Alija Izetbegovic

Alija Izetbegović

Alija Izetbegović
1er et 4 e président du collège présidentiel
de Bosnie-Herzégovine
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Alija Izetbegović

Actuellement en fonction
Mandats
5 octobre 1996 - 13 octobre 1998
Depuis le 5 octobre 1996
14 février 2000 - 14 octobre 2000
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Élu(e) le
Parti politique Parti d'action démocratique (SDA, Stranka demokratske akcije)
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Ante Jelavić
Successeur Živko Radišić
Živko Radišić
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Autres fonctions
1er président
de la République de Bosnie-Herzégovine
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20 octobre 1990 - 5 octobre 1996
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Biographie
Nom de naissance {{{nom naissance}}}
Naissance 8 août 1925
Flag of the Kingdom of Yugoslavia.svg Bosanski Šamac (Royaume SCS, aujourd'hui Bosnie-Herzégovine)
Décès 19 octobre 2003 (à 78 ans)
Flag of Bosnia and Herzegovina.svg Sarajevo (Bosnie-Herzégovine)
Nature du décès {{{nature}}}
Nationalité bosnien
Conjoint(s) Halida Repovac
Enfant(s) Sabina Izetbegović
Lejla Izetbegović
Bakir Izetbegović
Diplômé Université de Sarajevo
Profession Homme politique, avocat, philosophe
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Religion {{{religion}}}
Signature {{{signature}}}

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Présidents de Bosnie-Herzégovine

Alija Izetbegović (8 août 1925, Bosanski Samac, Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (actuellement Bosnie-Herzégovine) - 19 octobre 2003, Sarajevo, Bosnie-Herzégovine) est un homme politique et un philosophe.

Sommaire

Biographie

Après le déménagement de sa famille à Sarajevo dans les années 1930, il y fait ses études au lycée normal pour garçons. Il devient membre de l'Organisation humanitaire musulmane pendant la Seconde Guerre mondiale ; ce groupe traditionaliste se voulait être un rempart contre les dérives de l'Islam moderne[1].

Les années de jeunesse

En 1943, il fait ses études supérieures à Sarajevo et j'engage dans l'organisation Mladi musulmani (« Jeunes Musulmans ») liée aux Frères musulmans égyptiens et surtout collaborateur du régime nazi croate les oustachis et de l'occupant nazi[2].

En tant que membre de cette organisation, il est condamné en 1946 à une peine de trois années d'emprisonnement. Il étudie, au sortir de prison, le droit et obtient sa licence en 1956. Il travaille ensuite pour la compagnie Bosna pendant les trente années qui suivirent.

Œuvre politique

La déclaration islamique

Il publie en 1970 la Déclaration Islamique (Islamska deklaracija) dans laquelle il exprime ses vues concernant la relation entre l'État, la religion et la société et qui fut interprété par les autorités yougoslaves comme un appel à l'instauration de la Charia en Bosnie[3]. Cette publication lui vaudra quelques mois de prison en 1972 et a été source de controverses, les Serbes nationalistes se méfiant des passage comme celui ci-dessous, qu'on peut interpréter comme l'intention de créer une république islamiste en Bosnie[4] :

« 

Il n’y a pas de paix, ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales non-islamiques […]. Le mouvement islamique doit et peut prendre le pouvoir dès qu’il est normalement et numériquement fort, à tel point qu’il puisse non seulement détruire le pouvoir non-islamique, mais qu’il soit en mesure d’être le nouveau pouvoir islamique […]

 »

Alija Izetbegović a toujours rejeté ces allégations. L'universitaire britannique Noel Malcolm, dans son ouvrage Bosnia: A Short History[5], minimise les contradictions et l'engagement nazi d'Izetbegovic lors de la seconde guerre mondiale qui a abouti à l'extermination de 550.000 Serbes et qualifie de « propagande » l'utilisation de la Déclaration islamique par les nationalistes serbes, faisant valoir que cette Déclaration était « un traité général sur la politique et l'Islam, adressé à l'ensemble du monde musulman (mais pas aux musulmans de Bosnie) ; il ne concerne pas la Bosnie, et en fait, il ne la mentionne même pas », et de préciser : « Il n'y a qu'un seul passage dans l'ensemble du traité qui s'applique directement au statut politique des musulmans de Bosnie :

« les communautés musulmanes incluses dans des communautés non musulmanes, aussi longtemps qu'il existe une garantie de liberté religieuse, de vie et de développement normaux, sont loyales et ont l'obligation d'exécuter toutes leurs obligations à l'égard de ces communautés, à l'exception de celles qui portent atteinte à l'islam et aux musulmans. »

« On ne peut dire d'aucun de ces arguments-là qu'il serait fondamentaliste »[6] conclut l'auteur, qui précise aussi que Alija Izetbegović développe ses opinions sur les rapports de l'Islam avec l'occident dans son ouvrage L'Islam entre l'Est et l'Ouest[7].

Emprisonnement

En 1983, Alija Izetbegović, aux côtés d'autres Bosniaques, est jugé lors d'un procès politique sur les bases de « nationalisme musulman » et « propagande ennemie » à la suite de la parution de son ouvrage L'Islam entre l'Est et l'Ouest en 1982. Il est condamné à purger quatorze années de pénitencier à Zenica. Izetbegovic est ensuite amnistié et libéré en 1988 lors du courant de libéralisation qui précéda la chute du régime communiste en Yougoslavie.

Il fonde en 1989 le SDA (Stranka Demokratske Akcije ou Parti d'Action Démocratique), parti national des Musulmans de Bosnie --lesquels s'appellent eux-mêmes désormais "Bosniaques" , ayant repris à leur compte les arguments de Muhamed Filipović qui, dans les années 1980, avait fait valoir le caractère archaïque de la référence religieuse par rapport à l'identification nationale de ces habitants de la Bosnie. Lors des premières élections libres tenues en Bosnie-Herzégovine, son parti obtient 33% des suffrages, faisant de son parti le plus puissant de Bosnie.

Chef de l'État

En décembre 1990, à l'issue des premières élections libres en Bosnie-Herzégovine, le S.D.A. forme une alliance avec les partis nationalistes Croate (H.D.Z.) et serbe (S.D.S.) de Bosnie, et leur gouvernement de coalition remplace les titistes qui avaient réprimé le nationalisme au nom de la multi-ethnicité[8]. En décembre 1990, Izetbegović est élu président de la République de Bosnie-Herzégovine.

À l'été 1991, alors que la Croatie est attaquée par l'armée "yougoslave" dont la direction politique de Serbie a usurpé le commandement[9], Izetbegović refuse de prendre parti par peur de voir le conflit s'étendre à la Bosnie-Herzégovine, mais dissuade les Bosniaques de répondre à la mobilisation [10].

L'ancienne fédération yougoslave étant dissoute, la Bosnie-Herzégovine se retrouve de facto indépendante et la direction politique serbe multiplie les promesses et les menaces pour la pousser à rejoindre une nouvelle "République Fédérale de Yougoslavie" unissant le Monténégro à la Serbie (qui a annexé de force le Kosovo en mars 1989). Le président croate Franjo Tuđman, qui espère partager la Bosnie-Herzégovine avec Slobodan Milošević, finit par comprendre que l'indépendance sert ses visées et soutient celle-ci. Elle est votée par referendum et proclamée à la fin du mois de mars 1992, et reconnue par les États-Unis d'Amérique et par les membres de l'Union européenne (puis Union européenne après 1995) en avril de la même année.

Izetbegović prônait officiellement une Bosnie multi-ethnique[11]. A la différence des militaires croates (Martin Špegelj, Antun Tus), qui avaient envisagé la guerre et s'y étaient préparés --y compris dans le dos de Tuđman, c'est à peine si une milice bosniaque existait : Izetbegović avait même approuvé le désarmement de la Défense Territoriale (TO) des non Serbes, pour éviter toute provocation. Il croyait que la JNA empêcherait les conflit alors que celle-ci, encore dirigée par Veljko Kadijević au service de Milošević[12], avait pris position dès 1991 pour créer une vaste zone serbe aux dépens de la République et assiéger Sarajevo. Au départ, l'armée de la République ressemble donc plus à celle des Chouans qu'à une véritable armée, avec ses fleurs de lys à l'épaule (les armes de Tvrtko, premier Roi de Bosnie en 1377) et son fusil pour deux combattants. Elle s'organise d'abord autour de la police et de quelques mafieux, qui seront ensuite éliminés. L'argent viendra progressivement, du Golfe Persique, de Turquie, tandis que la plupart des armes viendront d'Iran, avec la complicité des Etats-Unis et de la Croatie[13]. Elle laisse des volontaires islamistes constituer en son sein des unités à part et offre des camps d'entraînement aux djihadistes du monde entier pendant que la Garde Présidentielle d'Izetbegovic prend le nom de Handschar, comme l'unité de Waffen SS musulmans pendant la seconde guerre mondiale. Cependant, lorsque le rapport de forces s'équilibre, les Serbes contrôlent déjà 70 % du territoire de la République.

Appuyé par l'Union européenne, Izetbegović refuse le 18 mars 1992 le plan Carrington-Cutileiro qui prévoit une partition ethnique de la Bosnie sous prétexte d'"imiter la Suisse et ses cantons". L'Union Européenne renoncera à toute intervention militaire après le voyage à Sarajevo de François Mitterrand le 28 juin 1992, où celui-ci obtient des Serbes suffisamment de concessions ostensibles pour désamorcer ces velléités. Les casque bleus, sur place depuis l'agression contre la Croatie, serviront d'alibi humanitaire au nettoyage ethnique au lieu de repousser l'agression internationale.

Le terme de "canton" subsistera, ainsi que l'idée de partition ethnique, dans les plans successifs, la "communauté internationale" refusant de tirer les conséquences de l'agression internationale commise par le régime de Belgrade derrière le faux nez de la "guerre civile" (en juillet 2001, soit neuf mois après la chute de Milošević, l'"Armée de Yougoslavie" (VJ payait encore les soldes des officiers de la soi-disant "Armée de la Republika Srpska" (VRS) dont elle gérait les affectation et les avancements).

Les Serbes lancent alors leur attaque préparée de longue date, visant à exterminer les non Serbes dans les zones qu'ils contrôlent. La guerre durera jusqu'en septembre 1995, après que l'alliance de la Croatie et de la Bosnie-Herzégovine, imposée en Accords de Washington mars 1994 à Tuđman par les Etats-Unis, puis quelques bombardements de l'OTAN, auront fait basculer le rapport des forces au détriment de l'agresseur serbe. Selon le Centre de Recherche et de Documentation de Sarajevo (RDC) elle aura fait 96 000 victimes directes --64 000 bosniaques, 24 200 serbes, et 7 400 croates.

Izetbegović, contraint et forcé, signe, aux côtés du président croate Franjo Tuđman et du président serbe Slobodan Milošević (présence qui est en soi un aveu) les accords de paix de Dayton-Paris en novembre 1995, qui mettent fin à la guerre. Ceux-ci favorisent la partie serbe malgré sa défaite miitaire en lui permettant d'appeler "Republika Srpska" 49 % du territoire de la République.

Alija Izetbegović aura été président de la République de 1990 à 1996, puis président de la présidence collégiale de 1996 à 1998 et en 2000, mais il ne termine pas son dernier mandat et se retire de la vie politique. Il décède des suites de maladies cardiaques en 2003.

Le 11 août 2006, sa tombe au cimetière de Kovaci à Sarajevo est endommagée par une explosion. Cet acte est probablement d'ordre politique[réf. nécessaire].

Tombe d'Alija Izetbegović

Bibliographie

  • (fr) Alija Izetbegović (trad. Ahmed Abidi), Le Manifeste Islamique, Al Bouraq, Beyrouth, 2000 (ISBN 2841611132)
  • (fr) Alija Izetbegović (trad. Michel Sergent), L'Islam entre l'Est et l'Ouest, François-Xavier de Guibert, Paris, 2003 (ISBN 2868398480)

Voir aussi

Voir aussi

Notes et références

  1. Michel Collon, Poker menteur, p. 268 (édition EPO, 1998)
  2. Encyclopédie Universalis 2008 article IZETBEGOVIC Alija
  3. Obituary: Alija Izetbegovic sur bbc.co.uk
  4. Alexandre del Valle. Guerre contre l’Europe Bosnie-Kosovo-Tchétchénie Éditions Syrtes, 2000 p.117/ 431.
  5. Noel Malcolm: Bosnia_A Short History, Macmillan, 1994, 1996
  6. "La Fable de l'islamisme bosniaque", extraits de Bosnia: A Short History
  7. Noel Malcolm, « Bosnia and Death of Yugoslavia: 1989-1992 (traduit ) »
  8. Encyclopédie Universalis 2008 article IZETBEGOVIC
  9. Srđa Popović: "La destruction de la Yougoslavie"
  10. "Suite à un conflit opposant Croates et Serbes à Ravno, le Président Izetbegović aurait en effet déclaré : « cette guerre n’est pas la nôtre »". Cf. TPIY, Jugement de Première Instance contre Tihomir Blaškić --Le Droit applicable
  11. Encyclopédie Universalis 2008 Article IZETBEGOVIC
  12. Srđa Popović: "La destruction de la Yougoslavie"
  13. Marko Attila Hoare: How Bosnia Armed: The Birth And Rise of the Bosnian Army

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