Francois Amedee Doppet

François Amédée Doppet

François Amédée Doppet (né le 16 mars 1753 à Chambéry, Savoie - mort le 26 avril 1799 à Grenoble, Isère) était un médecin, un écrivain et un militaire français du XVIIIe siècle, qui fut général pendant la période de la Révolution, et mena une brève carrière politique sous le Directoire.

Sommaire

Biographie

François Amédée Doppet était le fils d'un fabricant de cire de Chambéry et naquit dans cette ville en 1753. Encore fort jeune, en 1771, il lui prit la fantaisie de s'enrôler dans un régiment de cavalerie, d'où il passa dans les Gardes-françaises. Il servit trois ans dans l'armée, avant d'entreprendre des études de médecine à Turin, au terme desquelles il fut reçu « docteur en médecine ».

De retour à Chambéry, il intrigua pour entrer dans les bonnes grâces de la Cour de Savoie. N'étant pas parvenu à ses fins, il décida de voyager, parcouru la Suisse et vint à Paris. C'est à cette époque qu'il se mit à écrire et commença à publier des poèmes, des romans ou des livres de médecine qui n'eurent point de succès.

En 1786, Doppet, se posant en chevalier paladin de l'honneur posthume de Mme de Warens, mise en cause par Jean-Jacques Rousseau, qui ne pardonna jamais à celle qu'il aimait d'accorder également ses bonnes grâces à Claude Anet, publia un volume des Mémoires de Madame de Warens, suivis de ceux de Claude Anet. Cet ouvrage apocryphe qu'il écrivit en réalité pour réhabiliter la mémoire de la baronne de Warens (1700-1764), la célèbre amante du philosophe, dont la vie intime avait été largement étalée dans les Confessions, publiées quatre ans auparavant, contient notamment une longue préface dans laquelle Rousseau est sévèrement dépeint.

En 1788, François Amédée, sous couvert de son statut de médecin, publie un ouvrage libertin intitulé « Aphrodisiaque externe ou Traité du fouet et de ses effets sur le physique et l'amour », qu'il qualifie d'ouvrage médico-philosophique, suivi d’une dissertation sur tous les moyens capables d’exciter aux plaisirs de l’amour, dans lequel il est question :

  • Du fouet et de ses effets sur le physique de l’amour ;
  • Des causes par lesquelles les flagellations excitent à l’amour ;
  • De quelques erreurs qu’il serait utile de détruire principalement dans les couvents ;
  • De la nécessité de changer les peines qu’on inflige à l’enfance et à la jeunesse ;

et qui contient un catalogue des substances aphrodisiaques. Au début du livre, il lance cet appel aux lecteurs :

« Lecteurs honnêtes et délicats ! vous, dont les oreilles ne se permirent jamais d’entendre aucun mot libre ni aucune phrase licencieuse, ayez le courage de m’écouter ! je parle pour vous instruire, et non pour vous corrompre ».

Lorsqu'éclatent les premiers troubles de la Révolution, François Amédée Doppet s'établit à Grenoble où il s'enrôle dans la Garde nationale et devient le propagateur des idées révolutionnaires, notamment au sein de la Société des amis de la Constitution de la ville, à laquelle il adhère dès sa création. « Il s'y fit remarquer par des discours écrits quelquefois avec chaleur, mais toujours dans un style plein de mauvais goût », nous apprend la notice biographique du Dictionnaire des sciences médicales de Charles-Louis-Fleury Panckoucke le concernant, rédigée dans la première moitié du XIXe siècle.

Il devient le secrétaire de Jean-Baptiste Annibal Aubert du Bayet (1757-1797), qui est élu en septembre 1791 député de l'Isère à l' Assemblée législative et l'emmène à Paris.

Doppet adhèra très rapidement au Club des Jacobins et devint également membre du Club des Cordeliers. Il suivit les assemblées populaires et collabora aux Annales patriotiques de Louis-Sébastien Mercier et Jean-Louis Carra. Il prit part à la prise des Tuileries, lors de la Journée du 10 août 1792.

L'Assemblée législative le nomma lieutenant-colonel de la légion des Allobroges, qui lui devait sa formation, constituée avec des volontaires originaires des régions alpines et qui avait son dépôt à Grenoble.

Après l'invasion de la Savoie, à laquelle il prit part en septembre 1792, la ville de Chambéry l'élut à l'assemblée nationale de la province, dont il provoqua la réunion à la France, de sorte qu'il fut désigné, avec trois autres de ses collégues, pour venir négocier cette affaire auprès de la Convention.

Le 19 août 1793, François Amédée Doppet fut promu général de brigade et servit dans l'armée de Carteaux. Le 11 septembre 1793, promu général de division, il prit le commandement de l'armée des Alpes, où il remplaça le général Kellermann, nommé également général de division. Il dirigea le siège de Lyon et s'empara de la ville révoltée le 9 octobre 1793, faisant tous ses efforts pour empêcher le pillage et le massacre des habitants.

Il fut ensuite chargé du commandement de l'armée qui devait reprendre Toulon aux Britanniques. Il commença le siège de cette place, mais ne tarda pas à passer à l' Armée des Pyrénées orientales. Une maladie grave arrêta le cours de ses succès contre les Espagnols. Dès qu'il eut recouvré la santé, il prit la tête des troupes cantonnées dans les deux Cerdagne, entra en Catalogne et obtint encore quelques succès. Forcé de renoncer à son commandement vers la fin de l'année 1794, après la chute de Robespierre, il resta sans emploi jusqu'en 1796, époque à laquelle il obtint le commandement de Metz, qu'il ne conserva pas longtemps.

Après le Coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), François Amédée Doppet fut élu député au Conseil des Cinq-Cents par le département du Mont-Blanc, mais son élection fut annulée par la Loi du 22 floréal an VI. Il se retira alors à Aix-les-Bains, où il mourut.

Œuvres

  • « La Mesmériade, ou Le triomphe du magnétisme animal », poème en trois chants, dédié a la lune, publié à Genève, et se trouve à Paris, Chez Couturier, 1784.
  • « Oraison funebre du célebre Mesmer, auteur du Magnétisme animal, & Président de la Loge de l'harmonie », par D*****. Grenoble, 1785.
  • « Traité théorique et pratique du magnétisme animal » Turin, J.M. Briolo, 1784.
  • « Le médecin philosophe », Genève, 1786.
  • Louise Eléonore de la Tour, baronne de Warens, François-Amédée Doppet : « Mémoires de Madame de Warens, suivis de ceux de Claude Anet », publiés par un C.D.M.D.P. Pour servir d'apologie aux Confessions de J.J. Rousseau. Chambéry, 1786.
  • « Aphrodisiaque externe ou Traité du fouet et de ses effets sur le physique et l'amour », 1788. (réédité récemment (novembre 2004) par les éditions « À Rebours », ISBN : 2-915114-08-0)

Citations

« Voici comment se passait cette scène qui, me dit-on, se jouait deux fois par semaine. La principale actrice était une brune assez jolie qui n'était vêtue qu'en partie, c'est-à-dire qu'elle montrait la gorge, les cuisses et les fesses. Les autres rôles étaient remplis par quatre vieillards à grande perruque, dont le costume, l'attitude et les grimaces m'obligeaient à chaque instant à me mordre les lèvres pour ne pas partir d'un éclat de rire. Ces libertins surranés jouaient, comme font quelquefois les enfants entre eux, au jeu du maître d'école. La fille, sa poignée de verges à la main, leur administrait tour à tour, la petite correction ; le plus châtié était celui qui avait l'organisation la plus tardive. Les patients baisaient les fesses de la maîtresse, pendant que son beau bras se fatiguait sur leur cuir impudique ; et la comédie ne finissait que lorsqu'on était las de fatiguer la nature la plus appauvrie ».
(François Amédée Doppet, « Aphrodisiaque externe ou Traité du fouet et de ses effets sur le physique et l'amour », 1788).

Bibliographie

  • « Dictionnaire des sciences médicales. Biographie médicale », Tome 3, Paris, Panckoucke, 1821, pp. 510-512.

Voir aussi

Histoire de la Savoie de 1792 à 1815


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