Allemagne de l'est

République démocratique allemande

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République démocratique allemande

Deutsche Demokratische Republik (de)


Occupation de l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale
1949 — 1990
Allemagne

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Drapeau Armoiries

Devise : Proletarier aller Länder, vereinigt Euch !
(Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !)
 
Hymne : Auferstanden aus Ruinen

Localisation de l'Allemagne de l'est (en vert) dans l'Europe de l'époque
Localisation de l'Allemagne de l'est (en vert) dans l'Europe de l'époque

Informations générales
 Statut République socialiste
 Capitale Berlin-Est
 Langue(s) Allemand
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 Monnaie Mark est-allemand
 Fuseau horaire +1 (été +2)
 Dom. internet .dd[1]
 Ind. tél. 37
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Population
 1990 16 111 000 hab.
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Superficie
 1990 108 333 km²
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Histoire et événements
 7 octobre 1949 Proclamation de la République
 3 octobre 1990 Réunification avec la RFA
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Pouvoir exécutif
   Président (du Conseil d'État) de la RDA
 (1e) 19491960 Wilhelm Pieck
 (De) 19891990 Manfred Gerlach
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   Président du Conseil des Ministres
 (1e) 19491964 Otto Grotewohl
 (De) 1990 Lothar de Maizière
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Pouvoir législatif
 Parlement Chambre du peuple
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Entité précédente Entité suivante
Allemagne occupée Allemagne occupée
Allemagne Allemagne

La République démocratique allemande (RDA ; Deutsche Demokratische Republik (DDR) en allemand), également appelée Allemagne de l'Est, est un ancien État européen socialiste qui a existé de 1949 à 1990. La RDA est créée le 7 octobre 1949 par l’URSS à partir de territoires qu’elle occupait en Allemagne, dont Berlin-Est, en réponse à la transformation de la trizone en République fédérale d’Allemagne par les puissances occupantes occidentales. Elle disparaît du fait de son intégration à la République fédérale d’Allemagne (l’Allemagne de l'Ouest) le 3 octobre 1990 lors de la réunification allemande.

La capitale est Berlin-Est (malgré le fait que l’ensemble de Berlin soit formellement un territoire gouverné par loi martiale par le Conseil de contrôle allié). À sa création, la RDA est découpée en cinq Länder (Brandebourg, Mecklembourg, Saxe, Saxe-Anhalt et Thuringe) constitués, par découpages et fusions, à partir des provinces allemandes d’avant-guerre situées à l’est de la frontière — définie pendant la conférence de Potsdam — qui sépare l’Allemagne en deux. La RDA est recomposée en 1952 en 14 districts plus petits, Berlin-Est conservant un statut de territoire spécial jusqu'en 1961, date où elle recevra un statut équivalent de district. Ces districts portent les noms de leurs principales métropoles : Dresde, Leipzig, Gera, Erfurt, Suhl, Halle, Magdebourg, Cottbus, Potsdam, Frankfort, Neubrandenbourg, Schwerin, Rostock, et Karl-Marx-Stadt (appelé Chemnitz jusqu’en 1953 et à nouveau après 1990).

En 1955, l’URSS déclare que la République démocratique allemande est pleinement souveraine, alors même que les troupes soviétiques demeurent sur place comme l'autorisent les accords de Potsdam signés par les quatre puissances vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, tout comme les forces britanniques, canadiennes, américaines et françaises restèrent en Allemagne de l'Ouest. L’Allemagne de l’Est est membre du pacte de Varsovie dès sa création en 1956 et est en conséquence officiellement un allié proche de l’URSS. Berlin-Ouest, situé au cœur géographique de la RDA, dépend de l'Allemagne de l'Ouest et abrite des forces de l’OTAN, conduisant Berlin à être un point central des tensions de la guerre froide. Pour tenter de stopper une émigration de plus en plus massive des Allemands de l'Est vers l'Ouest, le mur de Berlin est construit en 1961, ce qui renforce les tensions Est-Ouest.

Continuellement en crise économique, et plus encore à partir des années 1970, le pays connaît des tensions internes majeures qui culminent lors de la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. À partir de cette date qui marque une véritable rupture, le pays se démocratise et des élections libres tenues le 18 mars 1990 conduisent à ce que le Parti socialiste unifié d'Allemagne perde le contrôle majoritaire de la Chambre du peuple (le Parlement est-allemand). Le 23 août, la nouvelle assemblée vote l’extension de la Loi fondamentale de la République fédérale d'Allemagne aux territoires de la RDA à effet du 3 octobre 1990 et par conséquent la disparition de la République démocratique allemande à cette date.

Sommaire

Histoire

Dessin de Walter Ulbricht sur un timbre postal de la RDA.

L’immédiat après-guerre (1945 - 1949)

Rapidement après le début de l’occupation de l’Allemagne par les Alliés en vertu de la conférence de Potsdam (selon les engagements, l’occupation est temporaire et précède le rétablissement de la souveraineté de l’Allemagne), la situation se dégrade entre les trois puissances occidentales (États-Unis, Royaume-Uni et France) et l’URSS. L’URSS réduit les libertés en Allemagne de l’Est et impose le socialisme voire le communisme.

Afin de mettre en œuvre leur politique, les Soviétiques n'hésitent pas à s'appuyer notamment sur le « Comité national de l'Allemagne libre » (Nationalkomitee Freies Deutschland - NKFD) organisation de résistance anti-nazi fondée à Moscou en 1943 par les membres du comité central du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) exilé en URSS. Leurs chefs Wilhelm Pieck et Walter Ulbricht deviendront par la suite dirigeants de la RDA. En septembre 1945, la réforme agraire exproprie les grands propriétaires terriens. Des mesures d’épuration de la population sont mises en place. En avril 1946, le Parti communiste d'Allemagne (KPD) et le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) fusionnent pour donner le Parti socialiste unifié d'Allemagne (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands – SED).

La dégradation des relations entre les quatre occupants de l’Allemagne (qui occupent également chacun une des quatre zones de Berlin), et l’opposition sur le statut de Berlin-Ouest, conduisent au blocus de Berlin (blocus des voies d’accès terrestre à Berlin-Ouest à partir de l’Allemagne de l’Ouest à travers l'Allemagne de l'Est) entre juin 1948 et mai 1949, amenant les pays occidentaux à mettre en place un pont aérien massif et à gagner la « bataille de Berlin ». La République fédérale d'Allemagne est fondée le 23 mai 1949 dans la Trizone occidentale ; en réponse, les Soviétiques instituent la République démocratique allemande le 7 octobre 1949. Le premier président de la RDA est Wilhelm Pieck (1876–1960), le premier ministre-président Otto Grotewohl (1894–1964), mais l’homme fort de la RDA est Walter Ulbricht (1893–1973), secrétaire général du comité central du SED.

Le renforcement de la RDA (1949 - 1961)

Le mur de Berlin.

Le contrôle du régime sur la population est exercée à partir de 1950 par la Stasi, qui surveille la vie des habitants et élimine les contestataires repérés par son réseau d’informateurs et d’agents.

Le secteur industriel, qui emploie 40 % de la population active en 1950, est soumis à la nouvelle politique de nationalisation qui aboutit à la formation d’« entreprises populaires » (« Volkseigene Betriebe » (VEB)) qui représenteront 75 % du secteur industriel. Le premier plan quinquennal (1951-55) présenté par l'État prévoit de hauts quotas de production pour l'industrie lourde et l'augmentation de la productivité du travail ; les pressions du plan renforcent l’exode de citoyens est-allemands. Le 16 juin 1953, à la suite d’une augmentation de 10 % des quotas de production des travailleurs construisant le boulevard Staline[2], les émeutes de juin 1953 éclatent à Berlin-Est, et 60 000 manifestants s'en prennent aux symboles du pouvoir communiste. Dès le lendemain, l'agitation gagne très vite le reste du pays. Walter Ulbricht fait appel aux troupes soviétiques qui rétablissent l’ordre en provoquant la mort de 55 personnes et une vague d’arrestations et de condamnations à la prison de plus de 10 000 personnes[3]. Les désordres s’arrêtent à partir du 23 juin. Une fois l’alerte passée, les autorités renforcent la répression : 1 500 condamnations, 600 000 membres exclus du SED.

En 1956, le pacte de Varsovie est créé et la Nationale Volksarmee intègre ce dispositif militaire.

Entre 1949 et 1961, la situation en RDA a poussé plus de trois millions de personnes, en particulier les travailleurs qualifiés (fuite des cerveaux) à émigrer en Allemagne de l'Ouest en raison de son respect des libertés individuelles, de sa prospérité et de ses salaires élevés. Le régime hésita quant aux moyens de colmater cette hémorragie. La pérennité de la RDA n'allant alors pas de soi, Staline propose en 1952, dans une note, la réunification allemande et la neutralité du futur pays. Cette démarche est refusée par l’Ouest qui la juge peu sincère, estimant que c’est un moyen pour l’URSS de prendre à terme le contrôle du futur ensemble qui sera trop faible pour se défendre. Finalement, la fermeture des frontières (mise en place d’un « Rideau de fer ») fut décidée et le mur de Berlin construit à partir du 13 août 1961 pour « protéger le socialisme ».

La stabilisation (1961 - 1970)

La stabilité et la crise (1971 - 1980)

En 1971, Ulbricht est remplacé par Erich Honecker sous la pression de l’URSS.

Le 21 décembre 1972 est signé à Berlin-Est le Traité fondamental, qui régularise les relations entre les deux États allemands qui reconnaissent ainsi leurs existences mutuelles. Cet accord est le résultat d'une initiative qui s'inscrit dans l’Ostpolitik du chancelier ouest-allemand Willy Brandt. Malgré ce rapprochement, la RDA restera le plus fidèle allié de l'Union soviétique jusqu'au début des années 1980. Calquant sa politique extérieure sur celle du « grand frère » russe, le régime est-allemand apportera son soutien technique, logistique et financier aux divers régimes, guérillas et mouvements terroristes (généralement d'obédience marxiste) qui sévissent alors à travers le monde.

Le pays connaît de graves difficultés économiques, illustrées par la « crise du café » entre 1976 et 1978.

La crise et la fin (1981 - 1990)

La situation de crise perdure jusqu'à mettre en péril l'existence même de la RDA à la fin des années 1980. À partir de 1985, Mikhaïl Gorbatchev met en place en URSS une politique de glasnost (transparence) et de perestroïka (reconstruction) destinée à résoudre les graves problèmes socio-économiques connus depuis plusieurs années. Cet assouplissement idéologique ne tardera pas à franchir les frontières de l'empire soviétique pour atteindre les unes après les autres les « républiques sœurs », elles aussi en pleine déliquescence.

En raison de la crise politique et économique, l’émigration devient très importante en 1989 ; les émigrants passent par les pays voisins (frontière HongrieAutriche, Tchécoslovaquie). Les départs de l’élite intellectuelle de la RDA (scientifiques, techniciens, ingénieurs, médecins, cadres, ouvriers spécialisés, etc.) renforcent la crise, ce qui accroît le mécontentement populaire. Mikhaïl Gorbatchev indique le 6 juillet que l'Union soviétique n'interviendrait pas pour réprimer les mouvements qui agitent la RDA. Entre septembre 1989 et mars 1990 ont lieu les « manifestations du lundi » (Montagsdemonstrationen), particulièrement à Leipzig, au cours desquelles les Allemands de l'Est réclament des réformes et notamment la liberté de circulation vers l'Ouest ; ces manifestations gagnent progressivement en ampleur. Le conseil des ministres de la RDA démissionne le 8 novembre 1989, suivi par le Politbüro le 9 novembre. Dans la soirée du 9 novembre 1989, Günter Schabowski, membre du comité central du SED, annonce la levée de toutes les restrictions de voyage et l'ouverture des frontières, provoquant un afflux de personnes aux postes de passage le long du mur de Berlin, puis l’ouverture du mur.

La réunification et ses conséquences

Article détaillé : Réunification allemande.

Des élections libres se tiennent le 18 mars 1990, amenant la victoire de l'Alliance pour l'Allemagne (Allianz für Deutschland). La nouvelle Volkskammer élue opte pour une réunification rapide en utilisant l'article 23 de la loi fondamentale de la République fédérale d'Allemagne qui permettait une adhésion unilatérale d’un Land à la RFA. Pour cela, les cinq Länder supprimés en 1952 sont reconstitués. Les modalités de la réunification furent fixées par le traité d'unification (Einigungsvertrag) signé à Berlin le 31 août 1990 et ratifié le 20 septembre par la Chambre du peuple avec 299 voix contre 80. Lors de la réunification le 3 octobre 1990 à minuit, l’Allemagne réunifiée recouvre sa pleine souveraineté, en vertu du traité de Moscou (1990). À cette date, les principales structures institutionnelles de la RDA cessent de fonctionner en tant que telles et sont soit dissoutes soit intégrées aux structures de la RFA.

Une partie des habitants de l'ancienne RDA a eu du mal à s'adapter au mode de fonctionnement économique et à la libre entreprise. Certains anciens Allemands de l'Est ont eu la nostalgie de l'époque où l'État gérait la culture et la sécurité du peuple. Cette nostalgie orientale est appelée en Allemagne l’« Ostalgie » (jeu de mots entre Ost (Est) et Nostalgie). L’ex-Allemagne de l’Est connaît après la réunification un chômage important (19,4 % en Saxe, par exemple). De nombreux logements sont vétustes (p. ex. les grandes barres d'immeubles) et un exode des populations vers les Länder de l'Ouest a lieu (la population est tombée à 13,8 millions d'habitants en 2002). Des partis extrémistes émergent à l'extrême droite (néo-nazis) et à la gauche du SPD Die Linke).

Le rattrapage des conditions économiques, sociales et culturelles entre les deux anciens États est progressif, mais n’est pas encore achevé à ce jour. De nombreuses usines automobiles se sont implantées à l'Est, en particulier en Saxe. Ainsi, la luxueuse Volkswagen Phaeton est produite à Dresde dans une usine bâtie en partie en verre, au design futuriste. De même, BMW a construit une nouvelle usine à Leipzig.

Géographie

Issue de la zone d'occupation dévolue aux troupes soviétiques lors du partage territorial effectué au terme de la Seconde Guerre mondiale, cette zone correspondait à l'Allemagne orientale dans ses frontières de 1937, amputée des territoires située à l’est de la ligne Oder-Neisse qui furent annexés par la Pologne et l’URSS.

Le territoire de la RDA était bordé par la Pologne à l’est, la Tchécoslovaquie au sud, la République fédérale d'Allemagne à l'ouest et les côtes de la mer Baltique au nord. En son centre se trouvait l’enclave ouest-allemande de Berlin-Ouest, cernée à partir de 1961 par les 155 km du mur de Berlin (dont 43,1 km sur sa longueur intra-berlinoise).

Son point culminant se trouvait alors dans le massif des monts Métallifères, à la frontière tchécoslovaque, au Fichtelberg (1 214 mètres d'altitude).

Frontière intra-allemande

Les 1 393 km de frontière avec l’Allemagne de l’Ouest constituaient une des parties les plus surveillées du « Rideau de fer ». Ses installations de sécurité qui occupaient pas moins de 344 km2 en territoire est-allemand, étaient équipées de 80 500 km de barbelés et 2 230 000 mines. Les 14 000 soldats qui étaient affectés en permanence à sa surveillance pouvaient tirer sans sommation contre toute personne qui tenterait de la franchir. Ces militaires étaient secondés par 600 chiens.

Les 140 km du mur de Berlin (dont 43,1 km sur sa longueur intraberlinoise) qui entourait Berlin-ouest, venait complèter l'ensemble du dispositif.

Divisions administratives

Les 15 Bezirke (districts) de 1952 à 1990.
Les frontières des cinq Länder est-allemand en 1947 (traits noirs) et après la réunification en 1990 (traits rouges).

De 1949 à 1952, le territoire était divisé en cinq Länder : Brandebourg, Mecklembourg, Saxe, Saxe-Anhalt et Thuringe. En 1952, la forme fédérale de l’État est abandonnée et ces Länder sont supprimés. Le territoire est-allemand est alors divisé en 15 Bezirke (districts) :

  1. District de Berlin
  2. District de Dresde
  3. District de Karl-Marx-Stadt
  4. District de Leipzig
  5. District de Gera
  6. District de Erfurt
  7. District de Suhl
  8. District de Halle
  9. District de Magdebourg
  10. District de Cottbus
  11. District de Potsdam
  12. District de Frankfort
  13. District de Neubrandenbourg
  14. District de Schwerin
  15. District de Rostock

Lors de la réunification allemande (Wiedervereinigung), le 3 octobre 1990, les cinq anciens Länder sont reconstitués, avec toutefois quelques modifications de frontières et des changements de dénomination (ainsi le "Mecklembourg" devient « Mecklembourg-Poméranie occidentale »). Ces Länder furent désignés sous le terme de « nouveaux États fédéraux » (Neue Bundesländer). La ville de Berlin fut également réunifiée et forme aujourd’hui un Land à part entière.

Politique

À l’occasion des élections, les partis forment une liste unique, le Front national. Les citoyens votent pour des députés qui ont été préalablement choisis par les instances politiques afin d’assurer une représentation proportionnelle des différents partis. De fait, le Parti socialiste unifié d'Allemagne (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands (SED)) a la primauté. En 1949, la RDA se dote d’une constitution.

Le Palais de la République (« Palast der Republik ») héberge la Chambre du peuple (« Volkskammer »), le parlement de la RDA, composé de 500 députés élus pour quatre ans, qui assure officiellement le pouvoir législatif.

Le pouvoir exécutif est tenu par le conseil des ministres, élu pour quatre ans par la Chambre du peuple et dirigé par un præsidium. La Constitution prévoit une présidence de la République. En 1960, la fonction sera remplacée par un organe de type collégial, le Conseil d'État de la RDA

Président de la RDA

Présidents du Conseil d'État de la RDA

À la mort de Wilhelm Pieck, la fonction de « président de RDA » (Präsident der DDR) fut supprimée et remplacée par une présidence collégiale du Conseil d'État de la RDA (Staatsrats der DDR) dont la présidence fut assurée par :

Présidents du conseil des ministres

Armée

L’Armée nationale populaire (Nationale Volksarmee - NVA) créée en 1956 après la Bundeswehr ouest-allemande, avait en 1983 un effectif total de 170 000 hommes (toutes armes confondues). Elle était intégrée au dispositif militaire du pacte de Varsovie dont elle constituait l'un des éléments majeurs.

Le contrôle politique et la Stasi

Annonce du 40e anniversaire de la RDA, septembre 1989.
Blason de la Stasi.

Le service de police politique est le ministère de la Sécurité d’État (Ministerium für Staatssicherheit), surnommé la Stasi, instituée en 1950. Elle est calquée sur le NKVD soviétique, mais est de plus réorganisée par certains anciens membres de la Gestapo : traque des opinions non-conformes, contrôle systématique des moyens de communication, espionnage des suspects jour et nuit, etc…

Économie

Les changements de l’après-guerre

En 1945, les Soviétiques exproprient dans leur zone d'occupation les grands propriétaires terriens (les Junkers) possédant plus de 100 ha, les nazis et les criminels de guerre, afin de redistribuer la terre aux paysans. Ceux-ci garderont leurs titres de propriété obtenus à la suite de cette réforme agraire, et entre 1952 et 1960, ils se regrouperont en coopératives (Landwirtschaftliche Produktionsgenossenschaft, LPG) comptant parfois plusieurs milliers d'hectares.

A l'issue du conflit mondial, il y avait sur le territoire de la future République démocratique allemande 30% de l'industrie allemande (détruite à 45 %). Les moyens de production sont socialisés.

Le 30 juin 1946, au référendum dans le Land de Saxe où étaient concentrés les deux cinquièmes de la production industrielle de la zone d’occupation soviétique, 77,62 % des électeurs se sont prononcés pour l’expropriation sans indemnisation des meneurs nazis et des criminels de guerre. Dans l’ensemble de l’Allemagne, jusqu’au début de 1948, 9 281 entreprises industrielles et commerciales de meneurs nazis et de criminels de guerre, dont 3 843 entreprises industrielles, ont été nationalisées sans indemnisation. Elles réalisaient alors environ 40 % de la production industrielle. Parmi les grandes entreprises nationalisées se trouvaient les trusts électriques AEG et Siemens, le trust Flick, IG Farben et d’autres monopoles. Les entreprises nationalisées devenaient propriété des Länder.

En février 1945, Staline, Roosevelt et Churchill se réunissent à Yalta, ils s’entendent pour estimer le montant des réparations à 20 milliards de dollars, dont plus de la moitié au profit de l’URSS. L’Allemagne ne peut payer cette somme. C’est pourquoi les Soviétiques, en application des accords de Potsdam (17 juillet-2 août 1945), qui les ont autorisés à prélever jusqu'à 40 % de l’équipement industriel de leur zone, se payent sur le terrain : des voies ferrées sont arrachées, les machines-outils mises en pièces détachées, des usines sont démontées ; le tout est expédié en URSS. Le président des États-Unis, Harry Truman, se faisant le porte-parole des vainqueurs, a déclaré : « Le premier objet des réparations est d’enlever à l’Allemagne tout ce qui peut lui permettre de préparer une nouvelle guerre ». Cette volonté, formalisée dans les accords de Potsdam, permet aux Soviétiques de transférer 600 usines d’armement sur leur territoire. Deux cents autres restèrent en Allemagne où elles devinrent des sociétés anonymes soviétiques qui participèrent à la reconstruction de la RDA. Les Soviétiques et les nouveaux dirigeants de ce qui allait devenir la RDA veillent à l’application des dispositions prévues à Yalta et à Potsdam.

Le fonctionnement

Le pays met en place la planification et le contrôle du commerce ; la priorité est accordée aux industries lourdes.

Après la guerre, les conditions de vie de la population sont très mauvaises ; l’économie a subi une ponction énorme, les habitants voient arriver trois millions d’expulsés. Les paysans qui ont bénéficié de la réforme agraire sont encore mal équipés. En dépit de ces handicaps, la RDA lance un défi : la production industrielle doit doubler en cinq ans, la production agricole augmenter de plus de 50 % par an. Pour aider les agriculteurs, un système d’entraide est créé, chargé de leur trouver des moyens financiers et techniques.

Les usines deviennent des « entreprises possédées par le peuple », les commerces s’appellent « coopératives de production de commerce » etc. La production agricole repose sur des coopératives agricoles. De 240 en 1952, leur nombre passe à 4 000 l’année suivante. Pour arriver à ce résultat, il a fallu procéder à une véritable liquidation de la classe des paysans riches : 40 000 d’entre eux quittent la RDA au printemps 1953. Ce départ provoque une crise importante, à laquelle s’ajoute une lutte idéologique au sein de la SED entre les partisans et les adversaires de la « ligne dure ».

Le gouvernement impose une augmentation de 10 % des normes de travail en 1953. À la suite des multiples émeutes de 1953 qui suivent cette mesure, et en parallèle à la répression, le bureau politique annonce un assouplissement, sans renoncer à sa réforme pour apaiser la population : amélioration des biens de consommation, augmentation des assurances sociales, accélération de la construction de logements. Les normes de travail sont ramenées au niveau de 1953.

Malgré le pillage économique de l’après-guerre, la RDA devient la deuxième puissance économique du bloc de l'Est, après l’URSS. En effet, l’Allemagne avait en 1939, tout comme la Bohême en Tchécoslovaquie, une forte avance économique sur les autres pays de l'Est comme la Roumanie ou la Pologne, encore agraires. La RDA compte de très bons ingénieurs, de très bon chimistes, d'excellents ouvriers mécaniciens et un tissu industriel assez complet.

L’URSS imposant une répartition des spécialités entre pays, la RDA se spécialise dans l'extraction du lignite, l’optique (appareils photos en particulier, dont notamment la partie "est" des fameux établissements Carl Zeiss situés à Jena), la chimie (Bitterfeld). Elle aurait atteint selon les sources officielles le 8e rang mondial en termes de PNB dans les années 1970 ; ce chiffre est toutefois remis en question.

Niveau de vie

Le niveau de vie des Allemands de l'Est était l’un des meilleurs du bloc soviétique, juste derrière la Hongrie réformiste de Janos Kadar. Les HLM sont bien chauffés, et la pénurie, limitée, est supportable. Le centre de Berlin-Est, sans avoir la richesse de l'Ouest, ne donne pas l'impression de misère que l'on peut voir, par exemple, à Bucarest : la circulation est relativement dense, les magasins, contrairement à ce que l'on voit en Pologne, ne sont pas totalement vides. Mais si, après une période de croissance incontestable, la RDA fait illusion à l'aune du Comecon, l'échec de la planification socialiste amorce la crise qui aboutira à la chute du système. L'appareil productif vieillissant, la bureaucratie, le gaspillage, le retard technologique croissant sur l'Ouest se traduira par les mêmes problèmes que dans les autres pays de l’Est : pénurie chronique de biens de consommation, files d'attente devant les magasins, tickets de rationnement, infrastructures vétustes, monnaie au taux de change artificiel, etc. Malgré la modicité des loyers, la gratuité des soins de santé et la générosité des congés de maternité et des bourses d'étude, la vie quotidienne en RDA était une source permanente de frustrations. Bien que soutenue à bout de bras par des prêts massifs de la RFA, la RDA, comme le reste du bloc socialiste, est, à la fin des années 1980, en faillite.

La célèbre voiture Trabant (surnommée par dérision Rennpappe = carton de course), illustre ce sous-développement : conçue comme la Coccinelle est-allemande, dans un pays qui avant 1939 fabriquait de très belles voitures, ce vehicule équipé d'un moteur deux temps n'a connu en quarante ans que des changements mineurs et est resté aux côtés de la Wartburg le seul modèle de voiture en RDA. De plus la production était insuffisante et les commandes soumises à des délais de dix à vingt ans, parfois attribuées « au mérite ».

Lors de la réunification, alors que les Ossis se jettent littéralement sur les supermarchés de l'Ouest, le monde découvre l'envers du décor affiché par la RDA pendant quarante ans : un pays pollué, des habitations et infrastructures à reconstruire entièrement, une industrie obsolète, en retard de plusieurs décennies sur celle de l'Ouest. En 2008, la réhabilitation de l'ex-RDA est loin d'être terminée.

La monnaie

Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France mirent en place la réforme monétaire du 20 juin 1948 en zone occidentale, en lançant le Deutsche Mark pour remplacer le Reichsmark. Les autorités soviétiques réagirent en créant le Mark est-allemand dans leur zone d'occupation. De 1949 à 1990, la monnaie porte les noms successifs de « Deutsche Mark » de 1949 à 1964 (différent du Deutsche Mark de l’Allemagne de l'Ouest), de « Mark der Deutschen Notenbank » de 1964 à 1967, et de « Mark der DDR » (« Ostmark ») de 1967 à 1990.

Le 1er juillet 1990, l’union monétaire est réalisée avec le Deutsche Mark de la RFA à parité de un pour un et le mark est-allemand est abandonné. Cette décision a impliqué une très nette surévaluation du mark est-allemand.

Le sport

Comme la plupart de ses homologues du bloc de l'Est, le régime de la RDA utilise le sport comme arme de propagande et d'identité nationale.

L’État développe des structures tentaculaires de détection et formation des jeunes talents dans toutes les disciplines et particulièrement dans les sports olympiques (athlétisme, natation), n’hésitant pas à pratiquer systématiquement le dopage pour décrocher médailles et titres. L’image des nageuses est-allemandes aux épaules d'haltérophiles et à la voix grave (« Elles sont ici pour nager, pas pour chanter ! » répondait leur entraîneur à une remarque d'un journaliste occidental), personnifiée par Kornelia Ender aux Jeux olympiques de 1976, est encore dans toutes les mémoires. Le sport est-allemand a ainsi enregistré plusieurs exploits. En athlétisme, par exemple, le record du monde du 400 m dames (47,60 secondes) établi par Marita Koch en 1985 tient encore à ce jour.

Surtout, une génération entière d’Allemands d'un certain âge garde le souvenir de l'historique victoire de la RDA sur la RFA (1-0, but de Jürgen Sparwasser) au premier tour de la Coupe du Monde de football de 1974, le 22 juin 1974 à Hambourg, lors de la seule rencontre qui ait jamais eu lieu entre les deux équipes nationales allemandes.

Culture, éducation et symboles

Emblème du pays sur la dérive d'un MiG-23.

L’éducation en RDA était une des priorités du gouvernement communiste.

L’emblème du pays est composé d'un marteau, d'un compas et de gerbes de blé, qui rappellent l’une des désignations de la RDA, la « patrie des ouvriers et des paysans » (« Arbeiter- und Bauernstaat »). Cet emblème est placé dès 1959 au centre du drapeau de l'Allemagne, devenant ainsi le drapeau officiel de la RDA. La fête nationale, le « jour de la République » (« Tag der Republik ») était le 7 octobre ; l’hymne national était Auferstanden aus Ruinen.

Notes et références

  1. réservé mais jamais utilisé ; supprimé en 1990 et remplacé par celui de la RFA, .de
  2. Le nouveau boulevard de Berlin-Est, aujourd’hui Karl-Marx Allee
  3. (en) East Berlin June 17, 1953: Stones Against Tanks, Deutsche Welle

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Sandrine Kott, Le communisme au quotidien les entreprises d'Etat dans la société est-allemande, Paris, Belin, 2001.
  • Heinz Heitzer, La RDA, aperçu historique, éditions Verlag zeit im bild, Dresde, 1981
  • Catherine Fabre-Renault, Elisa Goudin, Carola Hähnel-Mesnard (collectif), La RDA au passé présent : Relectures critiques et réflexions pédagogiques, éditions Presses Sorbonne Nouvelle, 2006
  • « article sur la RDA », XXe siècle, encyclopédie du monde contemporain, éditions Larousse, 1974
  • Une économie stable gage de sécurité, la RDA dans sa 35e année, éditions Zeit im Bild, 1984
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