Agriculture au Maroc
Boulmane du Dades, Haut Atlas.

L'agriculture au Maroc est un secteur économique important du pays, avec 40% de la population vivant de ce secteur. La surface agricole utile (SAU) est estimée à environ 9 500 000 hectares, ce qui représente 95 000 km², l'équivalent de 3,11 fois la surface d'un pays comme la Belgique.

Les principales productions agricoles du pays sont constituées par les céréales (le blé, l'orge et le maïs), la betterave à sucre, la canne a sucre, les agrumes (oranges, clémentines, etc.), le raisin, les légumes, les tomates (Guelmim et Dakhla dans le Sahara occidental pour les tomates sous serre et hors sol[1]), les olives, le chanvre et l'élevage. La première zone de production de primeurs du pays est la plaine du Souss, dans la région Souss-Massa-Drâa, qui produit 685 000 tonnes de légumes, dont 95% de l'exportation nationale des tomates[1], ainsi que 660 000 tonnes d'agrumiculture, dont la moitié pour l'exportation [1].

Mais la production céréalière en particulier et la production agricole générale restent très dépendantes des conditions et des aléas climatiques que rencontre le pays.

L'actuel ministre de l'agriculture marocain Aziz Akhennouch, par ailleurs président de la région Souss-Massa-Drâa, a annoncé en avril 2008 un programme définissant la politique du royaume pour les dix ans à venir, qui insiste davantage sur une « agriculture à haute valeur ajoutée - haute productivité » que sur la petite agriculture[1].


Sommaire

Libéralisation du secteur et accords de libre-échange

La libéralisation du secteur agricole a commencé en 1985, sous la direction de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) [1]. Un accord de libre-échange a ensuite été signé avec l'Union européenne en 1996, entré en vigueur en 2000. Les produits agricoles marocains sont ainsi soumis à des faibles droits de douane, mais seulement dans la limite de contingents stricts[1]. Un autre accord de libre-échange a été signé avec les États-Unis, en vigueur depuis janvier 2006, qui ouvre par contre toutes les barrières douanières, y compris dans le domaine agricole[1]. L'accord n'a pas été publiquement discuté et a été contesté par des associations locales[1].

Les céréales

Les céréales figurent comme étant la principale culture agricole du Maroc. La production céréalière fait vivre une grande partie de la population rurale du pays, mais malgré les progrès de l'irrigation dans le centre et le sud du pays, les céréales restent dépendant d'une bonne pluviométrie, leurs volumes de production peut d'une année à une autre varier du simple au triple (de 30 000 000 à 100 000 000 quintaux) en fonction des conditions climatiques. Un secteur d'exploitation moderne concentré sur la cote Atlantique et le centre du pays coexiste avec une agriculture de subsistance, qui permettait une relative sécurité alimentaire.

Les fruits et légumes

Structure de la superficie des agrumes par région agricole (2005-2006).

Grâce à la construction de nombreux barrages et à la mise en valeur d'importantes zones irriguées, le secteur des fruits et légumes est celui qui offre à long terme les plus grandes possibilités d'évolutions. Ce secteur a permis le développement d’une production arboricole performante (agrumes, pommes, nectarines, etc.) qui offre de nombreux avantages.

En 2010, le "Plan Maroc Vert" s'est vu alloué un budget de 3 Milliards de Dirham. De nombreux plans d'aide au développement ont été mis en place, par exemple en favorisant l'irrigation au goutte à goutte, en subventionnant la mécanisation, ou en aidant l'utilisation d'intrants certifiés. Les hauts plateaux de l'Atlas sont caractérisés une agriculture principalement arboricole (Pommiers, poiriers, etc...), notamment dans la région de Meknès-Tafilalet et autour de Midelt (Aït ayache, Boumnia, Zaïda, etc...), avec près de 6950 Ha dont 6120 Ha productifs. La mise en place de marchés de gros restructurés, dont l'Agropolis de Meknès, donne toute l'ampleur de la volonté de tirer profit de l'agriculture locale.

L'industrie agroalimentaire est le 1° secteur industriel du pays. Elle représente 4,4 Milliards d'euros de chiffre d'affaires dans l'économie marocaine, soit 30 % de la valeur ajoutée. Le Maroc compte 2000 entreprises opérant dans ce secteur, regroupant près du tiers des emplois permanents du secteur industriel, soit 103 000 personnes équivalent à 20 % du total des emplois. L'industrie agroalimentaire marocaine est en pleine mutation, mais se trouve encore confrontée à de faible productivité, normalisation insuffisante, déficience de la chaine logistique/emballage, d'où notre implantation. De plus, le marché intérieur et notamment la grande distribution se développe à grand pas, avec des cahiers des charges de plus en plus exigeants en termes d'hygiène, de respect des délais, de qualité ou encore d'emballage. Enfin, les accords de libre échange avec l'UE prévoyant le démantèlement progressif des droits de douane vont engendrer l'arrivée massive de produits étrangers. Si le MAROC veut résister à cette concurrence internationale, tout en se positionnement sur la scène mondiale, il n'a d'autre choix que de développer rapidement une offre complète et compétitive. La marge de progression marocaine reste énorme, quant on sait qu'il est déjà la 5° puissance économique d'Afrique. Ayant compris tout l'intérêt de ces différents aspects de développement, certaines sociétés (plastic-jig) veulent s'intégrer dans la schématique qui va du producteur au consommateur final. (Sources : le Carrefour des Fournisseurs de l'Industrie Agroalimentaire)

Les récoltes permettent d'alimenter les exportations du pays (l'entreprise française Soprofel est ainsi l'une des plus grandes entreprises de la plaine du Souss, exportant des tomates[1]), tout en leurs offrant d'importants débouchés vers l'industrie agro-alimentaire locale. Le secteur de l'agroalimentaire représente près de 50 % du PIB national, dont 11,2% directement de l'agriculture. Cette dernière reste importante dans les région de Tanger-Tétouan, de Gharb-Chrarda-Beni Hssen, de Tadla-Azilal et de Meknès-Tafilalet qui, sur les 16 régions du royaume, représentent à elles-seules entre 22,4 % et 30,1 % de la valeur ajoutée du secteur[2].

Dans la plaine du Souss, l'agriculture bascule d'une agriculture de subsistance vers une agriculture moderne, conduisant ainsi les femmes à travailler dans de grandes exploitations plutôt que dans leurs champs[1], dans des conditions difficiles (travail souvent non déclaré, tandis que l'Association marocaine des droits humains signale des cas de viol dans les fermes[1]). Contre ces grandes exploitations, l'Association nationale des coopératives d'argan (ANCA) regroupe 42 coopératives, où les femmes gagnent au moins l'équivalent de 4 euros par jour[1]. Selon des chiffres de 2005, les coopératives d'arganier employaient environ 2 000 personnes[3].

Les principaux produits d'exportations sont la tomate, les agrumes (oranges, mandarines, clémentines, etc.), ainsi que les légumes comme la pomme de terre, la courgette, et les aubergines produits principalement dans le sud du pays, notamment dans la région d'Agadir).

Viticulture au Maroc

Article détaillé : Viticulture au Maroc.

Le Maroc propose douze appellations contrôlées, dont : Beni-m'tir, Berkane, Gris de Boulaouane, Gharb, Guerrouane, Zaer, Zemmour, coteaux-de-l'atlas et une partie du vin de marque Sidi Brahim.

Les exportations agricoles

Arganiers et chèvres (région d'Essaouira, Maroc).

Le Maroc est l'un des plus importants producteurs d'olives et d'huile d'olive : 3e mondial en olives consommées et 5e en huile d'olive exportée vers le monde. C'est aussi depuis peu un important exportateur d'huile d'arganier, utilisé en Europe, au Japon et aux États-Unis comme produit cosmétique. L'arganeraie participe, dans la vallée du Souss, à 25 à 45% du revenu des familles[1].

Les exportations d'agrumes sont également une des plus grandes ressources agricoles du pays. Le Maroc est le 2e exportateur mondial d'agrumes. Quant aux autres exportations maraîchères le Maroc exporte également divers produits dont la valeur ajoutée est estimée à 800 millions $US [4].

Références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Cécile Raimbeau, « Colère des paysannes de l'Atlas Marocain », Le Monde diplomatique, avril 2009 (extrait.
  2. "L'Economiste du 27.07.2010
  3. Rachida Nouaim, L'arganier au Maroc, entre mythes et réalités : Une civilisation née d'un arbre, éd. L'Harmattan, Paris, 2005 (ISBN 978-2-7475-8453-1)
  4. APEFEL

Voir aussi


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Agriculture au Maroc de Wikipédia en français (auteurs)

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