Adélaïde d'Anjou

Adélaïde d'Anjou appelée aussi Blanche d'Anjou, ou encore Adélaïde du Gévaudan[1], est née vers 947 et est décédée en 1026.

Sœur de Geoffroy Grisegonelle, elle est la fille de Foulques II, comte d'Anjou, et de Gerberge.

Sommaire

Biographie

Ses premières unions

Lorsqu'elle épouse en 982 le jeune Louis V (pas encore roi de France) à Vieille-Brioude, elle est déjà deux fois veuve du comte Étienne de Gévaudan (mort en 970) dont elle a eu des enfants, et du comte Raymond de Toulouse (mort en 978). La trop grande différence d’âge et les débauches du jeune époux vont être la cause de son divorce en 984[2]. D’après Raoul Glaber, Adélaïde déçue des capacités de Louis, manœuvre pour l’abandonner et s'enfuir chez les siens[3].

Mariage avec le comte de Provence

Elle se rend ensuite à Arles et se remarie contre l'avis du pape[réf. nécessaire] avec le comte de Provence, Guillaume en 984. Leur fille, Constance d’Arles (986-1032), sera reine de France par son mariage avec Robert II en 1003. Le couple aurait eu une seconde fille, Ermengarde d'Arles[4], qui épouse par la suite Robert Ier d'Auvergne.

Régence du comté de Provence

À la mort de Guillaume en 993, elle assure une longue régence qui fournit à la nouvelle noblesse l'occasion de se soulever à plusieurs reprises contre la dynastie comtale. Il y a un premier soulèvement en 1008, celui des fils de Nivelon de Signes, vicomte de Guillaume, puis en 1009, c'est le tour d'Audibert et Rainaud de Châteaurenard. Cette nouvelle génération nobiliaire conteste avec violence les donations religieuses faites par le Marquis et les membres de son entourage[5]. Elle doit également intervenir après la mort du nouveau comte Guillaume II tué au siège du château de Fos en 1018. La situation devient en effet plus critique quand la famille des Fos se soulève dans une rébellion qui entraîne la mort de comte et qui oblige Adélaïde à solliciter une aide externe, notamment celle de son fils issu d'un mariage précédent, Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse[6].

Un cinquième mariage ?

Montmajour, l'église Notre-Dame (XIIe siècle), construite sur la première église du début du XIe - vue extérieure.

L'hypothèse d'une cinquième union d'Adélaïde d'Anjou, veuve du comte de Provence, avec Othon Guillaume, comte de Bourgogne et de Mâcon, a été proposée en 1907 par René Poupardin[7] et reprise par d'autres historiens à sa suite. Cette hypothèse repose uniquement sur trois chartes[8] attestant simplement l'existence d'une seconde épouse d'Othon Guillaume du nom d'Adélaïde et une bulle du pape Benoît VIII adressée, entre autres, aux dirigeants séculiers de Bourgogne et de Provence, parmi lesquels Othon Guillaume et Adélaïde, sans faire mention d'une union entre eux. Cette hypothèse, qui ne repose sur aucune preuve décisive, est donc à considérer avec prudence[9].

Elle meurt en 1026, peut-être à Avignon, puisque l'année de sa mort est notée par un moine de l'abbaye de Saint-André, près d'Avignon[10]. Elle est inhumée à Montmajour[10], une abbaye proche d'Arles considérée à l'époque comme la nécropole de la famille comtale de Provence.

Voir aussi

Liens externes

Sources et bibliographie

  • Thierry Stasser, « Adélaïde d'Anjou, sa famille, ses unions, sa descendance. État de la question », dans Le Moyen Âge, vol. 103, no 1, 1997, p. 9-52 (ISSN 0027-2841) 
  • Christian Lauranson-Rosaz, L'Auvergne et ses Marges (Velay, Gévaudan) du VIIIe au XIe siècle. La fin du monde antique ?, Le Puy-en-Velay, Les Cahiers de la Haute-Loire, 1987 (réimpr. 2008) (1re éd. 1987), 494 p.  [lire en ligne]
  • Eliana Magnani Soares-Christen, « Les femmes et l’exercice du pouvoir comtal dans le Midi. Autour d’Adélaïde Blanche d’Anjou, comtesse de Provence († 1026) », dans Armel Nayt-Dubois et Emmanuelle Santinelli-Foltz, éd. Femmes de pouvoir, pouvoir des femmes dans l’Occident médiéval et moderne, Presses Universitaires de Valenciennes, Valenciennes, 2009, p. 273-289 (ISBN 978-2-905725-99-8) — Résumé en ligne
  • RicherHistoriarum libri quatuor – Académie impériale de Reims – Reims,1855
  • Chronique de Raoul GlaberCollection des mémoires de France par M. Guizot – Paris, 1824 -

Notes

  1. De par son mariage avec Étienne, comte de Gévaudan, Revue du Gévaudan, des causses et des Cévennes, tome n°9, 1963, pp 105 à 111.
  2. RicherHistoriarum libri quatuor – Académie impériale de Reims – Reims,1855 p.339 (Liv.III) ici :
    … Ils ne connurent presque pas non plus l’amour conjugal ; car, Louis entrant à peine dans la puberté, tandis qu’Adélaïde était déjà vieille, il y avait entre eux incompatibilité d’humeur et désaccord. Point de chambre commune, ils n’en pouvaient souffrir ; s’arrêtaient-ils quelque part, ils prenaient chacun une hôtellerie séparée ; devaient-ils avoir un entretien, c’était en plain air ; pas de longues conversations d’ailleurs, quelques mots suffisaient. Ils vécurent ainsi pendant deux ans, tellement opposés de caractère, qu’il s’ensuivit un divorce. (XCV) Louis, qui n’avait point de gouverneur, se livrait en jeune homme à toutes sortes de frivolités.
  3. Chronique de Raoul GlaberCollection des mémoires de France par M. Guizot – Paris, 1824 - L.Ier, ch.III, §180,181 ici
    Quand ce jeune prince fut parvenu à l'adolescence, Lothaire l'établit roi et le désigna pour son successeur; il lui choisit aussi pour épouse une princesse d'Aquitaine, qui s'aperçut bientôt que le jeune homme n'hériterait pas des talens de son père. Dès lors elle résolut de se séparer de son époux; et comme elle était douée d'une grande finesse, elle lui fit entendre adroitement qu'ils feraient bien de revenir ensemble dans la province qu'elle avait quittée, supposant que ses droits héréditaires lui en assuraient la possession. Louis, sans soupçonner l'artifice, céda aux conseils de sa femme, et partit avec elle. Quand ils furent en Aquitaine, elle laissa son époux pour rejoindre les siens.
  4. Ermengarde est parfois considérée comme la fille d'Adélaïde et d' Étienne de Gévaudan.
  5. Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet - La Provence au Moyen Âge, page 22.
  6. Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet - La Provence au Moyen Âge, page 23.
  7. René Poupardin, Le Royaume de Bourgogne, 888-1038 : étude sur les origines du royaume d'Arles. Paris: Bibliothèque de l'École des hautes études, IVe section, Sciences historiques et philologiques ; fasc. 163, p. 418, note 6
  8. Auguste Bernard et Alexandre Bruel, éditeurs. Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny, Paris : Imprimerie nationale, t. 3, charte no 2694; C. Ragut, éditeur. Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon connu sous le nom de livre enchaîné. Mâcon, 1864, chartes no 471 et 490.
  9. Stasser 1997, p. 25.
  10. a et b Stasser 1997, p. 24

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