Agro-sylviculture

Agroforesterie

Du sorgho pousse sous des Faidherbia albida et des borasses près de Banfora au Burkina Faso.
graminées sous chênes
graminées et herbacées sous oliviers séculaires

L’agroforesterie est un mode d’exploitation des terres agricoles associant plantations d'arbres d'une part, cultures ou pâturages d'autre part. Le mot dérive d'un néologisme anglophone (« agroforestry ») apparu dans les années 1970.

La définition de référence est celle fournie par le centre Agroforestier Mondial (ex-centre international de recherche en agroforesterie, CIRAF) : « L’agroforesterie est un système dynamique de gestion des ressources naturelles reposant sur des fondements écologiques qui intègre des arbres dans les exploitations agricoles et le paysage rural et permet ainsi de diversifier et de maintenir la production afin d’améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales de l’ensemble des utilisateurs de la terre. »

On distingue deux grands types d’agroforesterie, éventuellement complémentaires : le silvopastoralisme (arbres et animaux domestiques) d'une part, l'agro-sylviculture (arbres et cultures) d'autre part. L'agroforesterie se distingue de la permaculture du fait qu'elle utilise des plantes annuelles en association avec les arbres, quand la permaculture privilégie les plantes pérennes.

Sommaire

Etymologie

Le terme "agroforesterie" est la traduction d'un néologisme anglais datant des années 1970. Il prête un peu à confusion car l'agroforesterie n'a rien à voir avec la foresterie.

Avantages

« Néobocage » protégeant des champs contre l'érosion et du vent dans le Nord-Dakota (photo de 1997) aux États-Unis). Pauvre en biodiversité parce que presque monospécifique et d'une même classe d'âge, cette haie sera néanmoins une source importante de bois, et éventuellement de BRF.

Une idée testée par l'INRA était de voir si en imitant la nature, en mélangeant des arbres et des herbacées on ne pouvait pas augmenter les rendements. A la différence de la permaculture, il ne s'agit pas de n'utiliser que des plantes pérennes.

Outre ses qualités paysagères, qui ne doivent pas êtres négligées ne serait-ce que dans une perspective touristique, l'agroforesterie permet d'augmenter la rentabilité des terres. En effet, les arbres plantés dans une parcelle, en sollicitant une surface négligeable au sol, constituent un investissement important qui rapportera sensiblement la même somme que les cultures elle-mêmes au moment où on les abattra pour les exploiter trente ou quarante ans plus tard.

En outre, on a constaté que des associations judicieuses (ex : 50 noyers/ha dans le blé) permettaient d'augmenter la productivité et l'effet "puits de carbone" : si, au lieu de partager une parcelle en deux parties, l'une plantée de cinquante noyers, l'autre de blé d'hiver, on pratique une association des deux espèces sur la même parcelle[1], la productivité de la parcelle augmente de 50%. En effet, l'énergie du soleil qui n'est plus utilisée par le blé une fois la moisson opérée au début de l'été sera rentabilisée par l'agriculteur dans la mesure où elle permettra le développement du noyer ; inversement, lorsqu'en hiver et au début du printemps, le noyer ne dispose pas encore de feuilles, l'énergie lumineuse, qui serait perdue si les noyers étaient plantés seuls sur la parcelle, est utilisée par le blé au moment de sa croissance. Les arbres agroforestiers constituent un stock non négligeable de carbone, à la fois dans leur bois, mais aussi dans le sol qui est enrichi en profondeur en matière organique par la décomposition continuelle de leurs racines fines, année après année.

Par ailleurs, en associant des espèces de plantes différentes, les agriculteurs qui pratiquent l'agroforesterie peuvent créer des associations de plantes complémentaires, en mesure de se protéger les unes les autres contre leurs parasites et de favoriser mutuellement leur développement. De ce fait, l'utilisation d'engrais et surtout de pesticides est nécessairement beaucoup plus réduite que dans le cadre d'une agriculture intensive classique. Cependant, l'agroforesterie n'a pas nécessairement vocation à se placer dans une perspective d'agriculture biologique : elle autorise également des pratiques agricoles « conventionnelles ».

Enfin, l’arbre a un effet protecteur des cultures (brise-vent, diminution des impacts des pluies violentes, grêles et insolations excessives. L'arbre en compétition avec la culture dès sa plantation enfonce naturellement ses racines plus profondément, en contribuant à décolmater le sol et en favorisant la circulation capillaire de l'eau profonde, tout en permettant aux pluies de mieux s’infiltrer pour recharger la nappe locale. Les arbres sont plus résistants à la sécheresse car du fait des cultures en surface, ils doivent s'enraciner plus profondément et sont donc plus résistants à la chaleur. Cet enracinement profond permet de récupérer les nitrates en profondeur et donc de limiter la pollution des eaux. De plus, les arbres poussent plus vite car ils bénéficient à la fois d'engrais, d'irrigation et d'un éclairage optimal facilitant la photosynthèse.

Du point de vue agronomique, les arbres et leurs racines et les champignons associés permettent de lutter contre l’érosion et recharger le sol en matière organique. Ils contribuent à lutter contre l'érosion, la salinisation et les inondations par la limitation du ruissellement responsable des pics de crue des rivières. Ils réduisent la pollution des nappes par les engrais agricoles en "pompant" les surplus d'azote libre.

La qualité des sols est également améliorée grâce à la litière formée par la chute des feuilles et le BRF que l'on peut produire à partir des tailles des arbres.

Les arbres forment un filet racinaire qui passe sous les couches superficielles du sol occupées par les cultures. Les champignons qui vivent en symbiose avec ces bactéries augmentent la fertilité du sol et sa capacité à retenir et faire circuler l’eau et les nutriments, améliorant la productivité sylvicole et agricole.

De plus, du fait de l'espacement entre les arbres (le plus souvent alignés, ce qui permet d'utiliser sans difficulté des machines agricoles), ils ne sont pas concurrents dans leur développement. De ce fait, contrairement à ce qui se pratique habituellement en sylviculture, on peut planter différentes espèces au sein d'une même parcelle, ce qui permet à la fois de ne pas perdre toute la production en cas de maladie ou d'évènements touchant une espèce particulière, et de de diversifier la production, avec des arbres arrivant à maturité à des moments différents.

Agro-sylviculture et biodiversité

L'agroforesterie permet également de contribuer à la biodiversité. On peut citer l'exemple de la chauve-souris qui ne peut pas chasser les insectes dans les champs classiques car l'absence d'arbre ne lui permet pas de se guider avec son système de sonar interne. Lorsqu'on plante des arbres au milieu des champs, on permet le retour des chauves-souris et donc la diminution de la prolifération des insectes. En outre, si en réinstaurant un véritable écosystème, on peut également réintroduire des nuisibles tels que limaces ou campagnols, on favorise également le retour de leurs prédateurs, ce qui limite finalement les dégâts éventuellement causés aux cultures.

La structure bocagère, les haies sur talus, les grands arbres éparpillés ou certains alignements, de par leurs structures et les espèces qui les composent offrent des habitats de substitution, pour partie proches d'habitats naturels qui existaient dans les clairières et sur les lisières forestières, favorisant notamment les abeilles et d’autres pollinisateurs et de nombreux auxiliaires agricoles, surtout dans un contexte d’agriculture biologique ou d’agriculture durable. Des oiseaux insectivores, des chauves-souris, ou encore certains insectes comme les syrphes, dont les larves sont de grandes dévoreuses de pucerons et autres auxiliaires de l’agriculture réapparaissent. Quelques effets négatifs sont possibles (rongeurs, limaces et quelques parasites pourraient être favorisés, mais leurs prédateurs le sont aussi. Aucune observation significative n’a confirmé de tels effets négatifs selon les spécialistes de l’agroforesterie à l’INRA).

Une pratique ancienne

Le bocage traditionnel (ici du Cotentin, en France, vers 1945) offrait un compromis intéressant entre protection et exploitation des sols et des écosystèmes. Souvent associé à la culture de frutiers et à l'élevage laitier, il permettait des systèmes polyculture-élevages autonomes et résilients, fonctionnant en boucle fermée, c’est-à-dire sans intrants, et sans déchets

La pratique agroforestière semble exister dès la préhistoire sous certaines formes. Elle est en tout état de cause attestée dès l’Antiquité. Ainsi, dans le monde grec antique, « on pouvait profiter des intervalles laissés entre les lignes de vignes et d'oliviers, quand ils étaient assez larges, pour y cultiver des céréales ou des légumineuses. »[2], et on utilisait souvent, dans l'antiquité grecque ou romaine, les arbres pour servir de support à la vigne (arbustra).

L'exploitation conjointe sur une même parcelle d'arbres et de cultures paraît importante également au Moyen Âge. Dans un ouvrage[3] de la fin du XIVe siècle décrivant la vie quotidienne dans le nord de l’Italie, de très nombreuses illustrations attestent de pratiques agroforestières très variées. Arbres et cultures y semblent inséparables : sur plus de cinquante planches agricoles, seules trois montrent des monocultures pures.

On parle parfois d'agroforêts pour désigner les milieux où des populations indigènes vivent d'un mélange d’agriculture, de jardinage et de cueillette forestière, pratiqués sous la canopée ou plus souvent dans de petites clairières, sur brûlis avec des pratiques qui ménagent une partie de la biodiversité et lui permettent de se reconstituer rapidement. Ces agroforêts couvraient au début du XXIe siècle environ 1,5 million d’hectares rien qu'en Indonésie). Dans le monde, 150 millions d’hommes, autochtones, vivent encore en forêt, presque exclusivement en zone tropicale[4].

L'agrosylviculture existe aussi en zones tempérée et froide. De tous temps les animaux domestiques semblent avoir pâturé en forêt où l'on pratiquait aussi la cueillette et le taillis. Et jusqu’à la fin des années 1960, des buissons fruitiers, des arbres épars, fruitiers ou destinés à produire des bois d’œuvre ou de feu étaient encore omniprésent dans les paysages ruraux de presque toute l’Europe tempérée, en Asie, comme dans toute l’Afrique et chez de nombreuses cultures traditionnelles des pays du Sud. On les trouvait au bord des champs, dans les cultures et des pâturages, dans les zones humides pâturées, dans les fortifications, voire en forêt même.

Dans l'hémisphère Nord, cerisiers, pommiers, poiriers, pruniers, noisetiers, châtaigniers, noyers, etc. ont ainsi longtemps côtoyé les animaux en pâture et les agriculteurs.

Dans les pays industrialisés, l'agroforesterie a massivement régressé au XXe siècle en lien avec le développement d'une agriculture mécanisée. Le phénomène s'est amplifié dans la seconde moitié du XXème siècle : On estimait en France qu'il y avait de 600 millions d'arbres dans les parcelles agricoles françaises dans les années 1940-1950. Il n'en restait que 200 millions dans les années 2000[5]. Ce phénomène a encore été accentué en Europe avec la mise en place de la PAC car les règlements européens, pour des raisons de facilité d'administration (non cumul des subventions), excluaient (jusqu'en 2006) qu'une parcelle consacrée à deux productions puisse percevoir des subventions pour ces deux productions. De ce fait, la surface correspondant aux arbres présents dans les parcelles était systématiquement déduite de la surface subventionnée pour la culture présente au pied de l'arbre, ce qui a encouragé les agriculteurs à pratiquer des arrachages massifs.

Depuis 2006, la règlementation européenne a intégré les atouts de l'agroforesterie et ne pénalise plus cette pratique dans la limite de cinquante arbres à l'hectare.

Expérimentations et résultats en France.

Dans les années 1980, en France le sylvopastoralisme a été testé par Christian Dupraz (Ingénieur forestier de formation) au sein de l'INRA, d'abord en laissant des animaux pâturer des zones enherbées où des manchons protégeaient les arbres. Les premières expériences étaient de 800 arbes/ha en prairie, mais finalement, contrairement à un dogme qui voulait qu'il faille planter densément les arbres pour qu'ils poussent bien, 100 arbres/ha se sont révélés un bon taux surfacique.

Vers 1995, l'INRA a été sollicité par divers propriétaires (au moment de la déprise agricole) en 1994, le conseil général de l'Hérault a proposé par un appel à projet à la communauté scientifique de Montpellier d'y tester des dispositifs nouveaux, à vocation notamment pédagogique. Le domaine de Restinclières dans , à une quinzaine de kilomètres au nord de Montpellier est un lieu d'expérimentation important en matière d'agroforesterie méditerranéenne depuis le milieu des années 1990, avec environ 50 ha de plantations d'une vingtaine d'essences d'arbres différentes combinées à des cultures intercalaires de vigne, blé dur et colza. Environ 10 000 arbres (de 40 essences différentes) y ont été testés (noyer, merisier, poirier non greffé, cormier, alisier, érables associés à des céréales et résineux sur terrains difficiles (pins, cyprès associés à la vigne) à une quinzaine de kilomètres de Montpellier. Ce site est maintenant visité chaque année par des milliers de gens venus de divers pays d'Europe.

Europe

Les cultures intercalaires sont devenues éligibles à la PAC pour leur surface exacte (emprise des arbres non comprise). Sur la même parcelle, une bande boisée est éligible à la prime de compensation de perte de revenu (PCPR) sous certaines conditions (indemnité limitée pour 7, 10 ou 16 ans, selon la hauteur de tronc, l'essence...).

La commission européenne a validé les mesures agroenvironnementales portant sur la création et gestion d’habitats agroforestiers (mesures 2201 et 2202), en compensant les surcoûts dus à la présence des arbres (temps de travail supplémentaire, nettoyage de l’emprise, achat et entretien des protections des arbres, tailles...). Le contrat (renouvelable) est signé pour 5 ans. Il ne couvre pas le prix des arbres pour les créations de parcelles, mais les CTE ou la nouvelle aide aux actions forestières peuvent le faire. L’agriculteur doit planter ou conserver de 50 à 200 arbres/ha (100 au maximum s’il s’agit de peupliers ou noyers), avec une surface minimale de0,5 ha pour les créations. En périmètre Natura 2000, s’il y a compatibilité avec les objectifs de conservation, ce qui devrait a priori être le cas le plus fréquent, les aides peuvent être majorées. En agroforesterie de culture, les arbres doivent être conduits de manière à permettre la mécanisation (troncs lisses sur 2 m de hauteur au moins). Sont éligibles notamment les fruitiers précieux (noyers, merisiers, poiriers, pommiers, sorbiers domestiques, alisiers) mais aussi les arbres champêtres tels que chênes, châtaigniers, érables, peupliers. D’autres aides permettent de compléter le dispositif par des haies vives, et certains vergers anciens, bas sont éligibles à d’autres contrats.
Ces haies et ces arbres peuvent jouer un rôle de conservatoire génétique éclaté, avec d’autres aides possibles, départements, régions, conservatoires et Diren).

Les « aides aux actions forestières » à caractère protecteur, environnemental et social prévoient sous certaines conditions, le financement de l’agroforesterie (circulaire DERF/SDF/C2002-3010 du 7 mai 2001). La bande boisée ne peut alors bénéficier des aides agricoles PAC (CTE avec un montant minimal d’investissement de 1 000 €, pour au moins 500 m2 plantés. Le bénéficiaire peut ou non être agriculteur.

En 2001, l'Union européenne a encouragé cette pratique en maintenant la prime versée par la PAC à l'agriculteur dans le cas où il plante des arbres sur une parcelle cultivée.

Projet SAFE (Silvoarable Agroforestry For Europe) : huit pays sont associés dans ce projet pour prendre en compte l'agroforesterie dans l'évolution de la Politique agricole commune vers un meilleur respect de l'environnement et élaborer un projet de directive.

Amérique du Sud

L'agrosylviculture est pratiquée de manière ancestrale en Amazonie allant des cultures itinérantes sous couvert forestier aux cultures intercalaires ou itinérantes (dans des clairières sur brûlis). Elle permet une production régulière, mieux abritée des UV, des pullulations de pathogènes, avec un minimum d'érosion des sols, en bénéficiant du microclimat beaucoup plus stable là où la canopée a été conservée (Wilkin, 1972). Les déchets et éléments minéraux sont recyclés sur place. Les communautés locales produisent ainsi le manioc, et de nombreuses graines, fruits, légumes, fibres, feuilles et fleurs, médicaments, résines, fourrages, bois de feu et d'œuvre, et parfois viande.

Le modèle de la taungya (cultures à l'ombre d'arbres à croissance rapide plantés en alignements) créé en Birmanie au cours des années 1860 a été testée en Amérique du Sud, au Salvador notamment avec succès, mais parfois avec des espèces introduites, qui contribuent au recul de la biodiversité (ex : culture de maïs sous alignements d'Eucalyptus deglupta dont Aguirre a montré en 1977 qu'elles étaient plus rentables et plus résistante aux adventices que le maïs témoin cultivé seul. Des cultures intercalaires d'arbres et de légumineuses ou des cultures permanentes de café ou de cacao sont courantes en Amérique du Sud. Diverses études, relayées par la FAO montraient dès les années 1960 (Hunter et Camacho) que sous les tropiques, intercales arbres et autres culture augmentait les rendements. Ainsi au Costa Rica, Hevea brasiliensis pousse mieux avec le cacaoyer dont le rendement est également amélioré, par rapport aux monocultures d'hévéa ou de cacao (deux espèces originellement forestières). Dans les années 1970, on a aussi montré que des polycultures en succession produisaient plus que des monocultures avec rotation culturale.

Des sous espèces d'Inga, Erythrina, Dalbergia, Gliricidia sepium ou Pithecellobium saman sont couramment associées au plantain ou à des cultures extensives de tubercules et/ou légumes.

L'agroforesterie est très adaptée aux systèmes de gestion collective qui existent encore dans certains pays du sud (forêts, champs et pâturages communautaires). Le cacao, le thé, le café, la vanille et la plupart des productions tropicales s'y prêtent.

Notes et références

  1. La proportion étant de cinquante noyers sur un hectare de plantation de blé
  2. Léopold Migeotte, L'économie des cités grecques, Ellipses, 2007, p. 61.
  3. Le Tacuinum sanitatis, manuscrit conservé à la bibliothèque nationale d’Autriche (Codex vindobonensis series nova 2644). L’ensemble du manuscrit a été publié dans les années 1990 : Daniel Poirion, Claude Thomasset, L’art de vivre au Moyen Age, Editions du félin, Paris, 1995 (ISBN 2-86645-206-2).
  4. * Rapport d'étape du Sénat français : « La biodiversité, l'autre choc »(33 pages, par l'OPECST)
  5. Christian Dupraz interviewé par Ruth Stégassi dans l'émission Terre à terre, de France-culture (1ère diffusion : 2008/08/30)

Annexes

Bibliographie

Christian Dupraz et Fabien Liagre, Agroforesterie, des arbres et des cultures, éditions France Agricole, 2008, (ISBN 978-2-85557-150-8)

Liagre Fabien et Girardin Nicolas, "Agroforesterie, produire autrement", DVD de 65 mn aux Editions Agroof, 2009 - www.agroof.net

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Liens externes

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