Alexandre de Lameth
Alexandre de Lameth.

Alexandre Théodore Victor, comte de Lameth (28 octobre 1760 à Paris - 18 mars 1829 à Paris) est un général et homme politique français, frère de Charles Malo de Lameth et de Théodore de Lameth.

Sommaire

Avant la Révolution

Jeune noble, il entre en 1777 dans le corps des gardes du corps du roi. Sous-lieutenant au Royal-Champagne le 30 juillet 1778, capitaine au Royal-Cavalerie le 6 novembre 1779, aide maréchal général des logis en 1782, il participe à la Guerre d'indépendance des États-Unis où il sert comme colonel dans l'armée de Jean Marie Donatien de Vimeur de Rochambeau. De sa participation à cette guerre, Alexandre Théodore Victor de Lameth rapporte des idées de liberté qui lui apparurent naturellement incompatible avec les institutions séculaires de la monarchie française.

De retour en France en mars 1785, il est fait colonel de cavalerie au 2e Royal-Lorraine, poste qu'il occupait aux premiers événements de 1789.

Sous la Révolution

Lameth à l'époque de la Révolution française.

Député de la noblesse de Péronne (Somme) aux États généraux de 1789, il se rallie au tiers état et, avec deux de ses frères, se met à saper avec ardeur les bases de l'Ancien Régime.

Il est l'un des promoteurs de l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août 1789, privilèges, dont il était détenteur et qu'il s'empressa à se démettre. Il se signala également par son ardeur à réclamer l'abolition de ceux du clergé et la réquisition des biens ecclésiastiques pour le paiement des créanciers de l'État. Plus tard, il s'oppose au veto absolu du roi, il propose la nationalisation des biens du clergé et la suppression des parlements.

Le 15 mai 1790, il demande que le droit de déclarer la guerre soit accordé à l'Assemblée législative et non à Louis XVI, exige la liberté totale de la presse, dénonce les agissement de Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau et ses liens avec la Cour. Il présenta et fit adopter un plan de réorganisation militaire écartant tout autre titre à l'avancement que le mérite et l'ancienneté. À l'assemblée nationale, il fut nommé rapporteur de la commission pour les lois concernant le statut des Îles d'Amérique. En même temps, il avait été un des fondateurs du Club Massiac, qui était le syndicat des planteurs, des armateurs et des négociants avec les Îles, ce qui ne le rendait pas favorable à l'émancipation des noirs. De fait, l'assemblée qui prétendait solennellement avoir émancipé le servage qui n'existait plus depuis longtemps, conserva l'esclavage partout où il existait.

Le 20 novembre 1790, il fut élu président par ses collègues. Il fut un des membres les plus influents du club des Jacobins, avec Barnave et Duport, mais ne put résister à la montée en puissance de Robespierre.

Lameth présidant une séance du club des Jacobins en janvier ou février 1791.

Mais, quand il voit le vieil édifice prêt à s'effondrer après Varennes, il prend peur et veut retourner en arrière. Il est trop tard. Lors de la déclaration de guerre à l'Autriche (20 avril 1792), il est nommé maréchal de camp à l'armée du Nord commandée par Luckner. Le 10 août 1792, il passe à l'ennemi avec Joseph Gilbert Motier, marquis de La Fayette. Il est fait prisonnier avec lui et enfermé dans les mêmes prisons.

Au même moment, il est décrété d'accusation (13 août 1792) suite à la découverte, dans l'armoire de fer, d'un mémoire écrit de sa main en faveur des émigrés et des prêtres réfractaires. Jules Michelet, in Histoire de la Révolution Française va jusqu'à écrire qu'il reprit la correspondance secrète de Mirabeau -que Lameth avait pourtant contribuer à destituer- avec le roi.

Il est délivré au bout de trois ans, à la suite de démarches de sa mère, sœur du Maréchal de Broglie et se retire en Angleterre.

Il se lia à Londres avec les principaux membres du parti whig, Fox, Gray, etc. ; mais déclaré indésirable par William Pitt, il quitte Londres pour rejoindre à Hambourg son frère Charles. Il rentre en France en 1796, mais émigre de nouveau après le Coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797). Il attendra l'avénement du Consulat pour retrouver sa patrie.

Sous le Consulat et le Premier Empire

Après son retour définitif en 1800, il devient préfet, successivement des Basses-Alpes (23 germinal an X) et du Rhin-et-Moselle : 12 pluviose an XIII), de la Roer (3 mai 1806) et du ( 12 février 1809).

Outre le titre de baron de l'Empire qu'il reçoit le 14 février 1810, il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur (an XII), puis, le 16 juillet 1811, Officier de la Légion d'honneur et maître des requêtes au Conseil d'État.

Dans les Basses-Alpes, il installe l’évêque dans ses fonctions et remet en état et augmente le réseau routier. Il crée à Digne une promenade ombragée entre le pré de Foire et les rives de la Bléone, plante des platanes sur le boulevard Gassendi. Il est très populaire dans ce département[1].

Partisan de la déchéance de Napoléon Ier, il est promu, à la première Restauration, lieutenant général et nommé préfet de la Somme.

Toutefois, au retour de l'île d'Elbe, il prit parti pour son ancien bienfaiteur, et accepta de lui un siège à la Chambre des pairs des Cent-Jours : il y prit la parole pour repousser les mesures de rigueur adoptées par la Chambre des représentants contre les royalistes

Sous la Restauration

Sous la Restauration, Louis XVIII de France lui fait triste mine.

Le 2 juillet 1816, il demanda sa retraite comme préfet, ce qui lui fut refusé. Le 16 octobre suivant, le ministre de la Guerre lui octroya une pension militaire de 4 000 francs pour ses quarante ans de service.

Déchu de sa pairie, il fut élu, avec 1 081 voix, député de la Seine-Inférieure le 24 avril 1820 (1 853 votants et 4 080 inscrits) contre 678 voix à M. Ribard, en remplacement de M. Lambrechts qui avait opté pour le Bas-Rhin. Il sègea jusqu'en 1824, sur les bancs de la gauche, et prit une part active aux discussions importantes, combattant sans relâche le ministère Villèle dont la politique lui semblait tendre à la violation de la Charte de 1814 et au renversement de la monarchie constitutionnelle.

Non réélu en 1824, il rentra à la Chambre le 17 novembre 1827 comme député du 1er arrondissement de Seine-et-Oise (Pontoise), élu par 177 voix sur 261 votants et 290 inscrits, contre 62 à M. Goury-d'Arsy. Il reprit sa place à gauche et défendit avec talent les idées libérales.

Il fit partie des créateurs du comité philhellène de Paris.

Après sa mort, survenue en mars 1829, son frère, Charles Malo de Lameth, lui succèda comme député.

Sources

Notes

  1. « L’Installation de l’administration préfectorale », in Chroniques de Haute-Provence Les préfets dans l’histoire de Haute-Provence depuis 1800, Autour d’une exposition réalisée par les Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, ((no)340, 2000), p. 12, disponible en ligne alpes-de-haute-provence.pref.gouv.fr

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