Alexandre Gouin

Alexandre Gouin

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Alexandre Henri Gouin (ou Gouïn) est un banquier et homme politique français, né à Tours (Indre-et-Loire) le 25 janvier 1792 et mort dans la même ville le 27 mai 1872.

Sommaire

Biographie

Issu d'une riche famille de banquiers et d'industriels tourangeaux, Alexandre Gouin était le fils d'Alexandre Pierre François Gouin (1760-1832), directeur de la Banque Gouin à Tours, et de Marie-Madeleine Benoît de La Grandière (1763-1840). Il fit ses études à Pontlevoy puis entra dans une banque parisienne située 5 rue Tronchet puis dans la maison de banque paternelle dans sa ville natale. Le 26 octobre 1813, il épousa Adèle Marteau (1794-1873). Ils eurent deux enfants :

Membre du conseil municipal de Tours en 1820, et juge au tribunal de commerce en 1822, Alexandre Gouin venait d'en être nommé président lorsqu'il fut élu député, le 6 juillet 1831, par le 1er collège électoral d'Indre-et-Loire (Tours)[1].

D'opinions conservatrices, Gouin prit place au centre-droit dans la majorité gouvernementale. Il se prononça pour l'ordre du jour Ganneron relatif à la situation extérieure, pour l'état de siège en 1832, pour la condamnation du journal La Tribune (1833), etc. Rapporteur de la commission du budget en 1833, il montra une réelle compétence financière et fut chargé du même rapport les deux années suivantes. Il avait entre-temps été réélu député le 21 juin 1834[2]. Il vota pour les lois de septembre 1835, rapporta divers projets de loi relatifs à des questions économiques ou financières, approuva les lois de dotation et d'apanage.

À la fin de janvier 1836, à la suite de l'incident provoqué à la Chambre par l'affaire de la conversion des rentes 5%, proposée par le ministre des Finances, Georges Humann, sans l'aveu du ministère, et de l'explication, jugée arrogante, donnée à la tribune par le duc de Broglie (V. Gouvernement Victor de Broglie), Gouin, pour embarrasser le gouvernement, déposa une proposition tendant à la conversion des rentes. On a soupçonné, mais sans preuve, la main de Louis-Philippe derrière cette manœuvre. La proposition suivit son cours parlementaire normal : elle fut renvoyée dans les bureaux qui, à l'unanimité, se prononcèrent en faveur de la lecture publique le 1er février. Celle-ci eut lieu du 4 au 6 février. Au nom du gouvernement, Adolphe Thiers combattit vivement la conversion des rentes. Au terme d'un débat long et houleux, la Chambre, au scrutin secret, repoussa l'ajournement de la proposition Gouin par 194 boules noires contre 192 boules blanches. Le cabinet remit immédiatement sa démission au Roi. Ce fut la première fois depuis 1830 qu'un gouvernement démissionna après avoir été mis en minorité devant la Chambre, et ce fut donc une étape importante dans l'installation du régime parlementaire en France. La proposition sur la conversion des rentes, devenue un des chevaux de bataille de l'opposition parlementaire, fut reprise deux fois et deux fois repoussée.

En mars 1837, à l'occasion de la loi de disjonction, Gouin manifesta quelques velléités d'opposition. Réélu le 4 novembre[3], il combattit le ministère Molé et entra dans la coalition formée pour le renverser. Il fut réélu le 2 mars 1839[4] et entra dans le deuxième ministère Thiers le 1er mars 1840 comme ministre de l'Agriculture et du Commerce. De ce fait, il dut se représenter devant ses électeurs qui confirmèrent son mandat le 4 avril[5]. Il fut chargé de soutenir, au nom du gouvernement, la discussion parlementaire de la célèbre loi sur le travail des enfants dans les manufactures.

Il quitta le gouvernement en même temps que le ministère le 29 octobre 1840 et rentra alors dans l'opposition, prenant place au centre-gauche. Il fut réélu à toutes les échéances électorales jusqu'en 1848 : les 9 juillet 1842[6] et 1er août 1846[7].

À la mort de Jacques Laffitte, Gouin prit la tête de la Caisse générale du commerce et de l'industrie (1844) et la dirigea péniblement jusqu'en 1848 sans pouvoir en empêcher la faillite complète lors de la Révolution de 1848.

Il se présenta aux élections à l'Assemblée constituante du 23 avril 1848 sous l'étiquette de la « coalition des anciens partis » et fut élu représentant d'Indre-et-Loire[8]. Il vota pour la bannissement de la famille d'Orléans, mais vota ensuite avec la droite conservatrice : pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, pour l'impôt proportionnel préféré à l'impôt progressif, contre l'amendement Grévy, contre le droit au travail, pour l'ordre du jour en l'honneur du général Cavaignac, contre la réduction de l'impôt du sel, pour la proposition Rateau, contre l'amnistie, pour l'interdiction des clubs, pour les crédits de l'expédition de Rome, contre l'abolition de l'impôt des boissons, etc.

Rallié à la politique de Louis-Napoléon Bonaparte, il appuya son gouvernement avec ardeur. Il fut réélu député d'Indre-et-Loire à l'Assemblée législative le 13 mai 1849[9]. Membre de la majorité monarchiste, il fit partie de la commission du budget, participa à des discussions économiques et financières, vota pour l'expédition de Rome, pour la mise en accusation dans l'affaire du 13 juin, pour la loi Falloux-Parieu sur l'enseignement libre, etc. Il compta parmi les députés les plus dévoués au prince-président. Partisan du coup d'État du 2 décembre 1851, il fut désigné comme candidat officiel aux élections du 29 février 1852 dans la 1re circonscription d'Indre-et-Loire et élu député au Corps législatif[10]. Il présida la première commission du budget du nouveau Corps législatif et prit part à l'établissement du Second Empire, dont il fut l'un des soutiens les plus actifs. Toujours avec l'appui du gouvernement, il fut réélu les 22 juin 1857[11] et 1er juin 1863[12]. Il prit fréquemment la parole dans les discussions budgétaires et, lors de la discussion de l'adresse de mars 1861, attaqua l'optimisme de la commission du budget. Dans la législature qui commença en 1863, il devint vice-président du Corps législatif.

Le 22 janvier 1867, Gouin fut nommé sénateur. Il quitta la vie publique après le 4 septembre 1870.

Il fut en outre longtemps membre du conseil général d'Indre-et-Loire, et administrateur du chemin de fer de Paris à Lyon. Il fut également membre de la chambre de commerce et du conseil municipal de Paris. Il était commandeur de la Légion d'honneur (3 novembre 1865).

Références

Lien externe

Sources

  • Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Fayard, 1994
  • Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français, Paris, Dourloton, 1889

Notes

  1. 318 voix sur 414 votants et 537 inscrits contre 51 à M. Delamardelle et 26 à M. César Bacot
  2. 237 voix sur 465 votants et 572 inscrits contre 124 à Jean-Guillaume Hyde de Neuville et 94 à Odilon Barrot
  3. 341 voix sur 491 votants et 647 inscrits contre 147 à M. Viot-Prudhomme
  4. 385 voix sur 535 votants
  5. 329 voix sur 342 votants
  6. 337 voix sur 489 votants et 710 inscrits contre 76 à M. Giraudeau
  7. 337 voix sur 506 votants et 762 inscrits contre 61 à M. Luzarche et 54 à M. Giraudeau
  8. 7e sur 8 avec 43.010 voix
  9. 2e sur 6 par 32.855 voix sur 61.973 votants et 92.573 inscrits
  10. 15.128 voix sur 16.144 votants et 26.501 inscrits
  11. 12.642 voix sur 13.958 votants et 25.692 inscrits contre 772 à M. Crémieux
  12. 11.169 voix sur 19.871 votants et 25.600 inscrits contre 4.543 à M. Houssard et 4.082 à M. Rivière

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