Alain Juppé
Alain Juppé
Alain Juppé 2008.jpg
Alain Juppé, le 27 août 2008.

Mandats
Ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et européennes
21e ministre des Affaires étrangères de la Ve République
Actuellement en fonction
Depuis le 27 février 2011
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon III
Prédécesseur Michèle Alliot-Marie
Maire de Bordeaux
Actuellement en fonction
Depuis le 8 octobre 2006
Prédécesseur Hugues Martin
19 juin 199513 décembre 2004
Prédécesseur Jacques Chaban-Delmas
Successeur Hugues Martin
Ministre d'État, ministre de la Défense et des Anciens combattants
20e ministre de la Défense de la Ve République
14 novembre 201027 février 2011
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon III
Prédécesseur Hervé Morin
Successeur Gérard Longuet
Ministre d'État, ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables
18 mai 200718 juin 2007
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon I
Prédécesseur Nelly Olin
Successeur Jean-Louis Borloo
15e Premier ministre français
(163e chef du gouvernement)
17 mai 19952 juin 1997
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I
Alain Juppé II
Législature Xe législature
Majorité Union pour la France
RPR - UDF
(Majorité présidentielle)
Prédécesseur Édouard Balladur
Successeur Lionel Jospin
Ministre des Affaires étrangères
13e ministre des Affaires étrangères de la Ve République
31 mars 199311 mai 1995
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Prédécesseur Roland Dumas
Successeur Hervé de Charette
Porte-parole du gouvernement
20 mars 198610 mai 1988
Président François Mitterrand
Gouvernement Jacques Chirac II
Prédécesseur Georgina Dufoix
Successeur Claude Évin
Ministre délégué au Budget
20 mars 198610 mai 1988
Président François Mitterrand
Gouvernement Jacques Chirac II
Prédécesseur Henri Emmanuelli
Successeur Pierre Bérégovoy
Biographie
Nom de naissance Alain Marie Juppé[1]
Date de naissance 15 août 1945 (1945-08-15) (66 ans)
Lieu de naissance Drapeau de la France Mont-de-Marsan (France)
Nationalité Française
Parti politique RPR
UMP
Conjoint Christine Leblond
(1965-1993)
Isabelle Legrand-Bodin
(depuis 1993)
Diplômé de ENS Ulm
IEP de Paris
ENA
Profession Inspecteur des finances

Alain Juppé, né le 15 août 1945 à Mont-de-Marsan (Landes), est un homme politique français.

Proche collaborateur de Jacques Chirac à partir de 1976, il est son adjoint à la mairie de Paris de 1983 à 1995. Il est notamment ministre à plusieurs reprises depuis les années 1980 (Budget, Affaires étrangères, Écologie, Défense) et Premier ministre au début du premier mandat présidentiel de Jacques Chirac de 1995 à 1997. Il est également secrétaire général (de 1988 à 1994) puis président (de 1994 à 1997) du Rassemblement pour la République (RPR) et président de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) de 2002 à 2004. Il est actuellement maire UMP de Bordeaux depuis 2006 (après l'avoir été une première fois de 1995 à 2004) et ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et européennes depuis 2011.

Sommaire

Biographie

Origines et études

Alain Marie Juppé est le fils de Robert Juppé, sympathisant gaulliste et propriétaire agricole des Landes, et de Marie Darroze (1910-2004), issue d’une famille de métayers landais.

Après des études secondaires brillantes au lycée Victor-Duruy à Mont-de-Marsan (Landes), où il reçoit les premiers prix de grec et de latin au concours général des lycées, il obtient son baccalauréat en 1962 à l’âge de 17 ans. Il entre en classe préparatoire littéraire au lycée Louis-le-Grand à Paris, et intègre, en 1964, l’École normale supérieure. Il obtient l’agrégation de lettres classiques en 1967 et étudie à l’Institut d'études politiques de Paris en 1968, puis à l’École nationale d'administration de 1970 à 1972, après avoir accompli son service militaire de 1969 à 1970[2].

Famille

Il épouse, le 30 juin 1965, Christine Leblond, avec laquelle il a deux enfants : Laurent, né en 1967, et Marion, née en 1973. Divorcé, il épouse en secondes noces, le 29 avril 1993, la journaliste Isabelle Legrand-Bodin, avec qui il aura une fille, Clara, née en 1995[3].

Carrière politique

Débuts

Alain Juppé affirme avoir voté pour Alain Krivine lors de l'élection présidentielle de 1969[4]. De 1972 à 1976, il est en poste à l'Inspection générale des finances. Il est notamment chargé de la vérification et des enquêtes dans les organismes assujettis au contrôle de cette administration (services financiers, offices HLM, services culturels de la France à l’étranger, entre autres), puis est chargé de mission auprès du chef de l'IGF à partir de 1975. En 1976, il devient collaborateur de Jacques Chirac, alors Premier ministre, en tant que chargé de mission, puis conseiller technique au ministère de la Coopération, jusqu’en 1978. Adhérent du Rassemblement pour la République (RPR) dès sa fondation par Jacques Chirac, en 1976, sur la base de l'ancien mouvement gaulliste UDR, il en est délégué national aux études de 1977 à 1978.

En 1978, il se présente, sans succès, aux élections législatives dans la 1re circonscription des Landes (Mont-de-Marsan et ses environs), en tant que candidat du RPR. Il est battu par le député sortant socialiste, Roger Duroure. L'année suivante, il prend la présidence de la fédération départementale RPR des Landes, et ce jusqu'en 1984. Il travaille, ensuite, aux côtés de Jacques Chirac à la mairie de Paris et devient l'un de ses plus proches conseillers. En 1979, il est élu au conseil national du RPR, et est nommé adjoint à la direction des finances et des affaires économiques de la ville de Paris, dont il est le directeur de 1980 à 1981. Il est directeur adjoint de la campagne de Jacques Chirac à l'élection présidentielle de 1981. Par la suite, il anime avec Michel Aurillac le « Club 89 », tout juste créé au sein du parti chiraquien sous la forme d'un « laboratoire d'idées » chargé de « préparer un projet politique applicable dans l'environnement de 1989 », mais en réalité véritable « contre-gouvernement » chargé d'élaborer les programmes du parti pour les échéances à venir : les législatives de 1986 et la présidentielle de 1988. Il est secrétaire national du RPR chargé du redressement économique et social de 1984 à 1986.

Premiers mandats électifs et fonctions ministérielles

Conseiller de Paris, puis député

En suivant Jacques Chirac à Paris, il s’implante dans le 18e arrondissement de la capitale, terre de la « bande du 18e » des figures socialistes que sont Lionel Jospin, Daniel Vaillant, Bertrand Delanoë et Claude Estier. Il est tête de liste dans cet arrondissement aux élections municipales de 1983 et 1989, et l'emporte à chaque fois (lors des deux scrutins, les listes de Jacques Chirac réalisent le « Grand Chelem » en remportant les vingt arrondissements). Alain Juppé laisse toutefois la mairie d'arrondissement à Roger Chinaud (UDF), prenant le poste d'adjoint au maire de Paris auprès de Jacques Chirac, chargé des Finances. Il occupe cette fonction de 1983 à 1995.

Après avoir été élu député européen lors des élections de 1984 (en sixième position sur la liste RPR-UDF menée par Simone Veil), il devient député de Paris lors des législatives au scrutin proportionnel de 1986. Il est par la suite réélu au vote majoritaire dans la 18e circonscription (quartier de Clignancourt et une partie de celui des Grandes-Carrières dans le 18e arrondissement), au second tour, en 1988, face au socialiste Bertrand Delanoë, puis dès le premier tour en 1993.

Ministre du Budget

Il est ministre délégué au Budget auprès du ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et de la Privatisation, Édouard Balladur, ainsi que porte-parole du gouvernement, durant la première cohabitation, du 20 mars 1986 au 11 mai 1988. À ce poste, il supervise une baisse généralisée de la fiscalité avec surtout la suppression de l'impôt sur les grandes fortunes par la loi de finance rectificative pour 1986 du 16 avril de cette année, suivie dans les budgets 1987 et 1988 par le relèvement du seuil d’exonération de l’impôt sur le revenu, l'abaissement des différents taux de TVA, la réduction du taux de l'impôt sur les sociétés de 50 à 42 %, l'abolition de la taxe sur les frais généraux et la mise au point d’une fiscalité de groupe pour les entreprises. Le but de cette politique est de favoriser l'investissement des ménages et du secteur privé. Cet allègement souhaité de la pression fiscale sur les particuliers et les sociétés se traduit également dans la loi du 8 juillet 1987, dite « loi Aicardi », qui adoucit les sanctions fiscales en offrant aux contribuables de nouvelles garanties juridiques dans le cadre des procédures de contrôle et de contentieux fiscal ou douanier : une charte des droits et obligations du contribuable vérifié est rédigée, le délai de reprise de l’administration est réduit, la charge de la preuve n’incombe plus au contribuable, la durée des vérifications sur place est limitée. Alain Juppé mène en outre à bien la suppression du service des alcools, qui dépendait de son ministère, par le décret du 26 janvier 1987, mettant fin à l'un des derniers grands monopoles industriels d'État[5]. Il cumule ses fonctions ministérielles avec celle de porte-parole du candidat Jacques Chirac et de secrétaire général de son comité de soutien lors de la campagne de l'élection présidentielle de 1988.

Numéro deux du RPR
Alain Juppé aux côtés de Jacques Chirac, en 1988.

Après le retour de la droite dans l'opposition, il devient secrétaire général (et donc le numéro deux) du RPR, de 1988 à 1994. Il mène conjointement avec Valéry Giscard d'Estaing la liste RPR-UDF aux élections européennes de 1989, qui arrive en tête avec 28,88 % des suffrages exprimés et obtient 26 des 81 sièges à pourvoir. Néanmoins, Alain Juppé ne reste cette fois député européen que quelques mois, démissionnant le 15 octobre 1989 pour se consacrer à son mandat de parlementaire français, son rôle étant d'être une « locomotive électorale » sans l'objectif de siéger[6]. Fidèle de Jacques Chirac, il assure le maintien du contrôle de ce dernier sur le parti face à la montée de contestations internes venant de jeunes « rénovateurs » mais aussi de poids lourds tels que Charles Pasqua ou Philippe Séguin. Ainsi, aux assises du mouvement tenues au Bourget le 11 février 1990, sa motion (finalement soutenue par les « rénovateurs ») obtient la majorité avec 68,6 % des votes des militants (et donc 90 élus sur les 100 désignés directement par les assises nationales pour faire partie des 735 membres du conseil national, et 17 membres sur les 30 du bureau politique) contre 31,4 % à la motion Pasqua-Séguin, tandis que Jacques Chirac est réélu président à l'unanimité du conseil national. Il fait partie, avec Édouard Balladur ou Jacques Toubon, de ceux qui conseillent à Jacques Chirac de soutenir le « oui » au référendum sur la ratification du traité de Maastricht le 27 août 1992, le poussant à se mettre en porte-à-faux avec une majorité de membres de son propre parti qui, derrière Charles Pasqua et Philippe Séguin, font activement campagne pour le « non ».

Ministre des Affaires étrangères

Lors de la deuxième cohabitation, du 30 mars 1993 au 18 mai 1995, il est ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Édouard Balladur. Il se fait notamment l'avocat, avec le président de la République François Mitterrand, d'une opération militaire au Rwanda, alors en plein génocide. Les minutes du Conseil des ministres, étudiés par Pierre Favier et Michel Martin-Roland, puis par Pierre Péan, indiquent que le président François Mitterrand et Alain Juppé étaient des partisans résolus d'une intervention, afin de sauver les vies qui pouvaient encore l'être. Le Premier ministre Édouard Balladur et le ministre de la Défense François Léotard craignaient un dérapage vers une opération coloniale[7], mais se sont ralliés à la position des deux premiers. Alain Juppé défend ainsi auprès d'une communauté internationale réticente le lancement, le 22 juin 1994, de l'opération Turquoise de l'ONU, décidée par la résolution n°929 du Conseil de sécurité et menée par la France en parallèle de la MINUAR, alors limitée en effectifs. Le but annoncé était de protéger, dans une « zone humanitaire sûre », les « populations menacées » aussi bien par le génocide que par le conflit militaire entre le FPR et le gouvernement intérimaire rwandais. La France revendique la protection de 8 000 Tutsi du camp de Nyarushishi et le secours porté à 800 Tutsi à Bisesero, près de Kibuye, même si l'action de l'armée française est aujourd'hui sujet à controverse.

D'autre part, il joue un rôle dans le cadre du processus d'Oslo pour la paix israélo-palestinienne, en présidant notamment les conférences qui aboutissent aux signatures à Paris de deux accords sur les futures relations économiques entre Israël et l'OLP, les 9 mars puis 29 avril 1994[8]. Plusieurs analystes, y compris à gauche, jugent positivement son action au ministère des Affaires étrangères. Dans une tribune pour Libération du 7 mars 1995, Jacques Amalric estime ainsi qu'il s'est « révélé comme un des meilleurs ministres des Affaires étrangères de la France contemporaine »[9], tandis que Pierre Briançon, toujours dans Libération, en octobre 1996, admet qu'il s'agit de « l'un des grands ministres des Affaires étrangères que la France eût connus dans la période la plus récente ­en tout cas, l'un des plus compétents et l'un des plus consciencieux, l'un des moins démagogiques aussi »[10].

Avec la déclaration de candidature de Jacques Chirac à l’élection présidentielle le 4 novembre 1994, Alain Juppé devient président du RPR par intérim et l'un de ses principaux lieutenants dans la campagne. Le candidat le présente alors durant la campagne, devant un parterre de militants, comme « celui qui est probablement le meilleur d'entre nous ». Jacques Chirac, alors maire de Paris, étant élu à la magistrature suprême, Alain Juppé est nommé Premier ministre le 17 mai 1995 et conserve la présidence du RPR.

Premier ministre

Nommé Premier ministre par le nouveau président Jacques Chirac le jour de son investiture, Alain Juppé prononce son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale le 23 mai 1995, autour du thème de la « bataille pour l'emploi », estimant que « c'est sur notre capacité à provoquer en France un profond et durable mouvement de création d'emplois que nous demanderons, le moment venu, à être jugés »[11]. Il obtient dans la foulée la confiance de 447 députés sur 538 votants (les 236 du RPR, les 199 de l'UDF ainsi que 10 des 22 membres du groupe République et liberté et 2 sur les 3 non inscrits)[12].

Chef de la majorité

Alain Juppé conserve la direction du parti néo-gaulliste jusqu'à la défaite de la droite aux élections législatives de 1997. Le 19 juin 1995, il est également élu maire de Bordeaux, succédant ainsi à Jacques Chaban-Delmas duquel il hérite également du fauteuil de député de la 2e circonscription de la Gironde en 1997. Il dirige deux gouvernements : le premier du 17 mai au 7 novembre 1995 et le second du 7 novembre 1995 au 2 juin 1997. Son premier gouvernement est marqué par une importante présence de femmes comparativement aux précédents gouvernements. Douze sur quarante-trois membres au total, dont quatre ministres de plein exercice sur vingt-six et huit secrétaires d'État sur quatorze, elles sont surnommées par la presse les « juppettes ». Seulement quatre d'entre elles (une ministre, Corinne Lepage, ainsi que deux secrétaires d'État, Anne-Marie Idrac et Margie Sudre, tandis qu'Anne-Marie Couderc obtient une promotion en devenant ministre déléguée) sont maintenues au sein de son second gouvernement, resserré, le 7 novembre 1995 (passage à trente-trois membres, dont plus que seize ministres, onze ministres délégués et cinq secrétaires d'État). La composition du gouvernement reste par la suite inchangée jusqu'au 2 juin 1997.

Montée de l'impopularité

Touché un mois après son entrée en fonction par l'affaire de l'appartement de son fils Laurent, Alain Juppé apparaît bientôt de plus en plus impopulaire (selon le baromètre TNS Sofres pour le Figaro Magazine, sa côte d'avenir passe ainsi de 63 % en juin et juillet à 57 % en août puis, après un léger rebond à 59 % en septembre, redescend à 40 % en octobre et 37 % en novembre)[13]. Sa défense apparaît alors rigide, symbolisée par l'expression qu'il prononce le 6 juillet 1995 : « Je suis droit dans mes bottes et je crois en la France ». En désaccord avec son ministre de l'Économie et des Finances, Alain Madelin, il doit faire face à sa démission le 26 août 1995. Il le remplace par Jean Arthuis.

Cette impopularité se renforce avec le « plan Juppé », projet de réforme de la Sécurité sociale présenté à l’Assemblée nationale le 15 novembre 1995. Il prévoie un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique afin de l'aligner sur celle du secteur privé déjà réformé en 1993, l’établissement d’une loi annuelle de la Sécurité sociale fixant les objectifs de progression des dépenses maladies et envisageant la mise en place de sanctions pour les médecins qui dépassent cet objectif, l'accroissement des frais d'hôpital, des restrictions sur les médicaments remboursables et le blocage et l'imposition des allocations familiales versées aux familles avec enfants les plus démunies, combiné avec l'augmentation des cotisations maladie pour les retraités et les chômeurs et au gel du salaire des fonctionnaires. Celui-ci déclenche un vaste mouvement social dans l’ensemble du pays. Malgré le soutien apporté par la CFDT à Alain Juppé, les mouvements de grève de novembre et décembre 1995 de « défense des acquis sociaux » ont raison de sa détermination : il doit céder, le 15 décembre 1995, sur l’extension aux régimes publics des mesures décidées en 1993 par Édouard Balladur pour les retraites de base du secteur privé.

Mais le gouvernement refuse de revenir sur la réforme de la Sécurité sociale, une loi votée le 30 décembre suivant lui permettant de légiférer par ordonnances en la matière. Désormais, le budget de la Sécurité sociale est voté au Parlement, la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) est décidée tandis qu'une contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) est créée, un objectif quantifié d’augmentation des dépenses d’assurance-maladie est fixé et les prestations familiales sont gelées. Mais les analystes politiques notent surtout le recul du gouvernement sur ce qui était présenté comme l'essentiel, la réforme des retraites, Jean-François Revel accusant notamment le président Jacques Chirac de lâcheté pour n'avoir pas expliqué les réformes nécessaires lors de la campagne présidentielle, expliquant ainsi l'ampleur du mouvement. Dans un article du 15 février 1996, il estime ainsi que « quand, durant la campagne des présidentielles, Jacques Chirac parlait de réformes visant à réduire la fracture sociale, les Français comprenaient qu’ils allaient être noyés sous une pluie de subventions. Les réformes qui visent une réduction des déficits publics ou des déficits sociaux, ils ne les comprennent pas du tout »[14].

D'autres évènements affaiblissent encore la popularité du gouvernement Juppé, comme l'occupation de l'église Saint-Ambroise à Paris par 300 étrangers en situation irrégulière, d'origine africaine, demandant leur régularisation, à partir du 18 mars 1996. Après avoir été expulsés de l'église Saint-Ambroise, ils errent d'occupation en occupation et finissent par occuper l'église Saint-Bernard de la Chapelle. Dix d'entre eux entament alors une grève de la faim qui va durer deux mois. C'est un redémarrage des mouvements de l'immigration, avec la constitution de collectifs divers, tels que « Des papiers pour tous » en 1996, le « Collectif anti-expulsion » en 1998, entre autres. Finalement, l'évacuation musclée par la police des étrangers en situation irrégulière occupant l'église Saint-Bernard est décidée le 23 août 1996. Plusieurs d'entre eux sont renvoyés au Mali. La grève de la faim prend fin, tandis que l'un des occupants décède quelques mois plus tard des séquelles de celle-ci.

Poursuite des privatisations

Alain Juppé fait poursuivre d'autre part les mouvements de privatisations entamées entre 1986 et 1988 et depuis 1993, avec les groupes métallurgiques Pechiney et Usinor-Sacilor en 1995, la Banque française du commerce extérieur (BFCE, vendue de gré à gré au Crédit national pour donner naissance à Natexis), la Compagnie générale maritime (CGM, vendue également de gré à gré à la Compagnie maritime d'affrètement pour créer le groupe CMA - CGM), les Assurances générales de France (AGF, avec la mise en bourse de 51 % du capital, l'État ne conservant que 2 %) et la Compagnie française de navigation rhénane (CFNR, vendue de gré à gré à l'Association technique de l'importation charbonnière ATIC) en 1996, et enfin la société d'informatique professionnelle Bull en 1997. Ces privatisations auraient rapporté en 18 mois 40 milliards de francs français.

De plus, en 1996, le Premier ministre souhaite vendre au groupe Daewoo l’entreprise publique Thomson Multimédia, officiellement « très endettée », contre un franc symbolique après sa recapitalisation par l’État, à hauteur de 11 milliards de francs. Le motif invoqué consiste pour l’État français à respecter les critères de Maastricht, dont le pacte de stabilité et de croissance, qui impose alors une maîtrise des comptes publics. Le plan facilite la qualification de la France pour l’euro, le déficit public étant passé de 5,5 % du PIB en 1995 à 3,0 % en 1997. Il faut noter que Thomson Multimédias détient à cette époque les brevets et licences de la totalité des supports numériques sur disque (CD, CD-Rom, LaserDisc, DVD, disques magnéto-optiques, disquettes…) qui génèrent des royalties dans le monde entier avec l’émergence de la télévision numérique. De plus, Thomson reste dépositaire de la marque no 1 en Amérique du Nord : RCA. Toutefois, cette vente n’a pas lieu, le groupe Daewoo subissant alors une forte instabilité.

Élections législatives de 1997

Après la dissolution de l’Assemblée nationale par le président Chirac, les élections législatives de 1997 sont remportées par l’opposition, contraignant le gouvernement Juppé à la démission pour laisser la place à la troisième cohabitation. Alain Juppé transmet le poste de Premier ministre au socialiste Lionel Jospin le 2 juin 1997.

Maire de Bordeaux

En 1995, la liste qu'il mène lors des municipales obtient 50,28 % des suffrages exprimés dès le premier tour, contre 19,91 % à celle de son principal adversaire, le socialiste Gilles Savary. Il est ensuite élu maire de Bordeaux par le nouveau conseil municipal, après avoir écarté Jacques Valade, qui était le premier adjoint et le successeur naturel de Jacques Chaban-Delmas, ainsi que les candidats Denis Teisseire, Pierre Hurmic, François-Xavier Bordeaux[15]. Il prend dans le même temps la présidence de la communauté urbaine de Bordeaux (CUB), qu'il conserve jusqu'en 2004 (par la suite, la présidence va revenir à un socialiste, Alain Rousset de 2004 à 2007 puis Vincent Feltesse depuis 2007).

Alain Juppé revitalise la ville de Bordeaux avec la mise en valeur du patrimoine (à travers le classement du Port de la Lune au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2007), le développement d'un tramway (préféré dès 1995 au projet, un temps envisagé mais jugé trop coûteux, d'un métro de type VAL)[16] ou la réhabilitation du quartier de la Bastide à partir de 2000 (construction de logements, d'un jardin botanique, d'une université, d'écoles, de l’école de la Fondation Nicolas-Hulot, du cinéma multiplexe Mégarama, d'un ponton pour accueillir les bateaux, d'espaces publics tels que le Parc des Berges ou encore du Lion de Veilhan, une statue de lion, de couleur bleu clair, de 8 m de long et 6 m de haut, en matériaux composites).

La liste qu'il conduit l'emporte à nouveau dès le premier tour en 2001 (avec 50,96 % des suffrages contre 19,99 % à celle de Gilles Savary), en 2006, lors d'une municipale partielle provoquée par la démission de la majorité municipale à la suite de son souhait de revenir en politique après sa peine d'inéligibilité (avec 56,24 % des voix contre 25,2 % pour celle du socialiste Jacques Respaud), et en 2008 (ayant réussi à former une liste commune entre l'UMP, le Nouveau Centre et le MoDem, il réunit 56,62 % des votes contre 34,14 % obtenu par la liste du président PS du conseil régional d'Aquitaine, Alain Rousset). Il s'agit, avec Toulon, de la seule ville de plus de 100 000 habitants à être conservée par la droite à l'issue du premier tour. Depuis 2008, il dispose d'une majorité de 50 élus sur 61.

Alain Juppé, lors de la séance du conseil municipal du 14 mars 2008, jette les bases de l'action municipale pour les six années à venir. Il annonce alors ses priorités sectorielles : l'aménagement de nouveaux quartiers, la qualité de la vie au quotidien et l’exemplarité environnementale de Bordeaux. Son projet de mandature s’articule donc autour de trois grandes directions : le projet social, le projet urbain, et l’agenda 21.

Affaires judiciaires

Appartement de Laurent Juppé

En juin 1995, Le Canard enchaîné publie un document interne de la Ville de Paris, signé par Alain Juppé, donnant ordre à ses services de diminuer le loyer de son fils Laurent, logé dans un appartement relevant des propriétés de la ville de Paris, rue Jacob. Il est locataire, à un prix défiant toute concurrence, d’un appartement de 189 m² dans la même rue, où sont réalisés des travaux pour plusieurs millions de francs aux frais des contribuables. Une plainte pour « prise illégale d’intérêts » est déposée par l’Association des contribuables parisiens, créée ad hoc par Arnaud Montebourg, à l’époque jeune avocat et adhérent du Parti socialiste.

Une information judiciaire est ouverte par le procureur de la République de Paris, Bruno Cotte, qui a considéré que le délit de « prise illégale d'intérêts » était établi. Il annonce cependant son intention de classer le dossier si Alain Juppé quitte son appartement. Le procureur général près la cour d'appel de Paris, Jean-François Burgelin, publie alors un communiqué, approuvé par le ministère de la Justice, affirmant que l’infraction n’était pas constituée et qu’elle était de toute façon prescrite. Cependant, la décision de classement impose à Alain Juppé de déménager.

Emplois fictifs de la Ville de Paris

En 1998, Alain Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt » pour des faits commis en tant que secrétaire général du Rassemblement pour la République et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. Il est considéré comme un élément clé d’un système de financement occulte d’emplois au sein du RPR financés par la mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics (sa secrétaire personnelle au RPR fut elle-même rémunérée par une entreprise, le groupe immobilier Ségur, puis par la ville de Paris).

Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à dix-huit mois de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris et à une peine de dix ans d’inéligibilité. Le tribunal juge notamment que :

« Alain Juppé dans la quête de moyens humains lui apparaissant nécessaires pour l’action du RPR a délibérément fait le choix d’une certaine efficacité en recourant à des arrangements illégaux […] Que la nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi ; qu’agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu’il était investi d’un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain. […] »

L’appel interjeté par Alain Juppé, immédiatement après sa condamnation, a pour effet de suspendre l’application de cette décision jusqu’à l’arrêt de la cour d'appel. Le 1er décembre 2004, celle-ci réduit la condamnation à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité.

La cour d'appel formule quant à elle que :

«  Il est regrettable qu’au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l’occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n’ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l’ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés. Toutefois, M. Juppé s’est consacré pendant de nombreuses années au service de l’État, n’a tiré aucun enrichissement personnel de ces infractions commises au bénéfice de l’ensemble des membres de son parti, dont il ne doit pas être le bouc émissaire.  »

Il démissionne le lendemain de son dernier mandat, celui de maire de Bordeaux. Nombre de commentateurs estiment alors qu'« Alain Juppé paye pour Jacques Chirac » et que, bien que l'ancien Premier ministre soit condamné pénalement, la justice a reconnu Jacques Chirac comme responsable moralement[17].

UMP, traversée du désert et retour au gouvernement

Alain Juppé, président de l'UMP (à droite), lors d'un sommet du Parti populaire européen, à Paris, le 4 décembre 2003.

Il est réélu député le 16 juin 2002, dans la 2e circonscription de la Gironde. Il contribue ensuite à la fondation de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) et en devient le président après une élection organisée en octobre de cette même année. Il est confronté à ce poste aux mauvais résultats obtenus par le parti aux élections régionales (la droite ne conservant que deux régions sur vingt-six, l'Alsace et la Corse) et européennes de 2004.

Du retrait au renouveau

La déclaration de son inéligibilité en 2004 le conduit à quitter ses fonctions parlementaires, municipales et partisanes[18], Nicolas Sarkozy prenant la direction de l’UMP. Son adjoint Hugues Martin lui succède à la mairie de Bordeaux, ainsi que pour son mandat de député. La communauté urbaine de Bordeaux, dont il était président, bascule à gauche au profit du socialiste Alain Rousset.

En 2005, malgré des remous dans le monde universitaire québécois, il enseigne à l’École nationale d'administration publique (ENAP) à Montréal (Québec, Canada). Plusieurs universitaires se sont étonnés qu’un homme politique condamné à une peine d’inéligibilité puisse donner des cours à de futurs hauts-fonctionnaires. La polémique cesse et Alain Juppé peut enseigner normalement.

En mai 2006, Alain Juppé visite le Mexique pour une série de conférences sur la mondialisation et les avantages et désavantages de la France face à la mondialisation[19].

À la fin du mois d'août 2006, Alain Juppé revient du Québec et annonce son intention de se relancer dans la vie politique et de reconquérir le fauteuil de maire de Bordeaux. Le 28 août, la majorité UMP-UDF du conseil municipal de Bordeaux (hormis le maire Hugues Martin et deux adjoints, afin d’expédier les affaires courantes) démissionne. Les conseillers municipaux d’opposition ne démissionnent pas, mais le nombre de démissionnaires est suffisant pour imposer l’organisation d’une nouvelle élection municipale et permettre ainsi à Alain Juppé de revenir aux affaires. Le 29 août, Alain Juppé annonce, lors d’une conférence de presse, sa candidature à l'élection municipale partielle et aux législatives de 2007.

Retour sur la scène politique

Le 8 octobre 2006, la liste d’Alain Juppé (UMP-UDF-Parti républicain) l’emporte dès le premier tour de l'élection municipale anticipée de Bordeaux, avec 56,24 % des voix, et Alain Juppé redevient maire de Bordeaux[20].

Lors de l’élection présidentielle de 2007, Alain Juppé apporte son soutien à Nicolas Sarkozy.

Le 18 mai 2007, après la victoire de ce dernier, il est nommé ministre d'État, ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, au sein du gouvernement François Fillon.

Le 17 juin 2007, lors du second tour des élections législatives, Alain Juppé est battu de justesse dans la 2e circonscription de la Gironde (49,07 % des voix) par la socialiste Michèle Delaunay. Il annonce son intention de présenter le lendemain sa démission. Mais la démission du gouvernement François Fillon, présentée le 18 juin au président de la République – démission traditionnelle à la suite de l’élection d'une nouvelle assemblée – évite à Alain Juppé de la présenter formellement.

Entre consécration à la mairie de Bordeaux et prises de positions nationales
Alain Juppé, en 2009.

Le 9 janvier 2008, Alain Juppé se lance dans la campagne des élections municipales à Bordeaux. Le 9 mars, la liste qu'il conduit l'emporte au premier tour, en obtenant 56,62 % des votes, notamment face à celle de son concurrent socialiste, Alain Rousset (34,14 %)[21].

Avec Michel Rocard, il préside la commission chargée de réfléchir à la programmation du grand emprunt 2010. Le 15 octobre 2009, il cosigne avec ce dernier, ainsi qu'avec le général Bernard Norlain et l'ancien ministre de la Défense socialiste Alain Richard, une tribune dans le quotidien Le Monde en faveur du désarmement nucléaire. Cette déclaration « exprime le vœu que la France affirme résolument son engagement pour le succès de ce processus de désarmement »[22].

Le 28 mars 2010, il dit envisager de se présenter à une éventuelle primaire à l'UMP pour l'élection présidentielle de 2012 dans le cas où Nicolas Sarkozy venait à ne pas se représenter, déclarant alors : « Comme l’a dit François Fillon, le candidat naturel de la majorité en 2012 c’est Nicolas Sarkozy. S’il arrivait, pour des raisons qui lui appartiennent, qu’il ne soit pas à nouveau candidat, moi je pense qu’il faudra des primaires au sein de l’UMP. Je n’exclus pas à ce moment-là d’être candidat à la candidature ». À la même occasion, il affirme ne pas souhaiter intégrer le gouvernement dans un avenir proche : « J’ai déjà dit que je souhaitais pour l’instant me consacrer à mes tâches bordelaises. Il peut se produire des circonstances dans lesquelles il faut s’y mettre tous, car cela ne va pas être facile en 2010 et 2011 »[23].

Deux jours plus tard, il donne son avis sur le bouclier fiscal : « Il faut s'interroger sur ce qu'on appelle le bouclier fiscal parce que les choses ont changé, la crise est venue. On voit aujourd'hui qu'une petite minorité de très riches ne cesse de s'enrichir. Ça ne me choquerait pas qu'on demande aux très riches de faire un effort de solidarité supplémentaire vis-à-vis de ceux qui souffrent dans la crise »[24]. Il estime également qu'« il ne faut pas renoncer » concernant l'instauration d'une taxe carbone[25].

Quelques mois plus tard, le 11 août 2010, il réagit sur son blog aux annonces du président de la République faites dans son discours de Grenoble du 30 juillet (et notamment de son annonce d'envisager une extension des mesures de déchéance de la nationalité française). Il note alors : « Alors, que faire ? Durcir la loi ? Ce peut être nécessaire. À condition que la loi nouvelle ne soit pas de pure circonstance et surtout qu’elle soit applicable et appliquée dans la durée. Je ne suis pas sûr que ce soit toujours le cas. Souvent les textes en vigueur suffiraient, s’ils étaient vraiment appliqués. S’agissant par exemple de l’extension des motifs de déchéance de la nationalité française, je note avec intérêt l’interrogation de Gérard Larcher, président du Sénat, dans Le Figaro d’aujourd’hui : “Applique-t-on réellement le droit déjà en vigueur ? L’article 25 du Code civil ne fournit-il pas déjà la réponse à la plupart des questions posées ? C’est ce que nous devrons vérifier.” Je rappellerais volontiers, dans la foulée, cette belle maxime de Montesquieu : “Quand il n’est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas en faire.” La priorité sécuritaire ne doit pas non plus conduire à des exagérations, peu compatibles avec nos valeurs fondamentales. L’argument selon lequel une mesure recueille la faveur des “sondés” est à manier avec modération. »[26].

Ministre de la Défense

Alain Juppé est nommé ministre d'État, ministre de la Défense et des Anciens combattants (numéro 2 du troisième gouvernement François Fillon) le 14 novembre 2010. Pendant les trois mois qu'il passe à la tête de ce ministère, il doit notamment gérer l'affaire des otages du Niger. Il passe par ailleurs son réveillon de Noël avec les soldats français en Afghanistan et représente la France à la cérémonie d'investiture de Dilma Rousseff[27].

Ministre des Affaires étrangères et européennes
Alain Juppé aux côtés de la Secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, le 6 juin 2011.

Le 27 février 2011, il est nommé ministre des Affaires étrangères et européennes et remplace Michèle Alliot Marie, démissionnaire, tout en restant ministre d'État. Son arrivée au quai d'Orsay, en pleines protestations en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, est saluée du fait de son expérience et du bon souvenir laissé par son passage à ce poste de 1993 à 1995[28]. Il est alors présenté par la presse comme un « Premier ministre bis », son influence s'amplifiant au sein du gouvernement et auprès du président Nicolas Sarkozy[27].

En mars 2011, il plaide pour une intervention de la communauté internationale en Libye, pour protéger d'« urgence » les populations civiles contre les violences commises par les troupes de Mouammar Kadhafi. Lors du Conseil de sécurité des Nations unies du 17 mars, il parvient à rallier les Chinois et les Russes à une résolution établissant une zone d'exclusion aérienne en Libye et autorisant « toutes les mesures nécessaires »[29]. Les commentateurs et la grande majorité de la classe politique voit alors dans cette décision, mise au crédit de Nicolas Sarkozy et de son ministre des Affaires étrangères, « une victoire diplomatique » pour la France[30]. Les rebelles libyens parviennent à entrer, le 21 août 2011, dans la capitale, Tripoli, tandis que Mouammar Kadhafi est tué le 20 octobre suivant.

En septembre 2011, interviewé sur France 2 en sa qualité de ministre des Affaires étrangères et européennes, Alain Juppé se prononce en faveur de la construction d'une Europe fédérale en réponse à la crise de la dette dans la zone euro[31].

Détail des mandats et fonctions

Fonctions électives locales

Conseil municipal
Communauté urbaine
Conseiller régional

Fonctions parlementaires

À l’Assemblée nationale
Au Parlement européen

Fonctions gouvernementales

Autres fonctions politiques

  • Membre du comité central du RPR (1979)
  • Secrétaire national du RPR en charge du redressement économique et social (1984 - 1986)
  • Secrétaire général du RPR (1988 - 1995)
  • Président par intérim du RPR (1994 - 1995)
  • Président du RPR (1995 - 1997)
  • Président de l'UMP (2002 - 2004)

Décorations

Bibliographie

Ouvrages d'Alain Juppé

Filmographie

Œuvres d'Alain Juppé

Notes et références

  1. Le Who's Who In France (éd. 2006)
  2. Biographie d’Alain Juppé sur son blog lire en ligne
  3. « Clara Juppé est née samedi... », dans Libération, 30 octobre 1995 [texte intégral (page consultée le 12 août 2011)] 
  4. « Alain Juppé, un court retour en grâce », Le Monde, 18 mai 2007.
  5. Fiche biographique d'Alain Juppé, site du ministère de l'Économie
  6. Laurent de Boissieu, « Tous les candidats élus au Parlement européen ne siègeront pas », La Croix, 9 juin 2009. Consulté le 14 novembre 2010
  7. Lettre de Monsieur Balladur à François Mitterrand du 21 juin 1994
  8. Chronologie du processus de paix de 1947 à 2004 sur le site du ministère français des Affaires étrangères
  9. J. AMALRIC, « Diplomatie et politique », Libération, 07/03/1995
  10. P. BRIANÇON, « Alain Juppé ou le vertige du rien », Libération, 10/10/1996
  11. Discours de politique générale d'Alain Juppé, sites de l'Université de Provence
  12. [PDF] COMPTES RENDUS DES DÉBATS AU COURS DE LA Xe LÉGISLATURE (1993-1997) - SESSION ORDINAIRE 1994-1995, 4e séance, Mardi 23 mai 1995, site de l'Assemblée nationale
  13. Baromètre TNS-Sofres de la côte d'avenir d'Alain Juppé entre mai et décembre 1995, site de TNS Sofres
  14. « La France est sur-étatisée mais sous-gouvernée » par Jean-François Revel
  15. « Bordeaux : le système Juppé - ses adversaires », L'Express, 12 avril 2007.
  16. Comment Juppé a sauvé Bordeaux, Marianne
  17. « M. Chirac rattrapé », Le Monde, 31 janvier 2004.
  18. « Si je suis condamné à une peine infamante... »
  19. (es)Alain Juppé au Mexique, Extrait du blog traduit par Iliana Troncoso
  20. Alain Juppé réélu maire de Bordeaux, Maire Info, 13/10/06
  21. Élections municipales de 2008 - résultats à Bordeaux sur le site du Figaro.
  22. Pour un désarmement nucléaire mondial, seule réponse à la prolifération anarchique, MM. Juppé, Norlain, Richard et Rocard
  23. AFP, « Juppé n'exclut pas de se présenter à la présidentielle », Libération, 29/03/2010
  24. « Alain Juppé remet en cause le bouclier fiscal », L’Expansion, 30/03/2010
  25. « Juppé contre le bouclier fiscal et pour la taxe carbone », Libération, 30/03/2010
  26. A. JUPPÉ, « Retour aux fondamentaux », Le Blog-Notes d'Alain Juppé, 11/08/2010
  27. a et b « Juppé, Premier ministre bis » , site du JDD, 26 février 2011.
  28. « Le vrai patron du remaniement: Alain Juppé », site de RMC, 28 février 2011.
  29. « Le pari gagné de Nicolas Sarkozy en Libye », Le Figaro, 22 août 2011.
  30. « Union sacrée autour de l’intervention en Libye », site de France Info, 19 mars 2011.
  31. Jean Quatremer, « Alain Juppé en faveur d’une “fédération européenne” », Coulisses de Bruxelles, 30 septembre 2011.
  32. Source : Ville de Bordeaux

Annexes

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Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Ouvrages sur Alain Juppé

  • Juppé, l'orgueil et la vengeance, Anna Cabana, Paris (Flammarion), 2011
  • Alain Juppé saute sur Bordeaux, Stéphane Lhomme, éditions Syllepse, 2006
  • Le joker : Alain Juppé, une biographie, Céline Edwards-Vuillet, éditions du Seuil, 2001
  • Alain Juppé ou la tentation du pouvoir, Isabelle Dath & Philippe Harrouard, Paris (J.-Cl. Lattès), 1995

Filmographie

Œuvres sur Alain Juppé

  • Juppé, forcément, 1995, film documentaire de Pierre Carles, sur le rôle des médias régionaux lors de l’élection d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux.
  • A Table avec les Politiques, 2005, film documentaire de Frédéric Lepage.
  • Alain Juppé, la dernière carte, documentaire de Francis Bianconi pour LCP, 2008
  • Bordeaux, une ville nommée « désir », documentaire de Laurent Lataste et Bernard férié pour France 3, 2008

Wikimedia Foundation. 2010.

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