Garde républicaine (France)

Garde républicaine (France)
Garde républicaine
Période 23 juin 1848-Présent
Pays Drapeau de France France
Branche Gendarmerie nationale
Type Garde
Rôle Cavalerie, Infanterie
Fait partie de Ministère de l'Intérieur
Composée de 1er régiment d'infanterie de la Garde républicaine
2nd régiment d'infanterie de la Garde républicaine
Régiment de cavalerie de la Garde républicaine
Orchestre de la Garde républicaine
Garnison Île-de-France
Ancienne dénomination Guet royal (1254-1666)
Garde de Paris (1666-1789)
Garde de l'Assemblée nationale (1789-1791)
Garde municipale de Paris (1802-1813)
Gendarmerie impériale de Paris (1813-1814)
Garde royale de Paris (1814-1815)
Garde impériale de Paris (1815)
Surnom Les Perroquets

(autrefois les Parisiens)

Couleurs Rouge et Vert
Devise La garde meurt mais ne se rend pas
Marche Défilé de la Garde républicaine (Gustave Wettge)
Inscriptions sur l’emblème Dantzig 1807
Friedland 1807
Alcoléa 1808
Burgos 1812
Décorations Croix de chevalier de la Légion d'honneur Legion Honneur Chevalier ribbon.svg
Croix de guerre des TOE Croix de Guerre des Theatres d'Operations Exterieurs ribbon.svg

La Garde républicaine est une force de la gendarmerie nationale française assurant des missions d'honneur et de sécurité au profit des plus hautes autorités de la France. Subordonnée à la Région de gendarmerie d'Île-de-France, elle est composée de 3 200 hommes et femmes, sur un total de 105 000 personnels pour l'ensemble de la gendarmerie. Elle est constituée de deux régiments d'infanterie et d'un régiment de cavalerie. En 2010, elle est commandée par le général Schneider.

Dans l'enceinte de la résidence présidentielle, les gardes républicains passent sous le commandement direct du Bureau militaire de l'Élysée.

Intrinsèquement liée à Paris, elle n'abandonne qu'en 1978 le nom de « Garde républicaine de Paris », acquis en 1870. Les gardes portent toujours les armoiries de la ville sur leurs uniformes.

Le siège de l'État-Major de la garde Républicaine se trouve à la caserne des Célestins dans la 4e arrondissement.

Membres du 1er Régiment d'infanterie de la Garde républicaine pendant le défilé du 14 juillet 2007 (sur les Champs-Élysées, Paris)
Officier du régiment de cavalerie de la garde républicaine

Sommaire

Histoire

La Garde républicaine est l'héritière de tous les corps qui ont assuré, au cours de l'histoire, les honneurs et la protection des hautes autorités de l'État et de la Ville de Paris. Elle se rattache plus directement à la Garde municipale de Paris, créée le 12 vendémiaire an XI (4 octobre 1802) par Napoléon Bonaparte. Celle-ci s'est distinguée dans de grandes batailles, dont Dantzig et Friedland en 1807, Alcolea en 1808 et Burgos en 1812.

Garde républicain gardant le palais de l'Élysée

En 1813, elle est dissoute à la suite de la tentative de coup d'État du général Malet et remplacée par la Gendarmerie impériale de Paris puis, sous la Restauration, par la Garde royale de Paris puis la Gendarmerie royale de Paris. En 1830, elle est recréée, puis de nouveau supprimée après la Révolution de 1848 au profit de l'éphémère Garde civique.

En juin 1848 est créée la Garde républicaine de Paris, qui comprend un régiment d'infanterie et un régiment de cavalerie. Elle reçoit ses insignes le 14 juillet 1880. Elle prend part à la Première Guerre mondiale et voit son drapeau et son étendard décorés de la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est rattachée à la préfecture de police et prend le nom de Garde de Paris. Une partie de ses effectifs se rallie au général de Gaulle et la Garde participe aux combats aux côtés des FFI lors de la libération de Paris.

En 1952, la Garde est rebaptisée Légion de la garde républicaine de Paris. Elle prend part à la guerre d'Indochine, ce qui lui vaut la Croix de guerre des TOE.

En 1978, la Garde prend sa dénomination actuelle de « Garde républicaine ». Le président Giscard d'Estaing lui remet le 11 novembre 1979 ses nouveaux insignes. Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, déclare en octobre 2002 : « la Garde républicaine a une popularité qui dépasse les frontières », elle contribue « au rayonnement des armées françaises et de la France. »

Missions

Missions d'honneur

Gardes républicains à cheval patrouillant dans la Cour carrée du palais du Louvre

Les honneurs sont rendus par le 1er régiment d'infanterie, le régiment de cavalerie et par le 2e régiment d'infanterie.

Des détachements du régiment de cavalerie renforcent les deux régiments d'infanterie dans leurs missions d'honneur et de sécurité dans les palais de l'État. Les hôtes prestigieux sont accueillis sur le perron de l'Élysée ou de Matignon (ou dans d'autres lieux) par des cavaliers à pied. Ces cavaliers appartiennent au régiment de cavalerie et non à l'infanterie, dont la mission est de veiller à la sécurité de ces palais et des autorités. Certains services d'honneurs (haies d'honneur) sont rendus lors de visites officielles dans les musées ou l'opéra ou lors de la descente des académiciens sous la coupole de l'Académie française.

Il était autrefois possible de louer des gardes républicains pour les soirées mondaines privées ; cette possibilité fut supprimée par Valéry Giscard d'Estaing.

Les missions de service

La mission principale est la sécurité des instances gouvernementales (Président, Premier Ministre, ministères, Assemblée nationale et Sénat). La Garde républicaine assure aussi des services d'ordre en particulier dans les massifs forestiers (régiment de cavalerie) ou lors de manifestations exceptionnelles dans le cadre d'un service d'ordre (Parc des Princes, Stade de France pour le Régiment de cavalerie). Le Régiment de cavalerie peut quotidiennement déployer des effectifs dans toute l'Ile de France, afin de participer aux recherches de personnes disparues. On parle alors de Peloton d'Intervention à Cheval (PIC).

Quelques gardes sont affectés à des missions plus spécifiques :

Les missions spéciales

L'une des missions moins connues de la garde républicaine est le transport d'organes destinés à la transplantation. L'escadron motocycliste est chargé d'en assurer le transport de façon à garantir la sécurité de cette précieuse cargaison et sa livraison en temps et en heure aux divers hôpitaux de la région parisienne. À cet effet, il apporte son concours à l'Agence de la biomédecine (Seine-Saint-Denis) et effectue quelque 600 escortes par an[1].

Le régiment de cavalerie

Le régiment de cavalerie de la Garde républicaine attendant d'ouvrir le défilé des troupes montées, défilé du 14 juillet 2008 (sur les Champs-Élysées, Paris)
La Fanfare de Cavalerie

Le régiment de cavalerie comprend 571 militaires et civils, dont un nombre croissant de femmes (un peu plus de 8 %). Il s'agit de la plus grande formation montée au monde et de la dernière unité à cheval de l'armée française. Elle est jumelée depuis 1989 avec le Reggimento di carabinieri a cavallo italien et depuis 1998 avec le Household Cavalry Mounted Regiment britannique et la Garde rouge sénégalaise.

Le régiment se compose :

  • d'un centre d'instruction (quartier Goupil à Saint-Germain-en-Laye),
  • de trois escadrons de cavalerie, chacun à l’effectif d’environ trois officiers et cent quinze sous-officiers (le premier est basé au quartier des Célestins dans le 4e arrondissement de Paris et les deux autres au quartier Carnot dans le bois de Vincennes),
  • d'un escadron hors rang (basé aux Célestins) et composé :

Il possède 462 chevaux (hongres ou juments), dont plus de 90 % de race selle Français, le reste appartenant à d'autres stud-book étrangers ou trotteurs français, tous répartis par robes : les cuivres de la fanfare et le 1er escadron sont montés en alezans, le 2e escadron en bais et le 3e escadron en bais bruns. Seuls les deux timbaliers et les trois chevaux de l'étendard sont gris.

Les chevaux sont choisis avec soin : ils doivent mesurer 1,65m minimum, être de robe franche, avoir de bons aplombs et être agréables à l'œil. Chics, porteurs sans trop de sang. A l'âge de trois ans, ils intègrent le centre d'instruction équestre de Saint-Germain-en-Laye, où ils sont préparés pendant deux ans. Cette période, appelée "débourrage", n'est cependant pas un entraînement à proprement parler. L'apprentissage militaire commence vraiment au sein du régiment de Cavalerie, comme au quartier des Célestins, près de Bastille, qui accueille environ 184 chevaux. Chaque année, la Garde réforme une cinquantaine de chevaux (10 %).

Cette unité possède une section de sportifs de haut niveau, à laquelle appartenait notamment jusqu'en 2010 Hubert Perring, champion de France de dressage en 2005, membre de l'équipe de France pour les Jeux équestres mondiaux de 2006. Le régiment de cavalerie a permis à deux cavaliers de participer aux Jeux Olympiques de dressage (Barcelone en 1992 avec Serge Cornut sur Olifant et Pékin en 2008 avec Hubert Perring sur Diabolo Saint Maurice).

Le cavalier de la garde républicaine représente la pérennité de la Garde et son panache rehausse l'éclat des grandes cérémonies présidentielles. Il participe également au service de la gendarmerie départementale en surveillant les massifs forestiers parisiens, comme le bois de Boulogne, le bois de Vincennes et les forêts de Chambord, Senlis, Maison-Lafitte, Lisle-Adam, Fontainebleau, Rambouillet, Saint-Chéron et Chantilly. Des patrouilles quotidiennes sont également assurées dans les rues de Paris. Enfin, à la demande de certaines municipalités, certains gardes assurent des patrouilles à cheval de juin à septembre.

Reprises du Régiment de cavalerie

Membres du régiment de la cavalerie, le 14 juillet 2009, « sabre au clair » (tiré hors du fourreau).

Le régiment de cavalerie présente quatre reprises :

  • le carrousel des lances ;
  • la maison du Roy ;
  • la reprise des tandem ;
  • la reprise des douze.

La fanfare du régiment de cavalerie

La fanfare du régiment de cavalerie été créée en 1848 ; elle comprend alors douze trompettes. Ses effectifs sont aujourd'hui composés d'un officier trompette-major, de deux timbaliers, 21 trompettes d'ordonnance, 5 trompettes basses, 4 trompettes contre-basses et 5 trompettes cors. Les trompettes sont montées sur des chevaux alezans ; ceux des timbaliers de robe grise sont un arabo-boulonnais et un pur sang x percheron, soit des croisements capables de supporter les 25 kg des timbales.

Les timbales furent offertes en 1937 par la ligue hippique de l'Ile de France.

Les personnels de la fanfare sont des musiciens de formation, qui apprennent à monter à cheval au centre d'instruction de Saint-Germain-en-Laye. La fanfare du régiment de cavalerie est la seule formation européenne à défiler au trot.

Les régiments d'infanterie

Le premier régiment d'infanterie

Membres de l'escadron motocycliste

Le 1er régiment d'infanterie, qui est actuellement commandé par le colonel Éric Huguet, est constitué de 5 unités dont trois compagnies de sécurité et d'honneur basées à la caserne Rathelot à Nanterre. Il est chargé de la sécurité intérieure des résidences présidentielles et de l'exécution des missions d'honneur au profit de la présidence de la République. Il rend également les honneurs lors de cérémonies présidées par le Premier ministre, les présidents des assemblées, le ministre de la Défense. Il peut également être appelé à participer au maintien de l’ordre dans la capitale.

D’un effectif de près de 900 gardes républicains (gendarmes), le 1er régiment d'infanterie comprend :

  • trois compagnies de sécurité et d'honneur, qui disposent de trois pelotons d'intervention et qui assurent des formations spéciales avec le quadrille des baïonettes .
  • la compagnie de sécurité de la présidence de la République
  • l'escadron motocycliste, qui assure principalement les missions suivantes :
    • escorter le Président de la République française et les chefs d’États étrangers en visite officielle
    • escorter les hautes autorités , ainsi que des délégations militaires étrangères en visite officielle
    • participer à la sécurité des coureurs et de l’ensemble des personnes présentes sur de grandes manifestations sportives ex: le Tour de France (cyclisme)
  • la musique de la garde

Maisons-Laffitte (Yvelines) est sa ville marraine depuis le 28 mai 2003.

Le deuxième régiment d'infanterie

Le 2e régiment d’infanterie de la garde républicaine remplit des missions de protection des institutions parlementaires et de plusieurs palais nationaux ainsi que des missions d’honneur au profit des plus hautes autorités de l'État.

Placé sous réquisition permanente des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, il est la seule force armée habilitée à pénétrer dans les enceintes parlementaires.

La sécurité et la protection des institutions constituent l’essentiel de ses missions.

Les honneurs militaires sont régulièrement rendus aux présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat mais aussi à l’Hôtel Matignon, au Quai d'Orsay, aux autorités gouvernementales étrangères reçues par le Premier ministre ou le ministre des affaires étrangères.

Représentant un effectif de près de mille trois cents personnes, il se compose de :

  • quatre compagnies de sécurité et d'honneur, qui entretiennent quatre autres pelotons d'intervention.
  • deux compagnies de sécurité des palais nationaux.

Le 2e régiment d'infanterie de la garde républicaine, est actuellement commandé par le Colonel Wronski, dont l'état-major se situe à la caserne Kellermann dans le 13e arrondissement de Paris.

Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) est sa ville marraine depuis le 6 mai 2000.

Spectacles des régiments d'infanterie

  • Le Quadrille des baïonnettes ;
  • La Batterie-Fanfare ;
  • La Fanfare napoléonienne ;
  • Les Grenadiers de l'Empereur.

Orchestre de la Garde républicaine

Cérémonie du 11 novembre 2008

Dépendant de l'état-major, cette formation se compose de trois grands ensembles :

  • l'Orchestre d'harmonie (80 musiciens)
  • l'Orchestre à cordes (40 musiciens), susceptible de se présenter dans des configurations à 24 ou 12 archets, ou en quatuor à cordes
  • le Chœur de l'Armée Française (46 chanteurs)

Il a été fondé en 1848 par Jean-Georges Paulus.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

  • J.-P. Bernier, La Garde républicaine, Hervas, 1999.
  • Philip Plisson, La Garde républicaine, éditions de la Martinière, 2007.
  • Lieutenant-Colonel Jean-Louis Salvador, La Cavalerie de La Garde Républicaine, Belin, 2007.
  • Capitaine Gabriel CORTÈS & Adjudant Frédéric BREGETZER, Équitation en tandem, Éditions SPE Barthelemy, 2009.

Articles connexes

  • Les unités qui l’ont précédée :
    • le guet royal (1254-1750, renommé guet royal de Paris en 1562)
    • garde de Paris sous l’Ancien Régime (1750-1789)
    • garde municipale de Paris sous l’Empire, dissoute en 1812 suite au coup d’État du général Malet
    • elle est recréée sous le nom de Garde de Paris (1813), qui perdure sous différents noms (garde royale de Paris en 1814, impériale en 1815 puis gendarmerie royale de Paris) jusqu’à sa dissolution en 1830
    • la garde municipale de Paris est recréée par la Monarchie de Juillet et sert à la répression des émeutes
    • la garde civique, qui a succédé à la garde républicaine de 1848.

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