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Mésopotamie

La Mésopotamie (du grec Μεσοποταμία / Mesopotamía, de μεσο / meso « milieu, entre » et ποταμός / potamós, « fleuve » : désigne le pays « entre deux fleuves ») est une région du Moyen-Orient située entre le Tigre et l'Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l'Irak actuel.
Elle comprend au nord (nord-est de la Syrie et le nord de l'Irak actuels) une région de plateaux, qui est une zone de cultures pluviales, et au sud, une région de plaines où l'on pratique une agriculture qui repose exclusivement sur l'irrigation.

Le sens du mot Mésopotamie a évolué au fil du temps. Au sens classique des Grecs et des Romains, la Mésopotamie désigne la partie du nord appelée aussi Djézireh depuis la conquête arabe (vers 634 ap. J.-C.), pour la zone humide et irriguée on trouve le mot Sawâd dans les textes d'origine arabe. Chez Arrien, qui écrit une Anabase d'Alexandre le Grand, on trouve pour la première fois le terme de Mésopotamie. Le terme vient d'une expression qui existe dans les langues locales, et que l'on trouve en akkadien sous la forme de Birīt Nārim "Intervalle du fleuve" (de birīt, « intervalle » et nārim, « fleuve ») ou Māt Birītim « Pays de l'intervalle » (de māt, « Pays » et birītim, « intervalle »). En araméen, il existe sous la forme de Beyn Nahrīm "entre les fleuves" (de 'beyn' « entre » et nahrein « fleuve »), expression qui désigne dans tous les cas, la partie haute de l'Euphrate.

Actuellement, le terme « Mésopotamie » est généralement utilisé en référence à l'histoire antique de cette région, pour la civilisation ayant occupé cet espace jusqu'aux derniers siècles avant l'ère chrétienne ou au sixième siècle avant l'ère musulmane.

Sommaire

Géographie

Article détaillé : Géographie de la Mésopotamie.
Extension du Croissant fertile

La notion essentielle est celle de Croissant fertile. Il s'agit de la zone où l'irrigation n'est pas nécessaire pour l'agriculture. Ce croissant est délimité par l'isohyète 250 mm. Concrètement, cette zone se trouve entre le Zagros, le Taurus et les côtes méditerranéennes et du Golfe Persique. C'est dans cette zone qu'a lieu la révolution néolithique.

On y inclut la région qui se situe au sud, entre les fleuves du Tigre et de l'Euphrate (en Irak actuel). Mais dans cette région, il est nécessaire de recourir à l'irrigation car les précipitations n'y sont pas assez importantes.

Le terme d'Assyrie est très couramment employé pour désigner le nord de la Mésopotamie. Parallèlement, le terme de Babylonie désigne le sud de la Mésopotamie, c'est-à-dire la plaine mésopotamienne. En effet, à partir de la moitié du IIe millénaire av.j.c, la région connaît deux entités politiques, dont l'une a pour capitale Assur — c'est l'Assyrie — et l'autre qui a pour capitale Babylone — c'est la Babylonie.

Le nord de la Mésopotamie est un vaste plateau désertique, tandis que le sud est une immense plaine alluviale très fertile où, de plus, la présence de nombreux bras de fleuve et de marécages permettait l'irrigation. Cette situation idéale en fit un des grands foyers de civilisation.

Chronologie

Préhistoire

Article détaillé : Néolithique du Proche-Orient.

La présence de l'homme y est attestée depuis la préhistoire, à partir du Paléolithique moyen. Au Néolithique, vers 7000, sur le site de Jarmo, la poterie fait pour la première fois son apparition, des traces manifestes du début de la domestication progressive des animaux et des plantes apparaissent également, et l'utilisation de briques crues témoigne pour la première fois de l'existence d'une vie en village...

Protohistoire

Article détaillé : Protohistoire de la Mésopotamie.

À partir du chalcolithique, vers 6000, on note, outre l'usage du cuivre, l'usage de l'irrigation en agriculture, l'apparition des sceaux-cachets, des peintures murales, de la céramique peinte, incisée ou décorée, des premiers sanctuaires ainsi qu'une utilisation généralisée de la brique.

Entre 6000 et 5000, on distingue la succession de trois cultures de types différents :

Puis viennent deux phases où le processus de complexification sociale s'accélère, jusqu’à la constitution de véritables États, puis la création d'une première forme d'écriture qui fait basculer la Mésopotamie dans l'Histoire :

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Mésopotamie.
Localisation des principales cités de Mésopotamie à l'époque historique

La période historique commence en Mésopotamie vers 3400, quand l'écriture est mise au point. Elle est divisée en plusieurs périodes successives :

  • Période d'Uruk récent (3400-2900) : L'écriture se développe, mais les textes écrits à cette époque sont encore difficiles à interpréter, et il s'agit de documents administratifs et de listes lexicales, qui ne nous apprennent rien sur l'histoire évènementielle.
  • Période des Dynasties archaïques (2900-2340) : Elle est divisée en trois sous-périodes. C'est à partir de la moitié du IIIe millénaire qu'on est informé sur les évènements, avant tout grâce aux archives retrouvées à Lagash. C'est la période des cités-états de Basse Mésopotamie.
  • Période d'Akkad (2340-2180) : Sargon d'Akkad met fin à la période des cités-états en les incluant dans le premier état territorial, qui se mue vite en véritable empire, notamment grâce à l'action de son petit-fils Naram-Sin.
  • Période néo-sumérienne (2180-2004) : L'Empire d'Akkad s'effondre à cause de révoltes et d'attaques de peuples "barbares". Les cités-états sumériennes reprennent leur indépendance, avant d'être unifiées par les rois fondateurs de la Troisième dynastie d'Ur, Ur-Nammu et son fils Shulgi, qui établissent un nouvel empire dominant la Mésopotamie.
  • Période médio-babylonienne (terminologie non fixée) (1595-c.1080) : Les Kassites fondent une nouvelle dynastie qui domine Babylone pendant plus de quatre siècles. Au nord, le Mitanni exerce sa domination avant de se faire supplanter par le royaume médio-assyrien. La rivalité entre les deux entités occupant le nord et le sud de la Mésopotamie apparaît alors. Cette période se termine avec une crise grave, provoquée notamment pas les invasions des Araméens.
  • Période néo-assyrienne (911-609) : Les Assyriens rétablissent leur puissance dans le courant du IXe siècle, et établissent un empire dominant tout le Proche-Orient, qui connaît sa période d'apogée sous les Sargonides, avant de s'effondrer à la fin du VIIe siècle sous les coups des Babyloniens et des Mèdes.
  • Période néo-babylonienne (625-539) : Les Babyloniens reprennent à leur profit une partie de l'empire néo-assyrien, notamment grâce à l'action de Nabuchodonosor II. Ce royaume connaît cependant un déclin rapide, et il passe en 539 sous le contrôle du roi perse Cyrus II.
  • Période achéménide (539-331) : La Mésopotamie est sous domination étrangère, mais cela ne l'empêche pas de connaître une période de grande prospérité.
  • Période séleucide (331-140) : L'empire perse achéménide tombe sous les coups d'Alexandre le Grand, et après la mort de ce dernier et les luttes qui s'ensuivent la Mésopotamie est dominée par les Séleucides. La culture mésopotamienne connaît à cette période un déclin qui s'accélère au IIe siècle.
  • Période parthe (140 av. J.-C.-224 ap. J.-C.) : Après moult péripéties, les parthes chassent les Séleucides de Mésopotamie dans le courant du IIe siècle. C'est sous leur règne que disparaît définitivement l'antique culture mésopotamienne, qui subsistait jusqu'alors dans le milieu des temples de Babylonie.

A noter : un intermède romain avec les conquêtes de Trajan (116 ap. J.-C.) qui prit la capitale parthe Ctésiphon et descendit jusqu'au Golfe Persique, avec l'ambition de reconquérir l'empire d'Alexandre. Son successeur, Hadrien, abandonne ces territoires dès son avènement (117). Plus tard, l'empereur Septime Sévère arrachera définitivement la Mésopotamie du Nord aux Parthes lors de ses campagnes de 195-198.

Composition ethnique

Au IIIe millénaire, la Basse Mésopotamie est divisée entre deux ethnies : les Sumériens, parlant une langue sans parenté connue, et une population sémitique que l'on appelle par commodité les Akkadiens (bien que ce terme ne soit utilisé qu'à partir du règne de Sargon d'Akkad, à la fin du XXIVe siècle), parlant une langue sémitique, l'akkadien. Si ces derniers se rattachent bien aux autres populations que l'on connaît pour le Proche-Orient ancien, en majorité sémites, l'origine des Sumériens nous échappe, de même que l'époque à laquelle il faut dater leur disparition (fin du IIIe millénaire ? début du IIe ?). On a aussi supposé l'existence d'un peuple qui aurait peuplé la Basse Mésopotamie avant les Sumériens et les Sémites (nommé "peuple X" par S. N. Kramer) car plusieurs toponymes de cette région ne s'expliquent ni par le sumérien, ni par l'akkadien.

La fin du IIIe millénaire voit l'entrée en scène de deux groupes ethniques importants : les Amorrites, des sémites, et les Hourrites, parlant une langue sans parenté actuelle. Les premiers établissent dans le Proche-Orient un ensemble de dynasties qui durent durant la première moitié du IIe millénaire, et se fondent dans la population sémite déjà présente en Mésopotamie, tandis que les seconds sont surtout présents dans le nord mésopotamien et en Syrie.

D'autres groupes de populations sans parenté identifiée (parce qu'ils sont mal connus) viennent des régions du Zagros : les Gutis, les Lullubis, et les Kassites. Les Subaréens, habitant au nord, sont peut-être des Hourrites. Ils sont pour la plupart des nomades, et peu importants numériquement.

A la fin du IIe millénaire, un nouveau peuple sémite reprend le chemin emprunté plus tôt par les Amorrites : les Araméens. Ils s'établissent dans toute la Mésopotamie, et finissent par en devenir une composante majeure. Leur langue s'impose dans la région durant le Ier millénaire.

Le Ier millénaire voit aussi l'incursion de populations indo-européennes : les Mèdes et les Perses, qui restent cependant confinés au Plateau iranien, même si les seconds prennent le contrôle politique de la région après 539, et ensuite les Grecs qui prennent la région en 331, et finissent par y établir des colonies. Plus tard c'est un autre peuple iranien, les Parthes, qui s'établissent en Mésopotamie. mais la population de cette région reste en majorité sémite.

Organisation politique

De la cité-état à l'empire

La Stèle de la victoire du roi Naram-Sin d'Akkad, XXIIIe siècle

La Mésopotamie a vu l'aboutissement du processus de création de l'État, dans le courant du IVe millénaire avec l'élaboration des premiers micro-états (les cités-états) dans sa partie méridionale. On a parfois imaginé l'existence d'une "démocratie primitive", ou bien d'une "oligarchie", ou encore d'un régime dirigé par un "roi-prêtre". Quoi qu'il en soit, dès l'apparition de sources qui nous permettent d'analyser le système d'organisation politique des états mésopotamiens, on est en présence d'une système monarchique, dirigé par un souverain, en sumérien EN, ENSÍ, et LUGAL. Les deux premiers termes renvoyant au domaine religieux, ils laissent envisageable l'existence d'un "roi-prêtre" dans certains états. Le dernier désigne clairement un "roi", šarrum en akkadien.

Après l'époque des cités-états, le premier état territorial ou empire est élaboré par Sargon d'Akkad vers la fin du XXIVe siècle. Dès lors, la Mésopotamie est dirigée en plusieurs royaumes, avant que la césure entre l'Assyrie au nord et Babylone au sud ne soit établie dans la seconde moitié du IIe millénaire. Dans la première partie du Ier millénaire sont élaborés les premiers véritables empires à très grande échelle, le néo-assyrien (911-609), le néo-babylonien (624-539), avant la mise en place de l'empire perse des Achéménides, qui marque la fin de la Mésopotamie en tant que centre politique du Proche-Orient avant plusieurs siècles.

L'idéologie du pouvoir

Le roi Hammurabi de Babylone face au dieu Shamash, détail de la stèle du Code d'Hammourabi, XVIIIe siècle

Quelle que soit la dimension des royaumes, l'idéologie du pouvoir reste basée sur les mêmes principes. Le véritable souverain du pays est sa divinité tutélaire, qui accorde la royauté à une personne qui est digne de lui, qui n'est jamais que son représentant terrestre, chargé d'assurer l'entretien des temples du pays et aussi de grandes conquêtes territoriales. Ces dieux sont les divinités tutélaires des cités-états du IIIe millénaire, puis le grand dieu Enlil avec l'avènement des états prétendant dominer les pays de Sumer et d'Akkad, et enfin les divinités au caractère plus "national" pour les royaumes et empires à partir de la fin du IIe millénaire : Assur en Assyrie et Marduk à Babylone.

L'histoire sur la longue durée était considérée comme cyclique. Cela est bien marqué par des textes comme la Liste royale sumérienne, dont la chronologie est une succession de dynastie régnant tour à tour, leur avènement et leur chute étant due à la volonté des dieux. Chaque période de crise est considérée comme la punition infligée par les dieux à des souverains impies, tandis que la prospérité et le succès militaire sont au contraire la démonstration de la faveur divine.

Le roi et l'État

Les états mésopotamiens sont donc organisés autour de la figure royale. Celui-ci dirige l'administration, l'armée, la justice, et il est chargé d'assurer le bon déroulement du culte rendu aux dieux, entreprend des grands travaux. Il est entouré de "ministres" l'aidant dans ses tâches, et dirigeant une administration gérant ses terres, le prélèvement des taxes, la justice locale. Ce système se complexifie avec l'élaboration d'entités politiques plus vastes.

Les relations diplomatiques

La Mésopotamie est restée durant une grande partie de son histoire divisée entre plusieurs états, qui ont eu à entretenir des relations diplomatiques entre eux, et ont aussi été en contact avec des royaumes extérieurs au Pays des deux-fleuves. Les pratiques diplomatiques sont diverses : correspondance entre cours, conclusion d'accords, mariages interdynastiques, échanges de présents. Ce système se remarque dès la fin du IIIe millénaire, mais on le voit mieux dans le IIe millénaire (notamment grâce aux archives de Mari et aux lettres d'Amarna).

Lettres

Écriture

Inscription cunéiforme du palais de Dur-Sharrukin, époque néo-assyrienne, fin du VIIIe siècle (Musée du Louvre)

La Mésopotamie a vu l'élaboration de ce qui est actuellement considéré comme le plus ancien système d'écriture au Monde. On date son apparition vers 3500 avant. J.-C. Ce système d'écriture est d'abord linéaire, puis il prend un aspect cunéiforme dans le courant de la seconde moitié du IIIe millénaire. On écrit alors essentiellement sur des tablettes faites en argile, abondant en Mésopotamie. Ce support survit très bien à l'épreuve du temps (et encore plus quand il est cuit à la suite d'un incendie), et c'est ce qui nous permet d'avoir une quantité de documentation écrite considérable sur la Mésopotamie ancienne. À partir du début du Ier millénaire, cette forme d'écriture est concurrencée par l'alphabet araméen, rédigé sur du parchemin ou du papyrus, support périssable dont aucun exemplaire ne nous est parvenu. Celui-ci finit par supplanter le cunéiforme vers le milieu du Ier millénaire, avant la disparition définitive de ce dernier au début de notre ère.

Les scribes

Seule une minorité de la population était alphabétisée. Les spécialistes de l'écriture étaient les scribes. Ils suivaient une formation destinée à leur apprendre à maîtriser le cunéiforme, et s'initiaient au sumérien et à l'akkadien (à partir de la fin du IIIe millénaire). Il y avait plusieurs niveaux de spécialisation, allant du simple scribe d'administration au lettré ayant suivi de nombreuses années de formation, travaillant souvent dans les temples.

On estime également qu'une certaine partie de la population, dans les couches supérieures, pouvait comprendre ou écrire des textes cunéiformes. Il s'agit du personnel administratif, politique, ou bien de marchands.

Bibliothèques

Les tablettes cunéiformes étaient entreposées dans des endroits prévus à cet effet dans les bâtiments où ils étaient rédigés. Parfois même des salles étaient réservées aux archives. Les tablettes pouvaient être placées dans des paniers, des coffres, ou bien sur des étagères. Un système de classement pouvait avoir été mis au point, mais il nous échappe bien souvent. On pouvait faire des classements d'archives administratives, mais aussi de production littéraire savante, comme dans le cas de la prétendue Bibliothèque d'Assurbanipal, trouvée à Ninive.

Production écrite

Article détaillé : Littérature mésopotamienne.
Tablette de vente de propriétés retrouvée à Shuruppak, XXVIe siècle

La production écrite mésopotamienne qui nous est parvenue est constituée en majorité de textes de nature administrative. Il s'agit souvent de comptes liés à l'agriculture, l'élevage, des distributions de rations à des travailleurs, des comptes d'entrées et des sorties d'entrepôts.

A côté de cela, on trouve des textes de la pratique plus élaborés : des contrats (de prêt, de vente, de location) ou des lettres. Ils sont un apport inestimable pour nous aider à mieux approcher la vie quotidienne des anciens mésopotamiens.

Les textes littéraires sont minoritaires en quantité. Ils se composent en premier lieu de listes lexicales, mais aussi de textes d'apprentissage de certains métiers, ou bien des descriptifs de rituels, jusqu’à des productions de littérature plus savante, des textes mythologiques, épiques.

Un dernier genre que l'on peut distinguer est celui des inscriptions et textes royaux. Ce sont des textes produits par les rois, destinés à célébrer leurs grandes œuvres. Les perdants ayant rarement l'occasion de se faire entendre, ce sont le plus souvent les vainqueurs qui ont la parole. Ce genre de textes va de l'inscription de fondation, jusqu’à des récits plus élaborés comme les Annales royales assyriennes.

Religion

Article détaillé : Religion mésopotamienne.

Les dieux

Article détaillé : Mythologie mésopotamienne.

Les dieux mésopotamiens sont pour la plupart très anciens, et leur origine nous est souvent inaccessible. Les plus anciens ont un nom sumérien et un nom akkadien. Les principaux dieux sont :

À partir de la fin du IIe millénaire, les dieux « nationaux » Marduk à Babylone et Assur en Assyrie prennent une place de premier choix.

Hommes et dieux

Toutes les anthropogonies mésopotamiennes expliquent que les dieux ont créé les humains de manière à en faire leurs serviteurs, chargés de leur entretien. De manière concrète, cet entretien passe par le culte qui est rendu aux dieux dans ce qui est considéré comme leur résidence, le temple.

Les hommes pieux sont en principe assurés de la bienveillance divine à leur égard. En revanche, quiconque offenserait les dieux se place sous la menace d'une punition divine : maladie, disgrâce, difficultés économiques, etc.

Les temples

Les temples sont considérés comme étant les résidences terrestres de leur divinité principale, et souvent de leur entourage (parèdre, enfants, personnel divin). Ils portent d'ailleurs le même nom que les résidences humaines (É en sumérien, bītu(m) en akkadien). Ils étaient également souvent flanqués d'une tour à étages (ziggurat), monument emblématique de la civilisation mésopotamienne, passé à la postérité grâce au récit biblique de la Tour de Babel.

Les temples sont constitués d'une cella, abritant une statue divine, représentation terrestre qui garantit la présence de celle-ci en ce lieu, et qui doit constamment être entretenue.Les temples étaient interdits au peuple. Sa perte, notamment après une défaite militaire et un sac du temple, est considéré comme un grand malheur.

Parce qu'ils doivent assurer le très coûteux entretien des dieux (et leur personnel), les temples sont dotés en terres, et aussi parfois en ateliers, montent des opérations commerciales. Il s'agit d'agents économiques de premier plan.

Le clergé

Le personnel officiant dans les temples est logé à proximité de celui-ci, dans des dépendances. Le personnel est divisé entre les membres chargés de son administration, et celui qui s'occupe de la partie rituelle. Il existe diverses spécialisations, en fonction de la tâche que l'on a à accomplir lors des rituels.

Les prêtres sont souvent des lettrés, et ils suivent parfois de longues études. Ils sont les principaux dépositaires des savoirs mésopotamiens, et ce sont eux qui assureront la survie de cette culture jusqu'aux débuts.

Certaines catégories de prêtres exercent en dehors des temples : ce sont les devins, les exorcistes et les astrologues. Ils servent notamment dans le palais royal, le souverain ayant besoin de leur aide puisque la fonction royale est aussi une fonction religieuse (le roi étant parfois lui-même considéré comme un prêtre).

Il existait aussi un clergé féminin. Certaines d'entre elles vivaient cloîtrées dans une résidence, et ne pouvaient en sortir, même si elles avaient parfois la possibilité de mener leurs propres affaires (par des achats de terrain notamment).

Sciences

Mathématiques

Article détaillé : Numération babylonienne.

Le système numérique employé par les Mésopotamiens était de base sexagésimale (base 60), avec quelques aspects d'un système décimal.

Les connaissances mathématiques des Anciens mésopotamiens ont accompli de grands progrès durant la période paléo-babylonienne, après quoi ils furent minimes. Mais il fallut attendre le Ier millénaire pour que ce savoir soit employé à sa pleine mesure dans le domaine de l'astronomie.

Astronomie

La séparation que l'on effectue entre astronomie et astrologie est inconnue des Anciens mésopotamiens, comme pour beaucoup d'autres peuples avant l'époque moderne. Les connaissances astronomiques des Mésopotamiens atteignirent un très haut niveau durant le Ier millénaire, époque durant laquelle les astronomes "Chaldéens" étaient réputés jusqu'en Grèce.

Les Mésopotamiens avaient mis au point le principe de la division de la voûte céleste entre douze signes du Zodiaque, qui sont sensiblement les mêmes que les nôtres. De la même manière, ils avaient déjà nommé de nombreuses constellations. Ils connaissaient cinq planètes : Mercure (Sihtu), Vénus (Delebat), Mars (Salbanatu), Jupiter (Neberu) et Saturne (Kayamanu).

Au Ier millénaire, les prêtres astronomes babyloniens avaient compilé de longues listes de relevés de phénomènes astraux. En les interprétant, ils en étaient arrivés à établir des éphémérides pour tous les astres observables, et en arrivèrent presque à prédire des éclipses, dont ils avaient repéré l'aspect cyclique.

Médecine

Article détaillé : Médecine en Mésopotamie.

Pour les Mésopotamiens, la maladie était une malédiction envoyée par les dieux. Ceux-ci, maîtres de tous les hommes avaient été insatisfaits par le comportement de certains d'entre eux, qu'ils punissaient en envoyant des "démons" qui les rendaient malades, ou bien ils se chargeaient eux-mêmes de la tâche.

Pour guérir un malade, on pouvait recourir à des pratiques qui nous semblent différentes mais qui étaient alors vues comme complémentaire, la magie et la médecine empirique. De longues listes techniques nous renseignent sur ces pratiques. Elles se présentent sous la forme de phrases avec une protase présentant l'état du malade, et une apodose disant le diagnostic, avec parfois à la suite le traitement à prodiguer. Elles concernent différents domaines, depuis la gynécologie jusqu’à des cas psychiatriques, en passant par l'ophtalmologie. On dispose aussi d'une longue liste de recettes de produits pharmacologiques.

Droit

Le droit mésopotamien est avant tout connu du public cultivé par le fameux Code d'Hammurabi. Celui-ci, avec les autres textes provenant de Mésopotamie et qui lui sont apparentés (comme le Code d'Ur-Nammu, le plus ancien du genre retrouvé, ou bien les Lois assyriennes), ne représentent qu'une petite partie des sources nous informant sur le droit dans cette région. Il s'agit d'ailleurs de recueils de sentences ayant vocation à servir de sortes de traités juridiques, plus que de codes juridiques au sens moderne du terme.

La majeure partie de nos sources écrites sur le droit mésopotamien sont les très nombreux actes légaux retrouvés dans les différents sites de la région des deux-fleuves, auxquels peuvent être ajoutés ceux retrouvés ailleurs dans le Proche-Orient, depuis Suse jusqu’à Alalakh et Ougarit. Il s'agit d'actes de prêts (contrat de base, le plus courant, et duquel sont inspirés les autres contrats, au moins pour leur formulaire), d'achats/ventes/locations de biens immobiliers, d'animaux ou d'esclaves, de contrats de mariage ou d'adoption, d'affranchissement, de contrats de société (commerciaux surtout), et aussi de compte-rendus de procès. Retrouvés sur un grand espace géographique, et sur une très grande période (depuis le XXIe siècle av. J.-C. jusqu’à la seconde moitié du Ier millénaire av. J.-C.), ils nous présentent des situations variées, et de nombreux aspects juridiques. Ainsi, chaque lieu développe à une période donnée un type de formulaire récurrent pour la rédaction d'un acte juridique précis. On peut néanmoins relever des similitudes entre les différentes périodes attestées, témoignant d'un même fonds juridique.

Au-delà de l'aspect légal, ces documents sont une mine d'information qui nous permettent d'entrevoir, comme peu d'autres documents cunéiformes, la vie quotidienne des Anciens mésopotamiens. On peut grâce à ces textes analyser les institutions, les rapports sociaux, les pratiques agricoles, artisanales ou commerciales, etc.

Art

Statue de Gudea de Lagash, XXIIe siècle

Parmi les principaux domaines artistiques attestés en Mésopotamie, on peut relever :

  • la sculpture : parmi les œuvres réalisées en ronde-bosse, les statues de la période de Gudea de Lagash (XXIIe siècle) sont parmi les plus remarquables ; par la suite, les sculpteurs mésopotamiens ont préféré les bas-reliefs, dont les plus fameux sont ceux des palais néo-assyriens.
  • la peinture : elle est assez peu attestée, car peu de peintures ont été conservées ; les plus belles fresques mésopotamiennes ont été retrouvées à Mari) (XVIIIe siècle), Til-Barsip (VIIIe siècle) et un peu dans les capitales néo-assyriennes (Assur, Kalhu, Ninive) (IXe-VIIe siècles) ; leur style est très proche de celui des bas-reliefs.
  • l'orfèvrerie : assez peu de bijoux de grande qualité ont été mis au jour, les plus beaux exemples ont été exhumés des tombes royales d'Ur ; sinon, on peut avoir une idée de leur forme par la représentation de bijoux portés par des hommes sur des bas-reliefs.

Architecture

La brique crue

La matière de base utilisée pour réaliser des bâtiments en Mésopotamie est l'argile. On s'en servait pour réaliser des briques crues, en le mélangeant avec des matières végétales. À cette fin, on a mis au point des moules à briques. Exceptionnellement, on cuisait les briques dans des fours, ce qui les rendait extrêmement solides, alors que l'argile cru s'effritait. Les bâtiments en briques cuites ont d'ailleurs souvent servi de carrières une fois abandonnés.

Urbanisme

Article détaillé : Urbanisme de la Mésopotamie.

L'archéologie de la Mésopotamie a porté uniquement sur des centres urbains, et jamais sur des sites ruraux (en dehors de la période préurbaine). Et l'attention a surtout été portée sur les grands monuments (temples, palais) que sur les quartiers résidentiels.

Les villes étaient souvent protégées par une muraille, voire plusieurs dans le cas des grandes cités. Leur centre était souvent réservé au palais et au temple principal. En Mésopotamie du Nord, le cœur de la ville est souvent une acropole. De petites rues délimitaient divers îlots résidentiels. Il ne semble pas qu'il y ait eu de différenciation sociale de l'espace, les maisons des plus riches (les plus vastes) côtoyant celles des classes moins favorisées. Les plus pauvres et les marginaux étaient plutôt rejetés en périphérie de la ville. Il existait en revanche des quartiers où les gens se regroupaient en fonction d'une activité artisanale commune.

Résidences

Cour intérieure du palais de Zimri-Lim à Mari, Haute-Mésopotamie, XVIIIe siècle

On peut distinguer trois types de résidences : celles des gens du peuple, celles des dirigeants (les palais), et celles des dieux (les temples). Elles portaient le même nom : É en sumérien, bītu(m) en akkadien. Elles fonctionnaient d'ailleurs selon un même principe, puisqu'elles s'organisaient généralement autour d'un espace central, et étaient renfermées sur elles-mêmes (et non ouvertes vers l'extérieur).

Les résidences classiques pouvaient avoir un étage. Elles varient en fonction des moyens financiers de leur propriétaire, et de la taille de la maisonnée. On prenait souvent l'habitude d'enterrer les morts de la famille sous les résidences où ils avaient vécu. La plupart avaient un espace central (couvert ou pas), d'autres étaient constituées d'une suite de salles.

Les palais étaient à l'origine construits comme des maisons, en plus vastes, avec parfois là aussi un étage. Ils finissent par prendre plus d'espace, et à avoir un espace plus complexe. Leur plan est néanmoins très variable d'un endroit à l'autre. Les zones sont généralement différenciées : espace résidentiel (avec un harem), salle de réception, magasins, salles administratives, etc.

Les temples sont traditionnellement considérés comme ayant trois parties principales : un vestibule, une antichambre, puis le "saint des saints' abritant la statue de la divinité principale. Ces édifices sont en fait organisés selon le même principe qu'une résidence normale, à savoir autour d'un espace central, ouvrant parfois sur des magasins et bâtiments administratifs, ou bien des bibliothèques. Les temples les plus importants avaient de grandes dépendances, en raison de leur richesse économique et de l'importance numérique de leur personnel.

Économie

Les « Grands organismes »

L'économie de la Mésopotamie antique est encadrée par ce que l'on appelle parfois les « Grands organismes » (à la suite de A. Leo Oppenheim). Il s'agit du palais royal et des temples ainsi que de leurs dépendances. En effet, en plus de leur fonction politique, ceux-ci possèdent un pouvoir économique important, dont la base est constituée par un patrimoine terrien souvent très important. C'est le plus souvent le palais qui a le plus d'avantages. Le roi redistribue les terres aux temples et à ses hommes tout en gardant une grande partie de celles-ci pour son compte. Les terres sont allouées à une personne contre une charge effectuée par celle-ci, pour l'aider à subsister (on parle parfois de « champs de subsistance »). Il arrive que ces terres, octroyées uniquement à titre temporaire, finissent par passer définitivement dans le patrimoine familial du détenteur de la charge. Les temples ont souvent une grande importance économique, surtout dans la Babylonie du début du Ier millénaire, quand le pouvoir royal s'est affaibli et où ils sont restés les seuls organismes à peu près stables.

A côté de ces Grands organismes, une grande partie de la population vivait de petites propriétés agricoles, ou bien d'un travail artisanal modeste qui pouvait être effectué à son propre compte. Ces gens-là ne nous sont pas documentés par les archives cunéiformes que l'on a retrouvées, puisqu'ils vivaient en dehors de la partie de la société pratiquant l'écrit. Les personnes travaillant pour les Grands organismes pouvaient aussi mener des affaires pour leur propre compte, notamment au niveau commercial.

Agriculture

Article détaillé : Agriculture en Mésopotamie.

L'agriculture est la base des économies de type pré-industriel, et la Mésopotamie antique ne déroge pas à la règle.

Une grande partie de cette région étant située en-dessous du seuil de pluviosité nécessaire pour la pratique de l'agriculture sèche, il a fallu développer un système d'irrigation pour mettre en valeur ses terres. Cela s'est d'abord fait de manière assez simple, dans le cadre de petites entités politiques, puis ensuite les grands royaumes mésopotamiens ont mis en place des projets d'aménagements de canaux à grande échelle. Il n'en demeure pas moins que l'irrigation était essentiellement une affaire gérée au niveau local, sans l'aide du pouvoir central. Les agriculteurs de Basse Mésopotamie ont du faire face à un problème de salinisation des terres irriguées, qui a parfois abouti à la mise en friche de grands espaces.

La céréaliculture dominait en Mésopotamie. L'orge était la plante la plus cultivée, mais on faisait aussi pousser du blé amidonnier, du millet, et à partir du milieu du Ier millénaire le riz fut introduit dans la vallée. La productivité céréalière de la Mésopotamie a pu atteindre des rendements impressionnants, surtout quand une longue période de stabilité politique a permis une bonne mise en valeur des terres.

La culture du palmier-dattier occupe aussi une place importante dans la région, puisque l'on peut se servir de ses dattes, ses feuilles ou éventuellement son bois. Les palmiers servent également a abriter des jardins que l'on fait pousser à leur pied. L'horticulture était en effet couramment pratiquée, dans le but d'obtenir des produits agricoles (fruits, légumes et condiments) complémentaires aux céréales.

Artisans

Article détaillé : Artisanat en Mésopotamie.

Le secteur artisanal fonctionne comme celui de l'agriculture avant tout dans le cadre des grands organismes. L'artisanat en dehors de cette sphère ne nous est pas documenté. Il existait parfois de grandes fabriques, notamment dans le textile, employant un grand nombre d'ouvrières souvent dans des conditions peu enviables. Mais l'artisanat à petite échelle était majoritaire.

La plupart des domaines artisanaux sont représentés en Mésopotamie : textile, menuiserie, métallurgie, orfèvrerie, vannerie, etc.

Commerce

Poids tel que ceux que l'on utilisait pour faciliter l'évaluation des marchandises, XXIIe siècle

Le commerce est souvent définit comme une activité importante pour les Mésopotamiens, vu que la région où ils vivaient était pauvre en matières premières (pierre, métal, bois de qualité). Dans les faits, ce sont surtout les plus riches qui profitaient du commerce à longue distance.

Les entreprises commerciales étaient au départ menées par des marchands (sumérien DAM.GAR, akkadien tamkāru(m)) engagés par un Grand organisme. À partir du début du IIe millénaire, on est bien documentés sur des systèmes commerciaux essentiellement "privés", à Larsa, Sippar, et surtout Assur, grâce aux archives des marchands de cette ville retrouvées à Kültepe en Cappadoce, nous montrant l'existence d'un commerce très élaboré et fructueux.

De leur côté, les Mésopotamiens exportaient surtout des produits manufacturés, avant tout du textile, ou bien ils se faisaient intermédiaires entre deux régions (en échangeant de l'étain d'Iran contre du cuivre d'Anatolie par exemple).

Un commerce existait aussi au niveau local. Il concernait avant tout l'approvisionnement des centres urbains en produits agricoles provenant de la campagne.

Société

La société mésopotamienne se divise en deux grands groupes : hommes libres et non-libres (les esclaves).

Les hommes libres

Les premiers sont une catégorie où l'on peut également distinguer deux groupes (moins évidents à repérer pour le IIIe millénaire). Le premier (les awīlu(m) du Code d'Hammurabi et des Lois assyriennes) est constitué par le personnel travaillant dans le cadre des "Grands organismes", le palais et le temple, qui dispose de ce fait d'une place importante dans la société. Le reste de la société (muškēnum dans le Code d'Hammurabi, aššurayu dans les Lois assyriennes) vit en-dehors de ce cercle, dans le cadre de communautés urbaines ou rurales. La stratification sociale ne se fait pas autour d'une conception idéologique de la société distinguant des classes plus prestigieuses que les autres, ce sont les moyens financiers qui paraissent faire la différence, et pour en avoir il faut travailler avec le pouvoir royal ou les temples. Il est pour cela important d'être en bons termes avec le pouvoir royal.

Les esclaves

Les esclaves (sumérien ÌR, akkadien (w)ardu(m)) occupent le bas de l'échelle sociale. Ils sont considérés comme des objets, au service de leur maître. Il y a différentes façons de devenir esclave : s'il ne s'agit pas d'esclaves de naissance, la majorité sont des prisonniers de guerre, et on trouve également des hommes libres tombés en servitude à cause de dettes impayées (ce qui peut n'être que temporaire).

Les nomades

Une partie de la société se manifeste par son mode de vie : les nomades, qui occupent une place importante durant toute l'histoire mésopotamienne (Amorrites, Kassites, Sutéens, Gutis, Araméens, Chaldéens, etc.). Ceux-ci vivent dans un cadre tribal, organisé autour de grands groupement de tribus dirigés par un grand chef. La division entre libre et non-libre existe aussi au sein de cette partie de la société.

Il peut y avoir des semi-nomades, une partie de leur population étant sédentaire à certains moments de l'année pour effectuer des travaux agricole tandis que l'autre s'adonne au pastoralisme. Les nomades constituent parfois un danger pour les sociétés sédentaires, leur mode de vie assez précaire les rendant plus fragiles aux coups durs (notamment climatiques), ce qui les pousse souvent à se faire pillards en période de crise. De ce fait, ils sont souvent décrits en terme péjoratifs par les lettrés urbains. Ils vivent pourtant généralement en symbiose avec le monde sédentaire : ils se font pasteurs pour les grands organismes, parfois servent comme travailleurs saisonniers, et ils sont souvent appréciés en tant que soldats.

Les populations nomades finissent bien souvent par se sédentariser et adopter le mode de vie des sédentaires, et leurs chefs se constituent parfois des royaumes promis à une grande prospérité, comme le firent Amorrites, Kassites et Araméens.

Différenciation sexuelle

Article détaillé : Genre dans le Proche-Orient ancien.
Stèle représentant une femme en train de filer, Suse, VIIIe siècle

L'homme occupe dans la société mésopotamienne une place plus élevée que la femme. Cela se voit notamment dans les codes de lois, qui la placent à un rang inférieur à l'homme. C'est une "éternelle mineure", qui passe du contrôle de son père à celui de son époux lorsqu'elle est mariée. Le maître de maison est un homme, la femme s'occupant de l'entretien du foyer et de l'éducation des jeunes enfants. Les activité agricoles sont apparemment réservées aux hommes, de même que le commerce et évidemment la guerre, ainsi que la plupart des métiers de l'artisanat, les femmes étant en revanche beaucoup employées dans le textile (filage, tissage) et aussi l'industrie laitière.

Rayonnement

Parce qu'elle a été la première région du Proche-Orient ancien à être bien fouillée, la Mésopotamie a longtemps été considérée comme le "centre" de celui-ci, le reste étant relégué au rang de "périphérie". Les découvertes des civilisations sumérienne, babylonienne et assyrienne paraissaient abonder en ce sens. Mais on a depuis mis au jour de nouveaux centres qui ont montré que les régions considérées comme marginales étaient très avancées dès une époque reculée (notamment grâce aux archives d'Ebla et de Mari en Syrie, et aujourd'hui de Jiroft en Iran), et n'avaient pas grand-chose à envier à la Mésopotamie contemporaines. L'impossibilité de fouiller sur le sol iraqien depuis le début des années 1990 n'a pas été sans effet sur ce changement de perspective.

La ressemblance entre la civilisation mésopotamienne et ses voisines peut s'expliquer par le fait qu'elles constituent un territoire ayant partagé une destinée commune depuis la période néolithique, phase que la Mésopotamie est la dernière à avoir expérimenté. Ceci explique pourquoi on retrouve partout dans cette région de l'Asie un fonds culturel commun, des organisations politiques et sociales similaires en dépit de sa disparité géographique.

Il n'empêche que la Mésopotamie, et en particulier la Basse Mésopotamie a exercé une influence indéniable sur le Proche-Orient ancien, comme aucune autre région. Cela débute avec la période d'Uruk, qui voit une expansion des habitants du futur pays de Sumer dans les régions voisines. La culture élaborée par les Sumériens, puis les Akkadiens a un rayonnement considérable. Son système d'écriture, avec ses méthodes d'apprentissage, sa littérature sont repris en Syrie, en Anatolie, au Levant, en Iran et jusqu'en Égypte à l'époque d'Amarna, quand l'akkadien est la langue des relations internationales.

Babylone, en reprenant cet héritage à partir du IIe millénaire, se dote d'un prestige centre culturel incomparable. C'est d'ailleurs par son nom, repris par la Bible et les auteurs grecs classiques, que la mémoire de la Mésopotamie va subsister avant sa redécouverte après les fouilles du XIXe siècle, marquant la naissance de l'assyriologie.

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • Collectif, De la Mésopotamie à la Perse, Encycloædia universalis, coll. « La grande histoire des civilisations », 1999 (ISBN 2-7028-3080-3) ;
  • Collectif, Atlas de la Mésopotamie et du Proche-Orient ancien, Brepols, 1996 (ISBN 2503500463) ;
  • Adolf Leo Oppenheim, La Mésopotamie : portrait d'une civilisation, Gallimard, 1970 ;
  • Jean Bottéro, Mésopotamie. L'écriture, la raison et les dieux, Gallimard, coll. « Folio Histoire », 1997 (ISBN 2070403084) ;
  • Francis Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Robert Laffont, 2001 ;
  • Jean-Jacques Glassner, La Mésopotamie, Belles Lettres, coll. « Guide des civilisations », 2002 (ISBN 2-251-41017-1) ;
  • Jean-Claude Margueron, Les Mésopotamiens, Picard, 2003 (ISBN 2708406930) ;
  • Georges Roux, La Mésopotamie, Seuil, coll. « Points histoire », 1995 (nouv. édition) (ISBN 2-02-023636-2) ;
  • Pierre Amiet, L'Antiquité Orientale, PUF, Que-sais-je, 2003
  • Pierre Amiet, Introduction à l'Antiquité Orientale, Desclée de Brouwer et École du Louvre, 2000
  • Agnès Benoit, Art et archéologie : les civilisations du Proche-Orient ancien, Manuels de l'École du Louvre, 2003

Liens externes

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