Folie (maison de plaisance)
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La Folie d'Artois dessinée par François-Joseph Bélanger dans le Parc de Bagatelle, XVIIIe siècle.

Une Folie est une maison de villégiature ou de réception construite depuis le XVIIe et principalement au XIXe par l'aristocratie ou la bourgeoisie aisée en périphérie des villes. Initialement isolées dans la campagne, les folies[1] furent rejointes ultérieurement par l'urbanisation extensive. Elles ont précédé les résidences de week-end bourgeoises et les villas de vacances. Celles-ci[Lesquelles ?] connurent une diffusion d'autant plus grande que l'attrait romantique des bords de mer et de la montagne se combinait avec les possibilités nouvelles de transport du XIXe.

Par extension l'appellation folie a été utilisée pour des résidences princières (ou non) en fonction de leur extravagance architecturale ou du caractère déraisonnable de leur situation ou de leur usage. Le terme est finalement devenu le nom de la petite villa de lotissement de vacances.

Sommaire

Fonction et usage des folies

Maison carrée d'Arlac, 1785-1789, Gironde

Les folies furent initialement des constructions inspirées des palais d'été de l'aristocratie de la Renaissance italienne. Le modèle palladien fut adapté à des domaines et des fortunes bourgeoises et donna des édifices péri-urbains implantés dans des sites naturels.
Dans le Bordelais, les folies sont la marque construite apposée par un riche propriétaire sur son domaine viticole. (Maison carrée d'Arlac).
Dans le Languedoc, les Folies de Montpellier affichent la même conception de la notabilité et de ses symboles.
Leur source se situe vraisemblablement dans l'image des terroirs viticoles de Bourgogne et de la Vallée de la Loire, avec leurs châteaux et leurs domaines historiquement réputés.

Contrairement à leur modèle italien, ces édifices furent conçus pour un usage temporaire, en complément de l'hôtel particulier urbain, plus proche des cercles de pouvoir. Certaines ne comportaient même pas de cheminées, attestant d'un usage épisodique réservé à la belle saison.
L'architecture des folies, légère et délicate, contrastait avec l'austérité des hôtels urbains.
L'usage affiché de ces édifices était le divertissement: réceptions, salons de musique ou cercles de rencontres. La distribution, compacte, limitait les enfilades de l'époque précédente et privilégiait les pièces essentielles, reprenant les fonctions de l'Étage noble: salon de bal, galerie pour les musiciens, chambres et boudoirs. La décoration était aussi raffinée que luxueuse.

Les jardins sont très soignés et derrière leur désordre apparent, lié aux compositions symboliques du jardin anglais - la Nature et sa puissance - dont la mode a succèdé à celle du jardin français, on trouve des îles de magnolia, des cavernes en mousse, des kiosques chinois, de petits temples, et autres fabriques (folie Saint-James, que B. de Saint-James fit construire face à Bagatelle pour se poser en rival du comte d'Artois).
Le comble de la « folie », nous dit l’Encyclopédie universelle « sont les baraques féeriques de Versailles : constructions légères, en bois, enlevées aussitôt qu'élevées, à l'occasion des bals de la reine ». Elles recréaient, avec les fontaines, les étapes d'un parcours rappelant la Carte de Tendre du jardin modèle du XVIIe.

Le XIXe siècle, emporté par la vague romantique et réagissant à la Révolution Industrielle, construisit de nombreuses folies, pavillons originaux parfois dotés d'observatoires ou de laboratoires, et abritant des bibliothèques ou des collections.
Toutes ne furent pas de style néo-classique. Suivant le goût de l'époque, on vit apparaître des castels. Certaines sont totalement extravagantes (le mot était d'ailleurs attaché, aux XVIIe et XVIIIe à « folle dépense ») et dépassent l'imagination par leur extrême singularité.

Quelques unes portent encore de nos jours le nom du premier propriétaire ou celui du lieu où elles ont été construites comme la Folie Beaujon, la folie-Méricourt.

Folie et libertinage

Même si cet aspect ne fut pas prépondérant, ces édifices, généralement isolés dans le feuillage, à l'écart de la ville, se prêtaient à accueillir des maîtresses de l'ancien régime,[2] puis des demi-mondaines affichant cette (fausse) noblesse que l'on s'attribua aisément après le Second Empire. Les folies construites à cet usage affichent généralement une décoration plus chargée et se regroupent dans des quartiers particuliers : à Paris ce sont les quartiers Clichy-Pigalle ou l'axe Picpus-avenue de Saint-Mandé, proche du Bois de Vincennes.

À l’extérieur, ces folies sont parfois sobres et élégantes. Au plan pratique, elles épousent à la perfection cette destination de réunions galantes. À l’intérieur, les petites pièces répondent au besoin d’intimité, beaucoup de salons, recoins, boudoirs, alcôves, bains. La décoration est très recherchée (boiseries, ameublement fastueux).

Étymologie

Pour Furetière : « il y a (…) plusieurs maisons que le public a baptisées du nom de la folie, quand quelqu'un y a fait plus de dépenses qu'il ne pouvait, ou quand il a bâti de quelque manière extravagante  », mais Littré, s'oppose à cette définition en trouvant dans les textes du Moyen Âge, foleia quae erat ante domum, et domum foleyae, et folia Johannis Morelli. Littré y voit une altération du mot feuillie ou feuillée : l'abri de feuillage où chacun pouvait vivre un moment en toute discrétion. C'est aussi l'avis du Robert historique d'Alain Rey : « altération de feuillée; en picard foillie »; le mot apparaît en 1185 dans des noms de lieux.

Notes et références

  1. On dit aussi maison châtelaines (1838). Le Grand Robert.
  2. En 1782, Pierre Choderlos de Laclos publie Les liaisons dangereuses.

Articles connexes

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