Fort Boyard
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Fort Boyard
Image illustrative de l'article Fort Boyard
Nom local « Fort de l'inutile »
Type Fort
Architecte Génie militaire français
Début construction 1804
Fin construction 1857
Propriétaire initial Armée française
Destination initiale Place forte
Prison
Propriétaire actuel Conseil général de la Charente-Maritime
Destination actuelle Lieu de tournage du jeu télévisé Fort Boyard
Protection  Inscrit MH (1950)
Coordonnées 45° 59′ 59″ N 1° 12′ 50″ W / 45.99966, -1.2139245° 59′ 59″ Nord
       1° 12′ 50″ Ouest
/ 45.99966, -1.21392
  
Pays Drapeau de France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Commune française Île-d'Aix

Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime

(Voir situation sur carte : Charente-Maritime)
Fort Boyard

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Fort Boyard

Le fort Boyard (prononciation phonétique : /bojar/ ou /bwajar/) est une fortification située entre l'île d'Aix et l'île d'Oléron, rattachée à la commune d' Île-d'Aix[1], dans le département de la Charente-Maritime.

Si la construction d'un dispositif défensif sur la « Longe de Boyard » fut envisagée dès le XVIIe siècle, le projet ne fut concrétisé que dans le courant du XIXe siècle. Édifié afin de protéger la rade, l'embouchure de la Charente, le port et surtout le grand arsenal de Rochefort des assauts de la marine anglaise, il est transformé en prison quelques années à peine après son achèvement.

Le fort Boyard fait partie intégrante de l'Arsenal Maritime de Rochefort qui s'étend tout au long de l'estuaire de la Charente. C'est aujourd'hui une propriété du conseil général de la Charente-Maritime[2].

Il fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 1er février 1950[3].

Sommaire

Présentation

Le fort de forme ovale mesure 68 mètres de long sur 31 mètres de large[4], pour une superficie totale de 2 689 m². Les murs d'enceinte culminent à 20 mètres depuis les fondations. Il est construit sur un banc de sable nommé « longe de Boyard » qui a donné son nom au fort[2]. Il est visible depuis Fouras, depuis l'île d'Oléron (depuis le pont qui relie le sud de l'île au continent; depuis le phare de Chassiron, par beau temps, à l'extrême nord de l'île; ainsi que d'une bonne partie de la côte Est de celle-ci, notamment depuis Boyardville), mais aussi depuis la ville de La Rochelle et bien sûr de l'Ile d'Aix, où de nombreux touristes viennent en été voir le fort de plus près.

De 1995 à 2002, dans le cadre des « Sites en Scènes », un feu d'artifice y était tiré le 14 juillet, que l'on pouvait voir depuis toutes les plages des alentours. Ce feu d'artifice contenait des milliers de fusées et durait, en moyenne, une trentaine de minutes avec en simultané la musique du générique composée par Paul Koulak (1989) diffusée sur une radio locale.

L’histoire

Premier projet

Photo satellite de la NASA centrée sur le fort

Le fort a été construit afin de protéger l'arsenal de Rochefort[2] qui était l'un des plus prestigieux de l'empire. La raison exacte de la construction de ce fort, en sus des batteries de canons disponibles sur les côtes des différentes îles, est que la portée (1 500 mètres environ) des canons de l'époque était trop faible au regard des 6 000 mètres séparant Aix et Oléron, et qu'il restait donc une zone hors d'atteinte entre les deux îles[5].

C'est dès la fin de construction de l'arsenal (1666) que la nécessité d'une protection fut évoquée. On envisage dès le départ la longe de Boyard comme base pour la construction mais, après les différents relevés, Vauban dira, en ironisant, à Louis XIV :

« Sire, il serait plus facile de saisir la Lune avec les dents que de tenter en cet endroit pareille besogne[6]. »

Ce premier projet en restera donc là.

Résurgence du projet et premiers travaux des assises du fort (1801 - 1809)

Il faut ensuite attendre le tout début du XIXe siècle pour que la question redevienne d'actualité.

En 1801, profitant d'une courte trêve dans la guerre qui oppose la France à l'Angleterre depuis 9 ans déjà, Bonaparte 1er consul approuve un nouveau projet qui ambitionne l'édification d'un fort de 80 mètres sur 40.

Les travaux commencent dès 1803, avec la construction d'un camp de base sur l'île d'Oléron : le futur village de Boyardville.

Quant aux travaux en mer à proprement parler, ils sont entamés en 1804 : le 11 mai, on pose un premier bloc de 7 m³ surmonté d'une balise en fer et entouré d'un enrochement. Le chantier se poursuit dans les mois qui suivent, mais il est alors ralenti par les moyens trop modestes mis à sa disposition : les navires manquent - la France en a si peu - et ils sont si lourdement chargés que l'un d'eux va même couler lors d'un transport, avec 6 hommes à bord. Quant à la protection du chantier, celle-ci n'est assurée que par un seul navire de guerre, le brick « Polaski ». Ce qui impose de tout arrêter en Septembre, lorsqu'une escadre anglaise pointe le nez. L'hiver venu, malgré cela, près de 11 000 m³ de roches ont été déversés sur le site.

Les moyens sont renforcés l'année suivante et à la fin de celle-ci, 26 000 m³ sont déjà en place. On construit même un premier mur afin d'en tester la résistance aux vagues; mais le test se révèle négatif, les tempêtes de l'hiver renversent tout.

Encore 16 000 m³ en 1806, la plateforme est désormais visible à marée basse et on construit une première assise avec des blocs de 3 m³… emportés par les tempêtes de l'hiver suivant.

Moyens renforcés une nouvelle fois en 1807 : on est alors à 27 navires totalisant 186 membres d'équipage, et au moins 600 ouvriers. Pour l'assise dont la construction est recommencée, on emploie cette fois des blocs de 10 m³, des joints à la chaux et de « forts crampons de fer » sur le pourtour. Mais, la masse de rochers est alors si lourde (60 000 m³) qu'elle s'enfonce de plus d'un mètre sous son propre poids, augmentant ainsi le volume total d'enrochement nécessaire. Et de nouveau, les tempêtes de l'hiver infligent des dégâts à l'assise… Il y a de quoi désespérer et comme, en plus, les salaires n'arrivent plus (les coûts estimés sont largement dépassés et les crédits suspendus), les ouvriers se mutinent.

Napoléon, sur place en août 1808, révise le projet à la baisse - le fort projeté étant réduit à une dimension de 40 mètres par 20 - et les travaux reprennent en 1809. Mais, le 1er avril, une frégate anglaise qui mitraille les ouvriers s'aperçoit que le fort n'est pas défendu... la désastreuse bataille des « brûlots » qui s'ensuit alors du 11 au 15 autour de l'île d'Aix, aura pour effet sinon l'abandon, du moins la suspension des travaux sur la longe de Boyard [2].

Les vaisseaux français aux prises avec les brûlots ennemis, 11 Avril 1809 au soir. Peinture de Louis-Philippe Crépin.

Une nouvelle suspension (1809)

La bataille de l'île d'Aix : début avril 1809 une escadre de 11 vaisseaux de ligne français et 4 frégates est rassemblée en rade de Rochefort, sous les ordres du vice-amiral Zacharie Allemand, en vue d'appareiller pour porter des renforts aux Antilles, malgré le blocus maintenu par les anglais. Les navires français sont ancrés à l'embouchure de la Charente et à l'abri des forts de l'Ile d'Aix et de Fouras. Ils sont étroitement surveillés par une escadre sous les ordres de Lord Gambier, qui mouille un peu au nord, dans la rade des Basques. Le 11 avril au soir, profitant d'un vent et d'une marée favorables, les Anglais lancent vers les navires français une trentaine de brûlots. Certains viennent menacer dangereusement les vaisseaux français qui, précipitamment abandonnent leur mouillage et dans la pagaille se retrouvent poussés à la côte par le vent et la marée montante ; quatre vaisseaux et une frégate vont aller s'échouer, tandis que les autres navires perdent l'avantage de la protection des forts de la rade. Le lendemain à l'aube, les anglais en profitent pour canonner à petite distance les navires français immobilisés ou y mettre le feu. L'escadre française perd 4 vaisseaux et une frégate. Ainsi sont ruinés les espoirs de renforts pour les colonies menacées aux Antilles. Et finalement, en juin 1809, la construction du fort pour fermer la rade est durablement suspendue[2].

La construction (1841 - 1857)

La face sud et la tour de vigie.

Il faudra attendre le règne de Louis-Philippe et le regain des tensions entre Français et Britanniques pour que le projet reprenne: en 1841, celui-ci est redéfini et les crédits sont débloqués.

Depuis 1809, l'enrochement s'est de nouveau enfoncé d'un mètre environ par rapport au niveau de la mer; mais par contre, le temps lui a permis de se stabiliser et le nouveau chantier peut donc être mené sur des bases saines.

Une nouvelle méthode est mise en œuvre pour la construction des assises: ce ne sont plus des rocs qui sont coulés mais des caissons de chaux, construits sur place. Finalement, en 1848, la construction du socle s'achève, celui-ci s'élèvant à deux mètres au-dessus du niveau de la mer à marée haute. La construction du fort à proprement parler commence alors en 1849, et prendra une dizaine d'années :

  • 1852 : la construction du niveau inférieur (rez-de-chaussée) s'achève (magasins à poudre et vivre, cuisines)[2].
  • 1854 : fin de la construction du premier niveau[2].
  • 1857 : la construction du fort s'achève avec le dernier niveau et la tour de vigie[2].

Les premiers canons sont mis en place en 1859.

Le havre d'abordage et l'éperon brise-lames (1859 - 1866)

Un problème majeur a été sous-estimé par l'armée : en effet, en raison du peu de fond autour du fort, l'accès par le grand escalier de granit est quasiment impossible à marée basse ou lorsque la mer est agitée. Et lors de tempêtes, les vagues montent jusqu'au sommet du fort, inondent la cour intérieure et font trembler l'édifice. Il est même arrivé que le fort ne puisse être ravitaillé pendant plusieurs mois, et qu'un canon soit délogé de son affût!

Deux jetées sont construites dès 1850 au sud du fort, mais celles-ci sont provisoires et destinées aux besoins du chantier. De construction légère, elles doivent d'ailleurs être reconstruites en 1852 après avoir été emportées par les flots.

Pour remédier à la situation, la construction d'un havre d'abordage (dit barachois) au sud/est et d'un brise-lames au nord/ouest, empêchant les vagues de frapper directement la paroi du fort, est donc décidée en 1859.

Dans un premier temps, il est prévu pour le havre deux jetées de 22 m de long et 4 m de large, et pour le brise-lames une muraille en forme de chevron, située à 20 m de distance du fort, et constituée de blocs de 20 et 26 m³. La construction du havre est partiellement réalisée, tandis que celle du brise-lames se heurte à des problèmes importants, semble-t-il en raison du dispositif de manutention (engin muni de flotteurs et de palans) mis en œuvre pour sa réalisation.

Le projet est alors ré-étudié en 1864: le brise-lames est remplacé par un simple éperon rocheux, triangulaire et accolé à une extrémité du fort, tandis qu'une digue abritant le havre d'abordage s'ajoute aux jetées qui sont prolongées de 8 m. Un nouveau dispositif de manutention des blocs est utilisé pour le chantier, qui cette fois-ci est mené à bien.

Cela marque le terme de la construction du fort dans son ensemble, et le procès verbal annonçant la fin de la totalité des travaux est signé le 6 février 1866.

Premières utilisations

L'entrée du fort utilisée en présence du havre d'abordage.

Le fort peut alors accueillir deux cent cinquante hommes durant deux mois sans contact avec le continent. Mais, entre les premiers projets et l'achèvement de la construction, la portée des canons a augmenté et l'utilité du fort s'en trouve limitée. Il reste tout de même une œuvre importante de construction sur la mer, au même titre que certains phares. Son utilisation militaire ne sera jamais celle qu'elle aurait dû être. Il devient alors la cible des pillards, plus personne ne sait quoi en faire. Il sert de prison pour des soldats prussiens de la Guerre franco-prussienne de 1870, puis pour les prisonniers politiques de la Commune, parmi lesquels Henri Rochefort et Paschal Grousset[2].

Quelque temps plus tard, du fait de son inutilité, un projet voit le jour et propose de raser le fort entièrement, ne laissant que la base en granit, pour installer deux grandes tourelles automatiques, se levant et s'abaissant sur elles-mêmes; cependant, il ne fut pas mis en exécution à cause des opposants à celui-ci[7].

Finalement, en 1913, l'armée s'en sépare, les canons sont revendus. Durant la Seconde Guerre mondiale, il sert de cible d'entraînement aux Allemands.

La proie des pillards

Vue aérienne

À l'abandon pendant 80 ans, le fort Boyard était devenu le domaine des oiseaux de mer qui, avec le vent, y ont apporté de la végétation que les équipes de restauration ont enlevée afin de refaire l'étanchéité de la terrasse et de la cour intérieure.

Le 28 mai 1962, le fort est mis aux enchères au prix de 7 500 francs. L'enchère est remportée pour 28 000 francs par Éric Aerts, dentiste belge[8] à Avoriaz, qui semble s'être acheté le fort comme on s'offre un tableau[9]. En effet personne, à commencer par lui, ne sait vraiment ce qu'il compte en faire[10], l'acquéreur n'ayant pas les moyens de l'entretenir, encore moins de le restaurer. Plus tard, attristé par les dégâts causés par les pillards, il ne revient plus au fort, se contentant d'en faire le tour en bateau quand il vient dans la région.

Vers une seconde vie

Il revend ce fort en novembre 1988 pour 1,5 million de francs à la société de production de jeux télévisés de Jacques Antoine. Celui-ci le revend aussitôt au Conseil général de la Charente-Maritime pour un franc symbolique. En échange, le département s’engage à effectuer les travaux de réhabilitation, et assure l’exclusivité de l’exploitation du lieu à JAC (Jacques Antoine et Cie, troisième producteur à l'époque de jeux télévisés). Dès lors, le lieu devient le cadre d'une émission télévisée.

La renaissance depuis la fin des années 1980

Le fort Boyard et la plateforme offshore coté Ouest.
Le fort vue depuis l'île d'Aix. En fond, l'île d'Oléron.

Encore propriété privée de la société de production, le fort est partiellement nettoyé (disparition des pierres, boulets et graminées dans la cour centrale et fermeture des soutes éventrées) en 1988 afin de faire l'objet de visites de producteurs de chaîne télévision de tout pays, intéressés par l'idée du jeu. Ce n'est qu'en juillet 1989, après le changement de propriétaire, que la rénovation totale du fort commence. Une plateforme offshore (toujours présente mais qui n'est jamais cadrée et que l'on ne voit jamais à la télévision) est installée à vingt-cinq mètres du fort, pour en permettre l’accès en bateau, devenu impossible depuis la destruction du havre d’abordage. Le fort est entièrement nettoyé, cinquante centimètres d'épaisseur de guano et sept cents mètres-cube de saletés diverses sont évacuées. Le fort est maintenant nettoyé et fermé aux ouvertures grâce à des vitres, des portes et à des volets. En automne, une plate-forme de déambulation, sorte de pont, est construite au niveau du premier étage dans la cour intérieure, afin de desservir les cellules de cet étage. La construction des décors se voit arrêtée suite à l'arrivée de tempête hivernale. Ce n'est qu'à partir du printemps 1990 que sont construits les derniers décors, comme la Salle du Trésor, ou la vigie, mais aussi les épreuves. D'ailleurs, les derniers préparatifs aux décors ne seront finis que peu de temps avant le tournage de la première émission.

En 1996, les plates-formes d’artilleries sont démontées et restaurées. Mais le fort Boyard est fragile et subit encore les dégâts de la mer. Après les tournages en 1998, le département décide d’entamer une nouvelle étape dans la restauration du monument. Chaque pierre de la terrasse sera démontée puis réimplantée après avoir été nettoyée. L’hélicoptère employé pour les travaux aura fait au total près de 6000 rotations entre le fort et Boyardville.

Cette restauration permet également un nettoyage complet des murs de façade, ainsi qu’une réparation d’un certain nombre de fissures. L’étanchéité de la terrasse est totalement refaite. L’emplacement de la pendule, non restauré en 1989, est réparé en 1998. Au final, cette tranche de travaux aura duré de septembre 1998 à avril 1999. Durant l’hiver 2003-2004, la cour centrale est refaite. Les dernières restaurations majeures datent de 2005: le colmatage, par du béton, des assises du Fort fissurées, côté sud, a été effectué au printemps, avant les tournages du jeu télévisé ; fin été 2005, la réfection totale de tous les murs de la cour intérieure (piliers des arcades compris) a été réalisée. Il s'agissait, pour l'équipe de tailleur de pierre engagée, de changer toutes les pierres endommagées - en taillant sur la terrasse du fort des pierres aux dimensions voulues, après avoir fait venir la matière d'Oléron en hélicoptère - et de refaire les joints des murs.

Depuis le 1er février 1950, le fort Boyard est inscrit au titre des Monuments historiques par le Ministère de la Culture. De ce fait, l'accord de l'architecte des bâtiments de France est désormais nécessaire avant toute modification de l'état des lieux.

Apparitions

À la télévision

Un documentaire de 52 min réalisé par Bernard Flament, un des réalisateurs du jeu Fort Boyard, sur l'histoire du vaisseau de pierre a été diffusé en 2008 sur France 3 et TV5.

Apparition dans La Chasse au trésor

Le fort Boyard est apparu à deux reprises dans La Chasse au trésor : dans une version test et une version diffusée sur Antenne 2[13].

Vue générale du fort (façade est)

Afin de présenter et valoriser son idée de jeu, Jacques Antoine tourna en 1980 un pilote de La Chasse au Trésor au fort Boyard. Cette version bêta comprenait un seul candidat ; aucun membre de la future équipe du jeu n'était présent, à l'exception de l'un des cadreurs. L'animateur de terrain, Marc Menant, devait se rendre au fort pour résoudre l'énigme ; l'hélicoptère n'étant pas présent dans cette version, il devait vraisemblablement s'y rendre par bateau. L'émission n'ayant pas plu dans son ensemble à la direction d'Antenne 2, Jacques Antoine dut améliorer en profondeur le jeu. Cependant, le pilote de l'émission fut présenté lors des premiers tournages aux candidats afin qu'ils comprennent la mécanique du jeu ; ceux-ci furent d'ailleurs étonnés de voir un nouvel épisode dans la forteresse, et ce lors de la première année d'existence du jeu télévisé.

En effet, tournée le 22 avril 1981, tôt le matin (en raison de problèmes de marée), et diffusée le 6 septembre 1981, le fort Boyard est l'une des étapes de l'émission animée cette fois-ci par Philippe Gildas et Philippe de Dieuleveult. Afin de récupérer la tabatière de Napoléon et gagner 30 000 Francs (soit plus de 4 570 €), les candidats, aidés des deux animateurs et de documents sur le littoral charentais-maritime, doivent la localiser en déchiffrant l'énigme du jour avant les 45 minutes imparties :

« Je suis venu saluer l'Empereur une dernière fois sur le lieu de son embarquement. En souvenir, il m'a jeté une tabatière que j’ai enfouie, en passant, pendant mon retour au pied d'un corps de pompe dans les soubassements d’un grand édifice en construction. »

Philippe de Dieuleveult explorera les bâtisses aux environs de Fouras (Fort de la Rade et Fort Liédot sur l'île d'Aix, et Fort Enet à la Pointe de la Fumée) avant de sauter de l'hélicoptère dans l'eau froide pour aller récupérer à l'intérieur du fort Boyard la tabatière de Napoléon, l'hélicoptère ne pouvant se poser à cause du vent. Cette partie s'est révélée chaotique : le gilet de sauvetage, trop serré, faisait suffoquer l'animateur une fois dans l'eau ; l'hélicoptère, resté en vol stationnaire au-dessus de lui pour le filmer, empêcha sa progression à cause du courant d'air créé par ses pales ; et l'accès à l'escalier à la nage fut relativement difficile à cause des vagues et remous. Finalement, Dieuleveult dut attendre plus de trois heures après la fin de l'émission pour que l'on puisse venir le rechercher.

Le jeu Fort Boyard

Article détaillé : Fort Boyard (jeu télévisé).
Le fort Boyard et les installations pour l'émission du même nom.

Depuis 1990, le fort Boyard est le lieu de tournage d'un jeu de télévision du même nom (intitulé à l'origine Les clés de Fort Boyard) créé par Jacques Antoine, Jean-Pierre Mitrecey et Pierre Launay, dans lequel une équipe de candidats, entourée de personnages plus ou moins étranges, doit surmonter un certain nombre d'épreuves intellectuelles et physiques (agilité, endurance, force, etc.), afin de pouvoir s'emparer du trésor en pièces d'or.

L'émission est diffusée chaque été, et ce depuis le 7 juillet 1990 sur France 2, en France, mais également dans une trentaine de pays à travers le monde, contribuant ainsi à faire connaître le fort au niveau international et à permettre des retombées économiques concernant le tourisme dans ce département (une partie permettant alors d'entretenir le bâtiment chaque année et d'effectuer des travaux de rénovation quand cela est nécessaire).

Dans les années 90, une émission télévisée passe au Québec sur les ondes de TVA. Elle est intitulée Fort Boyard.

Au cinéma

Le fort a aussi servi de décor au tournage des films suivants :

  • Le Repos du guerrier (1962) : selon certaines sources officielles[12],[14], bien que ceci ne soit avéré, le fort serait présent dans le film de Roger Vadim, notamment au travers d'une scène furtive où Brigitte Bardot prendrait un bain de soleil sur la terrasse de celui-ci.
  • Les Aventuriers (1967) : le fort apparaît dans le dernier tiers du film de Robert Enrico. Il est vu une première fois sous forme de carte postale avant de faire l'objet de prises de vues intérieures et extérieures, notamment pour le règlement de compte et la fusillade s'y déroulant, avec notamment Lino Ventura et Alain Delon, bouclant ainsi le film et le générique final. C'est grâce à ces images que Jacques Antoine a pu trouver le lieu idéal pour son futur nouveau jeu d'aventure.
  • Liberté-Oléron (2001) : le fort apparaît lors d'une promenade en mer et lors des vues sur la mer dans le film de Bruno Podalydès

Dans la musique

  • En 2006, André Bouchet (Passe Partout) interprète la chanson intitulée Je suis Passe Partout du fort Boyard.

Dans la littérature

  • Dan Mitrecey a écrit dix livres de jeunesse (parus aux éditions Fleurus) sur des aventures de jeunes en visite à Fort Boyard[15].

Dans la collection « Aventures à Fort Boyard » :

  1. Dan Mitrecey, Le Trésor de Napoléon, éditions Fleurus, 1993 (ISBN 9782215030515) 
  2. Dan Mitrecey, Le Secret du père Fouras, éditions Fleurus, 1993 (ISBN 9782215030522) 
  3. Dan Mitrecey, Le Fantôme se révolte, éditions Fleurus, 2002 (ISBN 9782215030539) 
  4. Dan Mitrecey, Tournage mouvementé, éditions Fleurus, 1993 (ISBN 9782215030560) 
  5. Dan Mitrecey, Une Mygale s'est échappée, éditions Fleurus, 1993 (ISBN 9782215030553) 
  6. Dan Mitrecey, Les Bijoux volés, éditions Fleurus, 1993 (ISBN 9782215030546) 
  7. Dan Mitrecey, Le Monstre d'Oléron, éditions Fleurus, 2002 (ISBN 9782215041085) 
  8. Dan Mitrecey, L'Espion de Fort Liedo, éditions Fleurus, 1994 (ISBN 9782215041078) 
  9. Dan Mitrecey, Les Pirates de la baie, éditions Fleurus, 1995 (ISBN 9782215031383) 
  10. Dan Mitrecey, Des Candidats imprévus, éditions Fleurus, 1995 (ISBN 9782215031383) 
  • Monique Jambut, Les Amants du fort Boyard. Historique d'un vaisseau de pierre, Paris, éditions France Océane, 1994, 294 p. (ISBN 2903504679).
    roman historique[15]
     
  • Alain Surget, ill. Jean-Louis Serrano, Les Disparus du fort Boyard, éditions Rageot-Hatier, 30 mai 1995 (ISBN 2700233182).
    livre destiné à la jeunesse dont l'action se déroule dans le fort
     
  • Madelaine Tiollais, Les enfants du fort Boyard, éditions Bellier, 2005 (ISBN 2846311374).
    roman historique[15]
     

En jeu vidéo

Le fort Boyard est présent dans différents jeux vidéo, pour consoles portables ou ordinateur. Ces jeux s'inspirent tous du jeu télévisé du même nom; cependant, certains titres sont fidèles à l'émission (Fort Boyard : Le Défi ou Fort Boyard : Le jeu), d'autres gardent l'esprit des jeux proposés dans celle-ci (comme Fort Boyard : Casse-têtes & Enigmes), certains s'en servent comme base mais s'orientent vers l'histoire de la forteresse (dans Fort Boyard : La légende, le joueur incarne un ancien candidat du jeu, resté à La Rochelle pour découvrir le trésor de Napoléon caché dans le fort) et enfin, d'autres s'en émancipent complètement (Fort Boyard : Millénium conte une histoire de science fiction).

L'édifice a également été sujet de création de map pour des jeux FPS en ligne tel que Counter Strike[16], Half Life ou encore Medal of Honor[17].

Notes, sources et références

  1. section AK, numéro 01. Cf. le plan cadastral
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i En Charente-Maritime : Fort-Boyardsur www.charente-maritime.org. Consulté le 12 août 2009
  3. Ministère de la Culture, base Mérimée, « Notice no PA00104714 » sur www.culture.gouv.fr.
  4. Fort Boyard sur le site du Comité Départemental du Tourisme de la Charente Maritime
  5. L'Armement, revue de la DGA n°51, mars 1996, p.22
  6. Site officiel du département
  7. (fr)Boyard : Histoire d'un Fort L'Histoire d'un Fort : L'Aventure du Fort Boyard, documentaire de 52 min, retraçant l'histoire du fort, diffusé en 2008 sur France 3 Aquitaine
  8. Les coulisses de Fort Boyard
  9. Fort Boyard, un château fort de la mer (page 23), Pierre-Henri Marin, Rupella, 1990
  10. ibid, page 23
  11. (fr) Gérard Chagneau 1986, p.15
  12. a et b (fr) Gérard Chagneau 1986, p.24
  13. (fr) Kévin Tolbiac, Revivez l’émission de La Chasse au Trésor à Fort Boyard ! sur FortBoyard.net, site personnel consacré à l'émission Fort Boyard, le 21 juillet 2007
  14. (fr) Pierre-Henri Marin 1991, p.26
  15. a, b et c (fr) Aurélien Lecacheur, « Après le DVD, un nouveau livre pour le 15 juin », sur FortBoyard.net, site personnel consacré à l'émission Fort Boyard, 26 avril 2005
  16. (fr) Maps pour Half Life et Counter-Strike sur Chez Gaddy. Consulté le 10 juillet 2010
  17. (fr) Medal of Honor - Maps OPQR sur axel68.fr. Consulté le 10 juillet 2010

Voir aussi

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Article connexe

Bibliographie

  • (fr) Anatole Boisgard, Le scorbut observé au fort Boyard sur les détenus de la commune au point de vue de l'étiologie et du traitement, Rochefort, Imp. Ch. Thèze, 1872, 51 p.
    Thèse de médecine
     
  • (fr) Gérard Chagneau, Les Cahiers d'Oléron - Le fort Boyard : vaisseau de pierre, monstre créateur, éditions Local, 1986, 35 p.
    Livre retraçant le projet et la construction du fort Boyard ainsi que son utilisation
     
  • (fr) Pierre-Henri Marin, Fort Boyard : un château fort de la mer, éditions Rupella, 1991, 32 p. (ISBN 2864700540).
    Livre retraçant le projet et la construction du fort Boyard ainsi que son utilisation
     
  • (fr) Nicolas Faucherre, Les fortifications du littoral,La Charente-Maritime/Bastions de la mer, éditions Patrimoine Médias, 1993, 72 p. (ISBN 2910137090).
    Description des projets, de la construction et des utilisations des différents forts du littoral charentais
     
  • (fr) Bruno Barbier, Les îles charentaises : Ré, Fort Louvois, Fort Boyard, Madame, Aix, Oléron, Rennes, Éd. Ouest-France, 1998, 48 p. (ISBN 2-7373-2368-1) 
  • (fr) Denis Cettour, Le mausolée : arts et techniques des roches de qualité - n°756, éditions Pierre Actual, août 1999, 120 p.
    Magazine sur les travaux des tailleurs de pierres revenant sur la restauration de la terrasse et de la corniche du Fort ainsi que divers points.
     
  • (fr) Thierry Sauzeau, Petite histoire de Fort Boyard, Geste éditions, 27 avril 2009, 110 p. (ISBN 2845615280).
    Livre revenant sur le lieu géorgraphique et l'histoire du Fort
     
  • (fr) Jean-Pierre Mitrecey, Dan Mitrecey et Josy Perceval, Les secrets de Fort Boyard, éditions Fetjaine, 11 juin 2009, 287 p. (ISBN 235425170X).
    Ce livre retrace les 20 ans de l'émission télévisée Fort Boyard mais revient également sur la genèse, avec notamment, la découverte du Fort et sa rénovation
     

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