Gradlon

Gradlon dit Gradlon Meur (Gradlon le Grand) est un roi légendaire de Cornouaille.

Sommaire

La Légende

«La fuite du roi Gradlon» selon Évariste-Vital Luminais (1822 - 1896) peinture réalisée vers 1884, musée des beaux-arts de Quimper.

Gradlon, « roi » de Cornouaille né en 330 après J.-C., mort en 405. Personnage légendaire appelé Gradlon le Grand (Gradlon Meur) en Bretagne. Fils aîné de Conan Meriadec par sa deuxième épouse, sainte Darerca.

Dans sa jeunesse païenne, Gradlon tombe profondément amoureux de Malgven, la reine du Nord, lors d'une expédition guerrière, une sorte de fée (une bansidh dans la tradition irlandaise). Malheureusement, il offense la créature mystérieuse en se convertissant au christianisme et en cherchant les conseils de saint Guénolé. La fée quitte Gradlon en franchissant un fleuve torrentiel et en l'avertissant de ne pas la suivre. Le Breton courageux la poursuit, plongeant dans les eaux tourbillonnantes. La fée, forcée de sauver la vie de son ancien amant, ne l'a pas moins détesté pour autant car ce sauvetage était la preuve que son amour n'était pas mort.

Lors d'une chasse, séparé de son entourage, il se perdit dans la grande forêt du Ménez-Hom. Presque mort d'épuisement et de faim, il tombe par hasard sur l'ermitage de saint Corentin (maintenant Plomodiern). Saint Corentin possède un poisson merveilleux dont il coupe la moitié pour se sustenter chaque jour et qu'il retrouve entier chaque matin. Le saint, partageant quotidiennement son repas avec le roi, lui redonne la santé. En récompense de son hospitalité, Gradlon fit de saint Corentin le premier évêque de Cornouaille.

Le premier amour féerique du roi est revenu bien des années plus tard posséder l'esprit de la fille de Gradlon, Dahut, qui fut à l'origine de la disparition de la ville d'Ys.

La statue de Gradlon, entre les deux flèches de la cathédrale de Quimper

Gradlon fit de Corispotium (variante : Corisopitum), appelée ensuite Quimper, sa nouvelle capitale. À la mort de Gradlon, son fils Salomon Ier lui succéda, puis son petit-fils, Aldrien.

Une statue équestre à l'effigie du roi Gradlon se dresse aujourd'hui entre les flèches de la cathédrale de Quimper. Une ancienne coutume voulait que chaque année, le 26 juillet, un habitant de Quimper grimpe sur la statue. Assis en croupe derrière le roi, il devait lui attacher un linge autour du cou et lui présenter un verre à pied rempli de vin. Le volontaire buvait ensuite le vin mais essuyait les lèvres de la statue avec le linge. Puis il jetait le verre vide au public rassemblé sur la place : si quelqu'un était capable de se saisir du verre au vol sans le casser, il se voyait gratifier de cent pièces d'or. On raconte que des conseillers, pour ménager les finances de la ville, auraient secrètement donné l'ordre de fragiliser le pied du verre au moyen de traits de scie invisibles[1].

Histoire

Les sources font connaître l'existence de plusieurs Gradlon, dont Gradlon Meur cité au cartulaire de Landévennec, mais aussi Gradlon Flam et Gradlon Plueneuor (Plonéour). Ils sont généralement qualifiés de consul, qu'on peut comprendre comme comte - comme les textes latins traduisent le titre breton de mac'htiern par tyran. Il aurait plus vraisemblablement vécu entre le Ve et le IXe siècle.

À l'époque gallo-romaine, la capitale des Osismes - prédécesseurs des Cornouaillais, Trégorrois et Léonards - était Carhaix. Et s'il existait une ville sur l'Odet ce n'était pas encore Quimper, mais un peu en aval, dans l'actuel quartier de Locmaria. Dans ses débuts Quimper ne s'appelait pas Corisoptiensis, c'est une erreur d'interprétation tardive, mais plus probablement (et donc sans certitude), Civitas Aquilonia.

Cependant les toponymes font apparaître un « château » dit de Saint-Corentin dans le quartier de la cathédrale de Quimper, quartier appelé au Moyen Âge Tour du Chastel. Et sous l'Ancien Régime Quimper portera le nom de Quimper-Corentin.

Des vestiges d'une résidence aristocratique des IXe siècle ou Xe siècle associée à des ateliers d'orfévrerie sur la Montagne de Locronan au "camp des Salles" pourraient être un des lieux de pouvoir et de création de richesse qu'avaient exploités les différents princes exerçant une autorité sur la région de Quimper au Haut Moyen Âge.

Mythe initial païen

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Il est aujourd'hui difficile de retrouver les traces du mythe originel, l'Église catholique romaine s'étant chargée de christianiser les cultes celtes implantés en Bretagne. À l'origine, Gradlon vivait en la ville d'Ys avec sa fille Ahès (Dahut). Ys (ou Is) était une ville immense et cosmopolite, où Gradlon faisait respecter le principe d'égalité. Les citoyens étaient très riches, tout comme la ville, et des gens et des cultes très diffèrents y étaient présents. Un jour les moines Corentin et Guénolé arrivent en Is. Ils veulent s'y établir et construire une église. Gradlon et Ahès refusent que l'église soit construite en ville mais acceptent qu'elle soit faite à l'extérieur (pour respecter les croyances de chacun, les lieux de culte ne peuvent être construits dans la ville). Les moines très compréhensifs acceptent. Au fur et à mesure du temps, ils deviennent proches du roi et sont heureux de vivre dans cet endroit merveilleux. Ahès, très liée à la Déesse de la terre (le nom Ahès aurait donné leur nom aux monts d'Arrée), lui rend souvent hommage en quittant le ville pour se promener dans les bois. Mais un jour des émissaires de l'Eglise catholique romaine arrivent, menaçant Gradlon d'attaquer la ville s'il n'y fait pas construire une église (l'église catholique s'étant alliée à Rome pour étendre et renforcer leurs pouvoirs mutuels). Tous sont choqués, et malgré-eux Guénolé et Corentin doivent quitter Is pour suivre les émissaires jusqu'à Rome, afin de s'entretenir avec le Pape de la future église. Les deux moines sont très réticents, car ils savent que cela détruira Is et son équilibre. À leur retour, ils sont dépités : ou Gradlon obéit, ou Is sera rasée par Rome. Ahès, révoltée, fuit la ville, se rend dans les monts d'Arrée et demande l'aide du dieu Cernunnos (on peut supposer que c'est lui à cause de sa description, l'église en a plus tard fait le diable en assimilant ses cornes de cert à celles du diable). Cernunnos dit alors à Ahès de rentrer à Is, et que la nuit venue il sauvera la ville. Pendant la nuit la ville est submergée par les flots et s'enfonce au fond de la mer. Seuls restent Gradlon et les deux moines, qui étaient en-dehors de la ville. Attristé par la perte de sa ville et surtout de sa fille, Gradlon décide de quitter les lieux, sans n'y plus rien construire.

Les compères se dirigent alors vers le sud et fondent Quimper, où Gradlon finira sa vie et où les deux moines construisent une église.

Is, quant à elle, est toujours en vie sous les flots, les citoyens étant restés immortels. On raconte qu'un jour, celui qui verra la ville sous les eaux et s'y rendra permettra de lever la protection de Cernunnos, et que la ville resurgira, plus radieuse que jamais, et que ce jour les héros des Bretagnes reviendront tous de l'Autre Monde (le royaume celte des morts).

[style à vérifier]

Complainte

La complainte de la ville d'Is Gwerz Kêr Is
Couplet 1

Qu'y a-t-il de nouveau dans la ville d'Is,

Puisque la jeunesse est aussi folle.

Puisque j'entends ainsi les biniou,

Les bombardes et les harpes.

Koublenn 1

Petra 'zo nevez e kêr Is

Maz eo ken foll ar yaouankis,

Mar glevan me ar binioù,

Ar Vrombard hag an telennoù.

Couplet 2

Il n'y a rien de nouveau dans la ville d'Is,

Seulement les ébats de tous les jours,

Dans la ville d'Is il n'y a que des vieilles choses,

Et des ébats de toutes les nuits.

Koublenn 2

E Kêr Is n'eus netra nevez,

Met an ebatoù 'vez bemdeiz,

E Kêr Is n'eus nemet traou gozh,

Hag an ebatoù 'vez beb noz.

Couplet 3

Des bosquets de ronce ont poussé,

Dans les portes des églises fermées,

Et sur les pauvres pleurant,

On excite les chiens à les mordre.

Koublenn 3

Bodennoù drez 'zo diwanet,

E dor an ilizoù serret,

Ha war ar baourien o ouelañ,

E hiser ar chas d'o drailhañ.

Couplet 4

Ahès la fille du Roi Gradlon,

Le feu de l'enfer en son coeur,

A la tête de la débauche,

Mène à sa suite la ville à sa perte.

Koublenn 4

Ahes merc'h ar Roue Gralon,

Tan an ifern en he c'halon,

Ar penn kentañ deus an diroll,

A gas ar gêr d'he heul da goll.

Couplet 5

Saint Gwenolé, avec peine de coeur,

Est venu trouver son père bien souvent,

Et avec pitié, l'homme de Dieu,

A dit au Roi :

Koublenn 5

Sant Gwenole gant kalonad,

'Zo bet meur a wech kaout he zad,

Ha gant druez an den doue,

A n'eus lavaret d'ar Roue :

Couplet 6

"Gradlon, Gradlon, prêtez attention,

Aux désordres que mène Ahès,

Car le temps sera passé,

Quand Dieu jettera sa colère".

Koublenn 6

"Gralon, Gralon, lakaet evez,

D'an disurjoù a ren Ahez,

Rak tremenet 'vo an amzer,

Pa skwilho doue e gonner".

Couplet 7

Et le Roi sage, courroucé,

Sa fille a conseillé,

Mais affaibli par la vieillesse,

N'a plus la force de la combattre.

Koublenn 7

Hag ar Roue fur spouronet,

D'e verc'h en deus bet kelennet ;

Met diskaret gant ar gozhni,

N'eus mui an nerzh da stourm outi.

Couplet 8

Fatiguée des reproches de son père,

Et pour quitter son regard,

A construit avec l'aide des mauvais esprits,

Un beau palais près des écluses.

Koublenn 8

Ha skuizh gant rebechoù he zad,

Evit mont deus e zaoulagad

En deus graet gant drouksperejoù,

Ur pales kaer tost d'ar sklujoù.

Couplet 9

Là, avec ses amoureux,

Il y a le soir des aubades,

Là, dans l'or et les perles,

Comme le soleil, Ahès rayonne.

Koublenn 9

Eno, gant heh amouroujen,

Ema fenoz an abadenn,

Eno, en aour hag en perlez,

Evel an heol a bar Ahez.

Notes et références

  1. Guide vert Michelin, La Bretagne, édition 1994, p.196. ISBN 2-06-030905-0

Liens externes

Gradlon


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