Gabriel Adrien Marie Poissonnier Desperrieres

Gabriel Adrien Marie Poissonnier Desperrières

Gabriel-Adrien-Marie Poissonier Desperrieres est un général de brigade français né le 12 janvier 1763 et mort le 13 mai 1852.

Sommaire

Biographie

Il entra en 1780, comme aspirant au corps royal d'artillerie. Lieutenant en deuxième Surnuméraire au régiment de La Fère, artillerie le 1er septembre 1782, il passa titulaire au régiment de Toul le 4 mai 1783, et lieutenant en premier au même corps le 1er mai 1789.

Aide-de-camp du général La Fayette le 20 juillet 1789, il commanda le 10 août suivant l'artillerie de la garde nationale parisienne soldée. Ayant donné sa démission du corps royal, le 24 décembre, Poissonnier fut nommé, le 16 mars 1791, major de division dans la garde soldée de Paris. Lieutenant-colonel au 104° régiment le 28 octobre suivant, il passa colonel du 81e régiment le 16 mai 1792, et, le 27 mai, colonel du 49°. Le 20 juin de la même année, il couvrit le roi de son corps, quand le peuple força le château des Tuileries, et tint le Dauphin dans ses bras, lorsque Santerre défila devant la famille royale à la tête de ses troupes.

Employé à l'armée de Nord-et-Moselle, le général en chef Kellermann lui confia, à l'avant-garde, le commandement de 2 500 grenadiers réunis qui firent des prodiges de valeur à la bataille de Valmy, le 20 septembre, et lui méritèrent le titre de colonne infernale. La conduite de Poissonnier, dans cette journée, fut telle, que Kellermann demanda pour lui le grade de maréchal de camp.

Aux trois journées de Buzancy, à la tête des grenadiers réunis, il combattit constamment l'arrière-garde de l'ennemi, et lui prit beaucoup d'équipages. La campagne d'été finie, les représentants du peuple voulurent faire exécuter le décret qui ordonnait l'arrestation de Desperrières, mais le général en chef et ses grenadiers refusèrent de le livrer. Dans la campagne d'hiver de la même année, sous le général Beurnonville, entre Saare et Moselle, il passa la Saare avec ce corps, et repoussa les ennemis jusqu'au pont de Kous-Saarbruck ; en trois jours il leur enleva Bilbausen, Vavreen et Pelingeh. Cette guerre terminée, et les grenadiers réunis renvoyés à leurs corps respectifs, le décret reçut son exécution; mais les mentions honorables que cet officier présenta en sa faveur détruisirent les préventions ; le décret fut rapporté, et Poissonnier, rendu à ses fonctions, revint à l'armée. Il fit la campagne de 1793, sous le général Houchard, et se couvrit de gloire au combat et à la prise d'Arlon le 6 juin. Sa colonne traversa la plaine en bon ordre, sous le feu très-vif des batteries ennemies, et y resta exposé pendant trois quarts d'heure. Poissonnier eut l'honneur d'aborder le premier les retranchements et de mettre les canonniers autrichiens dans le plus grand désordre. Nommé général de brigade le 30 juin, il fut suspendu de ses fonctions le 20 septembre suivant. Destitué comme noble vers la fin de cette année, et jeté dans un cachot, au dépôt de la Conciergerie, il y resta cinq mois et demi ; il n'en sortit qu'après la mort de Robespierre. Réintégré et remis en activité à l'armée de la Moselle le 21 frimaire an III, il passa, le 5 prairial, à la 17e division militaire. Employé à l'armée des côtes de Cherbourg le 20 du même mois, il revint à l'armée de l'intérieur le 14 fructidor suivant.

Le général Poissonnier commandait au camp du Trou-d'Enfer, près Paris, les troupes que la Convention nationale appela à son secours le 13 vendémiaire an IV, contre les sections de Paris qui refusaient d'obéir au décret par lequel les deux tiers de cette assemblée devaient être admis dans le nouveau corps législatif. Pour ne pas obéir à cette injonction, il feignit d'être malade. De là, sa disgrâce auprès de Napoléon Bonaparte, qui prit le commandement des troupes conventionnelles dans cette journée, Le général Poissonnier fut destitué; mais, ayant offert ses services après le 18 brumaire, il obtint par arrêté du premier Consul, du 21 nivôse an VIII, sa réintégration dans son grade à l'armée du Rhin le 29 du même mois.

Cet officier général mérita d'être cité honorablement aux affaires d'Engen, Mœrskirch et de Biberach. Le 9 frimaire an IX, il était chargé, à la tête de deux bataillons et de trois escadrons, de la défense d'Aschau, lorsque l'archiduc Jean s'y porta par Craïbourg. Les Autrichiens, qui s'étaient avancés sur Riecherslheim, attaquèrent le général Poissonnier sur le pont d'Aschau avec des efforts incroyables ; celui-ci fit la plus vive résistance ; mais à la fin, il se replia, emmenant avec lui plus de 700 prisonniers, dont vingt-deux officiers de tous grades. En arrêtant pendant six heures l'archiduc, qui avait 25 000 hommes sous ses ordres, il donna le temps au général Moreau de venir le dégager avec deux divisions, et sauva les équipages, 49 bouches à feu et le trésor. Mis en non-activité le 1er vendémiaire an X, il obtint de l'emploi dans la 6e division militaire le 4e jour complémentaire an XI. Il fut nommé membre de la Légion-d'Honneur le 19 frimaire an XII, et commandant de l'Ordre le 25 prairial.

Le général Poissonnier a dit dans sa Vie politique, publiée en 1823 : « Lors du procès, je me prononçai pour Moreau dont je plaignis la destinée; Bonaparte le sut; je fus suspendu de mes fonctions, mis à la demi-solde, etc. » Il y a ici une erreur que nous nous contenterons de réfuter par des dates. Moreau, arrêté le 25 pluviôse an XII, fut condamné le 21 prairial suivant; et M. Poissonnier, employé dans la 6° division militaire le 4e jour complémentaire an XI a conservé son commandement jusqu'au 6 mars 1806, époque de sa mise en non-activité.

Cette décision fut motivée :

  1. sur la mésintelligence qui régnait entre lui et les autorités civiles du département du Jura, dont il avait le commandement ;
  2. sur les moyens qu'il employait pour soutenir les dépenses excessives auxquelles il se livrait dans ce département. Son admission à la retraite, le 6 août 1811, après cinq ans de non-activité, prouva qu'on ne le jugea plus susceptible d'être employé, et le 23 octobre 1812 il reçut, par suite de l'affaire Malet, l'ordre de se retirer à Rouen, disposition contre laquelle il réclama vivement sans succès.

Créé chevalier de Saint-Louis le 19 juillet 1814, le roi lui confia, le 31 décembre 1815, le commandement du département de l'Hérault, en récompense, sans doute, du dévouement dont il avait fait preuve en le suivant à Gand. Le 22 juillet 1816, il commanda le département de la Lozère, et, le 2 juillet 1817, celui de l'Aveyron. Remis en non-activité le 1er décembre suivant, il obtint le 18 novembre 1818 la place de lieutenant de roi à Perpignan. Sa conduite dans ce commandement et sa manière de servir donnèrent lieu à des plaintes qui déterminèrent son changement, et il passa à Besançon le 2 août 1820. Sur de nouvelles plaintes, il fut définitivement admis à la retraite le 24 octobre 1821.

En janvier 1823, il fit hommage au roi et à chacun des membres de la famille royale d'un livre que nous avons cité plus haut : Vie politique et militaire du général A.-M.-G. Poissonnier-Desperrières, un volume in - 8°. On y lit, pages 218 et 223, que cet officier général est l'auteur d'un ouvrage intitulé : Commentaire du règlement du 1er août 1791, et supplément aux manœuvres d'infanterie, que le duc d'Angoulème voulut bien, en 1814, honorer de son approbation et faire déposer au ministère de la guerre.

Il avait épousé, avant 1795, Eve Régine Louise Walburge de Guaïta (morte en 1833), qui était divorcée de Pierre-Louis Roederer.

État de service

Décorations, titres, honneurs,...

Source principale

« Gabriel Adrien Marie Poissonnier Desperrières », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition] (Wikisource)

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