Garde Nationale Mobile

Garde Nationale Mobile

Garde nationale mobile

La Garde nationale mobile, appelée les Mobiles en abrégé, fut créée par la loi du 1er février 1868 afin de concourir comme auxiliaire de l'armée active à la défense des places fortes, villes, côtes, frontières de l'Empire, et du maintien de l'ordre intérieur.

Sommaire

Histoire

Second Empire

Sous le Second Empire, le patriotisme était très exacerbé, la conscription était un moment clé de la vie des jeunes gens. Les conseils de révision fonctionnaient à l'appui d'un tirage au sort. Ceux qui avaient tiré les bons numéros étaient incorporés dans l'armée active. C'était un grand honneur dans le contexte de l'époque et les conscrits faisaient 7 ans de service. Ceux qui n'avaient pas tiré les bons chiffres et bien que reconnus aptes à servir, allaient rejoindre la Garde mobile. On pouvait aussi, par une sorte d'échange, se faire remplacer : celui qui était bon pour l’armée pouvait proposer sa prérogative à un conscrit moins chanceux et volontaire pour le service actif ; parfois, l'affaire se monnayait.

Les jeunes hommes qui se trouvaient basculer dans le camp de la garde mobile effectuaient 5 ans. Étaient ainsi mises sur pied des unités d'infanterie et d'artillerie correspondant aux circonscriptions de l'administration civile. Chaque ville, d'une certaine importance, avait ses mobiles. Les cadres étaient choisis, en général, au sein de la notabilité locale. Les « Moblots » comme parfois on les appelait, étaient équipés par l'administration civile ; pour les uniformes par exemple, la ville fournissait le drap et chacun devait passer chez le tailleur local. Il n'était pas rare que certains gardes paient de leurs deniers certaines fournitures. Administrativement, le tout était regroupé en unités départementales (exemple : Mobiles du Doubs, de la Haute-Saône, de la Loire, etc…). L'ensemble au niveau de la Nation, formait une masse de réserve (environ 600 000 hommes). Elle permettait au gouvernement de multiplier (en théorie) par deux, les effectifs de son armée mise sur le pied en cas de guerre.

Mais l'application se révélait difficile par le fait de devoir donner régulièrement l'instruction à toutes ces formations civiles. Le maréchal Niel, le créateur de la garde mobile, avait prévu 15 exercices annuels, chacun d'une durée de 24 heures. Ce programme, déjà assez réduit, fut plus ou moins suivi.

Guerre de 1870 et après

Le Bourget fut le lieu d'une des batailles du Siège de Paris. Le Commandant du 12e bataillon des Mobiles de la Seine y trouva la mort le 30 octobre 1870

Lorsque le conflit éclata en juillet 1870, la Garde Mobile, ne parvenant pas à s'organiser, ne figurait sur les registres que pour mémoire (déclaration du maréchal Le Bœuf, ministre de la guerre en 1870). Les Mobiles étaient médiocrement armés et entraînés. Les unités manquaient souvent de cohésion et d'instruction ; elles étaient encadrées et disciplinées d'une façon très variable mais presque toujours insuffisante. Or, deux mois après la défaite, les combats avaient englouti les 9/10e de l'armée régulière.

La Garde Mobile se trouvait alors représenter à elle seule l'essentiel des forces armées françaises. C'est avec cette ultime ressource que la Nation, devenue républicaine, opposa à l'envahisseur une résistance militaire prolongée durant six mois. Le courage, l'abnégation, l'héroïsme, en dépit de son impréparation à la guerre, sont à mettre au crédit de ces unités que l'on qualifiera (en langage moderne) de paramilitaires.

À Belfort, pendant le siège tenu par les troupes prussiennes du général de Werder, 12 800 mobiles constituaient la garnison. Cela représentait les 3/4 de l'effectif. Les troupes défendirent la place pendant plus de trois mois, du 4 novembre 1870 au 18 février 1871. Les mobiles ont monté la garde, servi les canons, remué la terre et manié la pelle sur les remparts du château, de la Miotte, de la Justice, des Perches… Ils ont organisé puis disputé à l'ennemi ses positions extérieures de Valdoie, de Pérouse - Danjoutin - Cravanche, etc.

Ils ont participé aux "sorties" sur Bessoncourt, Chèvremont, Andelnans, etc. Ils ont subi, jour et nuit, un intense bombardement déclenché le 7 décembre 1870. Les troupes ont follement espéré lorsque l'armée de secours de Bourbaki avait atteint la Lizaine, près de Montbéliard-Héricourt. En dépit de la retraite, elles ont néanmoins continué à combattre.

Les formations de Mobiles disparurent après le conflit pour faire place à des unités composées de réservistes, formés et encadrés par le Service des Armées.

Pendant la Première et la Seconde guerre mondiale les unités de la Garde Mobile furent revitalisées. Par exemple: Dans l'armistice de 1940 l'armée française est réduite à 95.000 soldats, la Garde Mobile à 180 officiers et 6.000 soldats; les autres unités à 3.584 officiers et 84.516 hommes[1].

Citations contemporaines des Mobiles

Voici ce que Maxime Du Camp en dit dans ses Souvenirs d'un demi-siècle :

« Gouailleurs, indisciplinés, spirituels de cet esprit de trottoir parisien qui sait le coté comique des choses les plus sérieuses et les plus terribles, d'une moralité apprise au comptoir du marchand de vin, pillards effrontés et menteurs, ils apportèrent, au milieu d'une armée en formation, des éléments de dissolution dont [le maréchal] Canrobert fut effrayé. »
« C'était une troupe n'offrant aucune garantie et animée d'un très mauvais esprit. »
« Les mêmes causes produisent les mêmes effets, et les mobiles de Paris se conduisaient, en 1870, au camp de Châlons, comme les volontaires s'étaient conduits en 1792. On n'en parleras pas moins encore des braves mobiles et des héroïques volontaires ; cela est naturel, les gens instruits savent l'histoire, les ignorants acceptent les légendes; c'est pourquoi la légende étouffe l'histoire et lui survit. »

Notes

Sources

  • D. Seigneur, d'après le dossier du chef de bataillon Duriez, membre du comité d'histoire militaire de la Vie R.M.
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