Immigration Aux États-Unis

Immigration Aux États-Unis

Immigration aux États-Unis

L'immigration est un phénomène démographique qui encadre l'histoire des États-Unis au XXe siècle. Les immigrants sont arrivés à raison de plus d'un million par an durant la première décennie du siècle et d'environ un million par an au cours de la dernière décennie. L'immigration a été considérablement réduite de 1915 à 1965, en partie du fait de la dépression de la fin des années 1920 et 1930 et sous l'effet de diverses mesures restrictives. Les immigrants d'aujourd'hui viennent de pays autres que ceux du début du siècle et s'éparpillent dans un plus grand nombre de centres urbains. Leur arrivée soulève toutefois en ce début de siècle certaines des mêmes questions qu'au début du précédent.

Immigrants à Ellis Island (New York)

Sommaire

L'immigration au XIX° siècle

article en: History of Immigration to the United States, Histoire coloniale des États-Unis d'Amérique

Avant la fin du XIXe siècle, il n'existe pas réellement de codes de loi se rapportant à l'immigration même si des régulations existent bel et bien dans les faits. En 1868, les Californiens accueillent avec joie le Traité de Burlingame entre les États-Unis et la Chine, qui accepte de mettre fin au contrôle sur l'émigration de ses ressortissants [1]. Onze ans plus tard, lors du référendum de 1879, les électeurs de l'État californien votent à 94% contre la présence d'immigrants chinois [1], ce qui prépare le terrain au Chinese Exclusion Act de 1882. Une telle contradiction apparente se retrouve chez Dennis Kearney (en), d'origine irlandaise, qui, en tant que membre de la Pickhandle brigade aida la police et le Comité de Sûreté Publique de William Tedd Coleman à réprimer les émeutes xénophobes anti-« Coolies » en juillet 1877, mais qui, en tant que secrétaire du Workingman's Party (en) à partir d'août 1877, fut à l'origine des lois restreignant l'immigration chinoise [1].

C'est en 1933 qu'est créé l'Immigration and Naturalization Service (INS), qui fut en 1940 transféré du Département du travail à celui de la Justice.

L'immigration au XXe siècle

Dans les années 1980, les États-Unis ont accueilli 7,3 millions d'immigrants et neuf millions dans les années 1990[2]. Aujourd'hui, moins de 10 % des immigrants sont d'origine européenne[3].

Facteurs d'immigration

Dans Immigration to the United States : Journey to an Uncertain Destination (L'immigration aux États-Unis : Voyage pour une destination incertaine), rapport publié en 1994 par le Bureau des références en matière de population, Philip Martin et Elizabeth Midgley identifient trois facteurs qui ont orienté le débat sur l'immigration au cours des années 1990. Il y a tout d'abord l'augmentation du nombre des immigrants par rapport aux niveaux très bas des années 1940. En second lieu, les immigrants d'aujourd'hui diffèrent considérablement des Américains de naissance par l'ethnicité, l'éducation et les connaissances. En troisième lieu, il n'existe pas de consensus politique sur la question de savoir si les immigrants constituent un atout ou, au contraire, un boulet pour la société américaine. Si l'Enquête sociale générale de 1994 met en évidence une tolérance globale à l'égard de l'immigration, elle révèle également que 60% des Américains pensent qu'il serait bon de la freiner par rapport à son rythme actuel. Un peu plus des deux tiers estiment qu'une immigration accrue rendrait « plus difficile le maintien de l'unité du pays ». Les Américains considèrent que l'immigration n'est probablement pas un facteur de croissance économique, et plus de 80% estiment qu'une augmentation de l'immigration se traduirait par une augmentation des taux de chômage (sans craindre, toutefois, que cela ne vienne menacer la sécurité de leur propre emploi).

Tendances démographiques

De 1905 à 1914, les immigrants sont arrivés aux États-Unis principalement par bateau, à une moyenne d'un million par an. Au cours de la présente décennie, depuis 1992, la moyenne annuelle est la même, mais les immigrants arrivent maintenant par voie terrestre, maritime et aérienne.

Si les chiffres sont aussi élevés au début qu'à la fin du siècle, leur impact sur la composition de la population est très différent car le pays est aujourd'hui beaucoup plus peuplé. Les Américains nés à l'étranger représentaient près de 15 % de la population totale au début des années 1900 contre environ 8 % aujourd'hui, d'après Martin et Midgley, et d'après un article de Carol De Vita publié en 1996 dans Population Bulletin, intitulé The United States at Mid-Decade (Les États-Unis au milieu de la décennie).

La différence la plus évidente entre les immigrants d'hier et ceux d'aujourd'hui est leur lieu d'origine. Dans les années 1900, la plupart venaient d'Italie, d'Autriche-Hongrie, de Russie, du Canada et d'Angleterre. Ils étaient si nombreux à venir d'Europe par bateau, que les autorités n'ont commencé à compter ceux qui entraient aux États-Unis en provenance du Mexique et du Canada qu'en 1908. Le Mexique est devenu une source importante d'immigration aux États-Unis dans les années 1920. C'est lui qui fournit aujourd'hui le plus grand nombre d'immigrants aux États-Unis, suivi par les Philippines, la Chine et l'Inde.

Depuis 1989 [1], date de l'adoption du traité de l'ALENA avec le Canada et le Mexique, les États-Unis ont renforcé leur frontière avec le Mexique. 1 132 km de tronçons de mur, de surveillance électronique et de barrières anti-véhicules ferment la "linea", qui s'étend sur 3 140 km. À Tijuana, la clôture se dresse même dans l'océan.

Selon le gouvernement américain, le renforcement des contrôles est dissuasif. Le nombre d'interpellés aurait baissé de 24 % entre octobre 2006 et juin 2007 par rapport à la même période un an auparavant. Cependant, de nombreux rapports montrent que le renforcement de ces contrôles poussent les migrants à emprunter des passages moins surveillés et plus dangereux comme le désert de l'Arizona. Depuis la construction des nouveaux dispositifs de contrôle le long de la frontière sud des États-Unis, le nombre de migrants morts en tentant de traverser cette frontière s'élèverait à plus d'un millier par an[4].

Le programme politique du renforcement des contrôles à la frontière sud s'accompagne aussi de politiques d'externalisation du contrôle vers des pays de transit sur la route des États-Unis comme le Mexique [réf. incomplète][5] ou le Salvador [6].

En 1910, la ville de New York constituait la destination de choix des émigrés européens, débarquant à Ellis Island, et 40% de la population de la ville était alors de naissance étrangère. Maintenant que l'Amérique centrale et l'Asie sont devenues les principales sources d'immigration, Los Angeles est en concurrence avec New York pour la première place. De 1991 à 1996, ces deux villes ont accueilli chacune plus de 600 000 immigrants, soit, à elles deux, un immigrant sur cinq. Pour cette même période, Chicago et Miami se classent aux troisième et quatrième rangs avec chacune en moyenne 200 000 nouveaux arrivants. Boston et San Francisco, destinations importantes au début du siècle, sont encore parmi les 12 principaux points d'entrée des immigrants.

Lorsque les immigrants arrivaient principalement d'Europe, ils s'établissaient dans le nord-est et le centre des États-Unis. Aujourd'hui nombreux à venir d'Amérique centrale et d'Asie, ils se déplacent vers l'ouest et le sud-ouest. Ils suivent en cela les modèles de migration de la population autochtone et introduisent des accents régionaux distincts dans le débat de l'assimilation et du pluralisme. La Californie, l'État le plus peuplé de l'Union, est aussi la première terre d'immigration. Elle accueille traditionnellement des Chinois, comme les États de la côte pacifique et des Mexicains dans les États du Sud.

Statut socio-économique

Les trois indicateurs de base du statut socio-économique aux États-Unis sont l'éducation, l'emploi et le revenu. Dans une société parfaitement assimilée, il ne devrait y avoir que des différences mineures dans ces trois mesures parmi les populations provenant de divers pays. On pourrait également s'attendre à ce que ces distinctions s'atténuent progressivement en fonction de l'ancienneté d'implantation des différents groupes dans le pays. Les données du recensement de 1990 confirment partiellement ces hypothèses. Les immigrés des périodes antérieures ont des revenus familiaux plus élevés que les immigrés plus récents et sont plus souvent employés comme cadres ou exercent une profession libérale. Et pourtant, on compte un pourcentage supérieur de diplômés de l'enseignement supérieur parmi les nouveaux arrivants que chez leurs prédécesseurs ou chez les autochtones.

Le revenu familial médian pour 1990 était de 35 700 dollars chez les personnes nées à l'étranger arrivées aux États-Unis avant 1980, chiffre pratiquement identique à celui des Américains de naissance. Parmi les immigrants arrivés après 1980, en revanche, le revenu familial médian pour 1990 n'était que de 24 000 dollars. Les immigrants récents sont deux fois plus susceptibles d'être pauvres (23 %) que les immigrants précédents (11 %) et que les Américains de naissance (10%). Ces statistiques sur le bien-être économique reflètent les différents modèles de l'emploi. Un quart des immigrants adultes arrivés aux États-Unis en 1980 sont des cadres ou des membres de professions libérales, tout comme les Américains autochtones. Par comparaison, seuls 17% des immigrés en âge de travailler arrivés après 1980 ont des postes de direction ou des professions libérales. Il y a autant de travailleurs indépendants chez les immigrés que chez les Américains de naissance (13%). L'anomalie tient au niveau d'éducation : en 1990, environ un de ces arrivants récents sur quatre possédait un diplôme universitaire contre un sur cinq chez leurs prédécesseurs et dans la population autochtone, selon Martin et Midgley et une autre équipe de chercheurs, Barry Chiswick et Teresa Sullivan, dont l'enquête de 1995 sur les nouveaux immigrants a paru dans State of the Union : America in the 1990s (L'État de l'Union : l'Amérique dans les années 1990, Reynolds Farley éditeur).

Selon le journal Financial Times, 55 % de la main-d'œuvre qualifiée migre aux États-Unis[7]. Ce brain drain s'explique par la politique de l'immigration américaine ; il est encouragé par le système de la carte verte (green card en anglais).

Apports culturels

Religion, langue, alimentation et fêtes sont les bases de l'identité culturelle. Les mosquées se sont élevées auprès des églises et des synagogues pour s'intégrer au paysage urbain des grandes métropoles. Les panneaux d'affichage annonçant les offices du culte en deux langues ou plus n'ont rien d'inhabituel aujourd'hui dans les communautés américaines, où beaucoup d'églises partagent leurs locaux avec les nouvelles congrégations d'immigrés jusqu'à ce que celles-ci puissent se doter de leur propre édifice cultuel. La multitude de langues introduites par les immigrants a imposé des charges supplémentaires à certains systèmes scolaires mais elle a aussi accru les contacts des étudiants avec les littératures et les arts extra-occidentaux, soulevant le débat du multiculturalisme.

Les immigrés ont enrichi les Américains par l'implantation de restaurants et de magasins qui recrutent leur clientèle aussi bien parmi les immigrants que parmi les autochtones. C'est ainsi que la région métropolitaine de Washington abrite des communautés vietnamienne, coréenne et éthiopienne en pleine expansion, dont les spécialités culinaires sont venues agrémenter des menus jadis fades. Le Cinco de Mayo et le nouvel an chinois sont largement célébrés dans tout le pays. La création et la gestion de petites entreprises et l'investissement dans les marchés stagnants de l'immobilier dans les quartiers marginaux sont deux moyens par lesquels les immigrants ont contribué à revitaliser certaines villes des États-Unis. S'agissant de la préférence pour l'assimilation ou le pluralisme, l'opinion des immigrés varie. Dans un monde idéal, ces deux formules pourraient coexister, ce qui permettrait aux nouveaux venus de continuer d'observer les pratiques culturelles qui soutenaient leurs communautés dans leur pays d'origine, tout en participant à la société américaine de manière économiquement productive.

Participation politique

Les immigrés votent moins souvent que les autochtones, parce qu'un grand nombre d'entre eux n'ont pas encore accédé à la citoyenneté par le processus de la naturalisation. Les nouveaux arrivés de 18 ans et plus peuvent acquérir la citoyenneté américaine s'ils sont résidents légaux depuis au moins cinq ans, parlent, lisent et écrivent l'anglais, possèdent une certaine connaissance de l'histoire et du gouvernement des États-Unis, et se conduisent de façon satisfaisante. Le choix de devenir un citoyen des États-Unis constitue l'un des signes d'assimilation les plus clairs qu'un immigrant puisse donner. En 1990, 40% des immigrants ont obtenu la citoyenneté américaine. Selon l'étude de Martin et Midgley, les Italiens et les Allemands ont enregistré les taux les plus élevés de naturalisation (près des trois quarts des immigrants de ces deux groupes) et les immigrants d'Amérique centrale le taux le plus bas (moins de 20%).

Un « taux de naturalisation » de 40% est-il élevé ou bas selon des normes historiques ? En 1920, première année où les femmes ont eu le droit de prétendre à la nationalité américaine, 49% de la population adulte née à l'étranger avaient opté pour la citoyenneté américaine, selon le Bureau du recensement des États-Unis. On peut interpréter ce fléchissement des taux de naturalisation comme un indicateur de la progression du pluralisme. Par ailleurs, la similitude des taux de 1920 et de 1990 est remarquable si l'on considère la diversité accrue de l'immigration récente et l'évolution du climat politique.

La plupart des Américains préfèrent l'assimilation au pluralisme, lorsqu'il s'agit des questions politiques. Dans le sondage de 1994 du Centre national de recherche sur les opinions, les deux tiers des Américains interrogés étaient d'accord avec la déclaration suivante : « Les organisations politiques établies sur la base de l'appartenance à une race ou une ethnie favorisent le séparatisme et rendent difficile la coexistence des divers groupes. » Apparemment, les gens joignent les actes aux paroles. Interrogées sur leur propre identité, la grande majorité (89 %) des personnes interviewées disent se considérer comme « américain tout court » plutôt que comme membre d'un groupe racial ou ethnique donné ou comme un « Américain à trait d'union » (italo-américain ou afro-américain, par exemple).

Les tendances passées et présentes de l'immigration ont produit une population américaine majoritairement blanche et non hispanophone (74%). Toutefois, si l'immigration se poursuit à son rythme actuel, les Blancs ne détiendront plus la majorité que de justesse (52%) d'ici à 2050. Les hispanophones seront le principal groupe minoritaire (22%), les Afro-Américains représenteront 14% de la population totale et les Asiatiques seront passés de 3 à 10%.

Pour la première fois de leur histoire, les Américains qui répondront au recensement de l'an 2000 ont pu s'identifier comme appartenant à « une ou plusieurs races ». Cette décision a fait l'objet de vifs débats parmi les statisticiens, les politiciens et le grand public. Elle signale une évolution en direction de l'assimilation raciale et permet d'envisager la disparition possible, à terme, de distinctions raciales précédemment sources de conflit. Roberto Suro, auteur de Strangers Among Us : How Latino Immigration Is Transforming America (Étrangers parmi nous : comment l'immigration latine transforme les États-Unis), estime que cette terminologie en matière de race est inadéquate en ce que les « Latinos » et les Asiatiques sont maintenus hors d'un monde où les gens sont classés comme étant de l'intérieur ou de l'extérieur selon qu'ils sont blancs ou noirs. En fait, la catégorie « Latino-Américain », ou « hispanophone », regroupe aussi bien les immigrés que les Américains de naissance, occultant ainsi la distinction entre nouveaux arrivants et résidents de longue date. Les débats futurs opposant l'assimilation au pluralisme prendront un tour très différent à mesure que les distinctions de race et d'ethnicité s'estomperont.

À la fin des années 1990, de vastes réformes législatives relatives à la sécurité sociale ont été proposées, votées par le Congrès et promulguées par le président Clinton, limitant les droits des immigrants à certains types d'assistance publique (sur le modèle de la Proposition 187 (en) adoptée par référendum en Californie en 1994). Dans ces conditions, étant donné que les immigrants récents seront vraisemblablement plus pauvres que leurs prédécesseurs, il restera à voir comment les collectivités locales à forte immigration pourront assurer des prestations adéquates à ceux qui en ont besoin.

Réfugiés et droit d'asile

Article connexe : droit d'asile.

Les réfugiés aux États-Unis ont depuis la création de cet État toujours eu des origines très diverses. Leur admission légale a toujours été très liée au positionnement du pays sur la scène politique internationale, ce qui, comme dans beaucoup de pays du monde entre en contradiction avec les principes des Nations Unies et notamment de la Convention de Genève de 1951 qui prévoit la protection de toute personne fuyant des persécutions pour motifs raciste, politique, ethnique ou religieux. L'immigration au titre du droit d'asile représente une portion minime de l'immigration totale. Ainsi, en 1993, les États-Unis ont accordé le statut de réfugié politique à 127 000 personnes, admettant par ailleurs 482 000 personnes au titre du regroupement familial et 147 000 au nom de leur qualification professionnelle [1]. Les États-Unis ont refusé 94% des 60 000 demandes d'asile déposées de l992 jusqu'au milieu de l994 [1], ce qui les place à un taux de refus similaire aux autres pays riches (notamment ceux de l'Union européenne).

La loi sur les réfugiés votée en 1980 prévoyait que le Président établisse le nombre de réfugiés pouvant être accueillis chaque année dans le pays. Cette décision doit être prise avec l'accord du Congrès. Les réfugiés sont ensuite sélectionnés dans les camps du HCR à l'extérieur du pays. Cependant, leur admission dépend étroitement des rapports que Washington entretient avec le gouvernement de leur pays d'origine. En effet, les réfugiés venant de pays socialistes sont accueillis en fonction des attaches qu'ils peuvent déjà avoir à l'intérieur du pays.

Dans le cas de réfugiés venant de pays entretenant de bonnes relations avec les États-Unis, comme le Salvador avant 1990[8] ou Haïti, les demandeurs d'asile sont immédiatement considérés comme des migrants économiques et rares sont les cas d'admission au statut de réfugié. Les gouvernements Bush et Clinton ont expulsé 30 000 Haïtiens du territoire national [1].

Dans les années 1980 et 1990, les réfugiés à qui l'on a refusé l'asile et qui craignaient des persécutions en cas de retour dans leur pays n'ont eu d'autre choix que de se maintenir illégalement aux États-Unis.[9] Chaque événement politique grave du XXe siècle a fait apparaître une vague de réfugiés aux États-Unis, les ressortissants ex-soviétiques en 1990, les Cubains entre 1959 et 1961 puis en 1980, les Somaliens et les Erythréens dans les années 1990 ne sont que quelques exemples.

Avec les attentats du 11 septembre 2001 et la fermeture des frontières américaines, il est devenu extrêmement difficile d'embarquer sans visa pour les États-Unis, ce qui a rendu les demandes d'asile dans les ports et aéroports presque impossibles d'autant plus que les demandeurs d'asile à la frontière sont souvent placés en détention avec des criminels fédéraux dans l'attente du traitement de leur demande.

Ce phénomène a eu pour conséquence de modifier les routes migratoires des réfugiés vers le Mexique ou l'Amérique Centrale, territoires par lesquels ils tentent d'entrer aux États-Unis par le désert, à la frontière sud du pays. Cette route, particulièrement dangereuse, a mené à la mort de nombre d'entre eux et les a poussé à utiliser les services de passeurs et de trafiquants ce qui a conduit une partie de la population étasunienne à les criminaliser.

Immigration clandestine

Le 1er mai 2006, une grande campagne en faveur des sans-papiers (undocumented aliens) a eu lieu à travers tout le pays, dénommée Grand Boycott américain.

En 1989, la municipalité de San Francisco (Californie) a voté une ordonnance dite « sanctuaire » qui implique la non-coopération avec les autorités de contrôle de l'immigration[10]. En 2007, San Francisco à décidé d'octroyer des papiers d'identité à toute personne pouvant prouver un lieu de résidence, y compris aux immigrés clandestins[10]. Au printemps 2008, la ville a lancé une campagne d'information pour les immigrés clandestins, diffusée sur des brochures et à la radio en plusieurs langues, afin de leur faire savoir qu'ils ne seront pas dénoncés par les services municipaux (hôpitaux, écoles, police) aux services fédéraux de l'immigration[10].

De 1942 à 1965

Le Bracero Program, mis en place en 1942, fut la première et plus grande mesure de politique publique afin d'organiser la venue massive de main d'œuvre agricole en accord avec le gouvernement mexicain. Au sein de ce programme, l'événement qui restera dans l'opinion publique et dans celle d'une partie des législateurs est l'Opération Wetback qui organisa en 1954 la déportation manu militari[11] de dizaines de milliers de mexicains ne pouvant remplir les critères prévus par le programme et venus migrer illégalement aux États-Unis.

En 1952 est votée la loi Mc Carren Walter qui maintient la sélection par rapport à l'origine nationale pour, selon son texte, "conserver au mieux l'équilibre culturel et social du pays". Aussi, le début de la guerre froide est marqué par l'expulsion et le refus d'accueillir de nombreux étrangers pour leur convictions politiques, notamment s'ils sont soupçonnés par les autorités d'être "communistes".

Le tournant de la loi Johnson Kennedy de 1965

Si 1965 constitue un tournant, y compris pour l'opinion publique étasunienne, c'est car cette date est celle de la fin de la politique des quotas d'immigration. Il est établi un plafond numérique mis en place par Lyndon Johnson, ce plafond constitue selon lui "la consécration du critère du mérite et la fin de la discrimination selon le pays d'origine" [réf. nécessaire]. Aucun pays ne peut faire admettre plus de 20 000 ressortissants par an, les ressortissants sont admis selon sept catégories de visa encore en vigueur en 1990. Il convient aussi de remettre ce tournant vis-à-vis de l'immigration dans le cadre d'un tournant majeur aux États-Unis, celui du mouvement pour les droits civiques. Il existe en effet dans la société américaine une volonté d'appliquer les Civil Rights à tous les domaines des politiques publiques, y compris à l'immigration. Ce comportement constitue aussi une rupture avec la situation de l'après guerre, dans laquelle l'attention se portait d'avantage vers les réfugiés et les personnes déplacées en Europe en ce qui concerne la politique étrangère.

Pour le président Lyndon Johnson, au moment où il signe la loi d'abolition des quotas en bas de la statue de la Liberté en 1965, « l'Amérique [les États Unis] redevient terre d'asile ». Cependant, il dit lui-même que la nouvelle loi ne changera pas la société de fond en comble et qu'il faudra « filtrer » les nouveaux arrivants suivant leurs liens avec le pays d'accueil même s'il était une « erreur » dans l'histoire des États Unis d'avoir aboli des quotas « raciaux ». Pour lui, il en est terminé autant de l'injustice que de l'immigration illimitée des premiers temps de la construction son pays. Mais pour comprendre cet événement il faut le replacer dans son contexte. En effet, la loi Mc Carran Walter en 1952 avait changé les quotas « raciaux » en quotas selon l'origine nationale afin de « préserver l'identité et la culture » des États Unis. John F. Kennedy, après son élection et en partie en raison de sa propre expérience d'enfant issu de l'immigration et de catholique aux États-Unis, avait ouvert la voie à la loi de 1965. Cependant, son assassinat en 1963 le remplace par Johnson qui en tant que sénateur ne s'était que très peu exprimé sur le sujet de l'immigration [réf. nécessaire]. À son élection en 1964, l'immigration n'avait pas été un thème majeur dans sa campagne mais plusieurs éléments vont ouvrir la loi à la nouvelle loi et à la postérité respectée de la volonté de Kennedy :

  • Durant la campagne, les deux candidats ont essayé d'attirer le vote des citoyens issus de l'immigration.
  • Le contexte du mouvement pour les droits civiques donne la volonté aux démocrates de mettre fin à la discrimination sur tous les plans, y compris l'immigration.
  • La large majorité démocrate au Sénat et à la Chambre permet que la loi passe sans provoquer une défaite dès les élections passées.
  • L'économie se porte bien, il n'existe presque pas de tension au niveau de l'emploi, ce qui allège la pression de la part des syndicats d'autant plus que seulement la moitié des 50 000 à 70 000 migrants prévus sont supposés devenir des travailleurs. (Le syndicat principal, l'AFL-CIO n'émettra que de faibles réserves et soutiendra in fine le vote de la loi)

Le soutien est presque unanime d'autant plus que certaines organisations conservatrices conçoivent cette loi comme un bien car elle prévoit de privilégier les membres de familles de citoyens étasuniens. L'idée est assez répandue que l'origine des étasuniens ne sera pas diversifiée et que les proportions seront gardée entre les différents groupes ethniques en raison de la préférence que la loi accorde aux liens de parenté avec des citoyens étasuniens. Cette loi plaît bien sur aux organisations humanistes de la société civile ainsi qu'aux VOLAGs, les organisations chargées de l'accueil et de l'insertion des réfugiés dans la société étasunienne. L'abandon du système de séparation pour la sélection appelé « triangle Asie Pacifique » et du système de l'origine nationale passe dans l'opinion publique comme allant dans le même sens que les Civil Rights. Un élément étonnant cependant, seules quelques organisations de migrants asiatiques et notamment l'organisation des « japonais américains » ont critiqué le fait que les proportions ethniques dans la société étasuniennes allaient rester les mêmes. Ces organisations et les immigrés qu'elles représentent se sentaient lésés affirmant que si en raison du « triangle Asie Pacifique » la population asiatique avait été faible dans le passé, elle continuerait à être faible dans le futur. L'histoire leur donnera satisfaction comme on le verra par la suite.

Les conséquences de la loi de 1965

La loi de 1965 prévoit donc de faire passer le mérite devant l'origine nationale sur le principe du premier arrivé-premier servi avec un plafond global. Au delà des détails numériques de la loi, il est important de retenir que des préférences sont accordées en fonction du degré de parenté (père, mère, époux, enfant, frère ou sœur...) avec un citoyen étasunien. Au bout de quelques années, 90 000 personnes arrivent par an aux États-Unis dans le cadre de cette nouvelle loi, 125 000 en 1978 puis 138 000 en 1979. Cela dépasse largement le nombre de personnes prévues et la loi est ensuite baptisée de façon populaire la loi « frères et sœurs » (« Brothers and Sisters Act »). En effet, une fois un premier regroupement familial effectué par une personne présente sur le sol des États Unis, les époux des membres de cette famille font à leur tour venir leurs frères et leurs sœurs et une nouvelle famille s'installe aux États-Unis. C'est donc une sorte d'effet « boule de neige » qui est décrit et qui ne cesse de faire augmenter chaque année les personnes admises grâce aux visas délivrés dans le nouveau cadre. Prenant conscience de cette situation et du mécontentement d'une certaine partie de l'électorat blanc anglo-saxon (dont l'opinion est aussi mue, comme on le verra plus loin, par la sensation de la présence d'un grand nombre d'immigrés sans papiers sur le sol des États Unis) l'administration réagit afin de préserver une préférence nationale pour certains emplois dont les immigrés sont perçus comme en prenant le plus de postes. Par exemple, c'est la fin en 1979 de la préférence pour les médecins lors des demandes de visa, malgré le fait que dans les grandes villes, les médecins manquent encore dans les années 1980. On leur permettra alors de prolonger leur visa.

Outre le très fort dépassement numérique de ce qui était prévu par la loi de 1965, il est à retenir que parmi les personnes qui en bénéficient se distinguent plusieurs groupes :

  • L'immigration européenne, contrairement aux prévisions est minoritaire, elle concerne 113 000 personnes en 1965 et 65 000 dix ans plus tard. Cela n'est pas seulement dû à la nouvelle sélection pour les visas étasuniens mais aussi au fait que l'Europe traverse une période meilleure en ce qui concerne l'économie.
  • Les Asiatiques constituent le groupe à la croissance la plus rapide notamment grâce au regroupement familial mais aussi car sa population est plus jeune.
  • Le groupe le plus nombreux est celui des Latino américains, ils sont vingt millions à la fin de la période dont 12,5 millions de Mexicains.
  • Recoupant parfois les deux groupes précédents et celui qui touche le plus l'opinion publique de la classe moyenne notamment dans les banlieues pavillonnaires des grandes villes et parfois celle des travailleurs étasuniens les plus pauvres c'est le groupe des sans papiers. Il représente entre 1,5 et 3 millions de personnes en 1990 dont plus des deux tiers concentrée en Californie, à New York et dans l'État du Texas. Sa tolérance par la population est variable, en effet, si beaucoup d'actes racistes sont enregistrés au Texas contre les Mexicains, beaucoup d'Irlandais ont pu outrepasser l'échéance de leur visa sans subir de problèmes d'intégration dans leur communauté d'arrivée.

Deux catégories de migrants continuent de subir une situation très difficile malgré le vote de la loi de 1965 : les réfugiés et les migrants irréguliers. En 1962, le Refugee Assistant Act consacre une position politique des États Unis vis à vis de l'asile car ils n'ont pas signé la Convention de Genève. Tout d'abord, cette loi a pour but d'accueillir la première vague de réfugiés cubains. Pour les autres nationalités, la politique est d'abord de venir en aide aux réfugiés dans les camps situés hors du territoire étasunien et d'en sélectionner une partie. Cette aide et cette sélection se fait au cop par coup selon la situation politique. Les réfugiés admis se voient remettre un titre de séjour pour une période conditionnelle de deux ans pendant laquelle le gouvernement peut revoir leur statut. Une fois passée cette période, leur statut s'aligne sur celui des autres migrants. En 1978, le but est annoncé de construire un service avec des plus compétents pour le traitement des demandes d'asile ainsi que d'instaurer la possibilité de faire appel. Le budget de la VOLAG (fédération des agences chargées du traitement des demandes d'asile) est alors augmenté, il s'agit alors de plusieurs centaines de milliers de dollars par an. Le traitement des demandes d'asile devient donc – dans une moindre mesure que celui de l'immigration clandestine comme on le verra plus bas – un problème politique. Pour ce qui est du nombre de réfugiés acceptés, il est fixé par le président et soumis à l'approbation du Congrès, celui ci dépend énormément de la conjoncture internationale.

Toutes ces mesures présentent bien sûr des difficultés propre à toute détermination du statut de réfugié : évaluation objective de la crédibilité du récit d'asile, délais de réponse, etc. La définition juridique du réfugié elle aussi pose problème car elle ne concerne que les personnes qui fuient des pays « communistes ». Ainsi sont accueillis Cubains, Vietnamiens ou Hongrois après examen de leur demande (et ce plus facilement s'ils ont des liens aux États-Unis, cependant les Salvadoriens, les Chiliens après le coup d'État de 1973 organisé par la CIA, ou encore les Haïtiens sont directement considérés comme des migrants économiques car ils proviennent de pays dont le gouvernement (qu'il soit démocratique ou non) est soutenu par Washington. L'exemple le plus flagrant est le dépôt au début des années 1980 de 10 000 demandes d'asile par des Centraméricains suite aux multiples guerres civiles dans leurs pays. Seulement une dizaine furent acceptées.

En ce qui concerne les migrants sans papiers, il faut différencier ceux qui rentrent sur le territoire américain sans visa et ceux qui dépassent la date d'échéance de leur titre. Cela concernait déjà plusieurs millions en 1970, et pourrait concerner plus de 13 millions aujourd'hui. Leur entrée dans les années 1970 se fait principalement par la frontière mexicaine et malgré tous les efforts de l'Immigration and Natualization Service (INS) et l'informatisation de l'enregistrement des passages en 1980, l'immigration clandestine continue. En effet, les politiques répressives n'ont fait qu'augmenter la demande de passeurs, un métier qui se professionnalise et qui rapporte de plus en plus à la frontière mexicaine.

D'autre part, les raids de la police se multiplient pour déporter les sans papiers. Ces raids visent particulièrement les populations d'origine latnioaméricaine à la fin des années 1970 et surtout années 1980. En conséquence, les communautés s'organisent et crient à la discrimination. Les syndicats se trouvent dans une position difficile et ambiguë. En effet, les United Farm Workers (UFW) alors guidés par Cesar Chavez se positionnent d'abord contre les briseurs de grève qui attaquent directement leurs stratégie d'obtenir de nouveaux droits puis décident ensuite d'unifier à la fois les migrants légaux et les migrants sans papiers. Par ailleurs, il est très difficile de traiter de façon générale une population aussi diverse. Pour la période concernée, elle serait constituées d'étudiants israéliens ou iraniens ayant dépassé la date de leur visa ou des travailleurs pauvres venus de Chine par le Mexique trouver des emplois difficiles et mal payés à Los Angeles. Les migrants sans papiers se retrouvent souvent dans les grandes villes, recoupant les communautés de migrants légaux de par l'utilisation de leurs réseaux. En 1975, la Chambre du Texas décide que les sans papiers n'ont pas le droit à l'éducation. Si cette décision est cassée par la Cour Suprême en 1982 (5 voix contre 4), elle consacre le fait que l'immigration irrégulière a été érigée en problème politique. Le républicain Peter W. Rodino, président de la commission des affaires judiciaires à la chambre des représentants, témoigne devant la sous commission chargée d'examiner le projet de loi contre l'immigration. Il expose dans son discours que répression et amnistie ne sont pas contradictoires mais deux volets complémentaires de la politique à partir du moment où elles ne d'adresse pas aux mêmes personnes. Il répond à la fois aux communautés issues de l'immigration et aux restrictionnistes en disant qu'il est nécessaire de réprimer les employeurs de travailleurs sans papiers tout en protégeant ces derniers juridiquement pour éviter qu'il y aie de la discrimination spécialement contre ceux qui “ont l'air étrangers”. Pour lui, la répression des employeurs doit s'accompagner d'une vague de régularisations et d'avantage de contrôles aux frontières. C'est le tour qui est pris par la loi IRCA de 1986, avec des résultats mitigés.

L'Immigration Reform and Control Act (IRCA) de 1986 et ses conséquences

En 1986, l'Immigration and Reform Control Act (IRCA) satisfait le débat public qui fait l'emphase sur l'immigration illégale. L'immigration devient alors un problème de régulation et non plus d'attraction ou de repoussement comme auparavant. Il s'agit en effet pour les gouvernants de gérer une population qui se trouve déjà sur son territoire et que l'on ne peut plus sélectionner à l'entrée. Les principales lignes de l'IRCA prévoient :

Des sanctions civiles et pénales aux employeurs de travailleurs illégaux ainsi que pour les passeurs Amnistie les sans papiers (undocumented) installés durablement depuis avant le premier janvier 1982 L'autorisation de la venue annuelle d'une maint d'œuvre saisonnière destinée à s'intégrer.

Cette loi trouve rapidement trois opposants : les producteurs agricoles du sud ouest voulant garder une main d'œuvre docile et bon marché, la population « hispanique » craignant encore d'avantage de discrimination à l'embauche par peur des sanctions et les défenseurs des libertés individuelles accusant la création de cartes d'identité[12]. L'IRCA est cependant votée et est appliquée avec une rigueur partielle aux employeurs agricoles du sud ouest en raison de la puissance de leur lobby. En 1990, une nouvelle loi sur la primauté des des capacités dans la sélection des candidats aux visas est votée. Cette loi concernera 700 000 personnes les trois premières années et 675 000 par la suite. Elle passe largement à la chambre qui cette fois ci est en majorité républicaine.

Le Secrétaire d'État à la Justice acquiert pour sa part le pouvoir d'égaliser le nombre de visas donnés aux ressortissants des pays qui en ont reçu peu par l'organisation de loteries. Celles ci feront « gagner » un visa à 650 000 personnes par an environ entre 1991 et 1994. Le tournant opéré entre la loi de 1965, se voyant comme une régulation plus souple, et l'IRCA peut aussi s'expliquer par un revirement de l'opinion publique notamment anglo-saxonne. En effet, M.V. Hoods et Irwin L. Morris[13] conçoivent que la tolérance à des mesures souples en matière de migration va de pair avec la résidence légale des étrangers sur le territoire étasunien. En revanche, la présence de nombreuses personnes sans papiers donne l'impression, en raison de leur statut juridique extra légal, que le pays se voit confronté à une vague d'étrangers peu respectueux des lois et peu assimilables. Ainsi on peut expliquer l'émergence de l'immigration clandestine comme un problème dans le débat public par le biais en partie de l'opinion publique blanche anglo- saxonne et l'IRCA comme une loi visant à satisfaire un électorat des classes moyennes des banlieues pavillonnaires dont le mécontentement grandit avec le nombre de sans papiers.

A partir de la fin des années 1980, l'attitude de l'administration par rapport au réfugiés évolue lentement par rapport au contexte de la Guerre Froide. Par exemple, la loi du premier octobre 1990, signée par Bush père accorde enfin une “protection provisoire »[14] aux Salvadoriens qui avaient jusqu'alors été considérés comme des migrants économiques en raison du soutien de Washington à San Salvador et aux troupes régulières dans la guerre civile opposant les Sandinistes au gouvernement. La nouvelle loi fixe aussi des objectifs pour le traitement des demandes d'asile, on vise à recruter et à former des agents plus compétents et à traiter les demandes en soixante jours. Il est aussi officiellement mis fin aux refus d'entrée, de visas et d'asile pour motifs idéologiques (notamment les anarchistes et les communistes), sanitaires (malades du VIH/SIDA) ou d'orientation sexuelle. On crée des articles de loi spécifiques pour les femmes battues ayant acquis leur permis de résidence par le mariage, pour les demandeuses d'asile victimes de mutilations sexuelles et on accorde en 1995 quatre cent millions de dollars de budget à l'Office of Refugee Resettlement. Cependant, des discriminations perdurent notamment à l'encontre des Caribbéens, le mythe d'une « marée d'Haïtiens » arrivant suite à la délivrance de permis pour quelques uns d'entre eux perdure dans les esprits de la population et aussi dans ceux de l'administration Clinton. En comparaison aux Haïtiens, les Cubains ont toujours bénéficié d'un régime de faveur, en raison du contexte international de guerre froide. Cependant, avec la chute du Rideau de Fer et le mandant de Bill Clinton, la reconnaissance primo facie des Cubains prend fin en 1995 et s'accompagne du principe « pieds mouillés / pieds secs ». Ce principe établi que tout Cubain pris par les gardes côtes en mer sera refoulé tandis qu'un Cubain présent sur le sol étasunien ne sera pas renvoyé à Cuba.

La genèse des politiques de contrôle de la frontière entre les États Unis et le Mexique

Le mandant de Bill Clinton, l'ALENA et les mesures contre l'immigration des pays latino américains

Les mesures restrictives de l'administration Clinton notamment vis à vis de l'immigration latino-américaine ont diverses origines. En effet, le souvenir est vivace pour le Président d'avoir accepté les Marielitos en 1981 et que cela lui ai coûté une élection par la suite, ce qui explique son comportement réservé vis à vis des réfugiés Cubains comme on l'a vu plus haut. En ce qui concerne les autres flux de migrants latino-américains, les regards se tournent vers la frontière avec le Mexique symbolisant par excellence leur entrée clandestine aux États-Unis. Dans le milieu des années 1990, les opérations Hold the line à El Paso et Gatekeeper à San Diego consacrent le début d'une politique sécuritaire à la frontière sud ainsi que la fin d'une tolérance d'allées et venues en vigueur depuis la délimitation de cette frontière (la Border Patrol avait été créée en 1924, avec seulement deux agents pour contrôler plusieurs milliers de kilomètres de frontières). Les conséquences de ce type de politique, bloquant l'accès aux migrants dans des lieux propices au passage, repousse les routes migratoires vers des lieux bien plus dangereux comme la continuité du désert de Sonora dans les États de l'Arizona et du Nouveau Mexique ainsi que dans l'arrière pays désertique de la Californie. Le nombre de morts à la frontière sud des États-Unis (la tortilla border) augmente rapidement d'année en année et la militarisation de cette frontière devient un sujet d'opposition pour les organisations de défense des migrants et de défense des Droits de l'Homme. Ces politiques ont aussi un coût financier énorme, il faut acheter des terrains ou procéder à des expropriations pour construire le « mur de protection », recruter de nombreux agents et faire appel à des technologies de pointe (caméras à vision nocturne, détecteurs de mouvements etc.).

Du point de vue économique, il faut mettre cela en parallèle avec l'entrée en vigueur de l'Accord de Libre Échange Nord Américain (ALENA) en 1994 qui permet la mise en place du système des maquiladoras. Ce système permet la délocalisation des usines notamment du sud des États Unis vers le côté mexicain de la frontière. Ainsi, des travailleurs pour la plupart Mexicains sont recrutés chez le voisin du sud pour travailler dans des conditions déplorables au mépris du très peu respecté code du travail mexicain. Ce système, plus rentable pour les chefs d'entreprises américaines, allège la pression de demande de main d'œuvre sur le président. Cependant, l'effet de la mise en place de ce système est difficile à évaluer sur l'immigration clandestine vers les États Unis. En effet, ce système a provoqué la migration de nombreux travailleurs pauvres (notamment des travailleurs agricoles ayant perdu leur travail suite à l'invasion du marché mexicain par les produits agricoles américains) vers les villes industrielles du nord du Mexique comme Tijuana ou Ciudad Juarez. La très forte insécurité dans ces villes ainsi que l'instabilité du marché du travail et la proximité avec les États Unis incitent ces travailleurs à partir, légalement ou non, plus au nord.

Lois "antiterroristes" et déportation des migrants sans papiers (années 1990)

L'échec de l'opération militaire (« Restore Hope ») visant à régler le conflit en Somalie, explique en partie le vote des loi de 1996 [réf. nécessaire], l'Antiterrorism and Effective Death Penalty Act et l'Illegal Immigration and Migrant's Responsibility Act [réf. nécessaire]. Les années 1990 sont aussi marqués par des actes de terrorisme [réf. nécessaire], notamment, en 1998, contre des ambassades étasuniennes en Afrique de l'est.

Présentées comme des mesures dissuasives contre le terrorisme, ces lois permettent l'expulsion et la perte de tout statut légal aux États-Unis pour des personnes ayant commis de petits délits et soupçonnés de « terrorisme ». Certains renvois furent exécutés au mépris de droits fondamentaux comme celui de l'unité de famille. Cette loi et son application ont été dénoncées par la Fédération internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH) comme contraire à la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (CIDE) ainsi qu'au droit à un procès équitable (l'une des dispositions de la loi prévoit la "déportation sommaire" de tout migrant sans documents intercepté par le service des douanes sans que son cas ne puisse être examiné par un juge)[15]. En effet, de nombreuses personnes ayant des enfants ou des époux de nationalité étasunienne furent déportés [réf. nécessaire]. On se souvient aussi de l'expulsion, tristement célèbre, de nombreux Somaliens [réf. nécessaire]. Il s'agissait de personnes ayant perdu tout contact avec ce pays et qui y furent renvoyés alors que la Somalie se trouvait en pleine guerre civile et dépourvue de toute représentation diplomatique aux États-Unis.

Les mesures de répression contre les migrants sans papiers (undocumented aliens) prirent aussi forme sur le plan des États fédérés. La mesure la plus connue qui a suscité le plus de débats est la proposition 187, rédigée en 1994, qui prévoyait de priver de service publics les personnes sans statut légal. Selon George Borjas [réf. nécessaire], l'absurdité de cette mesure était profonde car elle visait à faire retourner dans leur pays de nationalité les migrants sans statut légal aux États-Unis en privant leurs enfants d'éducation ou en les privant de soins. Or, la plupart des enfants de migrants sans statut légal ont la nationalité étasunienne et la privation de soins est sans influence sur des facteurs plus profonds qui provoquent la migration comme notamment la situation dans le pays de départ. Ce type de mesure, selon Borjas [réf. nécessaire], aurait alors poussé les personnes touchées à entrer dans la clandestinité et aurait porté atteinte à leur intégrité sans provoquer leur sortie du territoire étasunien. On peut penser, comme Stephen Castles [réf. nécessaire], que comme dans beaucoup de politiques touchant à l'immigration l'objectif de cette mesure n'était peut être pas l'objectif annoncé mais visait en fait à simplement réduire les coûts en matière de droit à l'éducation et à la santé pour les migrants jugés trop importants par une importante partie de l'électorat de la classe moyenne californienne. Une question intéressante, qu'il revient aux économistes de trancher, serait de savoir si ce coût toujours aussi important lorsque l'on prend en compte la faiblesse des prix des produits agricoles californiens rendue possible grâce à l'emploi de travailleurs sans papiers.

XXIe siècle

Arrestations massives, expulsions et externalisation des frontières après le 11 septembre 2001

Les commentateurs politiques et historiens spécialistes des États-Unis s'accordent à dire [réf. nécessaire] que le président George W. Bush préparait un programme de régularisation et un assouplissement des modalités migratoires pour les Mexicains au début de son mandat. Issu d'une famille traditionnelle texane, et malgré le racisme qui peut exister dans la société de cet État, G. W. Bush a toujours aimé la culture mexicaine et s'est souvent senti proche du « voisin du sud ». Cependant, les évènements du 11 septembre 2001 et la frénésie sécuritaire qui s'empare par la suite des conseillers de la Maison Blanche instaurent le début d'une politique strictement sécuritaire aux frontières qui ne permet pas la mise en place des accords prévus ou du moins préparés avec le Mexique. Le Patriot Act, signé par George Bush le 26 octobre 2001, sonne un retour partiel à la loi Mc Carren Walter de 1952. Il donne en effet au Procureur général des États-Unis le droit de renvoyer une « personne » (il convient d'insister ici sur le fait que la loi préfère ce terme à celui de « citoyen ») si elle se trouve qu'elle est terroriste ou s'il la soupçonne de terrorisme.

Immédiatement après les attentats du 11 septembre, le gouvernement lança un vaste programme d'arrestation dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » (en:Detentions following the September 11 attacks). Celui-ci culmina, fin novembre 2001, en la détention incommunicado (sans droit de communiquer avec l'extérieur, les proches des personnes arrêtées n'ayant aucune nouvelle concernant leur disparition) de plus 1 200 personnes, pour la plupart des étrangers, arabes ou provenant de pays musulmans. Les associations de défense des droits de l'homme parlèrent de profiling ethnique. Le 25 janvier 2002, le Département de la Justice émit un mémorandum, connu sous le nom d'Absconder Apprehension Initiative, qui demandait l'arrestation et l'expulsion des personnes faisant l'objet de mesures d'expulsion, auxquelles elles s'opposaient. L'Immigration and Naturalization Service transmis une liste de noms aux forces de police, mettant l'accent en particulier sur les immigrés en situation irrégulière provenant de pays arabes ou/et musulmans (bien que la plupart des immigrés en situation irrégulière faisant l'objet de mesures d'expulsion provenaient d'Amérique latine). Le Département de la Justice annonça alors qu'il mettait les noms de 314 000 immigrés en situation irrégulière sur les bases de données criminelles du FBI, visant en particulier 6 000 personnes venant de pays arabes ou/et musulmans [16][17]. Nombreuses personnes arrêtées et expulsées l'ont été en-dehors du cadre légal (ainsi, ces réfugiés syriens, détenus pendant neuf mois dans le cadre de l'Absconder Appréhension Initiative, forçant leur enfant, citoyen américain, à vivre seul, tandis qu'on leur refuse le droit de prouver le fait qu'ils aient été soumis à des actes de torture en Syrie [18]).

Nous nous trouvons donc dans une logique qui, à l'instar des politiques européennes ayant donné lieu à la mise en place de dispositifs comme Frontex ou Eurodac instaurent une suspicion permanente à l'égard des migrants comme étant des fraudeurs ou des criminels. Le 11 septembre 2001 marque aussi l'accélération de la mise en place des « frontières intelligentes » : prise des empreintes digitales et de photos à l'entrée sur le territoire, exigence de visas ou du passeport biométriques, questionnaires et entretiens supplémentaires à la demande de visas, détention encore plus systématique des migrants lors des refus d'entrée, restrictions des possibilités d'appel contre les décisions administratives, quasi impossibilité d'embarquer dans des avions à destination des États-Unis sans présentation du visa à la compagnie aérienne, etc.

En 2003, le passage de l'Immigration and Customs Enforcement du Département de la justice à celui de la sécurité intérieure consacre une vision strictement sécuritaire de l'immigration par l'administration Bush. Le Département à la sécurité intérieure lança le programme Operation Liberty Shield, une politique, fondée sur des critères de nationalité, qui encadrait les règles de détention concernant les demandeurs de droit d'asile provenant de pays arabes ou musulmans, en isolant en particulier une trentaine d'États. Ce programme souleva l'opposition des associations des droits de l'homme, l'accusant de racisme [19].

En 2005, une loi qui introduisait un « délit d'aide à l'entrée et au séjour irrégulier » mais avec des dispositions qui étaient susceptibles de toucher les ONG qui venaient en aide aux migrants est proposé, mais il sera bloqué par les Sénateurs. Beaucoup de projets du même type sont mis en place par l'administration Bush vers la fin du second mandat du président mais ils seront bloqués soit par la Chambre fédérale soit par le Congrès. La construction du mur à la frontière sud et le renforcement de la présence policière ainsi que l'envoi de la Garde Nationale autour de cette dernière auront coûté 30 000 millions de dollars. En 2008, le Department of Homeland Security Appropriations Act vise à terminer les acquisitions de terrains nécessaires et à y renforcer les patrouilles. Ces politiques coûteuses n'ont pourtant pas pour autant montré des résultats convaincants. De plus et 2007, le personnel de la Border Patrol est passé de 9078 à 14923 agents tandis que le nombre de migrants arrêtés à la frontière sud est passé de 1 676 000 à 876 000 et le nombre de personnes sans statut légal aux États-Unis est resté au dessus des 11,5 millions. Parallèlement, entre 1995 et 2005, le nombre de morts à la frontière a triplé1. Ces politiques donnent aussi lieu à des mesures au niveau local, notamment en Californie où par exemple le maire républicain de San Diego avait fait de l'objectif d'avoir une « frontière sûre » l'un des axes principaux de sa campagne.

Un parallèle peut être fait entre les politiques migratoires européenne et étasunienne dans les années 2000, c'est l'instauration de politiques d'externalisation des frontières vers les pays de transit. En effet, les « frontières intelligentes » ne permettant plus d'entrer sans documents par les ports et les aéroports, les routes migratoires se déplacent vers le territoire du Mexique et ceux permettant l'accès à ce dernier : les pays d'Amérique centrale. Il est donc fait pression sur le Mexique pour qu'il restreigne l'accès à son territoire, tant dans les ports et aéroports qu'à sa frontière sud. C'est en partie chose faite lorsque ce pays accepte d'appliquer le principe « pieds mouillés / pieds secs » aux Cubains arrivant sur son sol et met en place les plans Seillamiento et Frontera Segura visant à renforcer la présence policière et militaire à la frontière avec le Guatemala grâce à des fonds, du matériel et des techniques directement importées des États Unis. La conséquence de ces plans sera comme ceux mis en place à San Diego et El Paso par l'administration Clinton de faire augmenter le nombre de morts de migrants à la frontière entre le Mexique et le Guatemala2. Il faut mettre ces politiques en relation avec le fait que le Mexique, l'Amérique Centrale et les Caraïbes représentent un tiers des migrants depuis 1960 et les deux cinquième depuis 1990 (statistiques du Departement of Immigration, 2004). En additionnant la population des trois “régions”, cela équivaut à 6% de leur population et à plus de 10% pour le Mexique. Les politiques bilatérales avec ces pays ont donc une grande influence sur immigration en général.

L'immigration sous la présidence Obama

Article détaillé : Présidence de Barack Obama.

Perspectives d'avenir pour la politique migratoire des États Unis

De façon générale, il est possible de conclure que les politiques migratoires aux États-Unis depuis 1965 ont rarement atteint leurs objectifs ou ont eu des résultats mitigés. En reprenant les théories de Stephen Castles[20], nous pouvons expliquer cela par plusieurs constantes :

  • L'incapacité à analyser et à prévoir les conséquences à long terme de la migration : le migrant n'est pas un individu rationnel qui choisit le départ quand les politiques se durcissent, le processus migratoire s'inscrit dans le temps long (départ, mariage, éducation des enfants...) alors que les mandats électoraux ne durent que quelques années.
  • L'incapacité à trouver un consensus dans le gouvernement et dans les autres acteurs majeurs des politiques migratoires, par exemple lors du vote de l'Immigration Reform and Control Act of 1986 : le discours de l'administration était de sanctionner les employeurs [21] ce qui n'a jamais été mis en place en raison du trop important lobby des producteurs agricoles du sud ouest de ce pays..
  • L'inadéquation entre les objectifs et les outils des politiques publiques qui ne prennent pas le phénomène migratoire dans une dimension intégrale : la militarisation de la frontière avec le Mexique qui renforce les réseaux illégaux et ne réduit pas le flux de migrant principalement mû par la dépendance des pays de départ vis à vis des remises en est l'exemple flagrant.

Il est aussi possible de nous interroger sur l'avenir des politiques migratoires notamment durant le mandat de Barack Obama élu en 2009 qui a su drainer les voix à la fois des démocrates traditionnels et des citoyens américains issus de l'immigration notamment hispanique. Barack Obama a repris dans sa campagne la possibilité d'une régularisation des sans papiers comme George W. Bush l'avait proposé dans son projet de Comprehensive Immigration Reform Act of 2007 [22]. Mc Cain avait pour sa part considéré que ce type d'amnistie était « trop facile » et qu'il valait mieux donner priorité à une sanction des employeurs de sans papiers afin de réduire le flux de migrants économiques.

Notes et références

  1. a , b , c , d , e , f  et g Randy Willoughby, « Immigration, race et sécurité à la frontière mexicano-californienne », Cultures & Conflits, 26-27, 2001, mis en ligne le 15 mars 2006.
  2. Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319), p.478
  3. Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319), p.479
  4. Voir à ce sujet le rapport de la FIDH téléchargeable sur : http://www.fidh.org/spip.php?article5334
  5. Manuel Angel Castillo, « Le Mexique, un territoire d'immigration et de transmigration », in Migrations Société volume 17 n° 102
  6. Julia Alarcón Ortega, « La migración de los ecuadorianos indocumentados a traves del Salvador como país de tránsito », in Migrantes, Problemas y Ayudas, ed. Javier Ponce Leiva, El Conejo, Quito, 2005. pp. 159-192
  7. « UNION EUROPÉENNE • 20 millions d'immigrés demandés », cité dans Courrier international du 13-09-2007, [lire en ligne]
  8. Les réfugiés étaient principalement des civils ou des membres du FMLN fuyant les nombreuses violations de droits de l'homme commises par l'armée salvadorienne soutenue par les États Unis. En 1990, une loi a permis aux ressortissants salvadoriens présents sur le sol national avant le 19 septembre 1990 de recevoir un permis de séjour de dix huit mois, période après laquelle il revenait au procureur général de déterminer s'ils pouvaient ou non continuer à séjourner dans le pays.
  9. Sophie Body-Gendrot, Les États-Unis et leurs immigrants, des modes d'insertion variés, Les études de la documentation française, Nancy, 1992
  10. a , b  et c Jesse McKinley, « San Francisco tend la main à ses immigrés clandestins » dans The New York Times, traduit en français dans Courrier international du 07-04-2008, [lire en ligne]
  11. Sophie Body-Gendrot, Les États Unis et leurs immigrants, Les Études de la documentation française, Paris, 1991
  12. La carte d'identité n'existe pas aux États-Unis, c'est le permis de conduire qui fait office de justificatif et l'instauration de la détention obligatoire d'une carte d'identité est perçue par une grande partie de l'opinion publique comme une atteinte grave aux libertés fondamentales.
  13. M. V. Hood III et Irwin L. Morris, “Give us your tired, your poor, ... but make sure they have a green card. The Effects of Documented and Undocumented Migrant Context on Anglo Opinion Toward Immigration”, Political Behaviour, vol. 20, n°1, 1998
  14. Il leur est délivré un permis de séjour de 18 mois et c'est ensuite à l'Attorney General de juger s'ils ont des raisons légitimes ou non de rester aux États-Unis.
  15. Rapport n°488/3 publié en Mars 2008 par la FIDH
  16. Rob Rhandava, Analysis: The “Absconder Apprehension Initiative, Civil rights.org, 8 février 2002.
  17. Dan Eggen, "Deportee Sweep Will Start With Mideast Focus", Washington Post, 8 février 2002 (page A01)
  18. ACLU, Alien Absconder Initiative (6/9/2003), 9 juin 2003
  19. Charlotte Maitre Asylum Today, Tougher Policies, Tumbling Numbers, Intolerance in Between, UN Chronicles, 2007
  20. Stephen Castles, « The factors that make and unmake migration policies », International Migration Review, 2004, Vol.38, No.3, p.852-885
  21. (en) Texte de l'Immigration Reform and Control Act of 1986
  22. (en) Texte du projet de Comprehensive Immigration Reform Act of 2007

Voir aussi

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