Empire byzantin

Empire byzantin
Empire romain d'Orient
Imperium Romanum (la)

Βασιλεία Ῥωμαίων / Basileía Rhōmaíōn (grc)

330/6101453

Drapeau
Blason

Bannière des Paléologues et Aigle à deux têtes

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l'Empire byzantin à son apogée en 550

Informations générales
Statut Autocratie / Monarchie
Capitale Constantinople
Nicée (1204 à 1261)
Religion Christianisme ancien puis orthodoxe
Monnaie Solidus, nomisma, hyperpère, etc.
(Monnaie byzantine)
Démographie
Population IVe siècle env. 34 000 000 hab.
VIIIe siècle env. 7 000 000 hab.
XIe siècle env. 12 000 000 hab.
XIIIe siècle env. 5 000 000 hab.
Histoire et évènements
11 mai 330 Fondation de Constantinople
1054 Grand Schisme d'Orient
1204 Prise de Constantinople (IVe crois.)
1261 Reconquête de Constantinople
29 mai 1453 Chute de Constantinople
Basileus
306337 Constantin Ier
527565 Justinien Ier
610641 Héraclius Ier
14491453 Constantin XI



Sénat byzantin

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Bannière de l'Empire[1] (différente de celles des dynasties Ange, Cantacuzène, Comnène, Paléologue ou autres).

L'Empire byzantin (en grec moderne : Βυζαντινή αυτοκρατορία / Byzantinè[N 1] autokratoría) est un des deux Etats issus du partage au IVème siècle de l'Empire romain ; il est aussi connu sous le nom d'Empire romain d'Orient (en latin Imperium Romanum Orientale, en grec médiéval Ἀνατολική Βασιλεία Ῥωμαίων / Anatolikè Basileía Rhômaíôn), avec pour capitale Constantinople, anciennement appelée Byzance.

À la fin du IIIe siècle, l'Empire romain est séparé en deux par Dioclétien et il est définitivement divisé à la mort de Théodose Ier en 395. L'Empire romain d'Occident disparaît en 476, mais l'Empire romain d'Orient subsiste jusqu'à la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453.

L'appellation[N 2] « Empire byzantin », qui apparaît seulement en 1557, est due à un historien allemand, Hieronymus Wolf. Cette appellation occidentale est utilisée pour définir l'histoire de l'Empire romain d'Orient considérée comme une histoire grecque, distincte de celle de l'Empire romain d'Occident, revendiqué comme « matrice de l'Europe occidentale »[2]. A cette époque en effet, les occidentaux appelaient les habitants de l'Empire byzantin « Grecs » et leur état « Imperium Graecorum », « Græcia » ou « Terra Græcorum »[3] (leur religion, leur langue de communication, et leur culture sont essentiellement grecques) mais aussi « Terre de Romanie »[4] car eux-mêmes nommaient leur État Basileía tôn Rhômaíôn (« empire des Romains »)[3], et ne se sont jamais désignés comme « Byzantins » mais se considéraient comme des Romains (Rhomaioi, terme repris par les Perses, les Arabes et les Turcs qui les appellent « Rum »).

Au cours de ses mille ans d'existence, l'Empire byzantin a donné naissance à une brillante civilisation qui a marqué l'histoire de l'Occident et de l'Orient. Un certain nombre de lois et coutumes des Romains sont conservées, ainsi que certains aspects culturels ou techniques comme l'architecture. Même si d'autres langues sont parlées dans l'empire, le grec est la langue majoritaire des échanges, tandis que l'art est chrétien et que l'éducation (la paideia) est gréco-romaine. La disparition de la partie occidentale de l'Empire romain et celle des légions romaines, les menaces permanentes sur leurs frontières amènent les Byzantins à se doter d'une armée puissante, dont la tactique commence à s'élaborer de manière autonome dès le VIe siècle, ce qui lui permet de dominer la région jusqu'au XIIIe siècle. L'Empire byzantin est enfin un empire chrétien qui, entre autres, a défini certains dogmes du christianisme. L'Église officielle est l'Église chrétienne universelle jusqu'au schisme de l'Église romaine de 1054. Par la suite, cette partie de l'Église, qui conserve la théologie et le droit canon du premier millénaire (dite des sept conciles) prend le nom d'Église orthodoxe.

Sommaire

Histoire de l'Empire byzantin

Article détaillé : Histoire de l'Empire byzantin.

L'Empire romain d'Orient durant l'Antiquité tardive (IVe au VIe siècle)

Article détaillé : Dioclétien.

L'Empire byzantin plonge ses racines dans la période dite de l'Antiquité tardive, débutant traditionnellement[N 3] avec l'avènement de Dioclétien en 284[5].

L'impulsion initiale de Constantin

Article détaillé : Constantin Ier (empereur romain).
Article détaillé : Constantinople.

L'empereur romain Constantin le Grand, à la suite de sa conversion en 312, favorise le christianisme et donne une extension considérable à la colonie grecque de Byzance en 330. Il en fait la « Nouvelle Rome » (Nova Roma) face à Rome qui — au moins depuis le court règne de l'empereur Maxence - n'est plus résidence permanente de l'autorité impériale[6]. La nouvelle résidence impériale devient capitale de la partie orientale de l'Empire romain. Le nom officiel ne tarde pas à être remplacé dans le langage courant par la dénomination usuelle de « Constantinople », ce qui n'empêche pas l'appellation « Byzance » de perdurer pendant des siècles. Constantinople reste le siège de l'autorité sous les empereurs suivants bien que tous les empereurs n'y séjournent pas très longtemps, en tout cas dans les premiers temps. Ainsi, Julien l'Apostat, dernier empereur païen, et Valens passent le plus clair de leur temps à Antioche, à l'est de l'Empire.

Naissance de l'Empire

En 395, lorsque meurt l'empereur Théodose Ier, et suite aux nombreuses invasions barbares qui menaçaient l'empire, il a attribué à ses deux fils, Honorius et Arcadius un Empire d'Occident et un Empire d'Orient. Cette division de 395 est traditionnellement considérée comme un point de départ pour l'Empire byzantin.

L'empire a certes connu de telles divisions par le passé, mais celle-ci se révèle bientôt définitive : Arcadius, qui réside à Constantinople, passe donc pour le premier souverain de ce « premier » Empire byzantin[N 4]. Toutefois, les contemporains n'ont aucune conscience d'une division, mais d'un gouvernement collégial, les mêmes lois ont cours dans les deux moitiés de l'Empire (elles sont en général promulguées conjointement par les deux empereurs) et l'empereur d'une partie ratifie l'intronisation d'un successeur dans l'autre partie[7]. Aussi, cette date de 395 n'est pas retenue par tous les historiens comme « origine » de l'Empire byzantin[N 5]. Si certains le font remonter jusqu'à Constantin, la plupart s'en tiennent à Héraclius (610641) comme premier souverain byzantin. D'autres, enfin, retiennent comme début de l'histoire byzantine 565, date de la mort de Justinien Ier.

Les grandes invasions du IVe au Ve siècle ; Chronologie associée.

À la fin du IVe siècle, au début des grandes invasions, la partie orientale de l'Empire devient une cible pour les peuples germaniques, notamment les Wisigoths et les Ostrogoths. En 378, à la bataille d'Andrinople, les Goths infligent une cuisante défaite à l'armée romaine d'Orient. Théodose Ier leur concède, en 382, un territoire au sud du Danube en signant un nouveau fœdus avec eux[8].

À partir du début du Ve siècle, les Germains et les Huns concentrent leurs attaques contre l'Empire d'Occident, plus faible sur le plan militaire. L'Empire d'Orient, pour sa part, doit affronter lors de guerres perso-romaines les assauts du nouvel Empire perse des Sassanides, seul concurrent à sa mesure, bien que les deux empires restent presque continuellement en paix entre 387 et 502. En 410, la ville de Rome est prise par les Wisigoths, ce qui est un choc pour les Romains, tandis que la partie orientale de l'Empire — si l'on excepte les Balkans — n'est pas inquiétée. De temps en temps, Constantinople s'efforce de venir en aide à l'Occident, comme par exemple lors de la malheureuse campagne navale de 467-468 contre les Vandales[9].

Au Ve siècle, l’Orient connaît une longue période de prospérité économique. Le trésor impérial regorge de numéraires en or[10]. Sous le règne de Théodose II (408-450), la ville de Constantinople continue à s’agrandir et reçoit une nouvelle enceinte, le mur de Théodose. Un code juridique est publié, le code Théodose, applicable dans toutes les parties de l'Empire[11]. Cependant l’Empire est déstabilisé par des conflits religieux violents, entre nicéens et ariens et, à partir de 430, entre nestoriens et monophysites. À partir de 440, les Huns menacent l’Empire d’Orient, ravagent les régions danubiennes et obligent Théodose II à payer un tribut annuel. Les raids d'Attila sur l'Occident et sa mort en 453 éloignent le danger[12]. Léon Ier est le premier empereur d’Orient à recevoir la couronne des mains du patriarche de Constantinople. Sous le règne de son gendre Zénon (476-491), le dernier empereur romain d’Occident Romulus Augustule est destitué par Odoacre. Zénon reste le seul empereur du monde romain mais son autorité sur l’Occident n’est que théorique[13].

Sous le règne de l'empereur Léon Ier, l'Empire doit affronter le problème posé par les troupes d'auxiliaires germains. Jusqu'à la fin du Ve siècle, la charge de « magister militum » (commandant en chef, un général de haut niveau) revient la plupart du temps à un Germain. Vers 480, avec l'intégration des Isauriens dans le service militaire, on peut envisager de résoudre ce problème en contrebalançant l'influence des Germains. Dans l'armée d'Orient, combattent désormais de plus en plus de sujets de l'Empire. Les empereurs peuvent de ce fait stabiliser leur situation à l'Est. Lorsque, en 476, le dernier empereur d'Occident Romulus Augustule est déposé par le chef germain Odoacre, l'Empire d'Orient se retrouve en nette position de force. En 480, les Germains reconnaissent l'empereur d'Orient comme leur seigneur en titre, quand le dernier empereur d'Occident reconnu par Constantinople, Julius Nepos, meurt en Dalmatie. Zénon envoie en Italie Théodoric et ses Ostrogoths et débarrasse l'Orient de cette dernière menace[14]. Le successeur de Zénon, l'empereur Anastase Ier (491-518) réorganise la perception de l'impôt, ce qui favorise le commerce et l'artisanat des villes et renforce les capacités financières de l'Empire. En revanche, ses positions religieuses en faveur du monophysisme provoquent de fréquentes révoltes à Constantinople[15].

La puissance de Justinien

L'apogée de l'Empire byzantin avec les conquêtes de Justinien.

Au VIe siècle, sous le règne de Justinien Ier (527-565), ses deux généraux Bélisaire et Narsès reconquièrent une grande partie des provinces occidentales : l'Italie, l'Afrique du Nord, et la Bétique[16]. Ils restaurent ainsi brièvement l'« Imperium Romanum » dans ses limites méditerranéennes, mais sans reprendre pied en Gaule. Cependant, les guerres contre les royaumes des Vandales et des Goths à l'ouest, et contre le puissant Empire sassanide de Khosro Ier à l'est, auxquelles vient s'ajouter une épidémie de peste (dite « peste de Justinien ») qui ravage à partir de 541 tout le bassin méditerranéen, affectent sérieusement l'équilibre de l'Empire[17].

Un travail juridique impressionnant est également accompli à travers la codification du droit romain (ce que l'on appelle plus tard le « Corpus juris civilis »). En 533 est également publié le Digeste (ou Pandectes), qui correspond à une modernisation de toute la législation antique ainsi qu’à une synthèse de la jurisprudence antique. À cela s’ajoute un manuel pour enseigner le droit, les Institutes (533). Enfin les lois nouvelles, voulues par Justinien, les Novelles, sont écrites en grec, la langue véhiculaire de l’Empire, après 534. Cette œuvre législative prend une importance fondamentale en Occident car c’est sous cette forme reçue de Justinien que l’Occident médiéval, à partir du XIIe siècle, adopte le droit romain[18].

Le long règne de Justinien représente une transition décisive entre le crépuscule de l'Antiquité et le Moyen Âge byzantin, même si Justinien, « dernier empereur romain sur un trône byzantin » selon Georg Ostrogorsky, se rattache par de nombreux traits à l'Antiquité par sa restauration de l'imperium et son organisation du droit romain. C'est aussi un souverain chrétien, marquant l'influence impériale sur l'Église, quitte à traiter papes et patriarches comme ses serviteurs[19] . C'est pendant le règne de Justinien qu'est édifiée la basilique Sainte-Sophie (532-537). Ultime grande construction de l'Antiquité, elle reste longtemps la plus grande église de la chrétienté.

La conquête du Maghreb

Article détaillé : Royaume vandale.

Jean Troglita, général byzantin du VIe siècle qui est le lieutenant du général Bélisaire, vainqueur des Vandales en Africa et des Ostrogoths en Italie dans les années 530, s'illustre notamment contre les Perses et les Berbères.

Solomon fut nommé en 534 par Justinien comme gouverneur de l'Afrique, tout juste reconquise par le général Bélisaire sur les Vandales de Gélimer. Il est remplacé deux ans plus tard (en 536), avant de retrouver son poste en 539. Il doit faire face aux rebelles berbères, notamment ceux du chef Antalas. Il est toutefois battu par ces derniers dans une bataille près de la cité de Theveste (actuelle Tébessa) en 544, trouvant la mort au combat. Yabdas se révolte à son tour contre l'autorité des Romains et des Byzantins et se proclame roi des Aurès[20].

Mais deux chefs berbères des Aurès, Ifisdias et Cutzinas, sont également remarquables. Ils deviennent des chefs byzantins, pendant le commandement de Jean Troglita, lorsque ce dernier veut attaquer les Berbères du Sud après que les Aurès et le Zab sont dominés par les Byzantins grâce à Solomon. En revanche Mastigas, roi berbère de la Maurétanie Césarienne, après les Vandales, prend en main une partie de cette province, bien que les Byzantins soient arrivés jusqu'à Frenda, car des inscriptions byzantines ont été retrouvées sur place en Algérie.

En 544, les Byzantins exercent leur pouvoir jusque dans la province de Constantine (Algérie). Cependant, des insurrections berbères contre les Byzantins provoquent l'organisation de plusieurs États puissants dont les Djerawa, les Banou Ifren, les Maghraouas, les Awarbas, et les Zénètes[21]. Selon Corripus, dans la Johannide, à l'époque de Jean Troglita entre 547 et 550, les Banou Ifren (Ifuraces)[22] font la guerre aux Byzantins[23].

Au début de la conquête musulmane en Afrique du Nord, Koceila, roi berbère, s'allie avec les troupes byzantines. Après sa mort, la reine berbère Kahina attaque les Omeyades avec l'aide des Byzantins et les cavaliers zénètes. Elle l'emporte deux fois sur les troupes Omeyades.

Le déclin de l'Empire

Sous les successeurs de Justinien, l'influence de la langue latine décline irrémédiablement dans l'Empire, et lorsque l'empereur Maurice établit l'exarchat à Carthage et Ravenne, il abandonne un principe fondamental de l'Antiquité tardive : la séparation des compétences civiles et militaires.

Justinien laisse à ses successeurs des caisses vides ; les empereurs qui lui succèdent ne sont guère en mesure de relever les défis de la nouvelle politique extérieure, tels qu'ils apparaissent à partir de la seconde moitié du VIe siècle. Justin II engage une guerre désastreuse contre les Perses et à la faveur de la dépression nerveuse que lui occasionne la défaite, les Lombards mettent la main sur une grande partie de l'Italie à partir de 586. Entre-temps, les Slaves sont eux aussi passés à l'attaque (vers 580) dans les Balkans et jusqu'à la fin du VI Ie siècle, ils en contrôlent la plus grande partie.

L'empereur Maurice a pu conclure en 591 une paix avantageuse avec les Sassanides et réagir vigoureusement face aux menées slaves, mais avec sa mort violente en 602, la situation militaire se tend dangereusement. En 603, sous la conduite du grand roi Khosro II, les Perses sassanides s'adjugent pour quelque temps le pouvoir sur la plupart des provinces orientales. Jusqu'en 619, ils détiennent même l'Égypte et la Syrie, les plus riches des provinces romaines. Comme de surcroît les Avars et leurs vassaux slaves menacent les Balkans, l'Empire semble au bord de l'effondrement[24].

La situation se retourne lorsque l'empereur Héraclius (610-641) lance plusieurs offensives en territoire perse et finalement remporte une victoire décisive contre une armée perse à la bataille de Ninive, fin 627. La Perse conclut la paix avec Constantinople et ne tarde pas à sombrer dans des luttes intestines pour le pouvoir. Pour autant, après ces moments difficiles, les forces de l'Empire d'Orient sont quelque peu ébranlées et l'aristocratie sénatoriale elle-même, qui a porté si haut les traditions antiques, est bien affaiblie[25],[26],[27].

De l'Empire romain d'Orient à l'Empire byzantin (VIIe siècle)

L'empereur Héraclius n'arrive pas à s'opposer à l'expansion arabo-musulmane dans les années 630. Le 20 août 636, lors de la bataille du Yarmouk, les Byzantins subissent une défaite décisive face à une armée commandée par Khalid ibn al-Walid sous le second calife Omar ibn al-Khattab, entraînant la perte de tout le sud-est de l'Empire (Syrie et Palestine incluses) avant 642[28],[29].

Cependant, contrairement à son vieux rival, l'Empire sassanide, qui sombre malgré sa puissante contre-offensive de 642 à 651, l'Empire byzantin réussit à se préserver d'une invasion totale par les Arabes musulmans. Les troupes byzantines qui ont assuré la sécurité des marches orientales, doivent néanmoins se replier sur l'Anatolie, en proie aux razzias arabo-musulmanes[25],[27].

Les thèmes vers 650.

Les difficultés militaires et la perte définitive des plus riches provinces conduisent à une transformation profonde de l'Empire, dans lequel le grec supplante définitivement l'usage du latin. Ce que l'Empire perd sur le plan territorial, il le gagne en homogénéité. La culture antique était marquée depuis des siècles par l'influence d'innombrables cités, de taille diverse. Cette époque touche à sa fin. La plupart des villes sont abandonnées ou se réduisent à la dimension de villages fortifiés, appelés « castra ».

Les différences culturelles entre les provinces perdues du sud et de l'est et celles du nord ne sont pas négligeables : dans leur majorité, les premières appartiennent depuis le Ve siècle, aux Églises orthodoxes orientales et monophysites, lesquelles sont en rupture avec les Églises orthodoxes grecques du Nord depuis 451. Ce conflit est peut-être une des raisons de la soumission rapide aux Arabes musulmans en Syrie et Égypte, mais cette thèse est très controversée par la recherche actuelle.

Le nord, qui reste sous contrôle impérial, manifeste une plus grande unité et une combativité supérieure. Le prix à payer est néanmoins élevé avec la perte des deux tiers du territoire et de la plupart des revenus fiscaux. Les structures étatiques et sociales de l'Antiquité tardive disparaissent par pans entiers. Contre toute attente, Byzance a tenu bon malgré des décennies de lutte pour sa survie face à des forces ennemies nettement supérieures. Cela doit sans doute beaucoup au célèbre système des provinces militaires, les « thèmes ». Contrairement aux hypothèses autrefois admises, celui-ci n'aurait vraisemblablement été mis en place qu'après le règne d'Héraclius, pour faire face aux attaques continuelles et au déclin de la vie citadine ailleurs que dans la capitale.

Des tendances déjà anciennes se cristallisent après 636 dans de nombreux domaines de la vie politique et sociale. En même temps disparaissaient de nombreux circuits de production dans la phase terminale de l'Empire romain d'Orient, tandis que se mettait en place l'Empire byzantin médiéval[25].

Au cours du VIIe siècle, Byzance perd également le contrôle des mers dans l'est méditerranéen, à la suite de sa défaite lors de la bataille des Mâts en 655 face aux Arabes musulmans[30]. Ce n'est qu'à grand peine qu'elle garde le contrôle de l'Asie Mineure, constamment en butte aux incursions arabes, tandis que les Balkans restent sous la pression des Slaves et Bulgares qui réduisent le pouvoir impérial à quelques localités.

La période qui s'étend du milieu VIIe siècle jusque dans le VIIIe siècle est essentiellement caractérisée par une stratégie défensive, l'initiative revenant presque exclusivement aux ennemis de Byzance. De 661 à 668, l'empereur Constant II transfère sa résidence en Sicile, à Syracuse, peut-être pour y conforter sa domination des mers face aux Arabes, mais ses successeurs repartent en Orient. En 679, l'empereur Constantin IV Pogonatos est contraint de reconnaître le nouveau Royaume des Bulgares. De 674 à 678, les Arabes viennent même assiéger Constantinople, qui ne s'en libère qu'en employant le feu grégeois, qui brûle même sur l'eau[31]. Dans la période qui suit, l'empire se réduit aux Balkans et à l'Anatolie, auxquels s'ajoutent quelques territoires en Italie et, jusqu'en 698, en Afrique du Nord[25].

Défense du territoire et querelle des images (VIIIe et IXe siècles)

L'affrontement avec les Arabes

Article détaillé : Guerres arabo-byzantines.

L'empereur Justinien II, pendant le règne duquel Byzance reprend au moins partiellement l'offensive, est le dernier monarque de la dynastie des Héraclides. Selon une méthode souvent employée par la suite, les colons slaves des Balkans sont déportés et réimplantés en Anatolie. L'objectif est de renforcer la défense des frontières, mais les désertions deviennent de plus en plus fréquentes. On transfère inversement une partie des habitants de l'Asie Mineure vers les Balkans. Mais Justinien, victime d'une conjuration en 695, est mutilé et envoyé en exil où il épouse une princesse du peuple Khazar. Il parvient finalement à revenir sur le trône avec l'aide des Bulgares, avant d'être assassiné en 711[25].

L'Empire en 717, lors de la montée sur le trône de Léon III.

En 717-718, Constantinople est en grand péril lorsque les Arabes l'assiègent. Seules la compétence de l'empereur Léon III, les succès navals (les Byzantins emploient à nouveau le feu grégeois),l'aide bulgare et un hiver très rude qui paralyse les Arabes sauve la capitale. Enfin, en 740, à la bataille d'Akroinon, les Byzantins remportent une victoire décisive sur les Arabes[32]. Désormais, même si les combats défensifs contre ces derniers se poursuivent, ils ne menacent plus sérieusement l'existence de l'Empire byzantin.

Dans les Balkans, Byzance se trouve aussi engagée dans de durs affrontements avec les Slaves qui, du fait de l'écroulement du royaume des Avars, sont tombés dans la sphère d'influence bulgare. Des pans entiers des Balkans sont soustrait au pouvoir byzantin. Si l'Empire réussit à reprendre la main sur la Grèce qui avait vu aussi s'y constituer des « Sclavinies »[N 6], le reste de la péninsule des Balkans lui échappe face à ce nouvel adversaire que sont les Bulgares du Danube, qui s'efforcent alors avec succès d'édifier leur propre État[33].

La querelle des images

Article détaillé : Église orthodoxe.

Au même moment, en 730, Léon III entreprend, par conviction personnelle, ce que l'on appelle la « querelle des images », qui dure plus de 110 ans, et réveiller en maints endroits de véritables guerres civiles et pour finir la guerre contre les Pauliciens qui dure de 843 à 872. Mais, les écrits des auteurs iconoclastes ont été détruits après la victoire des iconodules, de sorte que les sources disponibles pour cette époque reflètent exclusivement le point de vue des vainqueurs et sont de ce fait discutables[34].

À la suite d'une éruption volcanique en Mer Égée en 726, Léon fait enlever les icônes de la porte de la Chalkè. Ses succès militaires lui permettent de remplacer les icônes (qui ne jouent pas alors dans l'Église d'Orient un rôle aussi important qu'il l'est devenu de nos jours) par des représentations de la croix, dans laquelle tous les Byzantins pourraient se retrouver. La théorie selon laquelle Léon aurait rejeté la vénération des icônes sous l'influence des musulmans est aujourd'hui passablement contestée. Les empereurs iconoclastes sont des chrétiens convaincus qui rejettent les icônes, car l'essence divine ne saurait être réduite à une image. En outre, la croix qui doit remplacer les icônes, est proscrite dans le monde musulman.

La recherche contemporaine doute également que Léon ait interdit formellement les images, ou que sa politique ait entraîné de graves troubles publics, comme les sources iconodules le laissent entendre. À l'évidence, cette étape de la guerre des images n'a pas été conduite avec une grande férocité, comme la seconde, celle du IXe siècle[35]. À l'intérieur, Léon accomplit plusieurs réformes et remporte de nombreux succès militaires. Ainsi reprend-t-il l'offensive contre les Arabes en Anatolie, où son fils Constantin révèle d'incontestables qualités de commandement.

Lorsque celui-ci lui succède sur le trône en 741, sous le nom de Constantin V, et après avoir maté une rébellion menée par son beau-frère Artabasdos, il poursuit la politique iconoclaste de son père et écrit même à ce sujet plusieurs traités de théologie[36]. Le concile de Hiéreia (754), doit abolir formellement le culte des images. En dépit de ses succès militaires, tant contre les Arabes que contre les Bulgares, Constantin est dépeint dans la plupart des sources comme un chef cruel, fort injustement et essentiellement à cause de son attitude iconoclaste. Son fils, Léon IV, plus modéré dans sa politique contre les icônes, n'en subit pas moins plusieurs tentatives de coup d'État et meurt en 780, après un bref règne de cinq années.

Son fils Constantin VI étant alors mineur, c'est la mère de ce dernier, Irène, qui assure la régence. Il apparaît néanmoins très vite qu'elle n'a nulle intention d'abandonner ce pouvoir. Par la suite, Constantin est aveuglé et en meurt. Irène revient désormais à une politique favorable aux icônes et s'efforce vainement d'empêcher le couronnement impérial de Charlemagne. Finalement, Irène est renversée en 802, après une gestion politique plutôt maladroite, encore que l'on puisse retenir à son actif d'avoir jeté les bases de la future « Renaissance macédonienne ». Ainsi prend fin la « dynastie isaurienne » fondée par Léon III[37].

L'Empire en 867, à la fin du règne de Michel III.

Avec Michel II, qui accède au trône en 820, une nouvelle dynastie apparaît, la dynastie amorienne (ou phrygienne). Dans les Balkans, au début, il n'y avait guère à attendre du côté des Bulgares. En 811, leur khan, Kroum, taille en pièces une armée entière conduite par l'empereur Nicéphore Ier, qui trouve la mort sur le champ de bataille. Il faut attendre Léon V pour qu'un traité d'alliance soit signé avec le khan Omourtag[38]. Au IXe siècle et surtout au Xe siècle, quelques succès sont remportés à l'extérieur, même si les débuts de la dynastie amorienne sont affectés par des pertes territoriales (la Crète et la Sicile tombant aux mains des Arabes). Théophile, fils et successeur de Michel, ravive une dernière fois la politique iconoclaste, qui est définitivement abandonnée avec le dernier empereur phrygien, Michel III (842-867). Sous le règne de Michel, les Bulgares adoptent le christianisme, précisément dans le rite oriental, accentuant le rôle directeur dans le royaume bulgare de cette culture byzantine alors en plein épanouissement. Tandis que la querelle des images est enterrée, les Byzantins remportent plusieurs victoires sur les Arabes en Anatolie, lançant même des expéditions navales sur la Crète et l'Égypte. Le temps des opérations purement défensives est désormais révolu[37].

Byzance redevient une grande puissance sous les Macédoniens (IXe au XIe siècle)

Article détaillé : Dynastie macédonienne.

Les premiers empereurs de la dynastie macédonienne

En 866, Michel III élève Basile Ier au rang de coempereur, ce qui n'empêche pas ce dernier de faire assassiner Michel l'année suivante, de s'installer sur le trône et fonder la dynastie macédonienne[39]. La mémoire de Michel est fortement dénigrée, à tort comme le démontrent les dernières recherches. Quoi qu'il en soit, Byzance vit alors un nouvel âge d'or (appelé la « Renaissance macédonienne »), à peu près du temps de Constantin VII, qui a d'abord été exclu des affaires publiques par Romain Ier Lécapène[37].

Les thèmes vers 950.

À l'extérieur, l'Empire regagne peu à peu du terrain : sous le règne de Nicéphore II Phocas, on reconquiert la Crète. À peu de choses près, la frontière orientale de l'empire est dès lors assurée par les Akrites. De même, Jean Ier Tzimiskès, bien qu'agissant seulement en qualité de régent pour le compte des fils de Romain II, étend l'influence byzantine jusqu'en Syrie, et même brièvement jusqu'en Palestine, pendant que les Bulgares eux-mêmes sont tenus en échec. Byzance semble en passe de redevenir une puissance hégémonique dans la région[37].

L'Empire vers 1025, sous Basile II.

Sous les empereurs macédoniens des Xe et début XIe siècles, l'Empire atteint son apogée. Avec le mariage de la sœur de l'empereur Basile II avec le grand prince ruthène Vladimir Ier, la religion orthodoxe étend progressivement son emprise sur les territoires actuels de l'Ukraine, de la Biélorussie et de la Russie[40]. L'Église russe reconnaît la primauté du patriarche de Constantinople. Par une longue guerre, Basile II conquiert le premier royaume bulgare, ce qui lui vaut le surnom de Bulgarochtone (« le tueur de Bulgares »). En 1018, la Bulgarie est réduite au rang de province byzantine, tandis que Basile poursuit son expansion à l'est[41].

La Bataille de Manzikert (1071)

Article détaillé : Guerres turco-byzantines.

Pourtant, l'Empire byzantin connaît peu après une période de déclin, dont la responsabilité incombe largement à l'essor de la noblesse terrienne, qui sape le système des thèmes[42]. Un point de faiblesse de l'armée permanente est qu'elle est en partie composée (ou plus exactement doit être composée) de troupes mercenaires, ce qui coûte cher en 1071 lors de la bataille de Manzikert contre les Turcs seldjoukides. S'il ne s'était agi que d'une confrontation classique, contre les ennemis traditionnels tels le califat abbasside, la partie eut été encore jouable. Mais voilà que surgissent de nouveaux envahisseurs : les Normands s'emparent du sud de l'Italie (prise de Bari en 1071) tandis que les Seldjoukides, bien que s'intéressant principalement à l'Égypte, lancent des raids sur l'Anatolie, principale base de recrutement pour l'armée byzantine[43].

En 1071, la défaite de l'empereur Romain IV à Manzikert face au sultan seldjoukide Alp Arslan livre à celui-ci une grande partie de l'Asie Mineure, mais pas seulement, car au même moment des querelles intestines autour du trône impérial rendent vaine toute tentative d'un front commun face à la menace seldjoukide. Cependant, la partie la plus importante du territoire n'est pas perdue aussitôt après la défaite, mais l'invasion seldjoukide se produit seulement trois années après. Le nouvel empereur n'ayant pas respecté les accords conclus entre Romain IV et le sultan, les Seldjoukides saisissent le prétexte pour lancer l'invasion[44].

Grandeur et déclin sous les Comnène (XIe et XIIe siècles)

Articles détaillés : Comnène et Croisades.
L'Empire en 1076, sous Michel VII Doukas.

Le siècle suivant de l'histoire byzantine est marquée par la dynastie d'Alexis Ier Comnène qui accède au pouvoir en 1081 et entreprend de réorganiser l'armée sur la base d'un système féodal. Il remporte des succès notables contre les Seldjoukides et, dans les Balkans, contre les Petchenègues.

L'appel au secours qu'il lance en direction de l'Occident suscite involontairement la première croisade, et en lieu et place des mercenaires que l'empereur a appelés, se présentent des armées indépendantes de chevaliers, qui ne font aucun cas de ses ordres. Alexis exige que tout prince croisé qui entend traverser Constantinople avec son armée lui prête serment d'hommage[45]. Bien que cette déclaration de vassalité soit acceptée par la majorité des croisés, ils ne tardent pas à renier leur engagement envers Alexis. Les relations qui dès la première croisade sont donc tendues évoluent par la suite vers une franche hostilité. Une nouvelle pomme de discorde surgit d'une correspondance entre le gouverneur fatimide d'Égypte et l'empereur byzantin Alexis. Dans une lettre, qui tombe entre les mains des Croisés, l'empereur Alexis prend clairement ses distances à l'égard des conquérants latins de la Terre Sainte. Si la démarche est compréhensible eu égard aux relations traditionnellement bonnes (et importantes sur le plan stratégique) entre les Fatimides et Byzance, elle révèle aussi que le concept d'une « guerre sainte » est pour le moins étranger aux Byzantins[46].

À partir du XIIe siècle, la République de Venise — qui a pourtant été jusqu'au IXe siècle un avant-poste de la culture byzantine à l'ouest — devient une menace sérieuse pour l'intégrité de l'Empire. Alexis I paie le secours vénitien contre les Normands par la concession d'un avantage considérable : les marchands vénitiens obtiennent le droit de commercer dans l'empire sans acquitter de taxe ni subir de contrôle douanier, et se font réserver un quartier à Constantinople. Jean II tente de diminuer les privilèges vénitiens en accordant les mêmes avantages à leurs concurrents Pise et Gênes. Néanmoins, Manuel Ier doit recourrir au soutien militaire vénitien dans la lutte contre les Normands et les Seldjoukides, au prix de nouveaux privilèges commerciaux[47].

L'Empire en 1180, à la fin du long règne de Manuel Comnène.

Byzance vit en même temps une floraison culturelle. Sous le règne de Jean II Comnène (1118-1143), fils d'Alexis et sous celui de son fils Manuel Ier Comnène (1143-1180), la position des Byzantins s'affermit en Asie mineure et dans les Balkans. Manuel ne se borne pas à faire face aux raids du royaume normand d'Italie du Sud et à la deuxième croisade (1147-1149)[46], il s'engage également dans une ambitieuse politique occidentale, qui aboutit à des gains territoriaux en Italie et en Hongrie, ce qui dégénère en conflit avec l'empereur Frédéric Barberousse. À l'est, il marque également des points contre les Seldjoukides. Cependant, sa tentative de les soumettre totalement le conduit au désastre particulièrement meurtrier de la Bataille de Myriokephalon (1176)[48].

Par la suite, l'expansion seldjoukide absorbe les royaumes musulmans voisins en Anatolie et atteint au détriment de Byzance la côte méditerranéenne. Le dernier Comnène, Andronic, s'illustre par un règne de réaction, bref mais féroce (1183-1185), contre les Latins massacrés en masse à Constantinople et contre la grande aristocratie[49], qui aboutit à l'effondrement du système politique initié par Alexis. Toute l'organisation éprouvée et efficace des forces armées sombre, qui avait assuré le succès offensif sous les règnes précédents. En 1185, les Normands envahissent l'empire, prennent Dyrrachium, puis Thessalonique et marchent sur Constantinople. Andronic est renversé par la population et remplacé par Isaac II Ange[47].

L'entrée des croisés à Byzance, huile d'Eugène Delacroix (1840).

Sac de Constantinople et Empire byzantin de Nicée (XIIIe siècle)

Article détaillé : Sac de Constantinople.

L'Empire est secoué par de graves tensions internes sous les empereurs issus de la maison des Anges au point que Alexis IV en est réduit à faire appel aux Croisés pour défendre son trône, les amenant à se battre pour son compte et celui de son père. La rémunération attendue n'arrivant pas, c'est une catastrophe qui s'abat sur la ville : à l'instigation de la République de Venise, les chevaliers de la quatrième croisade mettent à sac Constantinople en 1204, et établissent un bref « Empire latin[46] ».

Cela traduit un affaiblissement durable de la puissance byzantine et creuse encore le fossé qui séparait les Grecs orthodoxes et les Latins catholiques.

Trois États naissent de la prise de Constantinople par les Croisés en 1204 :

L'Empire en 1204 (chute de Constantinople) et en 1230, divisé en trois parties : l'Empire de Nicée, l'Empire de Trébizonde et le Despotat d'Épire. Constantinople est aux Croisés latins. L'Empire en 1204 (chute de Constantinople) et en 1230, divisé en trois parties : l'Empire de Nicée, l'Empire de Trébizonde et le Despotat d'Épire. Constantinople est aux Croisés latins.
L'Empire en 1204 (chute de Constantinople) et en 1230, divisé en trois parties : l'Empire de Nicée, l'Empire de Trébizonde et le Despotat d'Épire. Constantinople est aux Croisés latins.


Théodore Lascaris et son successeur Jean III Doukas Vatatzès parviennent à constituer une État florissant économiquement dans l'ouest de l'Anatolie, et à stabiliser sa frontière face aux Seldjoukides, qui sont en difficulté depuis leur défaite lors de la Bataille de Köse Dağ face aux Mongols en 1243. Appuyés sur leur solide base, les Lascaris peuvent s'étendre vers l'Europe, s'emparer de la Thrace et de la Macédoine, et mettre hors jeu leurs concurrents (le royaume d'Épire sort très amoindri d'une défaite face aux Bulgares, lesquels à leur tour se sont faits étriller par une incursion mongole en 1241).

Après le bref règne du très cultivé Théodore II Lascaris, c'est le général victorieux Michel VIII Paléologue qui assure la régence en lieu et place de Jean IV Lascaris, alors mineur[52]. Il finit d'ailleurs par lui faire crever les yeux et l'exiler dans un monastère. C'est ainsi qu'il fonde une nouvelle dynastie, celle des Paléologue, qui dirige l'Empire jusqu'à sa chute. En 1259, l'empereur byzantin de Nicée Michel VIII lors de la bataille de Pélagonia en Macédoine parvient à vaincre une coalition ennemie associant le Despotat d'Épire, la Principauté d'Achaïe, le Royaume de Sicile, le Royaume de Serbie et celui de Bulgarie, et un heureux hasard lui permet de reprendre Constantinople en 1261[53].

Crépuscule de Byzance (XIVe et XVe siècles)

L'Empire vers 1265.

Si l'empire est reconstitué, des pans entiers des anciennes possessions impériales échappent à son autorité, les nouveaux maîtres qui s'y sont établis après l'effondrement de 1204 ne sont pas disposés à reconnaître la suzeraineté de Constantinople. En outre, Constantinople n'est plus la brillante métropole qu'elle fut : la population a décru, des quartiers entiers sont à l'abandon, et lorsque l'empereur revient, si l'on voit partout les stigmates du pillage de 1204, nul signe de reconstruction n'est perceptible. Ainsi, Byzance n'est plus la grande puissance d'autrefois, mais seulement un État important à l'échelle régionale[54].

À cela, il faut ajouter que le fossé entre Byzantins et Latins n'a fait que s'approfondir. Cependant, l'important pour Michel VIII Paléologue est maintenant d'assurer les acquis en Europe et par-dessus tout la sécurité de Constantinople face au risque de nouvelles incursions croisées. Il craint notamment Charles d'Anjou, qui a supplanté Manfred de Sicile de Hohenstaufen dans le Sud de l'Italie. C'est pour cette raison que Michel se résout en 1274, malgré la vive controverse que cela soulève dans son pays, à l'Union de Lyon (deuxième concile de Lyon) avec l'Église d'Occident, afin de dissuader le pape de soutenir d'autres croisades[55]. Lorsque Charles de Sicile prépare néanmoins une agression, la diplomatie byzantine suscite en 1282 un soulèvement en Sicile, les « Vêpres siciliennes »[56].

Mais, les Paléologue négligent la défense des frontières à l'est, et les différents États turcs, qui ont profité du déclin du sultanat des Seldjoukides de Roum pour s'émanciper, peuvent s'étendre en Asie Mineure occidentale. Avec l'établissement de leur capitale à Brousse et 1326, la chute de Nicée en 1329 et de Nicomédie en 1337, la quasi-totalité de cette région est perdue pour l'Empire[57].

L'Empire vers 1270.

Pendant qu'en Anatolie s'établissent sur les anciennes terres impériales des beylicats turcs (dont les Ottomans en Bithynie), les Paléologue se lancent dans une ultime et puissante offensive contre le pouvoir latin en Grèce, jusqu'en 1336, annexant toute la Thessalie et le Despotat d'Épire (1337), qui est sous l'autorité de la famille Orsini.

La guerre civile qui oppose de 1321 et 1328 Andronic II et son petit-fils Andronic III affaiblit considérablement l’empire, mais la guerre suivante entre Jean V Paléologue et Jean VI Cantacuzène de 1341 à 1347 et de 1353 à 1354 lui prend tout ce qui reste de forces vives[58]. Les deux factions cherchent un appui auprès des nations étrangères, Serbes, Bulgares (mais aussi Aydın et les Ottomans)[59]. Cette lutte politique interne s’augmente de graves conflits sociaux et religieux : un mouvement populaire anti-aristocratique prend le pouvoir à Thessalonique en 1342, tandis que des partisans de la mystique hésychaste entrainés par Grégoire Palamas prennent parti dans la guerre civile[60].

Ces difficultés sont aggravées en 1348 par la Grande Épidémie de peste noire, qui aurait selon la chronique fait disparaître les 8/9e de la population de Constantinople et ravage ensuite l’Europe [61].

L’affaiblissement de Byzance permet la prééminence serbe dans les Balkans, dans les années 1331-1355 sous le règne de Stefan Uroš IV Dušan. Après la bataille de Velbazhd (1330), les Bulgares tombent sous la dépendance de la Serbie, tandis que Stefan parvient en 1348 à imposer son hégémonie sur une grande partie de la Macédoine, de l'Albanie, du Despotat d'Épire et de la Thessalie, qui sont vassaux de l'empereur. Couronné tsar des Serbes et autocrate des Rhōmaíoi, Stefan revendique également le trône impérial byzantin et l'autorité sur Constantinople. Toutefois, il ne réussit pas à mettre la main sur la seconde capitale byzantine, Thessalonique, et sa Grande Serbie se dissout peu après sa mort (en 1355) en un conglomérat de despotats, des principautés serbes plus ou moins indépendantes.

Pendant que les États chrétiens des Balkans s'entredéchirent, les Ottomans prennent solidement pied en Europe depuis 1354[62]. Ils grignotent la Thrace byzantine, jusqu'à en détenir la plus grande partie dans les années 1360. Une attaque préventive du roi de Serbie méridionale Vukašin Mrnjavčević, en liaison avec le tsar bulgare Ivan Shishman de Veliko Tarnovo contre le point névralgique du pouvoir ottoman en Europe, Andrinople, aboutit à la défaite de la Maritza (1371), et cela en dépit de leur supériorité numérique. Par sa victoire sur les deux puissances balkaniques, le sultan met la main sur des régions de Bulgarie méridionale, sur la Macédoine serbe et étend son hégémonie sur de grandes parties des Balkans[63]. Pour finir, il contraint en 1373 les Bulgares à reconnaître la suprématie ottomane. Même sort pour Byzance, réduite au rang de puissance mineure (Constantinople et ses environs, Thessalonique et ses abords, la Thessalie, une poignée d'îles de la mer Égée et le Despotat de Morée), et le royaume de Serbie du Nord, du prince Lazar Hrebeljanović qui devient vassal des Ottomans.

Après la défaite des Serbes au « champ des Merles » (1389) et la défaite des Croisés d'Occident à Nicopolis (1396), la situation de l'Empire paraît désespérée. Seule la défaite écrasante des Ottomans face au puissant timouride Tamerlan à la bataille d'Ankara (1402) assure aux Grecs un ultime répit[64]. Tamerlan est bien disposé à l'égard des Byzantins et le montre lorsque les Ottomans tentent de mettre le siège devant Constantinople cette même année : ses envoyés se présentent au camp du sultan Bayezid Ier, le sommant de restituer à l'empereur chrétien les terres qu'il lui a « volées ». La défaite d'Ankara est suivie pour les Ottomans par une période de chaos et d'interrègne qui permet donc à Byzance de « souffler ». Mais, privé de ses appuis territoriaux et des ressources qu'ils lui procuraient, l'Empire ne peut plus éviter le coup de grâce que par la voie de la diplomatie.

L'Empire vers 1400.

Byzance cherche encore l'appui des Occidentaux, allant jusqu'à proposer l'union des Églises, comme lors du Concile de Ferrare et Florence en 1439, proposition rejetée en raison de l'opposition de la population byzantine (« Plutôt le turban du sultan que la mitre des Latins » déclare un dignitaire byzantin), attitude à laquelle répondait la méfiance des Occidentaux (« Les Turcs sont des ennemis, mais les Grecs schismatiques sont pires que des ennemis » écrivit Pétrarque[65].

Cependant le démantèlement se poursuit inexorablement, les puissances occidentales ne parvenant pas à s'entendre sur un quelconque projet d'aide à Byzance menacée. En particulier, après 1402, ils n'en voient pas la nécessité, alors que l'empire turc autrefois puissant, vacille et semble au bord de l'implosion. Cette erreur d'appréciation leur fait rater la seule occasion d'écarter pour de bon la menace des Ottomans, à ce moment très affaiblis[66].

La chute de Constantinople (1453)

Le sultan Murad II, qui achève la phase de consolidation de l'interrègne ottoman, reprend la politique d'expansion de ses ancêtres. S'il échoue dans un siège de Constantinople en 1422, il cherche une compensation en Grèce méridionale, en lançant une razzia sur le territoire impérial, le Despotat de Morée[67]. En 1430, avec la prise de Ioannina, il annexe l'Épire alors sous domination « franque » tandis que le prince Carlo Tocco, en qualité de vassal, doit se dédommager à Arta avec ce qu'il reste (la dynastie des Tocco est supplantée par les Ottomans dans l'ensemble correspondant à la Grèce actuelle, l'Épire et les îles Ioniennes, mettant un terme à la domination franque qui s'exerce depuis 1204 sur la Grèce centrale, jusqu'à quelques fortifications vénitiennes).

La même année, il occupe Thessalonique, possession vénitienne depuis 1423, lorsque la République de Venise l'obtient du despote de Thessalonique Andronic Paléologue, un fils de l'empereur Manuel II, qui croit ne pouvoir tenir la ville seul face aux Ottomans[68]. Il s'attaque aussitôt au royaume des Serbes, dont le roi Ðurad Branković, en théorie vassal de la Sublime Porte, a refusé de donner sa fille Mara en mariage au sultan.

L'entrée de Mehmed II dans Constantinople, peint en 1876 par Benjamin-Constant.

Une expédition punitive ottomane vers le Danube détruit en 1439 la forteresse serbe de Smederevo et assiège vainement Belgrade en 1440. Ce revers provoque l'intervention de leurs adversaires chrétiens. Une nouvelle croisade contre les « Infidèles » est montée à l'instigation du pape Eugène IV que l'Union des Églises de Florence (1439) rend très sûr de lui. Les royaumes de Hongrie, de Pologne, de Serbie, l'Albanie et même l'émirat turc de Karaman en Anatolie s'associent dans une coalition anti-ottomane. Mais l'issue de la bataille de Varna (1444), conduite par le roi de Pologne et de Hongrie Ladislas III Jagellon, puis celle de la seconde bataille au « champ des Merles » (1448), sous le commandement du régent hongrois Jean Hunyadi enlèvent aux chrétiens tout espoir de sauver l'Empire byzantin de l'annexion par les Ottomans.

Une section reconstituée du mur de Théodose, que le sultan pilonnera.

C'est ainsi que le 29 mai 1453, au terme d'un siège d'à peine deux mois, la capitale de l'Empire est conquise par Mehmet II. Le dernier empereur, Constantin XI Paléologue, trouve la mort au cours des combats pour la ville. Puis, jusqu'en 1461, ce sont les derniers vestiges, les cités de Trébizonde à l'est de la Mer Noire, et celle de Mistra sur la presqu'île de Morée, qui tombent à leur tour[69]. Seule subsiste Monemvasia (en français Malvoisie) en se mettant sous protectorat vénitien en 1464. Cette ville représente alors juridiquement tout ce qui subsiste de l'« Empire romain ».

La chute de Constantinople est un des tournants majeurs de l'histoire mondiale. Aujourd'hui encore, le 29 mai représente pour les Grecs un jour de deuil, car il marque la fin de leur pouvoir sur l'Asie mineure. Seule l'Église orthodoxe maintient en partie la cohésion de la société, grâce à la bienveillance des Ottomans. Pendant longtemps, les dates où naquit et disparut Constantinople, 395 et 1453, sont considérées comme les bornes du Moyen Âge.

L'Empire byzantin, l'un des plus durables qu'ait connu l'histoire, disparaît ainsi.

La société byzantine

Composition ethnique

Article détaillé : Langues de Byzance.

L'Empire byzantin est certes un État multi-ethnique, qui compte, outre les Grecs, des Arméniens, des Illyriens, des Valaques, des Slaves ainsi que, à ses débuts, des Syriens et des Égyptiens. Cependant, la plupart des contrées sur lesquelles son autorité s'exerce sont hellénisées depuis des siècles, et par conséquent intégrées culturellement au monde grec.

On y trouve les pôles majeurs de l'hellénisme que sont Constantinople, Alexandrie, Antioche, Éphèse, Nicée, Thessalonique ou Trébizonde, et c'est là que s'élabore la forme orthodoxe du christianisme.

Mistra mise à part (et tardivement) l'espace représenté par la Grèce actuelle ne joue plus guère de rôle significatif dans l'Empire byzantin, car les territoires tenus pour essentiels par la capitale, tant sur le plan militaire qu'économique, sont les provinces orientales. De plus, la perte de l'Hellade face aux « États latins » donne une primauté à l'Asie mineure et, depuis le haut Moyen Âge aux Balkans. La conquête turque de l'Asie Mineure, partielle après 1071 et définitive au XIVe siècle, donne le signal du déclin, la grande puissance tombant à un rang régional pour finir en petit État.

Économie et commerce

Mesures commerciales byzantines, Musée archéologique de Varna.

Pendant de nombreux siècles, l'économie byzantine est parmi les plus avancées en Europe et en Méditerranée. L'Europe, en particulier, est loin d'égaler la force économique byzantine jusqu'à tard dans le Moyen Âge. Constantinople est un centre primordial dans un réseau commercial qui s'étend à travers presque toute l'Eurasie et l'Afrique du Nord, en particulier en étant le premier terminus occidental de la célèbre route de la soie. Certains historiens soutiennent que, jusqu'à l'arrivée des Arabes au VIIe siècle, l'Empire possède l'économie la plus puissante dans le monde occidental (loin cependant derrière les grands royaumes de l'Inde de l'époque et surtout de la Chine impériale. Les conquêtes arabes, cependant, représentent un renversement substantiel de fortunes contribuant à une période de déclin et de stagnation.

Les réformes de Constantin V (vers 765) marquent un renouveau qui continue jusqu'en 1204. À partir du Xe siècle jusqu'à la fin du XIIe siècle, l'Empire byzantin projette une image de luxe et les voyageurs sont impressionnés par la richesse accumulée dans la capitale. Tout cela change avec l'arrivée de la quatrième croisade, qui est une catastrophe économique[70]. Les Paléologues essaient de ranimer l'économie, mais le dernier État byzantin ne récupère pas le contrôle des forces économiques extérieures et internes. Progressivement, il perd aussi son influence sur les règles de commerce et les mécanismes de prix, ainsi que son contrôle sur l'écoulement des métaux précieux et, selon certains historiens, même sur la frappe de monnaie[71].

Un des fondements économiques de l'Empire est le commerce. Les textiles doivent être de loin la plus importante des marchandises d'exportation ; les soies sont certainement importées en Égypte, et apparaissent aussi en Bulgarie et en Occident[72]. L'État contrôle sévèrement tant le commerce intérieur qu'international et maintient le monopole sur la frappe de monnaie. Le gouvernement exerce un contrôle formel sur les taux d'intérêt et décide des paramètres pour l'activité des guildes et des sociétés, pour lesquels il a un intérêt spécial. L'empereur et ses fonctionnaires interviennent pendant les crises pour garantir l'approvisionnement de la capitale et limiter le prix des céréales. Finalement, le gouvernement recueille une part des surplus à travers les taxes[73], et le remet en circulation, par la redistribution, dans les salaires des fonctionnaires de l'État, ou dans l'investissement pour les travaux publics[74].

Sciences, médecine et droit

Bessarion, le plus célèbre représentant de l'humanisme byzantin, et relais vers le Quattrocento italien

Les écrits de l'Antiquité classique n'ont jamais cessé d'être enseignés à Byzance. Par conséquent, la science byzantine à chaque période est étroitement liée à la philosophie antique et à la métaphysique[75]

À diverses reprises, les Byzantins font preuve de leur maîtrise dans l'application des sciences avec de magnifiques réalisations (notamment dans la construction de Sainte-Sophie). Après le VIe siècle, les scientifiques byzantins font quelques nouvelles contributions à la science en termes de développement de nouvelles théories ou de l'extension des idées d'auteurs classiques[76],[77]. Ils ont pris du retard pendant les années noires de la peste et les conquêtes arabes, mais lors de ce que l'on a appelé « Renaissance byzantine » à la fin du premier millénaire byzantin, ils intègrent l'évolution scientifique des Arabes et des Perses, dont ils deviennent des experts, en particulier en astronomie et en mathématiques[78].

Dans le dernier siècle de l'Empire, les grammairiens byzantins sont les principaux auteurs en grec ancien des études grammaticales et littéraires de la Renaissance en Italie[79]. Au cours de cette période, l'astronomie et les sciences mathématiques sont très vivantes à Byzance et sont enseignées à Trébizonde, tandis que la médecine attire l'intérêt de presque tous les chercheurs[80].

Dans le domaine du droit, les réformes de Justinien Ier ont un effet certain sur l'évolution de la jurisprudence, et Léon III influence la formation des institutions juridiques dans le monde slave[81].

Institutions

Article détaillé : Institutions de l'Empire byzantin.

Gouvernement et bureaucratie

Dans l'État byzantin, l'empereur est l'unique souverain et son pouvoir est absolu et considéré comme étant d'origine divine[82]. À la fin du VIIe siècle, une administration civile fixée à la cour est créée dans le cadre d'une consolidation à grande échelle du pouvoir dans la capitale (l'augmentation de la prééminence de la position du Sakellarios est liée à ce changement)[83],[84]. La réforme la plus importante de cette période est la création des thèmes, où l'administration civile et militaire n'est exercée que par une seule personne, le strategos[82].

Alexis Comnène Ier.

Malgré le fait que le terme « byzantin » soit parfois utilisé pour qualifier une bureaucratie complexe et lourde, celle-ci a longtemps eu une capacité forte à se conformer avec la situation de l'Empire. Le système byzantin de la titulature et de la préséance fait ressembler l'administration impériale à une bureaucratie ordonnée par des spécialistes modernes. Les fonctionnaires sont organisés dans un ordre strict autour de l'empereur, et dépendent de la volonté de l'empereur selon leur rang. Il y avait aussi des emplois administratifs, mais l'autorité peut être confiée à des individus plutôt qu'à des bureaux[85].

Aux VIIIe et IXe siècles, la fonction publique constitue le meilleur chemin vers le statut aristocratique, mais, à partir du IXe siècle, une aristocratie de la noblesse héritée rivalise avec l'aristocratie civile. Selon certaines recherches sur le gouvernement byzantin, la politique du XIe siècle est dominée par la concurrence entre les aristocraties civiles et militaires. Au cours de cette période, Alexis Ier Comnène entreprend d'importantes réformes administratives, comprenant la création de nouvelles dignités et charges[86].

Diplomatie

Après la chute de Rome, le défi majeur de l'Empire est de maintenir un ensemble de relations denses avec ses divers voisins. Lorsque ces nations se mettent à forger des institutions politiques officielles, ils deviennent dépendants de Constantinople. La diplomatie byzantine réussit rapidement à attirer ses voisins dans un réseau international de relations entre États[87]. Ce réseau tourne autour de traités, et incluant la bienvenue de nouveau dirigeant dans la famille royales, de l'assimilation des attitudes sociales, des valeurs et des institutions byzantines[88]. Les Byzantins considèrent la diplomatie comme une forme de guerre usant d'autres moyens : le Skrinion Barbaron (« Bureau de barbares ») est la première agence de renseignement et collecte d'informations sur tous les Empires rivaux[89]. La diplomatie est souvent préférée à la guerre ce qui a a amené certains auteurs à parler de « faiblesse » de l'Empire byzantin dans ses relations avec l'étranger. L'armée servant prioritairement à défendre l'empire ou à récupérer d'anciens territoires impériaux. Toutefois, héritière d'une tradition d'empire universel, la diplomatie byzantine considère tous les autres États comme subordonnés à l'empire bien que dans les faits, des aménagements soient apportés à cette doctrine.

La civilisation byzantine

Auto-perception

Article détaillé : Noms des Grecs.

Les Byzantins — et les Grecs jusqu'au XIXe siècle — se considèrent et se décrivent eux-mêmes comme « Romains » (Ῥωμαῖοι, « Rhōmaîoi », ou « Romäi » selon l'expression courante d'alors). Jusqu'aux alentours de 1400, le terme de « Grecs » (Έλληνες, « Héllēnes / Éllines ») n'est employé que pour désigner les cultures et cités grecques pré-chrétiennes et polythéistes. Néanmoins, après 1400, lorsque leur domination territoriale se réduit à des contrées exclusivement hellénophones et se voit menacée par les États latins ou slaves et par les Turcs, les Byzantins se présentent de plus en plus comme « Hellènes », et cette identification se généralise après la fin de l'Empire, tandis que le terme de « Romains » (Ῥωμαῖοι) est repris par les Ottomans sous la forme « Rûm » ou « Roum » (désignant tous les fidèles du Patriarche orthodoxe, groupés en un même « Millet »).

Les expressions communément employées aujourd'hui, « Byzantins » ou encore « Empire byzantin » sont d'origine récente : ce terme exonyme n'est utilisé que depuis le XVIIe siècle et a été créé par Hieronymus Wolf pour faire une distinction entre l'histoire de l'Empire romain dans l'Antiquité et celle de l'Empire romain d'Orient qui, depuis lors, est considérée comme une histoire grecque médiévale[2]. Le mot de « byzantin » vient de Byzance, l'ancien nom de la capitale impériale Constantinople. Les contemporains, quant à eux, appellent leur État par l'endonyme : Βασιλεία τῶν Ῥωμαίων (« Basileía tōn Rhōmaíōn / Vasilía ton Romäon », c'est-à-dire « empire des Romains »), ou de Ῥωμαικὴ Αὐτοκρατορία (« Rhōmaiké Autokratoría / Romaikí Aftokratoría », « Autocratie romaine / Empire romain »).

Dans leur conception d'alors, ils ne se considèrent nullement comme des « successeurs » de l'Empire romain, mais bien comme étant la continuation de l'Empire romain lui-même. Il en découle que les dénominations d'Empire d'« Orient » ou d'« Occident » sont également des néologismes, puisque à l'époque, aux yeux de ses citoyens et de leurs contemporains, il n'existe qu'un seul empire sous l'autorité de deux empereurs, et ce aussi longtemps qu'ont pu coexister ces deux portions de l'Empire. Cela est juridiquement exact, puisqu'il n'y a pas eu de rupture comme en Occident, et que Byzance maintient un modèle d'organisation inspiré directement de la fin de l'Antiquité. Sauf que celui-ci s'altère progressivement et mène, à partir d'Héraclius, à une hellénisation progressive de l'État, facilitée par l'identité à dominante grecque de l'Empire romain d'Orient. Le grec ancien, et après la mutation autour de VIIe siècle, ce grec médian phonétiquement très proche du grec moderne, ne remplace pas seulement le latin depuis Héraclius comme langue administrative. C'est aussi, et depuis bien plus longtemps, la « Lingua franca » de l'église, de la littérature et du commerce[90].

Ainsi l'Empire est dès l'origine imprégné de culture hellénistique, du droit public romain et de la religion chrétienne. L'« Empire romain d'Orient », désormais appelé « Empire byzantin », ne perd son caractère romain de l'Antiquité tardive qu'au cours des conquêtes arabes du VIIe siècle.

Son existence bien établie et durable lui apparaît comme une continuité immédiate et seule légitime de l'Empire romain, amenant certains empereurs à une ambition de suprématie sur tous les États chrétiens du Moyen Âge.

Cette prétention s'avère vite irréalisable, au plus tard au VIIe siècle, mais reste un fil conducteur dans la conception de l'État. Ainsi les agents de l'empereur peuvent-ils continuer à exiger (vainement) des droits de douane aux commerçants vénitiens sur des biens qui n'appartenaient alors plus à l'Empire.

Contrairement à la plupart des autres puissances du Moyen Âge, l'Empire byzantin emploie longtemps — même après l'intervention des Arabes — une bureaucratie strictement organisée dont le cœur est Constantinople. C'est dans ce sens que Georg Ostrogorsky a pu parler d'un « État » au sens moderne du terme. L'Empire dispose toujours d'un appareil administratif efficace et d'une gestion organisée des finances, ainsi que d'une armée permanente. Aucun autre État à l'ouest de la Chine n'est à cette époque en mesure de mobiliser autant de moyens financiers que Byzance.La puissance économique et l'influence de Byzance est alors telle que le solidus d'or est la devise de référence dans le bassin méditerranéen entre le IVe et le XIe siècles[91].

Basile Ier avec son fils Constantin et sa seconde épouse Eudoxia, 882.

L'empereur quant à lui règne de facto et quasiment sans limite aussi bien sur l'Empire que sur l'Église. Et pourtant, nulle part ailleurs on ne rencontre de telles possibilités d'ascension sociale dans l'aristocratie qu'à Byzance, qui représente selon l'expression de Ostrogorsky une « combinaison du sens romain de l'État, de la culture grecque et de la foi chrétienne » et se sent toujours investie du concept antique de la « puissance universelle »[92].

Dans la représentation contemporaine, Byzance est seul étalon de la « Vraie foi » et de la civilisation. De fait, le niveau culturel à Byzance est, au moins jusque dans le Haut Moyen Âge, plus élevé que tout ce que l'on peut trouver dans les autres pays du monde méditerranéen.

Le fait que Byzance ait gardé une part plus significative de l'héritage antique que l'Europe occidentale joue également un rôle. Ainsi le niveau de référence reste-t-il longtemps plus ambitieux qu'à l'ouest.

Religion

Articles détaillés : Église de Constantinople et Église orthodoxe.

Selon Joseph Raya (en)[93], la survie de l'Empire d'Orient requiert un rôle actif de l'empereur dans les affaires de l'Église. L'État byzantin hérite de la routine administrative et financière des affaires religieuses de l'époque païenne, et ces habitudes sont préservées dans l'Église chrétienne.

Eusèbe de Césarée, écrivain, théologien et apologète.

Suivant le modèle fixé par Eusèbe de Césarée, les Byzantins voient l'empereur en tant que représentant ou messager du Christ, en particulier pour les responsables de la propagation du christianisme parmi les païens, et pour ceux qui sont « extérieurs » à la religion, tels l'administration et les finances. Le rôle impérial, toutefois, n'a jamais été légalement défini dans les affaires de l'Église[94].

Avec le déclin de Rome, et des dissensions internes dans les autres patriarcats orientaux, l'Église de Constantinople est devenue, entre le VIe et le XIe siècles, le plus riche et influent centre de la chrétienté[95]. Même lorsque l'Empire est réduit à l'ombre de lui-même, l'Église, en tant qu'institution, n'a jamais cessé d'exercer une grande influence tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières impériales.

Après la rupture de 1054 avec l'Église de Rome, comme Georg Ostrogorsky le signale, le Patriarcat de Constantinople est devenu le centre du monde orthodoxe, avec des métropolites subordonnés et des archevêques sur le territoire de l'Asie Mineure et des Balkans, ainsi que dans le Caucase, l'Ukraine, la Russie et la Lituanie. Le patriarcat de Constantinople a aussi conservé jusqu'au début du XXe siècle une tutelle (avec quelques interruptions, notamment pendant les Croisades) sur les patriarcats orthodoxes subordonnés d'Antioche, Jérusalem et Alexandrie. L'Église est restée l'élément le plus stable au sein de l'Empire byzantin[96].

Arts

Article détaillé : Art byzantin.

L'architecture, la peinture, et les autres œuvres artistiques visuelles produites dans l'Empire byzantin et dans les différentes zones relèvent de l'influence chrétienne. L'art byzantin est presque entièrement d'expression religieuse et, plus spécifiquement, soigneusement contrôlé par la théologie. Les œuvres byzantines se répandent par le commerce et par la conquête de territoire dont l'Italie et la Sicile, où ils subsistent sous une forme modifiée par l'intermédiaire du XIIe siècle, et influencent l'art de la Renaissance italienne.

Par le biais de l'expansion à l'Est de l'église orthodoxe, les biens artistiques se diffusent aussi dans les centres d'Europe orientale, notamment en Russie[97].

L'influence de l'architecture byzantine, en particulier dans les édifices religieux, se retrouve dans les diverses régions de l'Égypte et l'Arabie à la Russie et la Roumanie.

Littérature

Extrait d'un texte enluminé de Jean Skylitzès, chronique byzantine du XIe siècle.

La littérature byzantine, est irriguée par quatre sources littéraires : la grecque, la chrétienne, la romaine, et l'arabe. Elle est souvent classée en cinq groupes d'auteurs : les historiens, annalistes et encyclopédistes (le patriarche Photios de Constantinople, Michel Psellos et Michel Choniatès sont considérés comme les plus grands encyclopédistes de Byzance), les essayistes et les poètes épiques (le plus connu est l'épopée héroïque de Digenis Acritas, mais il en existe d'autres, comme celle du Maître Manolis, architecte qui doit se sacrifier pour achever sa basilique[98]). Les deux autres groupes comprennent les nouveaux types littéraires : la littérature religieuse et théologique, et la poésie populaire. Sur les quelque deux à trois mille volumes de la littérature byzantine qui ont survécu, seuls trois cent trente sont composés de poésie, d'histoire, de science ou de pseudo-science[99].

Alors que la période la plus florissante de la littérature de Byzance va du IXe au XIIe siècle, sa littérature religieuse (sermons, livres liturgiques et poésie, théologie, traités de dévotion, etc.) s'est développée beaucoup plus tôt avec Romain le Mélode, qui est son plus important représentant[100].

L'héritage de Byzance

Historiographie

L'historiographie occidentale a longtemps et le plus souvent considéré Byzance comme un despotisme décadent et orientalisé, à l'instar d'Edward Gibbon. Cette interprétation est totalement battue en brèche par les historiens contemporains.

Entre-temps, il est devenu de plus en plus évident que Byzance avait joué un rôle considérable dans la transmission des valeurs culturelles et des savoirs de l'Antiquité. En outre, elle a été le « bouclier » qui a protégé l'Europe pendant des siècles, d'abord face aux Perses et aux peuples des steppes, ensuite contre l'Islam. C'est le pillage dévastateur de Constantinople perpétré par les Croisés en 1204 qui rend caduque cette fonction protectrice.

Toutefois, sur de vastes pans de la « Nouvelle Rome », peu de choses sont connues. Relativement peu de pièces de dossiers sont parvenues et l'historiographie byzantine est silencieuse sur certaines parties, elle qui est alimentée par Procope de Césarée à la fin de l'Antiquité ou, au Moyen Âge par Michel Psellos, Jean Skylitzès, Anne Comnène ou Nikétas Choniatès, pour ne citer que quelques-uns de ses brillants représentants.

Le fait de ne disposer pour certaines périodes que de sources « ecclésiastiques » ne doit pas conduire à penser que Byzance serait devenue un État théocratique. Certes, la religion y joue souvent un rôle décisif, mais l'état des sources est trop parcellaire, et notamment pour la période du VIIe au IXe siècles, pour que l'on puisse s'en faire une représentation claire. Au contraire, la recherche actuelle a renoncé à la représentation d'un césaropapisme byzantin, dans lequel l'empereur aurait exercé une autorité quasi-absolue sur l'Église.

Bilan actuel

L'Empire romain d'Orient a transmis, en lui faisant traverser les âges obscurs qui ont suivi la chute de l'Empire d'Occident, l'héritage le plus universel de l'Empire romain, à savoir la codification du droit, grâce au corpus juris civilis ou « code de Justinien »[19].

Ce sont également les Byzantins qui ont perpétué l'usage du grec et sauvegardé une grande partie des anciennes bibliothèques grecques.

Les Arabes et les Turcs ont été fortement influencés sur les plans technique, intellectuel, architectural, musical et culinaire. Les Égyptiens chrétiens (Coptes), les Éthiopiens, les Arméniens, bien que monophysites, se rattachent également à la tradition byzantine, de même que les Arabes orthodoxes de Syrie, du Liban et de Palestine.

En Italie, les réfugiés byzantins tels Jean Bessarion ou Jean Lascaris facilitent la transmission du savoir et de la philosophie antiques, transmission qui influence la Renaissance du XVe au XVIIe siècle[101]. Venise regorge de trésors pris à l'Empire et son architecture est d'inspiration byzantine.

L'Empire byzantin a contribué à sédentariser et christianiser les peuples slaves venus de l'est de l'Europe. Byzance a ainsi eu, pour les actuels pays d'Europe de l’Est, autant d'influence que Rome sur ceux d'Europe occidentale. Les Byzantins ont en effet donné à ces peuples un alphabet cyrillique adapté à leurs langues, un modèle politique qui permet à certains d'entre eux (Russie) de rivaliser avec Byzance elle-même, et une religion qui est encore la leur aujourd'hui.

Les Roumains, les Bulgares, les Serbes, les Ukrainiens, les Biélorusses, les Russes et les Géorgiens ont choisi la forme orthodoxe du christianisme, qui les rattache également à Byzance ; à la chute de Constantinople, Moscou s'est proclamée la « Troisième Rome »[101]. Les familles impériales byzantines (Cantacuzènes, Paléologues, etc.) donnent des souverains aux Principautés roumaines de Moldavie et Valachie.

Une partie des Grecs au XIXe siècle du temps de la Grande Idée, comme Constantin Paparrigopoulos, s'enorgueillissent d'avoir continué la civilisation byzantine même sous la férule ottomane, et cela dans Constantinople même où une université grecque a fonctionné jusqu'en 1924, et ce n'est qu'en 1936 que la poste turque cesse définitivement d'acheminer les lettres portant la mention « Constantinople ».

Aujourd'hui, le dernier héritier de l'Empire dans son ancienne capitale est le patriarche de Constantinople.

Notes et références

Notes

  1. Dans une transcription, on transcrit les lettres telles quelles, indépendamment de leur prononciation ; il est exact qu'en grec moderne, on prononce "vizandini" (ou plutôt "vidzandini"), mais il s'agit alors d'une transcription phonétique qui n'a pas lieu d'être utilisée à ce stade. Pour donner un exemple classique, le mot grec désignant l'empereur est transcrit "basileus" et non pas "vassilefs".
  2. Sur ce sujet, voir aussi le paragraphe "Auto-perception" infra.
  3. Concernant les débats sur cette périodisation, voir la discussion historiographique dans l'Antiquité tardive#Un sujet d'études récent.
  4. Ce partage est considéré traditionnellement comme la séparation définitive de l’Empire en deux entités mais, en réalité, la séparation est plus ancienne puisqu’en 364 l’empereur Valentinien se voit adjoindre, sous la pression de ses soldats, un collègue, son propre frère Valens. À partir de ce moment, l’Empire n'est que rarement unifié si l’on excepte les règnes de Julien et Jovien (361-364) et trois mois à la fin du règne de Théodose, de fin septembre 394 à janvier 395.
  5. Pour les historiens Paul Lemerle et Georg Ostrogorsky, il n'y a pas deux empires, mais deux parties du même empire
  6. Les « Sclavinies » ou « Esclavonies » et les « Romanies » ou « Valachies populaires » sont des communautés rurales autonomes, respectivement peuplées de Slaves ou de Thraco-romains dans la péninsule des Balkans, ainsi définies par les historiens modernes tels Georges Castellan, dans son Histoire des Balkans, Fayard, ou Roger-William Seton-Watson dans son History of the Roumanians, Cambridge 1934. Elles sont gouvernées par des « cnèzes ».

Références

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Voir aussi

  • (de) Les parties « Histoire » et « Civilisation » sont en tout ou partie issues d’une traduction de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Byzantinisches Reich ».
  • (en) La partie « Culture » est en tout ou partie issue d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Byzantine Empire ».

Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : ce logo indique que la source a été utilisée pour la rédaction de l’article.
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  • Paul Lemerle, Le premier humanisme byzantin, Paris, CNRS éd., 1971, « Le monde byzantin ».
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  • Pierre Maraval, La véritable histoire de Constantin, Belles Lettres, 2010.(ISBN 2251040064)
  • Pierre Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, Presses Universitaires de France - PUF; Édition : 3e édition, 2005.(ISBN 2130548830)
  • Bernard Flusin, La civilisation byzantine, PUF, 2006.(ISBN 213055850X)
  • Germaine Rouillard, La vie rurale dans l'Empire byzantin, 207 p., Adrien Maisonneuve, Paris, 1953
  • Steven Runciman, La chute de Constantinople, 1453, Tallandier, coll. « Texto », 2007 (ISBN 9782847344271) 
  • Donald MacGillivray Nicol (trad. Hugues Defrance), Les derniers siècles de Byzance, 1261-1453, Tallandier, coll. « Texto », 2008 

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