Alassane Ouattara
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Alassane Ouattara
Alassane Ouattara.jpg
Alassane Ouattara, en 2002.

Mandats
4e président de la République de Côte d'Ivoire
Actuellement en fonction
Depuis le 21 mai 2011[1]
(&&&&&&&&&&&&01795 mois et 25 jours)
Élection 28 novembre 2010
Premier ministre Guillaume Soro
Prédécesseur Laurent Gbagbo
Président du
Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire
Actuellement en fonction
Depuis le 1er août 1999
Prédécesseur création du poste
Premier ministre ivoirien
7 novembre 19909 décembre 1993
Président Félix Houphouët-Boigny
Prédécesseur création du poste
Successeur Daniel Kablan Duncan
Biographie
Nom de naissance Alassane Dramane Ouattara
Date de naissance 1er janvier 1942 (1942-01-01) (69 ans)
Lieu de naissance Drapeau de la France Dimbokro (AOF)
Nationalité ivoirienne
Parti politique PDCI, RDR
Conjoint Dominique Nouvian
Enfants Fanta Ouattara
Dramane Ouattara
Diplômé de Université de Pennsylvanie
Profession Économiste
Religion Islam
Résidence Hôtel du Golf (Abidjan)
puis
Palais présidentiel d'Abidjan

Coat of arms Ivory Coast ca 1964-2000.svg
Premiers ministres ivoiriens
Présidents de la République de Côte d'Ivoire

Alassane Dramane Ouattara, surnommé « ADO », né le 1er janvier 1942 à Dimbokro (près de la capitale Yamoussoukro), est un homme d'État ivoirien.

Économiste de profession ayant notamment travaillé au FMI, il est Premier ministre de Côte d'Ivoire de 1990 à 1993 et président du Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire (RDR) depuis 1999. Il ne peut pas se présenter aux élections présidentielles de 1995 et 2000 à cause du concept d'ivoirité. Candidat à l'élection présidentielle de 2010, il est élu président de la République avec 54,1 % des voix selon la Commission électorale indépendante et la quasi-totalité de la communauté internationale. Il exerce pleinement ses fonctions de chef de l'État depuis l'arrestation de Laurent Gbagbo, qui refusait de quitter le pouvoir. Son investiture, qui officialise cet état de fait, a lieu le 21 mai 2011.

Famille

Il est le fils de Dramane Ouattara, enseignant et commerçant prospère, et de Hadja Nabintou Ouattara (née Cissé). Il descend de l'empereur Sékou Oumar Ouattara (1665-1745), fondateur de l'empire Kong, à cheval sur le Mali, le Ghana, le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire[2],[3].

En 1984, Alassane Ouattara, alors vice-gouverneur de la BCEAO à Dakar[4], rencontre Dominique Nouvian, femme d'affaires qui gère les propriétés immobilières du président ivoirien Félix Houphouët-Boigny et de son homologue gabonais Omar Bongo au sein du groupe Aici et gère les franchises Jacques Dessange aux États-Unis. Il l'épouse le 24 août 1991, à la mairie du XVIe arrondissement de Paris[5].

Carrière d'économiste

Scolarisé à l'Institut de technologie de Drexel puis à l'université de Pennsylvanie grâce à l'obtention d'une bourse, il obtient en 1967 un master en économie. Entré en tant qu'économiste au Fonds monétaire international (FMI) l'année suivante, il poursuit ses études et obtient un doctorat d'État en sciences économiques en 1972.

Un an plus tard, il intègre la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), dont il est vice-gouverneur de 1983 à 1984. Il retourne ensuite au FMI pour y occuper les fonctions de directeur du département Afrique à partir de novembre 1984, après quoi il devient, en octobre 1988, gouverneur de la BCEAO[6].

Carrière politique

Premier ministre (1990-1993)

Le 18 avril 1990, il est appelé pour résoudre la crise financière provoquée par la chute des cours des matières premières et par le poids de la dette extérieure, en tant que président du Comité interministériel de la coordination du programme de stabilisation et de relance économique. Il est ensuite nommé Premier ministre, fonction créée à la suite d'une modification de la Constitution, le 7 novembre 1990. Quelques jours plus tard, se tiennent les premières élections législatives multipartites, qui sont remportées par le Parti démocratique de Côte d'Ivoire, ancien parti unique dont est membre Alassane Ouattara.

Comme Premier ministre, il mène une politique de rigueur budgétaire qui est durement ressentie par la population. Mais le programme de stabilisation et de relance économique qu'il met en œuvre (dévaluation du franc CFA, réduction des dépenses, élargissement de la base taxable, privatisations…) finit par assainir les finances publiques et redonner confiance aux bailleurs de fonds[réf. nécessaire]. En outre, il crée la carte de séjour pour les travailleurs étrangers. Pendant cette période, le chef de l'opposition Laurent Gbagbo est condamné à deux ans de prison le 6 mars 1992, puis libéré le 31 juillet suivant.

Le président Félix Houphouët-Boigny, « père » de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, étant gravement malade, les convoitises se multiplient entre ses différents « héritiers » potentiels. Alassane Ouattara, qui assure l'essentiel du pouvoir du fait des hospitalisations à l'étranger du président, est écarté par la modification constitutionnelle de 1990 qui prévoit que le président de l'Assemblée nationale, en l'occurrence Henri Konan Bédié, assure l'intérim en cas de décès du chef de l'État. Le 7 décembre 1993, Alassane Ouattara prononce à la Radiotélévision ivoirienne une allocution dans laquelle il annonce la mort de Félix Houphouët-Boigny et déclare que « la Côte d'Ivoire est orpheline ». Il donne sa démission deux jours plus tard, après quoi le président de la République par intérim, Henri Konan Bédié, nomme Daniel Kablan Duncan au poste de Premier ministre.

Présidence d'Henri Konan Bédié (1993-1999)

Après avoir quitté ses fonctions de chef du gouvernement, Alassane Ouattara entame une « traversée du désert » et devient, en juillet 1994, directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI) : il est le premier Africain à occuper une fonction de cette importance au sein de l'institution internationale. Il a sous sa responsabilité plus de 80 pays et remplace le directeur général, Michel Camdessus, lorsqu'il est absent.

En décembre 1994, l'Assemblée nationale vote une modification du code électoral qui prévoit notamment que nul ne peut être élu président de la République s'il « n'est Ivoirien de naissance, né de père et mère eux-mêmes Ivoiriens de naissance », s'il n'a pas résidé de façon continue en Côte-d'Ivoire pendant les cinq années qui précèdent le scrutin ou encore s'il a la nationalité d'un autre État[7]. Le développement du concept d'« ivoirité » vise ainsi à empêcher la candidature d'Alassane Ouattara, dont les opposants affirment que le père est d'origine burkinabée et qui est par ailleurs domicilié à Washington en tant que directeur général adjoint du FMI. Des haines ethniques et des violences politiques éclatent alors en Côte d'Ivoire. Le président Bédié refusant de faire modifier le code électoral, Alassane Ouattara renonce à se présenter et le « Front républicain », alliance entre le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo et le Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire qui soutient Alassane Ouattara, décide de boycotter l'élection[8]. Finalement, Henri Konan Bédié est élu le 22 octobre 1995, avec 96,44 % des suffrages.

Alassane Ouattara quitte ses fonctions de directeur général adjoint du Fonds monétaire international le 31 juillet 1999 pour effectuer son retour en politique. Le lendemain, lors d'un congrès se déroulant au palais des Sports de Treichville, il est désigné par ses partisans, désormais nombreux dans le pays, président du Rassemblement des républicains (RDR)[9], parti centriste et libéral fondé par le député Djéni Kobina cinq ans auparavant. Il annonce alors son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2000 et estime bénéficier d'une « parfaite éligibilité » en remplissant les conditions requises « en matière de nationalité, de filiation et de résidence ». Mais le pouvoir en place lance contre lui un mandat d'arrêt pour « faux sur l'identité et usage de faux documents administratifs », ce qui le pousse à s'exiler en France de septembre à décembre 1999.

Comité national de Salut public (1999-2000)

À Noël 1999, une mutinerie éclate à Abidjan. Le général Robert Guéï prend la tête du mouvement, qui se transforme en coup d'État contre le président Henri Konan Bédié. Alors que les prisonniers politiques sont libérés, Alassane Ouattara, qui comme Laurent Gbagbo parle de « révolution des œillets », rentre de son exil le 29 décembre 1999. Robert Guéï installe un gouvernement de transition, composé de militaires et de civils. Une commission consultative est formée par les militaires, avec des représentants de tous les partis, pour rédiger une nouvelle Constitution qui doit être soumise au vote de la population dans les plus brefs délais.

Les propositions de cette commission en matière de conditions de nationalité pour se présenter à la présidence de la République ne constituent pas un assouplissement par rapport à celles de la Ire République : seuls peuvent se présenter les Ivoiriens nés de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d'origine. Des tensions ont alors lieu et débouchent en mai 2000 sur le départ du gouvernement des ministres RDR, qui y étaient majoritaires depuis le coup d'État. Alassane Ouattara, officiellement investi candidat du RDR le 14 août 2000, voit alors, tout comme treize autres personnalités politiques, sa candidature à l'élection présidentielle écartée par la Cour suprême, qui estime qu'il est de « nationalité douteuse » au vu de la nouvelle Constitution, adoptée par référendum en juillet 2000[10].

Cette situation provoque des troubles qui font de nombreuses victimes dans le pays, à l'instar du célèbre « charnier de Yopougon », dans lequel sont entassés 57 cadavres de partisans supposés de Ouattara[11],[12]. Cette découverte intervient quelques jours après une élection contestée qui a porté Laurent Gbagbo à la tête de la Côte d'Ivoire et au lendemain d'affrontements violents entre partisans du parti du président élu et militants du RDR qui ont envahit les rues d'Abidjan pour réclamer la tenue d'un nouveau scrutin[12].

Opposant à Laurent Gbagbo (2000-2011)

Quelques semaines plus tard, la candidature d'Alassane Ouattara, qui souhaite se présenter aux élections législatives dans la ville de Kong, est encore rejetée par la Cour suprême, alors qu'elle avait été jugée recevable par la Commission électorale. Le RDR décide alors d'organiser une manifestation, qui est réprimée, et de boycotter ces élections. Alassane Ouattara se réfugie à nouveau en France en novembre 2000, et le Rassemblement des républicains acquiert une assise politique de plus en plus importante dans le pays : lors des élections municipales de mars 2001, le RDR remporte ainsi 64 communes contre notamment 59 pour le PCDI et 33 au FPI du président Gbagbo. Alassane Ouattara revient en Côte d'Ivoire le 30 novembre 2001 pour participer au « Forum pour la réconciliation nationale », journées d'écoutes et de dialogues réunissant les principaux responsables politiques du pays, organisé par Laurent Gbagbo sous la pression de la communauté internationale. Une rencontre visant à garantir le retour à la paix et à la stabilité est organisée le 22 janvier 2002, à Yamoussoukro, entre les dirigeants des quatre principaux partis politiques de Côte d'Ivoire : le RDR (Alassane Ouattara), le PDCI (Henri Konan Bédié), le FPI (Laurent Gbagbo) et l'UDPCI (Robert Guéï). Elle aboutit à dix recommandations, qui, tout comme les résolutions prises au Forum pour la réconciliation nationale, ne seront jamais appliquées.

Le 19 septembre 2002 a lieu une tentative de coup d'État militaire des rebelles du Nord, de manière simultanée à Abidjan, Bouaké et Korhogo. Ce putsch est utilisé comme prétexte par le pouvoir pour se débarraser d'opposants, tels que l'ancien chef d'État Robert Guéï[8]. Le 20 septembre, Alassane Ouattara manque de peu d'être assassiné : alors que sa propriété, située sur les bords de la lagune Ébrié à Cocody, est incendiée et pillée par les partisans de Laurent Gbagbo (« escadrons de la mort »), il escalade avec son épouse le mur qui sépare sa résidence de l'ambassade d'Allemagne et s'y réfugie[13],[3]. À partir de cette date, une rébellion qui dit soutenir Alassane Ouattara occupe la moitié nord du pays. S'estimant menacé à Abidjan, celui-ci prend deux mois plus tard le chemin de l'exil vers le Gabon puis vers la France le mois suivant.

Alassane Ouattara signe les accords de paix de Linas-Marcoussis (janvier 2003), d'Accra II (mars 2003) puis III (juillet 2004), afin de mettre un terme à la crise politico-militaire. En avril 2005, une médiation menée par le président sud-africain Thabo Mbeki pousse Laurent Gbagbo à accepter la candidature d'Alassane Ouattara à l'élection présidentielle prévue en octobre suivant[14]. L'élection est néanmoins repoussée, officiellement pour des retards dans les préparatifs. Le 26 janvier 2006, Alassane Ouattara revient en Côte d'Ivoire, après trois ans d'exil en France, pour mener campagne en vue du scrutin présidentiel à venir[15],[16]. Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et le chef de la rébellion Guillaume Soro se rencontrent le 28 février 2006 puis le 5 septembre suivant, à Yamoussoukro, pour tenter de relancer le processus de paix. Le 4 avril 2007, conformément à l'accord de Ouagadougou, qui vise à ramener la paix et à réunifier le pays, le leader des Forces nouvelles Guillaume Soro est nommé Premier ministre.

Président de la République (depuis 2011)

Élection présidentielle de 2010

Après avoir été repoussée à six reprises par Laurent Gbagbo, l'élection présidentielle a finalement lieu à la fin de l'année 2010. Quatorze candidats sont en lice. Au premier tour, le 31 octobre, Alassane Ouattara obtient 32,07 % des voix et se place en deuxième position, derrière le président sortant, Laurent Gbagbo, qui rassemble 38,04 % des suffrages. Le 7 novembre, Alassane Ouattara obtient le soutien d'Henri Konan Bédié, arrivé en troisième position avec 25,24 % des voix, puis est investi trois jours plus tard candidat du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), alliance des quatre principaux partis d'opposition.

Lors du second tour, qui se déroule le 28 novembre 2010, le taux de participation s'élève à 81,1 %. Les deux camps s'accusent d'avoir empêché le vote d'électeurs dans certaines régions. Le 2 décembre, les résultats donnés par la Commission électorale indépendante, qui n'est cependant pas habilitée à prononcer les résultats définitifs, donnent Alassane Ouattara vainqueur avec 54,10 % des voix. Ce même jour, le Conseil constitutionnel, composé presque exclusivement de partisans de Laurent Gbagbo[8], invalide ces résultats et, le lendemain, proclame le président sortant réélu avec 51,45 % des suffrages[17] en invalidant les résultats dans sept départements du Nord (soit 13 % des votants) sous prétexte de fraudes. La représentante de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, considèrent pour leur part que le vainqueur de l'élection est Alassane Ouattara[18]. Les présidents français Nicolas Sarkozy et américain Barack Obama, puis la quasi-totalité de la communauté internationale, appellent dès lors Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir[19],[20].

Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo prêtent tous les deux serment le 4 décembre 2010[21]. Alassane Ouattara reconduit alors le Premier ministre Guillaume Soro dans ses fonctions, après que celui-ci a reconnu son élection et remis sa démission à Laurent Gbagbo, qui nomme de son côté Gilbert Marie N'gbo Aké au poste de Premier ministre.

Tensions après le scrutin

Article détaillé : Crise ivoirienne de 2010-2011.

Avec son gouvernement, ses conseillers et ses proches, Alassane Ouattara est reclus à l'Hôtel du Golf, assiégé par les forces de Laurent Gbagbo[3]. Refusant initialement le recours à la force pour faire quitter le pouvoir au président sortant[3], il obtient le soutien de nombreux États étrangers, ainsi que celui d'instances économiques et financières tant régionales (Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest) qu'internationales, et parvient à paralyser l'économie et assécher les finances de l'État ivoirien, notamment les zones encore contrôlées par son adversaire[22].

Cette situation ne satisfait néanmoins aucun des protagonistes ; Alassane Ouattara concède alors que « les voies pacifiques sont épuisées »[23]. Début mars, la tension gagne l'ouest du pays, où les Forces nouvelles prennent le contrôle de nouveaux territoires. Le 28 mars, une vaste offensive des forces pro-Ouattara, rebaptisées Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), est lancée : en quelques jours, celles-ci prennent notamment le contrôle de la capitale politique Yamoussoukro et du stratégique port de San-Pedro, puis se dirigent vers Abidjan[24]. Les FRCI y entrent sans rencontrer de réelle résistance, l'armée régulière et la gendarmerie se rangeant aux côtés d'Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo et son épouse se retranchent dès lors dans la résidence présidentielle, protégés par un dernier carré de fidèles qui, le 9 avril, attaquent au mortier l'Hôtel du Golf dans lequel réside Alassane Outtara[25]. La résidence présidentielle est assiégée par les FRCI jusqu'à ce que Laurent Gbagbo soit arrêté, avec son épouse Simone, le 11 avril 2011 . Conduit à l'Hôtel du Golf, il est transféré deux jours plus tard à Korhogo (nord de la Côte d'Ivoire)[26].

Exercice du pouvoir

Les médias insistent sur le fait qu'Alassane Ouattara doit avant tout rétablir la sécurité et réconcilier les Ivoiriens, divisés par plusieurs mois d'une crise qui aurait provoqué près de 3 000 morts[27],[28],[29]. Le jour même de l'arrestation de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara prononce une allocution dans laquelle il annonce sa volonté de créer une « commission vérité et réconciliation qui fera la lumière sur tous les massacres, crimes et autres violations des droits de l'homme », et appelle « à s'abstenir de toute acte de représailles et de violences »[30]. Deux jours plus tard, il affirme avoir pris contact avec le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, pour engager des investigations sur les massacres commis[31]. En outre, pour redresser l'économie (4 400 milliards de francs CFA ont été perdus pendant la crise, la croissance a chuté à - 8 %, les exportations de cacao ont été stoppées), il propose notamment un plan d'urgence de 45 milliards de francs CFA[32].

Dans une décision en date 4 mai 2011, le Conseil constitutionnel ivoirien « proclame monsieur Alassane Ouattara président de la République » et « prend acte des décisions prises » par celui-ci[33]. Deux jours plus tard, le 6 mai, il prête serment au palais présidentiel d'Abidjan, en présence notamment des membres du gouvernement, des diplomates, des responsables militaires, des chefs de partis politiques[34],[35]. Sa cérémonie d'investiture se déroule en présence de chefs d'État étrangers le 21 mai à Yamoussoukro[36].

Alassane Ouattara (à droite), après une réunion avec le président américain, Barack Obama, le 29 juillet 2011 à la Maison-Blanche.

Le quatrième gouvernement Guillaume Soro est formé le 1er juin 2011. Il comprend 36 ministres, dont quatorze membres du RDR, huit membres du PDCI et cinq représentants des Forces nouvelles, les autres ministres étant issus de la société civile et de petits partis. Le FPI, dont le comité central souhaitait notamment la libération de Laurent Gbagbo, ne participe pas à ce gouvernement[37]. Le 9 août suivant, le président Ouattara demande aux ministres de signer une « charte d'éthique » pour lutter contre la corruption et le népotisme[38].

Le 20 juillet 2011, Alassane Ouattara signe un décret créant une commission nationale d'enquête (« Commission dialogue, vérité et réconciliation ») sur les violences post-électorales de 2010-2011. Cette commission, qui disposera de six mois pour transmettre ses conclusions et recommandations, doit mener des enquêtes « non-judiciaires » pour aider à comprendre « comment et pourquoi des violations aussi graves et massives » des droits de l'homme ont pu être commises. Présidée par l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny, la commission d'enquête devra travailler « en parfaite synergie avec toutes les organisations nationales et internationales de défense des droits de l'homme »[39]. Sa composition et son plan d'action seront connues dans les semaines à venir, après quoi aura lieu son installation officielle.

Dates clés de sa carrière

  • avril 1968 - août 1973 : économiste au FMI
  • août 1973 - février 1975 : chargé de mission au siège de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO)
  • février 1975 - décembre 1982 : conseiller spécial du gouverneur et directeur des études de la BCEAO
  • janvier 1983 - octobre 1984 : vice-gouverneur de la BCEAO
  • novembre 1984 - octobre 1988 : directeur du département Afrique au FMI
  • mai 1987 - octobre 1988 : conseiller spécial du directeur général du FMI
  • octobre 1988 - décembre 1993 : gouverneur de la BCEAO
  • avril - novembre 1990 : président du Comité interministériel de la coordination du programme de stabilisation et de relance économique de la Côte d'Ivoire
  • novembre 1990 - décembre 1993 : Premier ministre
  • depuis décembre 1993 : gouverneur honoraire de la BCEAO
  • juillet 1994 - juillet 1999 : directeur général adjoint du FMI
  • depuis juin 1999 : président fondateur de l'Institut international pour l'Afrique (IIA)
  • depuis août 1999 : président du Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire (RDR)
  • décembre 2010 : se proclame vainqueur de l'élection présidentielle après l'annonce des résultats provisoires par le président de la CEI, prête serment « en qualité de président de la République de Côte d'Ivoire » et reconduit Guillaume Soro au poste de Premier ministre
  • mai 2011 : proclamé puis investi président de la République

Distinctions

  • Collier et grand-croix de l'ordre national de Côte d'Ivoire
  • Grand officier de l'ordre national de Côte d'Ivoire
  • Commandeur de l'ordre national du Lion du Sénégal
  • Commandeur de l'ordre du Mono du Togo
  • Commandeur de l'ordre national du Niger

Notes et références

  1. Reconnu par ses partisans et la communauté internationale dès le 4 décembre 2010.
  2. Marwane Ben Yahmed, « Présidentielle : les deux mondes de Gbagbo et Ouattara », site de Jeune Afrique, 27 novembre 2010.
  3. a, b, c et d « La métamorphose d'Alassane Ouattara », Le Point, no 2012, 7 avril 2011, pp. 60-64.
  4. http://www.aeud.fr/Qui-est-Dominique-Ouattara-Epouse.html
  5. « Quand Paris boudait Ouattara à cause de sa femme française » sur Rue 89
  6. Jean-Marc Balencie et Arnaud de la Grange, Les Nouveaux Mondes rebelles, Michalon, 2004, Paris, p. 142.
  7. « Côte d'Ivoire: le code électoral de l'exclusion », Libération, 8 septembre 1995.
  8. a, b et c « Alassane Ouattara, du FMI à la présidence ivoirienne », nouvelobs interactif, 11 avril 2011.
  9. « ADO est élu président du RDR, le 1er août 1999 », site officiel d'Alassane Ouattara.
  10. La constitution ivoirienne vue par 7 juristes français
  11. Human Rights Watch, 28 août 2001, « Le Nouveau Racisme, La manipulation politique de l'ethnicité en Côte d'Ivoire »
  12. a et b « Rapport : enquête sur le charnier de Yopougon du 26 octobre 2000 » sur le site de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme, 22 décembre 2000.
  13. « Gbagbo, la fuite en avant », Le Point, 9 décembre 2010.
  14. « Alassane Ouattara, visage de la crise identitaire en Côte d'Ivoire », Le Point, 28 novembre 2010.
  15. (en) Opposition « Opposition Leader Returns, Calls for Peace, as UN Mulls Sanctions », allafrica.com, 26 janvier 2006.
  16. « Si j’étais président… », Jeune Afrique, 14 décembre 2008.
  17. « La proclamation de la victoire de Laurent Gbagbo conduit le pays dans l'impasse », France 24, 4 décembre 2010.
  18. « L'ONU, l'UE, Obama et Sarkozy félicitent Ouattara », Le Figaro, 4 décembre 2010.
  19. « Côte d'Ivoire : l'ONU, Obama et Sarkozy appellent Gbagbo à s'incliner », Le Parisien, 3 décembre 2010.
  20. « Le “non” de Gbagbo à la communauté internationale », TF1-LCI, 18 décembre 2010.
  21. « Côte d'Ivoire : Gbagbo prête serment...Ouattara aussi », Le Parisien, 4 décembre 2010.
  22. « Gbagbo en difficultés financières, l'économie ivoirienne est affectée », Radio Nederland Wereldomroep, 5 février 2011.
  23. « Côte d'Ivoire: la revanche de Ouattara », L'Express, 12 avril 2011.
  24. « Côte d'Ivoire: Alassane Ouattara conquiert Yamoussoukro et San Pedro », RTBF, 31 mars 2011.
  25. « L'hôtel de Ouattara visé par des tirs de mortier à Abidjan », dépêche Reuters reprise par Le Point, 9 avril 2011.
  26. « Laurent Gbagbo est à Korhogo », Europe 1, 13 avril 2011.
  27. « Côte d'Ivoire: réconciliation et sécurité, vaste programme pour Ouattara », La Dépêche du Midi, 11 avril 2011.
  28. « Alassane Ouattara réussira-t-il à relever la Côte d'Ivoire ? », Jeune Afrique, 25 avril 2011.
  29. « “Les Ivoiriens aspirent à la paix ” », La Croix, 27 avril 2011.
  30. « Le discours de Ouattara après l'arrestation de Gbagbo », Libération, 11 avril 2011.
  31. « Alassane Ouattara a pris contact avec la Cour pénale internationale », site de Radio France internationale, 14 avril 2011.
  32. « Côte d'Ivoire: “Le développement économique est un moyen de régler le conflit” », Le Journal du dimanche, 13 avril 2011.
  33. « Voici la décision qui déclara Ouattara Président élu », Le Patriote, 6 mai 2011.
  34. « Ouattara a prêté serment, l'audition de Gbagbo reportée », RFI, 6 mai 2011.
  35. « Alassane Ouattara aux membres du Conseil constitutionnel : “Cette décision vous réconcilie avec votre serment et votre conscience” », abdijan.net, 7 mai 2011.
  36. « Ouattara solennellement investi président de la Côte d'Ivoire », Le Monde, 21 mai 2011.
  37. « En Côte d'Ivoire, le nouveau gouvernement connu », site de Radio France internationale, 2 juin 2011.
  38. « Le gouvernement ivoirien va adopter une charte d'éthique », Ouest-France, 9 août 2011.
  39. « Côte d’Ivoire : une commission d’enquête pour faire la lumière sur les exactions commises après les élections », RFI, 21 juillet 2011.

Voir aussi

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  • Ouattara — is a surname or given name, and may refer to: Aboubakar Diaby Ouattara, diplomat Alassane Ouattara (born 1942), Ivorian politician Amara Ahmed Ouattara (born 1983), Burkinabé football player Boureima Ouattara (born 1984), Burkinabé football… …   Wikipedia

  • Ouattara — Cette page d’homonymie répertorie les différents sujets et articles partageant un même nom. Patronyme Ouattara est un nom de famille notamment porté par : Alassane Ouattara (1942 ), homme politique ivoirien ; Fambaré Ouattara Natchaba… …   Wikipédia en Français

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