Affaire du dictionaire breton

Affaire du dictionnaire breton

Chronologie

En 1995 les éditions An Here publient un dictionnaire en breton, qui porte sur la couverture Geriadur brezhoneg gant skouerioù ha troiennoù, ce qui signifie Dictionnaire de breton avec exemples et expressions. Il contient 10 000 entrées, 40 000 exemples, 52 rédacteurs mentionnés, dont un membre du Parti des travailleurs et un député apparenté au PS.

En 1997 les éditions An Here embauchent une équipe

  • pour la rédaction d'une version augmentée, d'abord prévue pour 2000,
  • pour la rédaction de dictionnaires scolaires

et partent à la recherche de subventions.

Le 26 avril 2000, un article du Canard Enchaîné qualifie le dictionnaire d'« abécédaire du nationalisme breton, tendance dure » et y relève 6 citations (sur les 40 000) qu’il qualifie d’anti-françaises[1]. L'article mentionne également des « références idéologiques peu reluisantes », cite la présence, parmi la quarantaine de contributeurs, du linguiste Alan Heusaff, ancien membre de la milice bretonne collaboratrice Bezen Perrot, et relève la dédicace de l'ouvrage à un autre linguiste, Roparz Hemon, condamné à la Libération à une peine d'indignité nationale.

Martial Ménard, directeur d’An Here, rédige une réponse (dont la publication est refusée par le Canard Enchaîné) où il relève la présence de citations qu’il juge comparables dans les dictionnaires français [2].

En 2001 les noms de Roparz Hemon et Alan Heusaff disparaissent de la seconde édition du dictionnaire, ainsi que celui de divers autres collaborateurs d'extrême-gauche.

Les éditions An Here n'ont pas obtenu de subventions pour la rédaction des dictionnaires scolaires prévus, et les salariés embauchés ont été licenciés. Puis la maison a fermé.

Traduction insatisfaisante

A noter : l'« affaire du dictionnaire breton » est mal nommée car le mot « brezhoneg » ne signifie pas « breton » mais « relatif à la langue bretonne ». Un traduction exacte de « geriadur brezhoneg » aurait été « dictionnaire de breton » ou « de la langue bretonne ».

Notes et références

  1. « Page 122, le verbe " être " (exister) est illustré ainsi : " La Bretagne n'existera pleinement que lorsque le français sera détruit en Bretagne " », Le Canard Enchaîné, 26 avril 2000.
  2. Extrait: «  Parmi ces citations, je vous livre celle-ci : " croyez pas que j'exagère... si je vous dis que demain la France sera toute jaune par les seuls effets des mariages (…) que le sang des blancs est dominé, que les blancs peuvent aller tous s'atteler, très vite, leur dernière chance… pousse-pousse ou mourir de faim… allez pas dire que j'exagère ". Vous trouverez cette perle nauséabonde dans l'édition 1991 du Grand Robert, à l'article « jaune » vol. 5, p. 798, colonne b ; elle est de Céline, c'est une citation…  » Martial Menard, droit de réponse adressé au Canard Enchaîné
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