Alain de Monéys

Hautefaye

Hautefaye

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Administration
Pays France
Région Aquitaine
Département Dordogne
Arrondissement Nontron
Canton Nontron
Code Insee abr. 24209
Code postal 24300
Maire
Mandat en cours
Francis Michel Donnary
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Périgord nontronnais
Démographie
Population 113 hab. (2006)
Densité 9 hab./km²
Géographie
Coordonnées 45° 32′ 15″ Nord
       0° 29′ 39″ Est
/ 45.5375, 0.494166666667
Altitudes mini. 139 m — maxi. 206 m
Superficie 12,47 km²

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Hautefaye est une commune française, située dans le département de la Dordogne et la région Aquitaine.

Elle est intégrée au Parc naturel régional Périgord Limousin.

Sommaire

Géographie

Histoire

Le drame d'Hautefaye

Il s'agit d'un cas assez unique dans l'histoire contemporaine en France.

Le 16 août 1870, c'est jour de grande foire à Hautefaye, petit village du Périgord. Un jeune aristocrate local de 28 ans, Alain Romuald de Monéys d'Ordières, vient y chercher une génisse. Il habite près de Bretanges dans le domaine familial.

La France est alors en guerre avec la Prusse et les troupes de Napoléon III sont en pleine débâcle ; dans le Périgord ultra-bonapartiste, la nouvelle fait rage.

Arrive au village un cousin d'Alain de Monéys, le vicomte Camille de Maillard de Lafaye, fils du maire de la commune voisine de Beaussac, républicain convaincu, qui doit partir combattre ; sur le foirail, il répond au père d'un jeune engagé dans la garde mobile venu s'informer sur les évènements : « nos armées ont battu les prussiens mais ont dû reculer derrière la Moselle ». Il est alors invectivé par un certain Le Cussou et d'autres, qui l'accusent « d'envoyer de l'argent aux Prussiens », manifestation selon eux d'un complot des aristocrates et d'un clergé « revanchards » pour faire tomber le régime impérial, voire restaurer la féodalité.

Intervient alors un certain Brethenoux dit « le Mexicain », ancien soldat de l'Empire, agitateur et criminel, qui demande qui crie « Vive la République » et devant sa dénégation, somme de Maillard de crier « Vive Napoléon » qui s'exécute, mais la foule excitée, avinée et en colère se retourne contre lui, le bouscule et le pousse contre un mur, malgré l'intervention de plusieurs personnes ; rapide, il réussit à sauter dans le chemin bordant le foirail, y aperçoit et rejoint huit des ses métayers, se protège derrière leurs bœufs et s'enfuit par la route de Nontron, le cimetière, pour gagner les bois proches.

Mais la rumeur circule en ville que son cousin, Alain, est au village et qu'il est forcément aussi « une vermine détournant l'argent des honnêtes paysans pour l'envoyer aux Prussiens ». C'est sur ces accusations infondées que sera massacré le jeune Alain par au moins deux cents personnes qui, tout en allant boire le vin du curé, revenaient rouer de coups le jeune homme qui ne cessera de crier tout au long de son supplice : « Vive l'Empereur ! ». Rien n'y fera. Même le courage du curé et des métayers de monsieur de Monéys, ne permettront pas de le soustraire à une foule en liesse, avide de sang, désireuse de commettre un sacrifice pour calmer sa fureur, née de la peur de l'envahisseur. Après avoir été frappé, sanglé et torturé sur un travail à ferrer, avoir pris des coups de gourdins, de fourches, de boules d'un crochet de fer, il sera finalement, alors qu'on assemble à la va-vite du bois brûlé vif sur la place dite du « Lac desséché » par ses principaux concitoyens, dont l'âge allait de quatorze à soixante ans.

En décembre 1870, lors du procès qui se tient à Périgueux, on comptera dix-neuf condamnés, dont quatre à la peine capitale, lesquels seront exécutés sur la place d'Hautefaye.

Le village dut à ce massacre son surnom de « village des Cannibales » car, durant la crémation d'Alain de Monéys, certains auraient pris au pied de la lettre le maire qui ne l'a pas protégé – ce qui lui valut d'être destitué par le préfet – déclarant « Mangez-le si vous voulez », et auraient étalé sa graisse encore bouillante sur des tartines de pain qui circulèrent.

En 1953 mourut à Hautefaye Noémie Lavaud, 92 ans, « dernier témoin direct du drame ».

Le 16 aout 1970, à l'initiative d'un des habitants du village, fut dite dans l'église du bourg une « messe du pardon » en présence des descendants de la famille d'Alain de Moneys et des ceux de ses assassins.

Le nom du village fut un temps condamné à disparaître et ses habitants frappés d'infamie.

Le journaliste républicain Charles Ponsac fit le compte-rendu du procès[1], puis le drame a été plus tard raconté et analysé par l'écrivain Georges Marbeck en 1982[2],[3], l'historien Alain Corbin en 1990[4], l'écrivain Violaine Massenet en 2008[5], l'écrivain Jean Teulé en 2009[6] et d'autres encore[7],[8],[9],[10], et serait également en cours d'adaptation pour le cinéma[réf. nécessaire].

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
1977 en cours Francis Michel Donnary SE retraité
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique
(Source : Insee[11])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
174 169 146 144 129 116 113 [12]
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments

Événements

  • Le pèlerinage du 15 août (ou du dimanche suivant), dédié à Notre-Dame de l'Assomption. Après être tombé en désuétude depuis longtemps, il fut remis d'actualité par le curé de la paroisse dans les années 1930-1940. Il est mentionné pour la première fois en 1492[13] lorsque Anne de Bretagne y envoya son frère et l'une de ses dames d'honneur. En 2008, la procession a encore attiré plus de 80 pèlerins[14].

Personnalités liées à la commune

Notes et références

  1. Charles Ponsac, Le Crime d'Hautefaye : Assassinat de M. de Monéys brûlé vif par des paysans bonapartistes, vingt et un accusés, quatre exécutions capitales, Impr. Viéville et Capiomont, 1871, 18 p. 
  2. Georges Marbeck, Hautefaye : L'année terrible, Robert Laffont, 1982, 408 p. (ISBN 2-221-01056-6) .
  3. Georges Marbeck, Cent documents autour du drame de Hautefaye, Pierre Fanlac, Périgueux, 1983, 126 p. (ISBN 2-86577-042-7) .
  4. Alain Corbin, Le Village des Cannibales, Aubier, coll. « Collection historique », 1990, 204 p. (ISBN 2-7007-2226-4) , rééd. Flammarion, coll. « Champs histoire », 1995 (ISBN 2-08-081321-8) et 2008 (ISBN 978-2-08-122301-1).
  5. Violaine Massenet, Les Mangeurs de cendres, l'Archipel, 2008, 282 p. (ISBN 978-2-8098-0031-9) [présentation en ligne] .
  6. Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez, Julliard, 2009, 144 p. (ISBN 978-2-260-01772-1) [présentation en ligne] .
  7. Jean-Louis Galet, gravures de Maurice Albe, Meurtre à Hautefaye, suivi d'autres histoires, gravures de Maurice Albe, Pierre Fanlac, Périgueux, 1970, 191 p. 
  8. Patrick de Ruffray, L'Affaire d'Hautefaye : Légende, histoire, Impr. industrielle et commerciale, Angoulême, 1926, 57 p. 
  9. Robert Villepelet, « En marge de l'histoire : Le crime d'Hautefaye », dans Revue de France, vol. 8, no 16, 15 août 1928, p. 740–748 (ISSN 1141-2577) .
  10. M. Simonet, La Tragédie du 16 août 1870 à Hautefaye, Impr. Siraudeau, Bordeaux, 1929, 24 p..
    Conférence donnée à l'Athénée municipal de Bordeaux, le 30 mai 1928, sous les auspices de la Société amicale du Périgord
     
  11. Hautefaye sur le site de l'Insee
  12. Insee, Population légale 2006
  13. Alberte Sadouillet-Perrin et Guy Mandon, ill. par Paul Laparre, Pélerinages en Périgord, ill. par Paul Laparre, éd. Pierre Fanlac, Périgueux, 1985, 158 p. (ISBN 2-86577-079-6) .
  14. Journal Sud Ouest (édition Périgueux) du 26 août 2008.

2009 - Jean Teulé - "Mangez le si vous voulez "

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe

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