combinaisons de deux voyelles : par exemple, pour la combinaison EI, il faudra prononcer ail (ou I et le i de knife) et non de na|ïf. Le son français OI est l'exemple même : ne se prononce pas directement OU|A.

  • les lettres a et e doubles marquent tout simplement l'allongement du son, ainsi que le h suivant une voyelle : Haar (cheveu), Paar (« couple » ou « quelques »), Leer (vide), Schnee (neige), Klee (trèfle), nee (« non » familier, équivalent à « mais non », égal au « ouais » pour le « oui » français) : ee se lit éé.
  • Le coup de glotte au début des mots (et de certaines syllabes) commençant par une voyelle marque une séparation nette entre les mots. Le français, en revanche, a tendance à lier les mots entre eux.
  • L'accent tonique est assez souvent placé sur l'avant-dernière syllabe (ex. : Dino-Saurier - « au » est l'avent-dernière syllabe du mot-valise, mais la première du mot « Saurier »), contrairement à la prononciation française standard qui accentue la dernière syllabe. Il revêt une importance capitale. Deux mots apparemment identiques (comme par exemple übersetzen) auront des significations entièrement différentes selon que la préposition (über) ou le verbe (setzen) sera accentué.
- übersetzen = traduire (passé composé : übersetzt)
- übersetzen = traverser un fleuve, aller sur l'autre rive (p.c. : übergesetzt).
  • L'accentuation est aussi indispensable dans la grande majorité des prénoms : Anna, Maria, Sabine, Sandra, Lena, Anton, Antonia, Simone, Felix, Susanna, Julia, Isabella, Phillip, Mickaël(a), Aurelia, Peter, Stephan, Thomas, Markus, Andrea(s), Rainer, Georg, Delphine, Christine, Kristianna, Alexander (Axel), Claudia, Tobias, Kassandra, Ludwig, Johann(es)(a), Brigitte, Barbara, Henrick, Bambi, Faline, Cinderella… Certains noms peuvent se prononcer de plusieurs façons : l'accentuation peut changer de voyelle et ces noms laissent donc le choix de la voyelle à accentuer, les voyelles peuvent être plus ou moins accentuées , d'autres prénoms n'ont pas de voyelles à accentuer (sans compter l'habituelle accentuation allemande) : Wolfgang, Sebastian (la voyelle à prononcer est ici à choisir), Friederich, Niklas, Heinrich.
  • Le R ou l'ensemble ER dans les terminaisons d'un mot ont de nos jours tendance à s'approcher du son a à l'instar de l'anglais : Bauer (paysan, fermer), Maler (dessinateur), super, Käfer (insecte), Kaiser (empereur), Mutter (mère), hier (ici), Messer (couteau), immer (toujours), meister (maître), le er qui indique l'avantage (par exemple schneller [plus vite])…, mais aussi par exemple Dorf (village), Wort, Bayern (Bavière). Exemple : Aber bitte mein Vater, sagen Sie mir mehr als nur ein Wort ! (Mais s'il vous plaît mon Père, dites-moi plus qu'un mot !).
  • La longueur des voyelles doit être scrupuleusement respectée. Alors qu'en français certains ne font aucune différence entre les voyelles longues et les voyelles brèves (pâtes et pattes, âne et Anne), l'allemand exige de distinguer les deux - au risque de malentendus funestes -.
- Du bist ein Ass = Tu es un as !
- Du bist ein Aas = Tu es un salaud ! (littéralement « une charogne »)

Tableau synthétique de la prononciation de l'allemand
Les consonnes
b c ch ck d dt dsch f g h j
[b], [p] [k], [t͡s] [ç], [x], [k] [k] [d], [t] [t] [dʒ] [f] [g], [k], [ç] [h], [ː] [j], [ʒ]
k l m n ng p pf ph qu r
[k] [l] [m] [n] [ŋ] [p] [pf] [f] [kv] [ʁ], [ʀ], [ɐ]
s sch ß (ss) t ts, tz tsch v w y z
[z], [s], [ʃ] [ʃ] [s] [t] [] [] [f], [v] [v] [y], [j], [i] []
Les voyelles
courtes a ä e er i o ö u ü
[a] [ɛ] [ɛ] [ɐ] [ɪ] [ɔ] [œ] [ʊ] [ʏ]
longues a, aa, ah ä, äh e, ee, eh i, ie, ih o, oo, oh ö, öh u, uh ü, üh
[] [ɛː] [] [] [] [øː] [] []
diphtongues ai, ay, ei au äu, eu
[ai] [au] [ɔi]*

* [ɔi] est parfois retranscrit en [ɔy].

Note :
b = [p] à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, [b] devant une voyelle.
ch = [x] après a, o ou u, [ç] ailleurs, [k] parfois au début d'un mot.
d = [t] à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, [d] ailleurs.
e = [ə] dans les syllabes inaccentuées.
g = [k] à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, [g] avant une voyelle, [ʒ] dans les mots étrangers. ig = [iç].
h = allonge la voyelle lorsqu'il la suit, [h] ailleurs.
j = [ʒ] dans les mots étrangers, [j] ailleurs.
r = entre une voyelle et une consonne : [ɐ] ou il ne se prononce pas, [ʁ] ou [ʀ] ailleurs.
s = [z] au début d'un mot et entre deux voyelles, [ʃ] devant t ou p, [s] ailleurs.
v = [v] dans les mots étrangers, [f] ailleurs.
y = [y] dans les mots provenant du grec, [i] ou [j] ailleurs. dsch, ph, qu et y se trouvent majoritairement dans les mots étrangers.

Grammaire

Article détaillé : Grammaire allemande.

L'allemand est une langue flexionnelle comportant des conjugaisons et des déclinaisons.

Conjugaison

Article détaillé : Conjugaison de l'allemand.

Le principe de la conjugaison allemande est assez proche du principe de la conjugaison française. Les différences notables sont :

  • L'existence du subjonctif, essentiellement destiné à relater les propos d'autrui.
  • La différence entre passif-action (Das Haus wird gebaut, la maison est [en train d'être] construite) et passif-état (Das Haus ist gebaut, la maison est construite [elle est finie]).

En ce qui concerne la morphologie, les deux principaux types de verbes sont

  • Les verbes faibles, qui conservent leur radical et ont un participe passé en -(e)t. Ces verbes sont le plus souvent réguliers.
  • Les verbes forts, qui modifient leur radical au prétérit, au participe passé et parfois au présent. Ils ont un participe passé en -en. Ils sont dits irréguliers, le changement de radical n'étant pas prévisible.

Parmi les verbes irréguliers se rangent également les auxiliaires de mode (können, pouvoir ; dürfen, avoir le droit; etc.), qui sont employés dans un nombre important de contextes différents.

Déclinaison

Article détaillé : Déclinaisons allemandes.

La déclinaison allemande comporte quatre cas, le nominatif, l'accusatif, le datif et le génitif, auxquels se combinent trois genres grammaticaux, le masculin, le féminin et le neutre ainsi que deux nombres, le singulier et le pluriel.

Le porteur essentiel de la marque de déclinaison est le déterminant, secondé par l'adjectif épithète.

Les déclinaisons sont employées :

Syntaxe

Article détaillé : Syntaxe allemande.

Voir aussi grammaire allemande

L'allemand a pour particularité syntaxique principale de placer des éléments importants, soit en première position dans la phrase, soit en dernière position. L'inversion du verbe et du sujet a lieu quand un complément vient en tête de phrase ; « heute geht es ihm gut == aujourd'hui il va bien » ; le rejet est le renvoi du verbe en fin de phrase dans les subordonnées « ..., wenn er Wein trinkt = lorsqu'il boit du vin »

Autre exemple :

Er nahm gestern trotz aller Schwierigkeiten diese Maschine in Betrieb.
Il a mis cette machine en service hier malgré toutes les difficultés.

Sont mis en valeur

  • Le sujet er (il)
  • L'action in Betrieb [nehmen] ([mettre] en service) placée en fin de phrase
  • L'objet diese Maschine (cette machine)

Avant l'action et l'objet sont énumérées les circonstances. L'ordre de la phrase peut être modifié pour insister sur un des éléments, que l'on place alors en tête de phrase :

Gestern nahm er trotz aller Schwierigkeiten diese Maschine in Betrieb.
C'est hier qu'il a mis cette machine en service malgré toutes les difficultés.
Trotz aller Schwierigkeiten nahm er gestern diese Maschine in Betrieb.
Malgré toutes les difficultés, il a mis cette machine en service hier.
Diese Maschine nahm er gestern trotz aller Schwierigkeiten in Betrieb.
C'est cette machine qu'il a mis en service hier malgré toutes les difficultés.

Agglutination

La langue allemande peut se passer d'article au génitif en plaçant côte à côte deux mots (déterminants + déterminé) - ou même beaucoup plus. L'allemand est même connu pour sa capacité à former des composés de grande longueur que les Allemands eux-mêmes appellent par dérision Bandwürmer (vers solitaires)...

Exemples :

  • Rindfleischetikettierungsüberwachungsaufgabenübertragungsgesetz : loi sur le transfert des responsabilités de la surveillance de l'étiquetage de la viande bovine.
  • Donaudampfschifffahrtsgesellschaftskapitänsanwärter : adjudant d'un capitaine de la Société de navigation à vapeur du Danube
  • Oberlokomotivfahrerswitwe = veuve de conducteur de locomotive (vu sur une tombe en Autriche)
  • Mittelgebirgsschwelle = la région de moyenne montagne allemande
  • Konstantinopolitänischerduddelsachspfeiffergeselle  : La confrérie de Constantinople des joueurs agréés de cornemuse

Cette « agglutination », qui se distingue de celles des langues agglutinantes, ne se limite pas au couple objet possédé-possesseur (du type Kapitänsmütze = casquette de capitaine) mais aussi à toutes sortes de relations :

  • partie du tout : Kalbsschnitzel, escalope de veau ;
  • but : Kinderschnitzel, escalope pour enfant (petite portion) ;
  • temps : Sommerurlaub, vacances d'été.

En français, la possession marquée par « de » a plusieurs sens qui se rendent en allemand de trois manières distinctes :

  • formule possessive 1 (génitif) : das Kind der Wölfe (l'enfant des loups : ici, l'enfant appartient aux loups ou vient des loups ; l'enfant est souvent humain ici ; dans ce cas, c'est le mot Wolf qui est l'élément important) ; au singulier, la formule devient das Kind des Wolfes. En anglais, cette formule est of the, c'est-à-dire de la (du) et de les (des).
  • formule possessive 2 : MutterS Kind (l'enfant de [la] mère). En anglais, cette formule est Mother'S child. Généralement, si l'on veut mettre le prénom dans l'expression, on utilise cette formulation ; cependant, il y existe des cas comme Die fabelhafte Welt der Amélie, reprise allemande du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (formulation probablement utilisée afin de garder l'ordre du titre original français, le nom étant à la fin).
  • mot composé : das Wolfskind (l'enfant des loups : l'enfant-loup ou le louveteau ; dans ce cas, le mot important de l'expression composée est Kind - il s'agit du dernier mot)

Il faut savoir avant tout qu'en allemand, le premier mot dans un mot composé est, comme l'adjectif qui précède le sujet, moins mis en avant que s'il est placé après le sujet.

Prenons le titre du 3e tome de la bande dessinée Broussaille, La nuit du chat. Dans le titre (et dans l'histoire), l'élément (et le sujet) important est le chat, connu et recherché. C'est la nuit du chat, qui « appartient » au chat.

On va donc préférer la traduction Die Nacht der Katze (La nuit du chat) à Die Katzenacht (La nuit des chats). Dans cette dernière expression, c'est l'élément nuit (Nacht) qui est visé. Or, généralement, dans l'expression « La nuit des chats », les chats ne sont pas tous connus et ne sont pas comptés, on n'insiste donc pas dessus (sinon, il y aurait peut-être un nombre, comme par exemple « La nuit des TROIS chats », « Die Nacht der DREI Katzen »), et le sujet visé devient ainsi la nuit. C'est dans ce cas qu'il serait préférable de traduire La nuit des chats par Die Katzenacht (l'élément important se situant toujours à la fin du mot composé - le n marquant le pluriel de Katzen et avalé par le n du début du mot Nacht ; ainsi, « die Katzenacht » signifie aussi bien « La nuit du chat » que « La nuit des chats »).

Cependant, il est toujours possible d'écrire Die Nacht der KatzeN (La nuit des chatS) s'il s'agit de la nuit « appartenant » aux chats (le titre initial, sauf que le sujet « chat » est au pluriel).

Autre exemple plus rapproché de la syntaxe française : Dans « Nuits dans les jardins d'Espagne », la traduction correcte est « Nächte in den Gärten von Spanien » et non « Nächte in den spanischen Gärten ». La traduction de « Nächte in den spanischen Gärten » est « Nuits dans les jardins espagnols ».

  • provenance : das Kind vom (von dem)/aus dem Wald (l'enfant de la forêt)
  • l'enfant de Paris : das Kind von/aus Paris

(von signifie de et aus (heraus, hinaus), SORTI de - deM signifie ici DANS)

Comme en français, il existe le de des noms, comme Jean DE La Fontaine : Konrad von Habsburg

  • Sauvé DES loups : Von den Wölfen gerettet (ge marque généralement le passé) - Attention : ici, l'expression allemande est valable pour Sauvé DES loups (par un chasseur par exemple) comme pour Sauvé PAR les loups.

Lexique

Noms de la langue allemande

La langue allemande (ainsi que le peuple) a la particularité d'avoir des appellations très différentes d'une langue à l'autre (par exemple German, Deutsch, alemán, német, etc.). En effet, six racines différentes entrent en jeu :

Note : c’est le même radical qui donne Dutch en anglais (pour néerlandais), teuton en français. Le bas latin thiosticus vient du vieux haut-allemand diutisc ;
  • le vieux slave pour « muet » (à l’origine ce mot désignait quelqu’un qui parle une langue jugée incompréhensible, tout comme cela était également le sens premier de « barbare ») :
Note : une autre étymologie rapproche cette racine du nom du fleuve Niémen, au-delà duquel les tribus germaniques vivaient avant l’Ostsiedlung.
  • le nom de la tribu allemande, vraisemblablement issu du vieux haut allemand ala manni, « tous les hommes » (cf. alle et Mann en allemand), via le bas latin Alamanus ou Alemanus pour les langues romanes :

En hébreu classique, les pays allemands sont connus sous l’appellation de ashkenaz (אשכנז), par généalogie populaire d'après Gen. 10:3. Pour l’hébreu moderne, voir plus haut.

Emprunts

Un nombre important de mots furent empruntés aux dialectes germaniques par le roman et l'ancien français (par ex. heaume, éperon, cible, fauteuil) ; seuls les mots d'origine plus récente sont encore discernables en tant qu'emprunts lexicaux (frichti, ersatz).

À titre d'exemple, voici une liste non exhaustive de mots français provenant de l'allemand ou de l'un des divers dialectes allemands :

  • accordéon < Akkordeon
  • alpenstock
  • arquebuse < hâkenbühse (moyen haut-allemand)
  • asticoter < daß dich Gott... « que Dieu te...»
  • aurochs < Urochse (taureau primaire)
  • beffroi < běrgfrîd (moyen haut-allemand)
  • bigote < bigott
  • bivouac < Bîwacht (allemand de Suisse)
  • blafard < bleichvar (moyen haut-allemand)
  • blende
  • blinde < blenden « aveugler »
  • blockhaus
  • bocard < Pochhammer
  • bock
  • boulevard < Bolwërc « ouvrage de madrier, rampart » (moyen haut-allemand)
  • bouquetin < Steinbock « bouc de rocher »
  • bourgmestre < Bürgermeister « maire »
  • bunker
  • choucroute < Sauerkraut
  • chic < Schick [1], Explication de Bernard Cerquiglini en images
  • cible < schîbe (alémanique, cf. l'allemand Scheibe « disque »)
  • ersatz
  • hase < Hase « lièvre » < femelle du lièvre
  • frichti < Frühstück « petit déjeuner »
  • képi < Kappe
  • kirsch < Kirschwasser
  • kaputt < kaputt
  • leitmotiv
  • loustic < lustig « drôle, gai » < « individu en qui l'on a pas confiance »
  • mouise < mues « bouillie » (allemand dialectal du sud)
  • panzer
  • Poltergeist
  • putsch
  • reître < Reiter « cavalier »
  • schlague < Schlag « coup »
  • schlitte, schlitter < Schlitten « traîneau »
  • schnaps < Schnaps
  • schuss < Schussfahrt (composé de Schuss : « coup de feu » et Fahrt: « voyage, promenade »)
  • trinquer < trinken « boire »
  • valse, valser < Walzer, walzen
  • vasistas < Was ist das ? « Qu'est-ce que c'est ? » < vantail mobile

La liste ci-dessous provient de ce forum.

  • batz (subst.)
  • bécher (subst.)
  • benzine (subst.)
  • biocénose (subst.)
  • biologie (subst.)
  • bismuth (subst.)
  • blende (subst.)
  • burg (subst.)
  • cadmium (subst.)
  • calcite (subst.)
  • calèche (subst.)
  • came (subst.)
  • caractérologie (subst.)
  • cartel (subst.)
  • catatonie (subst.)
  • chabraque (subst.)
  • chic (subst.)
  • chopine (subst.)
  • chromatine (subst.)
  • cobalt (subst.)
  • cravache (subst.)
  • créosote (subst.)
  • cric (subst.)
  • cromorne (subst.)
  • cryolithe (subst.)
  • cuprite (subst.)
  • cyclothymie (subst.)
  • déterminisme (subst.)
  • diathermie (subst.)
  • diktat/dictat (subst.)
  • druse (subst.)
  • duralumin (subst.)
  • écologie (subst.)
  • électrocardiogramme (subst.)
  • électro-encéphalogramme (subst.)
  • encéphalographie (subst.)
  • engramme (subst.)
  • enzyme (subst.)
  • éosine (subst.)
  • ersatz (subst.)
  • feld(-)maréchal (subst.)
  • feldgrau (subst.)
  • feldwebel (subst.)
  • fifre (subst.)
  • fifrelin (subst.)
  • foudre (subst.)
  • fridolin (subst.)
  • fritz (subst.)
  • führer (subst.)
  • fulvènes (subst.)
  • gastrulation (subst.)
  • gestapo (subst.)
  • glass (subst.)
  • glockenspiel (subst.)
  • gneiss (subst.)
  • griblette (subst.)
  • groschen (subst.)
  • gueuse (subst.)
  • halbran (subst.)
  • hallebarde (subst.)
  • handball (subst.)
  • hanse (subst.)
  • hase (subst.)
  • heiduque (subst.)
  • hinterland (subst.)
  • horst (subst.)
  • hussard (subst.)
  • hutte (subst.)
  • intersubjectivité (subst.)
  • introversion (subst.)
  • kaïnite (subst.)
  • kaiserlick (subst.)
  • kiesérite (subst.)
  • l.s.d. (subst.)
  • laborantin (subst.)
  • landgrave (subst.)
  • lansquenet (subst.)
  • leucémie (subst.)
  • lœss (subst.)
  • macrobiotique (subst.)
  • mantisse (subst.)
  • marcaire/marquaire (subst.)
  • mark (subst.)
  • méristème (subst.)
  • mnème (subst.)
  • monazite (subst.)
  • monère (subst.)
  • monisme (subst.)
  • mopse (subst.)
  • murmel (subst.)
  • muscarine (subst.)
  • myxome (subst.)
  • myxomycètes (subst.)
  • noèse (subst.)
  • nouille (subst.)
  • noumène (subst.)
  • obus (subst.)
  • onomasiologie (subst.)
  • orchestrion (subst.)
  • ozone (subst.)
  • papillome (subst.)
  • paraffine (subst.)
  • parapsychologie (subst.)
  • parthéèse (subst.)
  • pechblende (subst.)
  • pepsine (subst.)
  • peptide (subst.)
  • peptone (subst.)
  • pétrosilex (subst.)
  • pfennig (subst.)
  • phalline (subst.)
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  • piétiste (subst.)
  • plancton (subst.)
  • polypeptide (subst.)
  • pragmatisme (subst.)
  • progestérone (subst.)
  • propédeutique (subst.)
  • prothalle (subst.)
  • protiste (subst.)
  • protoplasme (subst.)
  • provitamine (subst.)
  • purine (subst.)
  • pyrénéite (subst.)
  • pyrrol(e) (subst.)
  • quartz (subst.)
  • quenelle (subst.)
  • quille (subst.)
  • rafle (subst.)
  • rams (subst.)
  • râpes (subst.)
  • redowa (subst.)
  • reître (subst.)
  • réserpine (subst.)
  • rhingrave (subst.)
  • ridelle (subst.)
  • rocambole (subst.)
  • rollier (subst.)
  • rosse (subst.)
  • röstis (subst.)
  • rotengle (subst.)
  • rutile (subst.)
  • sabre (subst.)
  • sandre (subst.)
  • sarrau (subst.)
  • schilling (subst.)
  • schlague (subst.)
  • schnick (subst.)
  • schnouf(f) (subst.)
  • schuss (subst.)
  • sépiolite (subst.)
  • sionisme (subst.)
  • social-démocratie (subst.)
  • spalter (subst.)
  • spartakiste (subst.)
  • spath (subst.)
  • speiss (subst.)
  • spirlin (subst.)
  • statistique (subst.)
  • stylistique (subst.)
  • sylvaner (subst.)
  • tornade (subst.)
  • traban (subst.)
  • trias (subst.)
  • trolle (subst.)
  • trommel (subst.)
  • uhlan (subst.)
  • uranisme (subst.)
  • valine (subst.)
  • valse (subst.)
  • vampire (subst.)
  • vehme (subst.)
  • vermouth (subst.)
  • vidrecome (subst.)
  • youtre (subst.)
  • zinc (subst.)
  • zinckénite (subst.)
  • zircon (subst.)
  • baltique (adj.)
  • eidétique (adj.)
  • haploïde (adj.)
  • hypnoïde (adj.)
  • introversif (adj.)
  • introverti (adj.)
  • lette;letton (adj.)
  • métapsychologique (adj.)
  • noématique (adj.)
  • phylétique (adj.)
  • safre (adj.)
  • schlass (adj.)
  • sémitique (adj.)
  • déterministe (adj.)
  • éosinophile (adj.)
  • extraverti, extroverti (adj.)
  • social-démocrate (adj.)
  • transfini (adj.)
  • hisser (verb)
  • poutzer (verb)
  • saisir (verb)
  • trinquer (verb)

Exemples

Mot Traduction Prononciation standard***
terre Erde [ˈʔe:ɐ.də]
ciel Himmel [ˈhɪml̩]
eau Wasser [ˈvasɐ]
feu Feuer [ˈfɔɪ.ɐ]
homme Mann [man]
femme Frau [fʁaʊ]
enfant Kind [kɪnt]
manger essen [ˈʔɛsn̩]
boire trinken [ˈtʁɪŋ.kn̩]
grand groß [gʁoːs]
petit klein [klaɪn]
nuit Nacht [naχt]
jour Tag [taːk]
je ich [iç]

Exemples de phrases :

Guten Tag/Guten Morgen, Ich heisse X. Und Sie/Du → Bonjour, Je m'appelle X. Et Vous/Toi (Guten Tag pour l'après midi, Guten Morgen pour le matin)

Das Wetter ist schön → Il fait beau

Ich liebe dich → Je t'aime

Ich hasse dich → Je te hais

Ich bin die Mutter → Je suis la mère

Vivacité de la langue

L'allemand crée quotidiennement de nouveaux termes en les agglutinant. Cette caractéristique de la langue ne fait pas l'objet du présent article.

Tout comme le français a créé le verbe des pacsés/se pacser à partir d'une abréviation administrative de l'état-civil (PACS), l'allemand peut adapter dans le langage courant des termes rébarbatifs.

Exemple : Le mot apprenti s'est dit pendant des siècles Lehrling du verbe lehren (enseigner) signifiant donc celui à qui l'on enseigne quelque chose, suivi du diminutif ling. Son maître était le Meister.

La réforme administrative au début des années 1970 a remplacé le terme Meister par deux termes précisant que l'un enseigne effectivement (der Ausbildende, gérondif de ausbilden, former) et que l'autre a le droit et la responsabilité de la formation (der Ausbilder, le formateur). L'apprenti devint logiquement der Auszubildende (c'est-à-dire celui qui doit être formé), en abrégé AZUBI (prononcé ATSOUBI). Le génie de la langue ajouta pour la forme féminine la terminaison habituelle in et l'on prononça le tout ATSOUBINE. Or, le terme Biene (abeille) désigne aussi une jolie fille ce qui transforma la sèche abréviation en un joli petit nom. Une autre version moins politiquement correcte rappelle que les apprentis devraient aussi aller chercher la bière pour leurs collègues plus âgés : « Arsch zum Bierholen » !

Spécificités de l'Autriche et de la Suisse alémanique

Article détaillé : Suisse allemand.

Spécificités de l'ancienne République démocratique allemande (RDA)

D'une manière générale, la langue s'était enrichie de termes officiels, spécifiques au régime politique tout comme sous le régime national-socialiste. Dans le langage courant, de nombreux termes tournaient ces derniers en dérision. Par exemple, l'abréviation VEB (pour Volkseigener Betrieb, usine propiété du peuple) devenait Vaters ehemaliger Betrieb (l'ancienne usine de Papa)...

De très nombreuses abréviations tirées de l'idéologie communiste avaient cours, les étudiants devaient tous suivre des cours de ML (marxisme-léninisme), On retrouve des néologismes ou de nouvelles expressions dans un nombre important de domaines, notamment ceux ci-dessous

  • Industrie et techniques : Dans le langage technique, la matière plastique (der Kunststoff ou das Plastik à l'ouest, die Plaste à l'Est). Grande influence du russe (Kombinat, etc.)
  • Gastronomie : Des néologismes émaillaient le quotidien de créations « savoureuses », par exemple, un poulet rôti se disait Broiler (de l'anglais to broil, griller), un Broika était alors bien sûr un... lapin (Broi + Ka, de Kaninchen, lapin). Le plat appelé « Harengs à la Bismarck » fut rebaptisé Delihering (Deli, abr. de « délicatesse » et Hering, hareng) du fait du rôle contestable (aux yeux des dirigeants communistes) de l'ancien chancelier de l'Empereur Guillaume II. La soupe russe « Solianka » fait désormais partie du patrimoine gastronomique de l'Est qui découvrait avec quarante ans de décalage la cuisine méditerranéenne bien implantée à l'Ouest. Le vrai Coca-Cola (boisson de l'ennemi capitaliste) n'ayant pas droit de cité, un ersatz lui ressemblant vaguement fut créé, baptisé Club-Cola. Un « blue jean » (appelé eine Jeans à l'ouest) devint un « pantalon à rivets » (Nietenhose).
  • Armée : Dans les langages de spécialité, comme par exemple celui de l'aéronautique (qui en Allemagne de l'ouest est truffé de termes anglo-américains), les Allemands de l'est, placés sous la tutelle de Moscou, étaient au contraire influencés par le russe ou continuaient d'utiliser les termes techniques allemands ce qui provoqua quelques difficultés de compréhension lors de l'intégration dans la Luftwaffe des restes de l'armée de l'Air de la NVA.

Notes et références

  1. Alsacien : 1 050 000 (61 % de la population alsacienne) et francique (en Moselle) : 350 000

Voir aussi

Articles connexes

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